L'Aménagement de la montagne et les REFUGES

Préambule

Dès sa création en 1874 et durant les premières années de son existence, l’œuvre principale du Club Alpin - en dehors de ses activités culturelles et scientifiques et de ses propositions pour une pratique sportive modérée - sera l'indispensable aménagement de l’espace alpin pour que les hommes puissent parcourir les montagnes… En particulier avec la construction de lieux d’accueil et le tracé de sentiers...
Bien peu d’aménagements existaient - que nous signalons en prologue - avant l’intervention des Sociétés sportives d'alpinistes dès 1874.
Il n’est question dans ce dossier que de l’œuvre bâtie du Club Alpin, qui deviendra la Fédération Française des Club Alpins et de Montagne en 2005, en situant succinctement les actions des autres sociétés - principalement la Société des Touristes du Dauphiné 
et le Touring Club de France - et celles des initiatives privées, ainsi que beaucoup plus tard celles des Parc nationaux.

Sommaire :

D’abord des hôtelleries, des hospices et des monastères
Un temple de la nature 
1874 - Le Club Alpin aménageur de la montagne
La Commission des travaux en Montagne
1875 à 1892 - Les premiers refuges
1875 à 1914 - Les plus importants sentiers et chemins muletiers
L'essor du tourisme
Les refuges construits de 1893 à 1914
1909 - La politique d'aménagement de la montagne
Les refuges construits ou restaurés de 1920 à 1922
Des chalets et des gîtes disparus ou transmis
1922 - Le Club Alpin bâtisseur émérite
1923 - Le développement du tourisme
Les refuges construits ou restaurées de 1923 à 1927
Les refuges construits ou restaurées de 1928 à 1929
1930 - Des refuges toujours accessibles
Les refuges construits ou restaurés de 1930 à 1937
Les refuges construits ou restaurés de 1938 à 1939
Les refuges pendant les années d’occupation
1945 à 1952 - La reconstruction des refuges
Les refuges construits ou restaurés de 1946 à 1949
Les refuges construits ou restaurés de 1950 à 1959
Les refuges construits ou restaurés de 1960 à 1969
Les refuges construits ou restaurés de 1970 à 1974
Les refuges construits ou restaurés de 1975 à 1979
Au service de tous les montagnards
1978 - Des mesures pour les refuges
1977-1978 - Les Centres  Alpins
1986 - La politique des refuges
Les refuges construits ou restaurés de 1980 à 1989
1991 - La Commission des refuges
Les refuges construits ou restaurés de 1990 à 1999
Les refuges construits ou restaurés de 2000 à 2006
Les bases d’activité de la FFCAM en 2006
Les refuges construits ou restaurés de 2007 à 2009
Les refuges construits ou restaurés de 2012 à 2017
Une construction qui ne ressemble à rien d'autre 
Aujourd’hui
Un hommage aux bâtisseurs

D’ABORD DES HÔTELLERIES, DES HOSPICES ET DES MONASTÈRES

Pendant des siècles, et en dehors des vallées, la haute montagne n’était ni parcourue, ni habitée en permanence. Seulement quelques audacieux bergers en quête d'alpages d'été, chasseurs de chamois, chercheurs de cristaux et autres contrebandiers se risqueront dans ces zones inconnues au-dessus des forêts, en se protégeant sous des reliefs naturels ou dans de rudimentaires cabanes de pierres sèches, plus tard en édifiant de modestes bergeries d’altitude…
Seuls les grands axes de communication, permettant de traverser les Alpes, verront pour la sécurité des voyageurs et dès l’Antiquité, l’aménagement en altitude d’abris de secours, puis les voies romaines franchiront les grands cols, avec des refuges aux passages cruciaux, remplacés par des hospices au Moyen Âge.
Et ensuite à partir de la Renaissance, on verra l’édification d’hôtelleries, d’hospices et de monastères au niveau des principaux cols des Alpes : Mont Cenis, Grand et Petit Saint-Bernard, Montgenèvre, Simplon, Tende , Montgenèvre et autres... Mais les traversées étaient redoutées et dangereuses.

Dans les Pyrénées, les grands axes de communication évitaient la haute barrière des montagnes aux deux extrémités de la chaîne, la traversée du massif était donc moins cruciale. Un des rares passages naturels est le col de Roncevaux, pratiqué depuis l’Antiquité, et emprunté depuis l’an 1000 par le chemin de Compostelle. En dehors de ce passage populaire, il n’existait pas d’aménagement en altitude et d’abris de secours, seulement des cabanes d’estives, qui offraient une éventuelle protection, vers quelques passages plutôt confidentiels.

Les passeurs

Au XVIIe siècle, toute une industrie de « passeurs » se développera, permettant de faire transiter les voyageurs par les principaux cols des Alpes, en été et en hiver. Ce sont des bergers et des chasseurs des hautes vallées de montagne qui servaient occasionnellement de Guides, ils étaient appelés « les Marrons », ce qui veut dire en bas latin « ceux qui vont devant, qui montrent le chemin et conduisent ».
Et ensuite en empruntant des passages plus confidentiels, comme à Bessans et Avérole en Haute Maurienne, pour rejoindre Usseglio en Italie...

Une pratique attestée dès le XVIIe siècle, et par les écrits de Bourdet en 1775.

Les Marrons seront les premiers à posséder un début d’expérience, ils pouvaient assurer l’accompagnement des voyageurs, aller récupérer les égarés, et ramener les morts pris dans une tourmente.

UN TEMPLE DE LA NATURE 

Dès le milieu du XVIIIe siècle, c'est dans le massif du Mont Blanc que se produisit l'élan décisif, qui aboutira en deux siècles à un véritable équipement de la montagne…

En juin 1741, une caravane de huit maîtres et cinq domestiques - tous armés - atteint le Prieuré de Chamonix, en trois jours depuis Genève. Ce sont les Anglais Richard Pocock et William Windham, accompagnés de quelques amis. La caravane effectue une excursion jusqu’au Montenvers, pour admirer les glaciaires.
Ils n’étaient pas les premiers à visiter la vallée, mais ce qu’ils firent les premiers ce fut d’en parler... Ce sera le début d’une formidable convergence vers les hauts sommets et les domaines de l’alpinisme…
De nombreux visiteurs suivront et, pour accompagner cette affluence, des auberges s’installeront aux passages obligés des touristes, venus admirer les « sublimes horreurs » : au col de Balme, à la Pierre Pointue, au col de Voza…
C’est au Montenvers, 1913m dominant le « glacier des Bois », qui deviendra la « Mer de glace », que le premier refuge en pierres sèches est édifié, suite à un don de Charles Blair en 1779.
En 1794, à l’instigation de Marc-Théodore Bourrit, une bâtisse en dur est édifiée au même endroit, « une habitation qui offrit aux savants, aux naturalistes, aux peintres, aux voyageurs de toutes les classes, de toutes les nations, un asile assuré ».

L’ancêtre de nos refuges

Ce refuge sera appelé communément « Temple de la nature » en référence à sa forme octogonale et à la dédicace inscrit sur son fronton « À la nature » reprenant le souhait d’un premier mécène qui se trouvera empêché : « À la nature, par un ami de la Liberté », un second mécène peut-être moins inspiré, mais plus présent, résident de France à Genève, Félix Desportes, permettra l’édification. Le bâti devra plusieurs fois être remis en état et, après bien des vicissitudes, encore rénové en 1923. À ce moment-là, Charles Vallot avait réussi à intéresser le Club Alpin et le Touring Club de France à une restauration de l’ancêtre de nos refuges. Le 2 septembre 1923, une réunion cordiale réunira les associations de montagnes et les édiles de la ville, pour une transmission à la commune de Chamonix, qui prenait l’engagement d’en assurer l’entretien. C’est aujourd’hui un lieu de mémoire, rouvert en 2013.

La visite du site touristique du Montenvers était une excursion prisée, dès le début du XIXe siècle.
En 1880, c’est un hôtel qui est élevé, où les touristes sont conduits à dos de mulets et en chaises à porteurs.

Vers le Mont Blanc

C’est le Mont Blanc qui capte toutes les attentions…
Les diverses tentatives d’ascension font apparaître le besoin de disposer, sur ses voies d'accès longues et exposées, d'abris intermédiaires.
C'est ainsi que Bénédict de Saussure fait dresser des cabanes rudimentaires, au lieu dit de la Pierre Ronde au pied de l'Aiguille du Goûter dès 1785, puis sur les affleurements rocheux du lieu dit des Grands Mulets, 3050m en 1786.

La cabane Saussure de 1786 des Grands Mulets, puis un abri amélioré en 1813 ne seront que des gîtes précaires, sur la seule voie d’ascension connue à l’époque, pour atteindre le culmen de l’arc alpin, gravi pour la première fois en 1786.

1853 - Le premier refuge des Grands Mulets, 3050m

En 1853, inauguration du premier refuge sur les affleurements rocheux des Grands Mulets pour approcher le Mont Blanc. Une initiative de la Compagnie des Guides de Chamonix.
Et l’hébergement de 1853 deviendra vite trop petit et deux nouvelles bâtisses seront érigées, en 1866 par la Compagnie des Guides, et en 1881 par la municipalité de Chamonix.
Il faudra attendre 1897 pour trouver une étape plus confortable, sur un itinéraire d’ascension qui va ainsi pouvoir se banaliser.

1858 - La cabane de l'Aiguille du Goûter, 3817m

En 1854, une hutte est érigée à proximité du sommet de l'Aiguille du Goûter, comme point d’appui pour une ascension, depuis Saint-Gervais. En 1855, une voie assez détournée, par le Grand Plateau, est trouvée. En 1858, un premier refuge est installé, par les guides de Saint-Gervais, avec 4 couchages, sur ce qui deviendra la voie normale du Mont Blanc par l'arête des Bosses, qui ne sera reconnue qu’en 1861…
Ces initiatives montrent bien l’impérieuse nécessité, pour les Guides de Saint Gervais, de trouver un cheminement permettant d’atteindre le sommet du Mont Blanc depuis la station thermale, et de participer ainsi à cette industrie florissante. La cabane devra être restaurée en 1882 et un nouvel abri créé en 1906.

1863 - La cabane du col du Midi, 3555m

Les Guides de Courmayeur, à la recherche d’une approche vers le Mont Blanc depuis leur vallée, inaugurent en 1855 et 1863 une voie de contournement splendide, longue et pénible, pas du tout commerciale, par le col du Géant et la traversée par le Mont Blanc du Tacul et le Mont Maudit. Un refuge au col du Midi, vers 3555m, sera construit en 1863 par les Guides valdôtains, avec 10 couchages pour faciliter ce long périple.
Le petit refuge sera ensuite cédé en 1896 au Club Alpin ( voir : 1896 - La cabane du col du Midi / Un point d’histoire ), après  la découverte en 1890 d'une voie plus commode, par le glacier du Dôme et l’arête des Bosses, depuis Courmayeur.

  • Le Mont Blanc est un attrait économique pour les trois communes du Mont Blanc et leurs Guides : Chamonix, Courmayeur et Saint-Gervais. Le refuge est l’équipement indispensable…

Les refuges Napoléon

Depuis Saint Hélène, l'ancien empereur Napoléon se souvenant des difficultés, qu’il avait rencontrées pour traverser les Alpes, va faire un legs pour l’implantation de six refuges aux différents cols stratégiques des Alpes françaises.
Décidée par décret en 1854, la construction des refuges sera réalisée de 1856 à 1860 aux cols Agnel, Izoard, Lacroix, Manse, Noyer et Vars par l’administration départementale des Hautes-Alpes, ils seront gardés jusqu'à la fin XIXe siècle, puis souffriront d’un manque de surveillance et seront livrés aux saccages. Le refuge d’Izoard est gardé jusqu’en 1894, dévasté, remis en ordre et gardé en 1907 pour quelque temps encore.
Les refuges des cols Agnel en 1904 et Lacroix en 1906 seront transformés en postes de gendarmerie.
Le refuge du col Lacroix sera gardé et entretenu après la Grande Guerre, avec l’aide du Touring Club de France. Les charpentes vieillies céderont sous le poids de la neige en 1930, marquant la fin de l’édifice. Le refuge du col Agnel connaîtra la même fin. Le refuge du col du Noyer, un moment en sale état, sera entièrement reconstruit et les trois refuges rescapés des cols d’Izoard, de Manse et de Vars seront préservés. Les quatre deviendront des points d’accueil pour le tourisme.

Le bivouac à la belle étoile

C’est évidemment un moyen souvent utilisé, dans les premiers temps de l’exploration des montagnes, certains lieux de bivouac conserveront une certaine notoriété historique, souvent des abris-sous-roche, comme l’hôtel Tuckett, l’abri Puiseux, la grotte du glacier de Bonne-Pierre et les abris et grottes du Mont Perdu, des bivouacs la plupart du temps déjà utilisés par les bergers et les chasseurs.

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Les chalets d’alpage

Dans les débuts de l’exploration des montagnes, les chalets d’alpage serviront souvent de bases de départ aux ascensionnistes, pour approcher les cols et les cimes, et certains bergers et chasseurs ne tarderont pas à proposer leurs services pour conduire les voyageurs sur leurs terrains familiers.

Le campement sous toile

Dès le milieu du XIXe siècle, ce moyen de bivouac sera peu à peu utilisé en montagne et au cours d'explorations de terres inconnues. Pour s’avancer vers des sommets à gravir, les ascensionnistes établiront des campements d’approche, en les faisant transporter par des bêtes de somme et des porteurs recrutés dans les villages voisins.
Le premier matériel spécialisé pour la montagne - une tente alpestre - est étudié et développé par Édouard Whymper dès 1862, les modèles antérieurs se révélant inutilisables en altitude ( voir le dossier : Un historique de l'Alpinisme de 1492 à 1914 / L'équipement des alpinistes en 1850 et avant / Le campement sous toile ).
Ensuite les refuges viendront simplifier les approches.

L’intervention des Sociétés sportives d'alpinistes

Plus tard va intervenir l'action plus large et plus collective des Sociétés sportives d'alpinistes, pour faciliter l’approche des montagnes, c'est-à-dire essentiellement le Club Alpin dès 1974, la Société des Touristes du Dauphiné en 1875, et le Touring Club de France après 1890.

1874 - LA CRÉATION DU CLUB ALPIN

À sa création, le Club Alpin Français est une association qui aura pour objet non pas un sport, mais un domaine - la Montagne - ce qui rendra notre club, et encore aujourd’hui, très différent des associations sportives classiques…
C’est à ce moment-là : « Une société d’un caractère nouveau, sans exemple dans le passé ».

1874 - LE CLUB ALPIN AMÉNAGEUR DE LA MONTAGNE

En 1874, le Club Alpin dont le but général est « d'encourager et favoriser la connaissance de la montagne et sa fréquentation individuelle ou collective en toutes saisons » a inscrit dans ses statuts, parmi les moyens d'action qu'il se donne, « la construction, l'amélioration et l'entretien de refuges, chalets, abris et sentiers ».
Pour lui en effet, l'existence de tels équipements, à peu près inexistants dans les massifs français, conditionne la possibilité de les parcourir, en vue de randonnées ou d'ascensions. Sans ces bases de départ, de repos et de sécurité, il est inutile de vouloir développer des disciplines sportives tournées vers les hautes montagnes.

Un difficile équilibre

L’œuvre principale du Club Alpin sera de réussir le difficile équilibre entre une protection raisonnable du milieu naturel et un aménagement indispensable, pour que les hommes puissent fréquenter les montagnes…
Dans notre association la Protection et l’Aménagement de la montagne resteront, de tout temps, intimement liés…

LA COMMISSION DES TRAVAUX EN MONTAGNE

  • Dès sa création, le Club Alpin - par sa « Commission des travaux en montagne » - sera un aménageur de la montagne, il va lui appartenir, et à quelques rares autres associations, de mener à bien un quadrillage cohérent et généralisé des lieux d’accueil et des cheminements en haute montagne.

Parmi celles-ci, la Société des Touristes du Dauphiné qui proposera rapidement - dans son environnement régional - des hébergements élaborés.

La STD construira ou gérera rapidement : le chalet des Sept-Laux depuis 1875 (et jusqu’en 1907), le refuge Jean Collet depuis 1910, le refuge de Belledonne, le refuge de Roche-Béranger et le refuge de la Pierre dans le massif de Belledonne ; le chalet hôtel du col de Porte dans le massif de la Chartreuse ; le chalet de la Morte (1879) dans le massif de Taillefer ; le refuge de la Fare (1877) dans le massif des Grandes Rousses ; le chalet-hôtel de la Bérarde depuis 1886 (et jusqu’en 1909) et le refuge de la Selle dans le massif des Écrins. Et plus tard, entre autres, le refuge Adèle Planchard en 1926 et le refuge du Soreiller en 1957.

Les gîtes et cabanes déjà en place autour du Mont Blanc, permettront au Club Alpin de porter ses premiers efforts vers les autres zones de montagne.

  • Il faut constater - là aussi - la justesse de vue des Fondateurs : « C’est aux Sections montagneuses, de voir et de dire quel refuge est à construire… au fond de leurs vallées, au sommet de leurs montagnes ou au pied de leurs glaciers. Elles seules peuvent sur ces questions édifier la Direction centrale, lui dire quelle est l’utilité des travaux à entreprendre, l’importance des dépenses, les ressources dont chaque section peut disposer et par suite le subside qui est nécessaire ».

À cette époque de centralisme triomphant, les Fondateurs offraient au Club Alpin une spécificité originale en matière d’équipement : tout ne viendra pas de Paris…

1875 à 1892 - LES PREMIERS REFUGES

Doit-on rappeler que le transport des éléments de construction des refuges se faisait le plus haut possible avec des bêtes de somme, puis par du portage à dos d’homme, jusqu’à l’utilisation de l’hélicoptère en 1959 qui changera la donne…
Et peu à peu, de constructions en rétrocessions, le Club Alpin deviendra un bâtisseur avisé et reconnu… Et la Section de Briançon se révélera rapidement un des acteurs les plus actifs….
Entre 1875 et 1914, quelque quarante refuges et chalets sont créés par le Club Alpin….

DANS LES ALPES

1875 - L’abri Puiseux, 2200m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, installation d’une protection sous roche. La grotte de Soureillan, - appelée l’abri Puiseux - sur le flanc sud du Pelvoux, à l’emplacement du bivouac de Victor Puiseux en 1848, déjà utilisé par les bergers de Provence, et par Adrien Durant en 1828 et 1930 ( voir le dossier : Un historique de l'Alpinisme de 1492 à 1914 ). Le gîte est défendu par une porte, et est équipé d’une petite batterie de cuisine, eau et bois.

<  Dès cette année-là, les Sections de Chambéry, d’Aix les Bains, d’Auvergne et de Grenoble du Club Alpin érigent quelques modestes abris et protections…

1876 - Le refuge de La Pra, 2110m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif de Belledonne, c’est une location, par la Section de l’Isère, d’un chalet d’alpage qui offrait une base de départ vers les cols et sommets, dont le Grand Pic de Belledonne. Un chalet-refuge sera construit en 1889.

1877 - Le gîte Tuckett, 2400m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, aménagement de - l’hôtel Tuckett -, par la Section de Briançon du Club Alpin. Un abri en pierre, sous une roche du plateau inférieur du Glacier Blanc, avec petit lit de camp de 5 couchages et batterie de cuisine. Un bivouac utilisé par Francis Fox Tuckett en 1862, pour la traversée du col des Écrins. Le refuge Tuckett viendra en remplacement en 1886.

1877 - Le refuge Cézanne, 1874m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge Cézanne, bâti en pierre, est inauguré le 18 août 1877 au Pré de Madame Carle, avec un lit de camp pour 12 couchages, couvertures, poêle et batterie de cuisine, ruiné dès 1885 par les avalanches hivernales, il devra être remplacé en 1886 par un bâtit en pierre, au lieu dit « Le Ban », qui sera de nouveau détruit par une avalanche en 1887. Il est reconstruit en bois sur un modèle suffisamment fiable, étudié par Joseph Lemercier, en 1891 dans une zone moins exposée sur l’esplanade proche de l’hôtel actuel.

1877 - Le refuge Provence, 2700m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, pour l’ascension du Pelvoux, le refuge Provence se substitue à l'abri Puiseux, il est bâti en pierre plus haut à 2700m, sur le plateau du Clos de l’Homme, un lieu fréquenté chaque année par les bergers de Provence pendant leurs transhumances. Il comprend petit lit de camp de 5 couchages, couvertures, poêle et batterie de cuisine (3 couvertures et deux peaux de chèvre). Consacré le 18 août 1877, en même temps que le refuge Cézanne, il sera remplacé par le refuge Lemercier en 1891.

1877 - Le refuge de l'Alpe de Villar d'Arène, 2077m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, dès 1875, une bâtisse en pierre, liée à une exploitation minière, est remise en état sur le plateau de l’Alpe et louée par la Section de Briançon du Club Alpin. Un chalet en bois, inauguré le 16 août 1877, viendra en remplacement, avec petit lit de camp de 5 couchages, couvertures, poêle et petite batterie de cuisine. Il sera vite sale, en mauvais état et déclaré inhabitable en 1888. Un refuge-hôtel viendra améliorer le confort des visiteurs en 1892.

<  L’aménagement de divers chalets d’alpage sera une alternative que l’association utilisera de temps en temps, lorsque la situation et l’altitude seront favorables.

1877 - Le refuge de Bric-Bouchet, vers 2000m

Dans les Alpes Cottiennes et le Queyras, le refuge de Bric-Bouchet est érigé en pierre au-dessus d’Abries, par la Section de Briançon du Club Alpin. Il est déclaré ouvert en août 1877 ; mais vite pillé, il est emporté par une avalanche avant la fin du siècle.

1877 - Le refuge des Lyonnais, 2350m

Dans les Alpes Cottiennes au fond du Queyras, à la frontière italienne et au pied du Mont Viso, le Club Alpin aménage un bâti pastoral en location, qui deviendra le refuge des Lyonnais, donnant accès au col de la Traversette et au col de Valante. Il est détruit par une avalanche, relevé et encore emporté en 1897.
Il sera remplacé par le refuge du Viso en 1902 et 1976.

1878 - La grotte du glacier de Bonne-Pierre, 2570m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, située rive droite du glacier de Bonne-Pierre, la grotte est à l'origine parfaitement sèche, et utilisée par Moore-Whymper-Walker pour la première ascension de la Barre des Écrins, elle est aménagée et murée en 1878 par la Section de l’Isère du Club Alpin pour offrir un gîte, avec un petit lit de camp de 5 couchages, couvertures, poêle et petite batterie de cuisine, elle deviendra rapidement une véritable fontaine inutilisable.

<  Cette expérience malheureuse et quelques autres vont conduire l’association à abandonner ces facilités naturelles, devenant vite insalubres après être murées et fermées.

1878 - Le refuge du col de la Vanoise, 2515m

Dans les Grandes Alpes de Savoie et le massif de la Vanoise, un premier refuge digne de ce nom, le refuge du col de la Vanoise est édifié par la Section de Tarentaise du Club Alpin, avec 12 couchages. Placé à un endroit stratégique et commode, il sera appelé à un grand avenir…

1879 - Le refuge de la Lauze, 2508m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, dominant la vallée de la Romanche, le refuge de la Lauze est érigé en dur par la Section de Briançon du Club Alpin. Il est présenté officiellement le 20 septembre 1879, avec un grand lit de camp pour 16 couchages, couvertures, poêle et batterie de cuisine. Il est détruit par une avalanche en hiver 1888-1889 et sera rebâti sur le modèle Lemercier en 1894, pour prendre le nom d’Évariste Chancel.

1880 - Deux  refuges éphémères

- Le refuge Joinville, vers 2500m

<  Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge Joinville, en pierre, est situé près du déversoir du lac de l’Eychauda, avec petit lit de camp pour 5 couchages, couvertures, poêle et petite batterie de cuisine, il est détruit par un ouragan en 1885.

- Le refuge Lombard, vers 2700m

<  Dans les Grandes Alpes du Dauphiné, le refuge Lombard est bâti en partie sous rocher, dans le haut vallon du Marian, sous le col Lombard, pour un accès aux Aiguilles d’Arves, par le versant Dauphiné. Il est déjà hors d’usage en 1885 et sera remplacé par le refuge Lyon-Républicain en 1896.

1880 - Le refuge de l’Alpe de la Lavey,1780m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, c’est d’abord la location de deux chalets-bergeries, situés dans le vallon de la Lavey, au pied de l’Olan, dont un chalet pour les touristes avec lits de camp, couvertures, poêles et batteries de cuisine, et le second pour les guides, les porteurs et les bergers de Provence. Ils sont remplacés par le refuge de la Lavey, établi en dur en 1900.

1882 - Le refuge du Carrelet, 2048m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, situé au-dessus du Plan du Carrelet, dans le Vallon de la Pilatte, ce refuge en pierre entre en service en 1882, avec grand lit de camp de 10 couchages, couvertures, poêle et batterie de cuisine. Il sera cédé à l’administration des Eaux et Forêts en 1936, devenu inutile et peu pratique après la construction du refuge du Vallon, 2410m en 1927 qui deviendra le refuge Temple-Écrins.

1882 - Le refuge du Châtelleret, 2225m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge du Châtelleret est implanté en pierre, sous une dalle qui servait jusque-là de protection naturelle, avec un grand lit de camp pour 12 couchages, couvertures, poêle et batterie de cuisine. Inauguration en été 1882. Après des interrogations sur sa pérennité, des réparations sont décidées en 1926. Il sera réaménagé en 1949 et agrandi en 1959, géré par la Section de l’Isère du Club Alpin.

1883 - Le refuge des Nants, 2500m

Dans les Grandes Alpes de Savoie en Tarentaise, le refuge des Nants, pour l’ascension du Dôme de Chasseforêt, est installé sous une roche surplombante par la Section de Tarentaise du Club Alpin, en aval du lac des Thurges (aujourd’hui lac de la Vieille Femme).. Il est déclaré en service le 22 juillet 1883, vite constaté humide, détruit par la neige en 1898, remis en état, il est encore gardé en 1905, c’est en ruine en 1912 sur le sentier d’accès au refuge des Lacs, mieux situé dès 1897. .

1883 - Le Chalet-hôtel du Parmelan, 1825m

Dans les Petites Alpes de Savoie, le chalet-hôtel du Parmelan est implanté par la Section d’Annecy du Club Alpin, après une location d’un chalet d’alpage dès 1877. Il sera réaménagé en 1936.

1884 - Un refuge éphémère : le refuge Vignet, vers 2900m

Dans les Alpes Cottiennes et le Queyras, le refuge Vignet est creusé dans la roche au col des Portes, pour l’ascension du Pic de Rochebrune. Présenté officiellement le 11 août 1884, avec une douzaine de couchages, il devient vite insalubre comme les autres retranchements sous grottes.

1885 - Un refuge éphémère : le refuge Chancel, vers 2400m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge Chancel est consacré le 17 août 1885 dans le vallon du Grand Tabuc, près du glacier du Monêtier. Érigé dès 1880, il est déjà utilisé avant sa mise en service officielle en 1885, avec un bas flanc de 8 couchages, couvertures, poêle et batterie de cuisine, puis sera délaissé dès 1889 et disparaîtra.

1885 - Le refuge du Mont Pourri, 2600m

Dans les Grandes Alpes de Savoie en Tarentaise, le refuge du Mont Pourri est un bâti en pierre, entre le lac Marlou et le Grand Col. Mal placé pour l’ascension du Mont Pourri, et surtout situé sur un lieu de passage des chasseurs, bergers, transhumants et contrebandiers, il connaîtra des vols et des pillages durant la fin du XIXe siècle, et sera inutilisable dès 1905, puis la porte fut brisée, le toit emporté et les murs se ruinèrent. Il sera remplacé en 1927 par le refuge Regaud, puis en 1976 par le refuge du Mont Pourri.

1886 - Le refuge Tuckett, 2438m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge Tuckett est édifié en dur, achèvement le 31 juillet 1886, avec une toiture en voute, lits de camp de 12 couchages, fourneau, poêle et batterie de cuisine. Géré par la Section de l’Isère du Club Alpin, il devra être restauré avec un faîtage plus classique en 1896. Il est placé à proximité de l’abri-sous-roche du plateau inférieur du Glacier Blanc - l’hôtel Tuckett - de 1877.
Il sera fermé après l’ouverture du refuge du Glacier Blanc en 1948, puis réaménagé en 1986 par le Parc des Écrins et le Club Alpin, pour proposer une reconstitution historique de l’aménagement intérieur d’un refuge de 1886…

1886 - Le refuge Cézanne, 1874m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge Cézanne de 1877, ruiné en 1885 par les avalanches hivernales, est remplacé en 1886 par un bâtit en pierre, au lieu dit « Le Ban », il sera de nouveau détruit par une avalanche en 1887.

1889 - La grotte-abri de la Barma, 2160m

Dans le massif du Mercantour, dans la Haute Gordolasque, la grotte-abri de la Barma est aménagée par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin, inauguré le 25 août 1889. Devenue rapidement hors d’usage, par l’humidité résultante, et les pillages, elle sera remplacée par le refuge de Nice en 1902.

1889 - Le chalet-refuge de La Pra, 2110m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif de Belledonne, c’est d’abord une location dès 1876 d’un chalet d’alpage qui offrait une base de départ vers les cols et sommets, dont le Grand Pic de Belledonne. Un chalet-refuge est construit en dur avec 24 couchages ; réceptionné le 28 juillet 1889, il est géré par la Section de l’Isère du Club Alpin, sera détruit par un incendie en 1919 et rétabli en 1921. Il sera réhabilité en 1973 et reconstruit en 2009.

1889 - Le refuge de Praz-Riond

Dans les Alpes Graies en Haute Tarentaise, c’est une location temporaire située aux sources de l’Isère, par la Section de l’Isère du Club Alpin.

1890 - Le refuge-observatoire Vallot, 4347m

Dans le massif du Mont Blanc, l’installation du premier Observatoire Vallot du Mont Blanc, au niveau des Rochers Foudroyés à 4358m, est une initiative de Joseph Vallot sur ses fonds propres. Une plateforme scientifique qui devra servir aussi de refuge au profit des Guides de Chamonix, à la demande de la Municipalité.
Joseph Vallot va trois ans plus tard séparer l’observatoire du refuge pour la tranquillité des scientifiques.

Le refuge Cézanne en 1904 Le refuge Cézanne en 1904

 

1891 - Le refuge Cézanne, 1874m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le nouveau refuge Cézanne est installé au Pré de Madame Carle, un modèle en bois suffisamment fiable, étudié par Joseph Lemercier, et géré par la Section de Briançon du Club Alpin, avec 16 couchages, lits de camp, couvertures, fourneau et batterie de cuisine. Inauguration en été 1891. La première construction de 1877 avait été vite ruinée par les avalanches hivernales, comme celle de 1886.
Une annexe en maçonnerie est ajoutée en 1903. Le refuge principal sera détruit, par une accumulation inhabituelle de neige en 1936. La dépendance sera conservée, restaurée et réaménagée en 1971, pour servir en hiver d’hébergement aux skieurs-alpinistes, avec 12 couchages.

1891 - Le refuge Pelvoux - Abel Lemercier, 2700m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge Pelvoux-Abel Lemercier, conçu en bois sur de meilleurs plans par Joseph Lemercier, vient remplacer le refuge de Provence de 1877. Il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin, avec 27 couchages, lits de camp, couvertures, fourneau et batterie de cuisine. Inauguration en été 1891. Il prend le nom du président du Club Alpin de l’époque Abel Lemercier. Un ouvrage en dur en 1962 viendra au côté de l'ancienne bâtisse qui sera conservée

1892 - Le refuge de l’Alpe de Villar d’Arène, 2120m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge-hôtel de l’Alpe de Villar d’Arène est édifié en bois, proche des chalets d’Arsine, sur le modèle proposé par Joseph Lemercier, avec 20 couchages, par la Section de Briançon du Club Alpin. Il remplace la première initiative de 1877 et entre en service le 17 août 1892. Il sera réaménagé à partir de 1923.

DANS LES PYRÉNÉES

Dans les Pyrénées dès 1877, le Club Alpin s’intéresse aux hébergements à l’intention des excursionnistes et des ascensionnistes. D’abord des abris-sous-roche, mais ce genre de point d’appui ne connaîtra, comme dans les Alpes, que des déboires.

1877 - Deux abris à vocation touristique

Dans les Pyrénées Centrales, les deux premiers abris, à vocation touristique et non plus pastorale, sont aménagés avec les gîtes de Crabioules et du Mont Perdu.
Le dernier par Henry Russel, avec l’appui du Club Alpin, au pied du Cylindre vers 2900m pour l’ascension du Mont Perdu, il se révélera rapidement insalubre et sera remplacé par le refuge de Tuquerouye en 1890.

1882 - La première grotte du Vignemale

Dans les Pyrénées Centrales, Henry Russel aménage la première grotte du Vignemale. Suivront les grottes des Dames, des Hommes, des Guides, du Paradis et de Bellevue. Toutes celles qui seront murées deviendront inhabitables.

1886 - Le refuge d’Arrémoulit, vers 2300m

Dans les Pyrénées Centrales, le Club Alpin aménage un abri sous une dalle surplombante, près du lac d’Arrémoulit, financé par Adrien Bayssellance. Il sera remplacé en 1905.

1890 - Le refuge de Tuquerouye, 2666m

Dans les Pyrénées Centrales, le premier refuge, au sens actuel du terme, est celui de Tuquerouye, édifié pour l’ascension du Mont Perdu et inauguré le 3 août 1890. Il est entièrement maçonné, pour éviter tout ce qui peut être volé ou brulé. Appelé un moment refuge de Lourde-Rocheblave, il est agrandi en 1929, restauré en 1999 et en 2005. Géré par la Section de Lourdes-Cauterets du Club Alpin, il offre 6 couchages.

L’expérience reconnue de la Commission des travaux en montagne

Après quelques déconvenues qui ont fait abandonner les facilités naturelles, comme les abris-sous-roche et les bâtiments adossés, des types d’aménagements rendus rapidement inutilisables par l’humidité résultante, l’association n’entreprendra plus que des installations dégagées sur toutes leurs faces.
La « Commission des travaux en montagne » va rapidement acquérir une expérience reconnue. 
Elle deviendra une des principales structures du Club Alpin, chargée de gérer et de renforcer son patrimoine, ses refuges...

Le financement des refuges

Jusqu’à la Grande Guerre, les refuges seront édifiés sur les propres ressources de l’Association, et en recevant legs et donations de ses membres, en dehors de quelques modestes subventions de l’administration. Il faudra attendre 1922 pour que l’État commence à intervenir, pour ce véritable service public.

Les engagements des Sections du Club Alpin

Conformément aux vœux des Fondateurs, ce sont les Sections de montagne qui conduiront l’équipement de leurs vallées mitoyennes, par le tracé de chemins et sentiers, et l’édification de refuges.
Les principales initiatives concernent les Sections locales des Pyrénées : Lourdes-Cauterets, Sud-ouest, Bordeaux, Pau, Pyrénées centrales et orientales ; la Section des Alpes Maritimes pour les vallées du Mercantour ; la Section de Briançon pour le massif des Écrins sud ; la Section de l’Isère pour le massif des Écrins nord ; les Sections de Savoie pour leurs montagnes environnantes.
Deux exceptions, la Haute Maurienne et le massif du Mont Blanc, dont les aménagements seront adossés respectivement aux Sections de Lyon et de Paris.

1875 à 1914 - LES PLUS IMPORTANTS SENTIERS ET CHEMINS MULETIERS

Dès sa fondation en 1874, le Club Alpin Français sera un important propagandiste de l’excursionnisme. « Déjà avant la Grande Guerre, puis dans l’Entre-deux-guerres, alors que les difficultés de transport confinaient les montagnards aux voisinages des villes, des Sections du CAF avaient entrepris un effort considérable de balisage, d’entretien et d’ouverture de sentiers »… Cela concernera principalement les Sections voisines des zones de montagne. Parmi les nombreux articles figurant dans les rubriques " Sentiers " de nos revues, d’abord les Annuaires du Club Alpin Français de 1874 à 1904, puis La Montagne, on relève l’intense activité de notre instance pour la création, l’entretien et le jalonnement d’itinéraires à but d’excursionnisme dans les massifs montagneux.

Pour favoriser la fréquentation des montagnes, il fallait en complément des rares chemins existants, développer un réseau de sentiers et chemins muletiers conduisant aux refuges et permettant d'approcher les montagnes et d'accéder aux sites d'intérêt : grottes, cascades, sources, gorges, cols et belvédères...

Dès 1876, les Sections de Chambéry ( chemin du Nivolet et de Joigny ), d'Aix les Bains ( chemin et chalet du Revard ), d'Auvergne, de Briançon, de Gap et de l’Isère du Club Alpin organisent les premiers aménagements de sentiers.
En 1878, le sentier de la Tête de la Maye, conduisant au belvédère remarquable, est achevé par la Section de l’Isère.
La Section d’Auvergne balise des sentiers amenant au Mont Dore et aux différents points de vue régionaux.
Dans la partie française du massif des Vosges, la Section d’Épinal propose entre 1879 et 1888 des cheminements conduisant aux belvédères principaux : Ballon-d’Alsace, Hohneck, Ormont, Drumont, Noirmont et Mont Avison.
La Section de l’Isère offre, dans les massifs de la Chartreuse et d’Allevard, une série d’itinéraires parcourant crêtes et plateaux.
Autour de Marseille et de Nice des sentiers font découvrir les collines de l’arrière-pays.
Dans le Jura, la Chartreuse, en Tarentaise, en Savoie et dans le Massif Central, les approches aux principales curiosités naturelles sont aménagées : grottes, gorges, cascades et autres chaos rocheux.
Dans les Pyrénées, le Club Alpin participe au financement de divers chemins de montagne : les sentiers de Tuquerouye et autour de Cauterets en 1888 ; le chemin entre Gavarnie et Héas est praticable en 1891 ; initiatives pour relier Cauterets à Gavarnie, par le col d’Ossoue, et améliorer l’accès au col de Campbiel en 1894 ; le franchissement du col d’Araillé est facilité en 1895 ; un chemin relie Barèges et la vallée de l’Aure, par le col d’Aubert en 1898.
En 1888, il existe 350 kilomètres de chemins et sentiers, ouverts aux excursionnistes et promeneurs...
La politique de l’association est simple : attirer le promeneur, et l’empêcher de s’égarer.
Les plus importants chemins muletiers et sentiers sont tracés, soit par notre Association, soit avec sa participation, comme l’important axe conduisant de Chamonix au Montenvers et rejoignant le Plan de l’Aiguille…
Et en 1906, le Club Alpin pose des panneaux indicateurs, destinés à renseigner les touristes non accompagnés de Guides, mais « ils ne devront mentionner comme lieux de destination que ceux pouvant être atteints par des chemins ou sentiers… ».
En 1907, les sentiers des forêts domaniales de Lente et du Vercors sont balisés, par des marques de peintures, par la Section de la Drôme du Club Alpin.
En 1908, Henri Vallot publie une étude traitant la question de la pente la plus favorable à adopter, pour le tracé des chemins de montagne.
En 1909, le sentier de la montagne de la Côte, depuis Chamonix pour l’ascension du Mont Blanc, est financé. Il reprend l’approche adoptée par Saussure, abandonnée depuis 1819.
En 1909 encore, dans le massif des Écrins, les sentiers conduisant et traversant le col du Clot des Cavales, 3128m, et menant et franchissant le col de la Temple, 3283m - reliant le Vénéon à la Vallouise - sont tracés par le Club Alpin, avec l’aide des techniciens des chemins de fer de la Cie PLM…
Au même moment, la Société des Touristes du Dauphiné entreprend de tracer plusieurs sentiers, au départ de la Bérarde, participant pleinement à l’essor de cette vallée.
Bien que sa vocation soit la haute montagne, sinon la très haute montagne, le Club Alpin a toujours joué un rôle important dans la pratique de l’excursion pédestre, qui plus tard prendra le nom de randonnée…
Le Club Alpin sera - jusqu’au milieu du XXe siècle - le principal aménageur et créateur des sentiers et chemins muletiers dans les montagnes de France pour rejoindre les refuges, les principaux cols et les belvédères remarquables. Il a également contribué de tout temps à favoriser l’excursionnisme, plus particulièrement - mais pas seulement - en montagne.
C’est une œuvre considérable rarement mise en exergue…

Les moyens d’information

 Les éléments de documentation sont rares au XIXe siècle et au début du XXe siècle, en dehors des quelques descriptions figurant dans les bulletins des associations.
Il est évident que sans renseignements, pas d’émancipation possible ; les Guides conservaient précieusement leurs expériences qui ne s’échangeaient qu’entre initiés. Il fallait donc développer l'information alpine.

Les premiers guides-itinéraires décrivant les montagnes sont signalés dans le dossier : « Les guides-itinéraires pour la montagne ». Notamment :
- Le « Guide du Haut Dauphiné », par W.A.B. Coolidge, Henry Duhamel et Félix Perrin, libraire-éditeur Alexandre Gratier à Grenoble en 1887, ouvrage remarquable et complet pour l'époque.
- Le « guide-itinéraires de la chaîne du Mont Blanc », par le Suisse Louis Kurz ( 1854-1942 ), publié en 1892, augmenté en 1914 aux Éditions Payot.
- Des « Guides pour l'alpiniste » commenceront à être proposés par Émile Gaillard, en 1912 aux Éditions Dardel, dévoilant des approches intéressant excursionnistes et alpinistes.

Les guides-itinéraires plus complets apparaîtront en 1925 puis en 1946.

Des contacts étroits avec les militaires

Le Club Alpin, jusqu’à la Grande Guerre, entretient une proximité importante avec les militaires. Des contacts officiels concerneront : la Topographie et la Cartographie ; l’exploration et la connaissance des montagnes ; et ensuite le développement du ski. En retour, l’armée voyait arriver des appelés issus des Caravanes scolaires, avec un rudiment de formation et une bonne préparation physique.
À titre privé, plusieurs personnalités appartenant à l’armée seront des membres actifs de l’association et occuperont des responsabilités dans le club.
Notons que l’organisation des troupes de montagne se fera en parallèle avec le développement des sociétés civiles de montagne, dont principalement le Club Alpin.
En montagne, les militaires étaient déjà présents dès 1793 avec les chasseurs des Alpes, mais seulement dans les vallées. C’est en 1878 que nos militaires commenceront à s’avancer en haute altitude. Cette année là, un groupe de bataillons et de batterie effectue un séjour et des manœuvres en montagne.
En 1879, un premier bataillon alpin de chasseurs à pied est créé à Grenoble.
Entre 1880 et 1888, développement des bataillons alpins de chasseurs à pied, associés aux artilleurs de montagne.
L’organisation est officialisée par la loi du 24 décembre 1888. Et enfin les bataillons de chasseurs à pied deviendront les bataillons de chasseurs alpins en 1916.

L’ouverture d’un réseau routier de montagne, par les militaires de l’Armée des Alpes - les routes des cols d’Allos, de la Cayolle, des Champs, du Galibier, d’Izoard, de Vars, du Parpaillon, des Chapieux, des Rochilles, et du Sommet Bucher -, fût saluée par le Club Alpin, qui voyait ainsi s’améliorer l’accès aux montagnes, dans la droite ligne de sa politique d’aménagement. C’est entre 1889 et 1893 que le général Henry Berge, Gouverneur militaire de Lyon ordonnera la plus grande partie de ces travaux.
À son décès en 1926, le Club Alpin fera paraître un article hommage dans la revue La Montagne de 1927 : Le Général Baron Berge ( 1828-1926 ).

1875 à 1914 - Le développement économique

Jusqu’à la Grande Guerre, dans la société civile, le Club Alpin sera l’artisan principal du développement économique des hautes vallées des montagnes de France. Il a apporté une contribution majeure dans la création d’un tourisme de montagne qui assurera l’essor économique des hautes vallées et une prospérité pour les populations montagnardes…

Nous le répétons…

C'est lui le précurseur audacieux de la fin du XIXe siècle, qui a voulu voir « se diriger vers nos vallées alpines ou pyrénéennes une immigration estivale comparable à celle que reçoivent les régions favorisées de la Suisse », et aussi qui a encouragé « la création pour les familles aisées de nouveaux centres de villégiature ».
Le précurseur avisé, qui pensait qu'ainsi « pouvaient être conjurées les menaces de dépopulation et de ruine que la décadence de l'industrie pastorale avait fait naître » dans nos régions de montagnes...
Le précurseur inspiré, qui a ensuite accompagné l’essor du tourisme de montagne, qui a contribué au maintient et à la croissance de l'économie montagnarde et à une prospérité des populations - à l'époque très appauvries - des hautes vallées oubliées des montagnes de France…

Parallèlement dans certaines vallées du Dauphiné, la Société des Touristes du Dauphiné pourra mener des actions équivalentes. Ainsi que le Touring Club de France, surtout pour la moyenne montagne, après 1890.
Pour sortir de la misère et du dépeuplement nos vallées éloignées de montagne, ces coins oubliés de France, avec le développement du tourisme, deux conditions devront accompagner les actions des associations, indiscutablement les précurseurs des futurs développements économiques : le tracé des voies de communication par l’État, et l’accueil hôtelier par les initiatives privées.

L’œuvre de la Section lyonnaise du Club Alpin

La mise en valeur touristique de la Haute Maurienne - par la Section lyonnaise - depuis la fin du XIXe siècle est exemplaire…
En 1895, le chalet-hôtel de Bonneval-sur-Arc est déclaré ouvert. Ensuite viendront le refuge des Évettes en 1907, d’Avérole en 1920, du col de l’Iseran et du Carro en 1925…
Les Lyonnais sauront poursuivre leur effort en soutenant les orientations d’aménagement raisonnable de la Haute Maurienne de l’après-Seconde guerre mondiale, puis dès 1956 en conduisant le projet d’un Parc national en Savoie qui deviendra celui de la Vanoise. 
Ainsi le très long intérêt pour la Haute Maurienne de nos collègues lyonnais trouvera, avec la création du Parc national de la Vanoise le 26 juin 1965, une solution pérenne d’aménagement et de protection…

1890 - Création du Touring Club de France

Le Club Alpin se livre à une importante propagande pour un développement touristique des zones de montagne. Une orientation venant en complément des pratiques culturelle et sportive…
Malgré des récriminations de quelques-uns voulant éviter les « hordes peu averties », le CAF sera très présent - omniprésent - dans la création du « Touring Club de France » dont l’objet est de promouvoir ce tourisme naissant…
Le Club Alpin a toujours pensé que son développement était lié à celui du tourisme de montagne, un loisir encore très peu répandu en France...
Dès ce moment - au niveau national - le Club Alpin sera l’aménageur de la Haute Montagne pour accueillir les alpinistes et les montagnards, et le Touring Club sera celui de la Moyenne Montagne, des vallées et des sites remarquables pour recevoir les touristes, jusqu’aux relais des initiatives locales plus tard ( voir le dossier : Le Club Alpin Français de 1874 à 1914 )..
Seuls les centres touristiques de Chamonix et de Gavarnie étaient déjà actifs et organisés, avec chacun leur site emblématique, le Mont Blanc et le cirque de Gavarnie.

La pratique hivernale de la montagne

Dès 1884, au sein du Club Alpin et en parallèle avec les militaires des troupes de montagne, les alpinistes découvrent la montagne hivernale avec l’utilisation des raquettes à neige, puis après 1890 avec la pratique du ski.
Le ski va devenir une activité de loisirs d’hiver et va connaître un développement considérable ( voir le dossier : La Pratique hivernale de la montagne  ).
C’est le début de l’aménagement de la montagne d’hiver pour le ski et les sports de neige.
En 1907, le Club Alpin se voit confier l’organisation, la fédération et la réglementation du ski, comme pratique sportive.

L'ESSOR DU TOURISME

L’approche des montagnes par le chemin de fer

C’est le train surtout qui va conduire les touristes et les alpinistes de la plaine vers les montagnes.
Les Compagnies de chemins de fer, développant leurs réseaux, assisteront longtemps le Club Alpin et le Touring Club, avec leurs aides technique et financière, notamment et principalement la société PLM...

- En 1858, Genève est reliée à Paris par la voie ferrée…

Le train dans les Alpes du nord :

- Le 15 juin 1890, le chemin de fer PLM arrive à Cluses.
- En 1898, le tronçon Cluses-le Fayet est ouvert.
- Le 12 juillet 1901, la ligne à voie métrique et électrifiée menant à Chamonix depuis le Fayet est entrée en service.
- Le train desservira Chamonix en hiver dès 1907.
- Le 1er juillet 1908, la communication avec la vallée du Rhône, Martigny et le Simplon par le Fayet est possible, ce qui offre un développement exceptionnel pour la vallée de l'Arve.
- En 1856, la Maurienne est atteinte par le chemin de fer jusqu’à Saint-Jean-de-Maurienne, Modane sera relié en 1868, le tunnel de Fréjus sera percé en 1871 vers l’Italie.
- Le 3 août 1892, la Tarentaise est atteignable jusqu’à Moûtiers et en 1913 jusqu’à Bourg-Saint-Maurice.

Le train dans les Alpes du sud :

- Le 15 septembre 1884, Briançon devient accessible par le rail.
- En 1908, la Compagnie des chemins de fer du Sud ouvre le tronçon Digne-Annot qui permet depuis Grenoble de rejoindre Nice et les montagnes des Alpes Maritimes.

Le train dans les Pyrénées viendra également rendre plus commodes l’accès aux montagnes.

Les services automobiles

En 1835, il fallait encore 7 h de voyage pour parvenir à Chamonix depuis Sallanches, à dos de mulet ou en char à bancs, par un mauvais chemin. En 1867, la route nationale est accessible aux diligences.
En 1876, un service régulier de diligence relie Grenoble à Briançon en plus de 15h.
Un autre service relie Gap à Briançon en 10h.
Dans les premières années du XXe siècle, est achevée la substitution progressive des services automobiles, à la traction hippomobile sur les routes de montagne.
Des liaisons automobiles par autocars et voitures desservent peu à peu les vallées alpines, pyrénéennes et autres, au départ des gares de chemins de fer.  
Depuis la gare du Fayet, on va par un service d’été à Évian, Albertville, aux Contamines, à Thônes par le col des Aravis, correspondance pour Annecy.
En 1913, un service automobile permet d’atteindre le Grand-Bornand et la Clusaz depuis Thônes toute l’année.
Dans les Hautes Alpes depuis Gap, le col Bayard est franchi même en hiver, par le service automobile pour desservir St Bonnet et Orcières. Gap est relié à Barcelonnette, par un service régulier d’autocars.
La route rejoint la Bérarde en 1921.
Même croissance du service routier dans les Pyrénées.

L’accueil hôtelier

Depuis les dernières années du XIXe siècle, le Club Alpin a été le premier à encourager l’accueil hôtelier dans les zones de montagne, peu développé à part dans les stations thermales et les sites touristiques de Chamonix et Gavarnie, puis sont venues les actions du Touring Club de France et des Syndicats d’initiative des régions de tourisme.
En 1904, le Congrès de l’industrie hôtelière recommande la création de petits hôtels de montagne et que les acteurs économiques « favorisent, appuient et provoquent la fondation de nouveaux hôtels dans les contrées où les sites sont particulièrement remarquables au point de vue du tourisme ». Accompagnant un tourisme en développement et sur le modèle des Syndicats d’initiative de Savoie et Haute Savoie, le Syndicat d’initiative des Pyrénées organise les déplacements entre Lourdes et Gavarnie.

1905 - Un Office du tourisme à Pralognan

Un Office du tourisme est créé à Pralognan, aidé par la société PLM et par le Club Alpin. C’est pour les touristes, un bureau de renseignements gratuits « indépendant des hôtels et des intérêts particuliers », car des concurrences hôtelières féroces divisaient et perturbaient certains centres alpins « au grand détriment du voyageur ».
L’Office sert aussi de bureau de correspondance pour le chemin de fer PLM arrivant à Moûtiers, avec les services de cars.
C’est là que sont proposés les services des Guides et Porteurs et le service muletier, conduisant vers les cols et sites remarquables.…
Ce sera un modèle pour un développement raisonné des centres alpins…

1893 à 1914 - LES REFUGES CONSTRUITS

1893 - Le refuge Vallot, 4362m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge Vallot situé sur la voie d’accès au Mont Blanc est un abri de sécurité particulièrement précieux, et un raccourci de l’histoire des refuges.
En 1890, le refuge-observatoire Vallot est édifié par Joseph Vallot.
En 1893, Joseph Vallot fait construire un refuge pour les touristes à proximité de son observatoire, afin de ne pas gêner les scientifiques, il accueillera Guides et ascensionnistes jusqu'en 1937.
En 1925, rétrocession, par la municipalité de Chamonix, du refuge au Club Alpin, et en 1938 un nouveau refuge en alliage d’aluminium verra le jour….

1894 - Le refuge de l’Aigoual, 1555m

Dans le Massif Central, au sommet du Mont Aigoual, d’abord un simple refuge existe dès 1885, ensuite le Club Alpin fait bâtir en 1894 un refuge-abri-restaurant, jouxtant l’Observatoire de l’Aigoual. Un point d'appui inestimable à la mauvaise saison. Il sera transmis plus tard à la gestion privée. En 1932, l’administration des Eaux et Forêts louera un refuge bien aménagé à la Section des Causses et Cévennes du Club Alpin. Il sera beaucoup plus tard repris par la commune de Valleraugue et sera entièrement rénové en 2000.

1894 - Le refuge Évariste Chancel, 2508m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, dominant la vallée de la Romanche, le refuge Évariste Chancel remplace refuge de la Lauze de 1878. Mise en service le 26 août 1894, structure en bois, avec 16 couchages. Il sera un moment appelé chalet-refuge du Puy-Vachier. Agrandi en 1899, avec 16 couchages pour les touristes et 8 pour les Guides, il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin. Il sera remis à neuf en 1933, et repris en gestion privée après 1987.

1895 - Le chalet-hôtel de Bonneval-sur-Arc, 1810m

Aux confins des Grandes Alpes de Savoie en Haute Maurienne, le chalet-hôtel de Bonneval est déclaré ouvert le 15 août 1895, avec 30 couchages, par la Section lyonnaise du Club Alpin qui œuvre pour la mise en valeur touristique de la Haute Maurienne. Le local sera vendu en 1954. En 1961, la Section lyonnaise rachète un bâtiment de l’EDF qui servira de chalet-refuge jusqu’en 1980 où il est démoli pour des raisons de sécurité. Un nouveau chalet-refuge offrira 14 couchages, le 4 août 1986…

1895 - Le refuge du Lac Noir, 2800m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, au-dessus de Saint-Christophe à 2800m, proche de la brèche de la Mura, au pied occidental des glaciers du Mont de Lans, un premier refuge avait été installé en 1884 sur un site particulièrement venteux. Il avait dû être déplacé et réédifié en pierre en 1895. Le refuge du Lac Noir permettait 10 couchages avec un grand lit de camp, couvertures, poêle et batterie de cuisine, il était administré par la Section de l’Isère du Club Alpin. Détruit par une tempête en 1913, il était rétabli en 1922. Encore endommagé et réparé en 1923. En très mauvais état en 1950, inutilisé non fermé en 1976, il disparaîtra ensuite.

1895 - Le refuge Packe, 2495m

Dans les Pyrénées Centrales et le massif du Néouveille, le refuge Packe est érigé par la Section du Sud-ouest du Club Alpin, avec 8 couchages. De par sa position, il offre un panorama exceptionnel sur le versant nord du pic Long et sur la Brèche de Roland. Il est rénové par le Parc national des Pyrénées en 1968 et verra sa toiture refaite en cuivre en 1997.

1896 - Le refuge Lombard - Lyon-Républicain, vers 2600m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné, dans le haut vallon du Marian, sous le col Lombard, le refuge Lyon-Républicain est installé en dessous des ruines de son ancêtre de 1880, pour approcher les Aiguilles d’Arves par le versant Dauphiné, avec le concours de la presse en 1896. C’était une opportunité suite au projet inabouti - à cause des difficultés de transport - de mise en place du refuge de l’Aigle sous la Meije orientale. Les ascensions sur les Aiguilles d’Arves, à la suite des écrits de W.A.B. Coolidge, étaient très en vue à cette époque. Le bâtiment est emporté par une avalanche en 1904.

En 1907, une initiative privée accueillera les ascensionnistes à 2h du col Lombard. En 1927, le Club Alpin fera bâtir un nouveau refuge plus haut sous ce col. Emporté par une avalanche le printemps suivant, il sera relevé en 1930 et disparaîtra plus tard.

1896 - La cabane du col du Midi, 3555m

Dans le massif du Mont Blanc, le petit refuge du col du Midi vers 3555m est transmis au Club Alpin.

Un point d’histoire

Disposer d’une étape sur la voie d’ascension dite des « trois monts blancs » a d’abord été une préoccupation des Guides de Courmayeur, à la recherche d’un moyen d’atteindre le sommet des Alpes depuis leur vallée, en passant par le col du Géant et la traversée par le Mont Blanc du Tacul et le Mont Maudit - un contournement qu’ils avaient inaugurés en 1855 et 1863 - avec la mise en place d’une cabane en bois de 10 couchages au col du Midi vers 3555m, dès 1863. Construction dès 1863 d’une cabane en bois de 10 couchages, par les Guides valdotains au col du Midi vers 3555m. Cet itinéraire très détourné perdant de son intérêt après 1890, avec la découverte d’un accès plus commode par le glacier du Dôme et l’arête des Bosses, le petit refuge sera délaissé par nos voisins italiens, restauré en 1895 par Joseph Vallot et Paul Helbronner, il est cédé au Club Alpin en 1896, et devra plusieurs fois être remis en état, encore entretenu en 1923, mais souvent inutilisable, car rempli de glace, il disparaîtra durant l’hiver 1929-1930 emporté par une avalanche.
Le nécessaire point d’appui sur la route des « trois monts blancs » sera remplacé en 1942, par le local technique du téléphérique du col du Midi vers 3593m, appelé cabane Simon, elle offrira un abri occasionnel aux alpinistes, il sera laissé à l’abandon dans les années 1950.
Le refuge des Cosmiques, après 1946 accordera ensuite l’hospitalité aux alpinistes dans la limite des couchages disponibles et en fonction de l’humeur du gardien… Il est détruit accidentellement en 1984.
Jusqu’à une nouvelle installation moderne en 1991.
L'ancienne cabane Simon rénovée, pour les ouvriers du chantier, devenant refuge d'hiver avec 10 couchages.

1896 - Le refuge de Prat Long, 1900m

Dans les Pyrénées Centrales, ce petit refuge de 5 couchages, au dessus de Luchon, est construit par la Section des Pyrénées Centrales du Club Alpin. Il sera laissé à l’abandon après 1936.

1896 - Le chalet-refuge de la Sausse, 2270m

Dans les Grandes Alpes de Savoie en Maurienne, c’est une location, avec 5 couchages, par la Section de Maurienne du Club Alpin, dans un chalet d’alpage sous le col des Encombres, il est encore utilisé et recommandé en 1910, puis sera peu à peu délaissé.

1897 - Le refuge du Clot-Xavier Blanc, 1440m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, c’est d’abord une location par la Section de Gap du Club Alpin d’un bâtiment d’exploitation inutilisé, d’une mine de galène argentifère abandonnée, le refuge Xavier Blanc avec un équipement sommaire accueille 20 personnes. Il sera acquis en 1925, réaménagé en 1925 et en 1956.

1897 - Le refuge des Grands Mulets, 3051m

Dans le massif du Mont Blanc, une grande et confortable bâtisse vient remplacer les refuges de 1853, 1866 et 1881, implantés sur différents emplacements des affleurements rocheux des Grands Mulets, pour l’accès au plus haut sommet de l’arc alpin. Géré par la commune et les Guides de Chamonix, ce refuge peut accueillir une cinquantaine de personnes, avec salle à manger et cuisine au rez-de-chaussée, 4 chambres et un dortoir pour les Guides à l’étage. Il sera reconstruit en 1960.

1897 - Le refuge des Lacs 2650m

Érigé en dur dans ces années là, le refuge des Lacs est situé au bord du lac des Thurges (aujourd’hui lac de la Vieille Femme) avec 20 couchages, gardé en été, géré par la Section de Tarentaise du Club Alpin. Il est signalé en bon état et gardé en 1912, en mauvais état un peu plus tard, ouvert et réparé en 1926. Il sera ensuite abandonné et ruiné.

1899 - Un refuge éphémère : le refuge de l’Aiguille, 1773m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné, le refuge de l’Aiguille est implanté au-dessus d’Embrun sous le Mont Guillaume, par la Section d’Embrun du Club Alpin. Présenté officiellement le 23 juillet 1899, il comprend une pièce pour les excursionnistes et un local pour les bergers. Il sera plus tard, déjà en 1905, délaissé par les clubistes.

1899 - Le refuge de Baysselance, 2651m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge de Bayssellance (appelé aussi refuge d’Ossoue) est situé sur le chemin de Gavarnie à Cauterets, il donne accès à la voie normale du Vignemale. Avec 25 couchages, il est géré par la Section de Bordeaux du Club Alpin. Il sera agrandi en 1939 et rénové en 2003.

1899 - Le refuge César Durand, 2171m

Dans le versant Savoie des Grandes Alpes du Dauphiné en Maurienne, le refuge César Durand est érigé par la Section de Maurienne du Club Alpin, à côté des chalets de la Balme, au-dessus de Saint-Sorlin-d’Arves. Il permettait d'accéder au Pic de l'Étendard et à la partie nord du massif de la Grande Rousse, place pour 12 couchages.
Il est déjà délaissé en 1906 à cause d’une autre approche plus commode aux sommets qu’il devait desservir, et d'un autre point d’appui mieux situé, appelé le refuge des lacs de Bramant, qui deviendra plus tard le refuge de l’Étendard. Rénové en 1921, il sera remis en état en 1958 et loué par l’UNCM de Saint-Sorlin-d’Arves et fermé en 1986.

1899 - Le chalet des Cortalets, 2150m

Dans les Pyrénées Orientales, le chalet des Cortalets est construit en pierre, avec 40 couchages, par la Section du Canigou du Club Alpin, un refuge-skieur sera adjoint en 1932. Incendié en 1944, il sera remis en état par la Section des Pyrénées-Orientales du Club Alpin en 1948.

1899 - Le refuge Durier, 3349m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge Durier en bois, avec 8 couchages, est établi au col du Miage. Il facilitera, entre autres ascensions, la traversée vers le Mont Blanc par l’arête de Bionnassay. Géré par la Section de Saint-Gervais du Club Alpin, il sera réaménagé en 1961, puis en 1974…

1899 - Le refuge Sauvage, 2250m

Dans les Petites Alpes de Savoie, sous la Pointe Percée, le sommet principal de la Chaîne des Aravis, le refuge Sauvage est construit en bois, grâce à la générosité d’Édouard Sauvage. Présenté officiellement le 12 septembre 1899, il est géré par la Section du Mont Blanc du Club Alpin. Place pour 12 couchages. Il sera emporté par une avalanche en 1914, et rebâti à proximité en 1928, devenant le refuge de la Pointe Percée.

1899 - Le refuge-abri du col du Sautron, 2687m

Dans les Alpes Cottienne, un refuge-abri est placé au col du Sautron, au-dessus de Larche, par la Section lyonnaise du Club Alpin. À l’initiative du lieutenant Trémeau et dans le but humanitaire d’assurer la sécurité des travailleurs saisonniers qui rejoignaient les fermes des vallées prospères, pour louer leurs services chaque printemps et automne. Il est complètement ruiné en 1928 et abandonné, car ne répondant plus aux besoins de l’époque.

1900 - Le refuge de la Lavey, 1780m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, c’est d’abord l’achat de deux chalets-bergeries, situés dans le vallon de la Lavey en 1880. Ils sont remplacés par le refuge de la Lavey, monté en dur avec 20 couchages. Consacré officiellement le 24 juin 1900, avec lits de camp, couvertures et batterie de cuisine, il se compose de deux pièces, une pour les touristes et une autre pour les Guides. Il sera réaménagé en 1949 et agrandi en 1968, géré par la Section de l’Isère du Club Alpin.

1901 - Le refuge du Promontoire, 3092m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge du Promontoire est édifié sur la voie d’ascension de la Meije, il entre officiellement en fonction le 19 août 1901, et servira pendant plus de soixante ans « bien à cheval sur son arête exiguë ». Place pour 16 couchages avec lits de camp, couvertures, fourneau et batterie de cuisine, il est géré par la Section de l’Isère du Club Alpin. Il sera reconstruit en 1966.

1902 - Le refuge Ballif-Viso, 2460m

Dans les Alpes Cottiennes au fond du Queyras, après les péripéties survenues au refuge des Lyonnais de 1877, implantation d’un nouveau havre par la Section de Briançon du Club Alpin, avec l’aide financière du Touring Club de France, le refuge Ballif-Viso est déclaré ouvert le 24 août 1902. Il est situé à une centaine de mètres au-dessus de l’ancien refuge, mieux abrité des avalanches. C’est un modèle en bois suffisamment fiable, étudié par Joseph Lemercier, avec 2 chambres, 16 couchages, lits de camp, couvertures, fourneau et batterie de cuisine Il donne accès au col de la Traversette, au col de Valante et au Mont Viso. Il sera détruit totalement pendant la guerre en 1944, et remplacé en 1976.

1902 - Le refuge Nice, 2250m

Dans le massif du Mercantour et les Alpes Maritimes, le refuge Nice remplace la grotte-abri de la Barma, il est bâti en dur avec 35 couchages et présenté officiellement le 14 juillet 1902, par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin. Rendu inutilisable pendant la guerre 1939-1945, il devra être réaménagé en 1948.

1902 - Le refuge Félix Faure du col de la Vanoise, 2515m

Dans les Grandes Alpes de Savoie, au col de la Vanoise, après une première initiative datant de 1878, un refuge-hôtel en pierre de 24 couchages prendra le nom de Félix Faure en l’honneur d’un président de la République. Il est géré par les Sections de Maurienne et de Tarentaise du Club Alpin, il connaîtra un aménagement pour une activité hivernale en 1935, et une extension en 1971 par l’adjonction de deux bâtiments séparés, en retrouvant son nom d’origine. L’ensemble fera l’objet d’une réhabilitation globale en 2014 et 2019.

1903 - Le refuge Caron, 3175m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, face au versant nord de la Barre des Écrins, au-dessus et sur la rive gauche du glacier Blanc, le refuge Ernest Caron est construit en boi, par la Section de Briançon du Club Alpin, et consacré le 23 août 1903. Ce point d’appui important permet 24 couchages, avec lits de camp, couvertures, fourneau et batterie de cuisine, il sera détruit par un incendie le 14 août 1921, relevé et agrandi en 1922…Remplacé par le refuge des Écrins en 1969.

1903 - Le refuge Cézanne, 1874m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, une annexe en maçonnerie est ajoutée au refuge Cézanne qui sera détruit par une accumulation inhabituelle de neige en 1936. La dépendance sera conservée, restaurée et réaménagée en 1971, pour servir en hiver d’hébergement aux skieurs-alpinistes, avec 12 couchages.

1904 - Le refuge de la Charpoua, 2841m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge de la Charpoua, appelé aussi refuge Charlet-Straton, est un ouvrage en bois avec 12 couchages, installé par la Société des sports alpins de Chamonix, sur les voies classiques des Drus. Il sera confié à la gestion du Club Alpin en 1960, puis administré par la Compagnie des Guides de Chamonix après 1985.

1904 - Le premier refuge du Couvercle, 2687m

Dans le massif de Mont Blanc, le premier refuge du Couvercle, viendra en 1904 remplacer un bivouac fréquenté, sous le monolithe de la Pierre du Couvercle. C’est une première cabane de bois, sous ce pittoresque auvent, qui est mise en place par la Section de Chamonix du Club Alpin, sur les plans d’Henri Vallot, avec 12 couchages, déclaré en service le 7 août 1904. Agrandissement en 1911, avec un gardiennage et 24 couchages. Il sera reconstruit en 1932.

1905 - Le refuge d’Arrémoulit, 2300m

Dans les Pyrénées Centrales, en remplacement de l’historique abri de 1886 souvent inondé, un refuge avec 8 couchages est implanté près du lac d’Arrémoulit, par la Section de Pau du Club Alpin et la Société des Excursionnistes du Béarn. Il ne résistera pas aux tempêtes, disparaîtra en 1918 et sera remplacé en 1925.

1905 - Un refuge au sommet du Mont Blanc, 4810m

Malgré des conseils avisés et dans le but de devancer les travaux de Joseph Vallot, Jules Janssen avait fait installer un observatoire directement au sommet du Mont Blanc, montrant jusqu’où on peut aller dans une concurrence exacerbée. En 1893, on constatera rapidement sa lente et inexorable plongée dans les glaces.
En 1905, dans un entêtement inutile, une annexe est ajoutée et servira de refuge à 4810m avec 22 couchages… Mais dès 1909, presque entièrement pris par les glaces, l’ouvrage dans son ensemble sera démonté et servira en partie de bois de chauffage pour l’observatoire Vallot. En remplacement, un abri sur patins sera fabriqué par Vallot, avec des éléments de la cabane des Rochers Rouges, qui avait servi de relai pendant l’édification de l’observatoire Vallot.

1905 - Le refuge du lac de Rabuons, 2540m

Dans les Alpes Maritimes, le refuge du lac de Rabuons entre officiellement en fonction le 15 juillet 1905, avec 40 couchages, à l’initiative de la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin. Ultérieurement 36 couchages et 20 hors gardiennage. C’est un premier pas vers un développement touristique de la Haute Tinée. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1906 - La cabane de l’Aiguille du Goûter, 3817m

Dans le massif de Mont Blanc, installation en 1906 d’une cabane proche du sommet de l’Aiguille du Goûter, avec 10 couchages, gérée par la Section de Saint-Gervais du Club Alpin. Mieux bâtie et mieux établie, elle remplace l’abri de 1858, restaurée en 1882 souvent rempli de glace. Présentée officiellement le 4 septembre 1906, elle doit beaucoup faciliter l’ascension du Mont Blanc depuis Saint-Gervais…Nouvelle construction en 1936.

1906 - Le refuge du Jardin d’Argentière, 2822m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge du Jardin d’Argentière sera le premier point d’appui dans le célèbre cirque homonyme. C’est une initiative de la Section de Chamonix du Club Alpin, sur la moraine bordant le glacier des Améthystes, sous l’arête sud de l’Aiguille d’Argentière. Mais des malfaçons obligeront une reconstruction quelques mètres en dessous vers 2822m, il est conçu pour 12 couchages. La réception officielle se fera à skis le 20 janvier 1907. Le refuge sera déplacé à 2750m en 1922 et remplacé en 1933.

1907 - Le refuge des Évettes, 2590m

Dans les Alpes Graies en Haute Maurienne, le refuge des Évettes est officiellement en service le 15 août 1907, bâtiment en dur, 3 étages avec 40 couchages et un dortoir particulier pour les Guides. Il s'intègre dans l’œuvre de la Section de Lyon du Club Alpin, pour la mise en valeur touristique de la Haute Maurienne. Il est détruit par un incendie en 1940. Il sera rebâti en 1949, puis en 1970...

1910 - Le chalet-hôtel de Lente, 1090m

Dans les Petites Alpes du Dauphiné et le massif du Vercors, le chalet-hôtel de Lente est construit par la Section de la Drôme du Club Alpin, avec 20 couchages, inauguration le 14 août 1910. Encore signalé en 1922, il sera plus tard transmis.

1910 - Le refuge de Chaillol, 1780m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, au pied du Vieux Chaillol, c’est d’abord une première baraque louée contigüe au bâtiment de l’administration des Eaux et Forêts avec 8 couchages. Géré par la Section de Gap du Club Alpin, il sera réaménagé en 1926.

1911 - Le refuge de l’Aigle, 3450m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de l'Aigle est situé sur l’épaulement du rocher de l’Aigle, lieu de bivouac classique - l’hôtel de l’Aigle - pour l’ascension de la Meije orientale, à l’origine du glacier du Trébuchet. C’est un ouvrage en bois, déclaré ouvert le 14 juillet 1911 par la Section de Paris du Club Alpin. Il permet 20 couchages avec couvertures, poêle et réchaud (ouvert hors gardiennage). Le bâtiment a été assemblé à Grenoble, puis ses éléments sont transportés à dos d’homme depuis la Grave. Sa gestion sera confiée plus tard à la Section de Briançon. Il sera réaménagé en 1962, et reconstruit en 2014.
Un projet initial date de 1895, mais les difficultés de portage depuis la Grave firent abandonner l’édification prévue, les éléments préparés serviront pour le refuge Lyon-Républicain dans le massif des Aiguilles d’Arves, avec le concours de la presse en 1896.

1911 - Le refuge du Couvercle, 2687m

Dans le massif de Mont Blanc, en 1904 remplaçant un bivouac fréquenté sous le monolithe de la Pierre du Couvercle, un premier refuge avalt été placé sous le pittoresque auvent par la Section de Chamonix du Club Alpin. Agrandissement en 1911 du bâtiment en bois, avec un gardiennage et 28 couchages. Il sera reconstruit en 1932.

1911 - La grotte Gaurier, vers 2700m

Dans les Pyrénées Centrales, une grotte est aménagée, avec l’assistance de la Section du Sud-ouest du Club Alpin, proche de la fausse brèche de Roland pour servir de protection d’urgence. Ce sera la « villa Gaurier » du nom de son découvreur.

1911- Le chalet du Recoin, 1620m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné, ouverture d’un refuge gardé pour skieurs au Recoin de Chamrousse, permettant l’ascension vers la Croix de Chamrousse, avec trente couchages. Une initiative de la Commission des sports d’hiver du Club Alpin et des Sections de Paris et de l’Isère, un complément dans l’œuvre du Club Alpin en faveur du tourisme hivernal. Le chalet sera réquisitionné en 1914, pour permettre une école militaire de skieurs et retrouvera sa vocation après la tourmente. Il sera reconstruit et déplacé en 1967, et deviendra après 1998 un centre de vacances.

1913 - Le refuge-hôtel du Glandon, 1912m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné, un premier refuge du Glandon, avait été aménagé en chalet-hôtel en 1905. En 1913, le nouveau refuge-hôtel du Glandon voit le jour, proche de col homonyme, à l’initiative du Club Alpin et du Touring Club de France. Il est géré par la Section de Maurienne du Club Alpin avec 8 couchages et déjà transmis à la gestion privée en 1924, et vendu en 1937.

1913 - Le refuge du Grand Ventron, 1150m

Dans les Vosges, le refuge du Grand Ventron est érigé sous le sommet du Grand Ventron, sur la crête reliant le Hohneck au Ballon d’Alsace, avec 14 couchages, par la Section des Hautes Vosges du Club Alpin. Il est remis en état en 1920, après la Grande Guerre, agrandi en 1930 et sera rebâtit en 1953.

1913 - Le refuge du Huss, 1160m

Dans les Vosges au col du Herrenberg, le refuge du Huss est présenté officiellement le 18 octobre 1913 par le Ski club de Mulhouse, affilié à cette époque à la Section de Belfort du Club Alpin. Il servira aux militaires pendant la Grande Guerre, remis en fonction et réaménagé après l’Armistice, il sera anéanti par un incendie en 1933, reconstruit et géré encore aujourd’hui par le Ski club de Mulhouse.

1913 - Le chalet d’Orédon, 1880m

Dans les Pyrénées Centrales et le Néouvielle, installation du chalet d’Orédon avec 36 couchages, par le Touring Club de France et la participation Club Alpin. Il ne sera inauguré qu’après la Grande Guerre, le 10 août 1919. Il sera plus tard transmis et reconstruit.

1913 - Le refuge de Péclet-Polset, 2500m

Dans des Grandes Alpes de Savoie et le massif de la Vanoise, le refuge de Péclet-Polset est proche du col de Chavière, le passage principal entre la Maurienne et la Tarentaise. Il est construit en dur, doublé bois, par la Section de Tarentaise du Club Alpin. Place pour 18 touristes, et 8 à 10 Guides. Il est déclaré ouvert le 4 septembre 1913 et d’abord appelé chalet-refuge du Lac Blanc. Il sera réaménagé en 1972, et reconstruit en 1998.

1913 - Le refuge de la Vogealle, 1860m

Dans les Petites Alpes de Savoie, c’est l’un des chalets de Vogealle (Vogeallaz) qui est aménagé par la Section du Mont Blanc du Club Alpin, avec 20 couchages, il entre en fonction le 23 août 1913. Il sera transmis et mis en gérance, par la commune de Sixt, après 1983.

1914 - Le refuge de la Dent d’Oche, 2150m

Dans les Petites Alpes de Savoie et le Chablais, le refuge de la Dent d’Oche est ouvert dès 1914, avec 27 couchages. Géré par la Section du Léman du Club Alpin, il ne sera présenté officiellement qu’après la tragédie de la Grande Guerre, le 26 juin 1919, et agrandi en 1939.

Des aménagements pour parcourir la montagne

1907 - Le col de la Traversette

Le col de la Traversette était un passage important entre le Queyras et la haute vallée du Pô. Un tunnel sommaire avait été creusé en 1480, réparé en 1525, avec le tracé d’un large sentier muletier.
 Le tunnel abandonné et obstrué est remis en état par nos voisins italiens, ce sera l’occasion d’une réunion amicale le 25 août 1907, avec les associations nationales : Club Alpin, Touristes du Dauphiné et Excursionnistes Marseillais. Ce tunnel de 75m, situé sous le col est très utile en cas de tourmente et d’enneigement.
Les cols de la Traversette et Lacroix, faisant communiquer le Queyras avec les vallées piémontaises, étaient pratiqués par les travailleurs saisonniers, qui rejoignaient les fermes des vallées prospères pour louer leurs services, chaque printemps et automne.

1907 - Jalonnement des sentiers

Les sentiers des forêts domaniales de Lente et du Vercors sont balisés, avec des marques de peintures, par la Section de la Drôme du Club Alpin, en reprenant la technique de balisage du sylvain Claude François Denecourt en forêt de Fontainebleau, dès le début du XIXe siècle, et déjà utilisée dans les pays voisins.

Les refuges, des équipements placés sous la protection des montagnards

Dans leurs premières années d'existence, les refuges seront souvent fracturés, vandalisés, parfois pillés par certains visiteurs indésirables, et aussi par quelques alpinistes, excursionnistes et skieurs...
Pourtant certains bâtiments restent toujours ouverts, d’autres ont un local d’hiver accessible.
En dehors des actes de cambriolage, le comportement des voyageurs soumis à l’altitude restera toujours étonnant, comme en atteste encore aujourd'hui l’état du refuge Vallot au Mont Blanc, le plus exposé aux égarements…

1909 - LA POLITIQUE D’AMÉNAGEMENT DE LA MONTAGNE

Le Club poursuit sa politique d’aménagement de la montagne :
<   En s’associant avec la Société des Touristes du Dauphiné et le Touring Club de France, pour une contribution importante concernant la route du Bourg d’Aru à la Bérarde, qui comblera la partie municipale du financement que la commune de Saint-Christophe-en-Oisans n’est pas en mesure d’assumer. La route de Saint-Christophe est ouverte en 1896, la Bérarde sera atteinte en 1921.
<  En s’engageant pour la réalisation d’une route qui franchirait le col Lacroix vers l’Italie par la haute vallée du Queyras, un projet qui s’enlisera et resurgira dans les années 1920, pour être finalement et heureusement abandonné…

1904 à 1909 - Des projets d’équipements à tout-va  

De toutes parts des projets d’équipements de la montagne voient le jour.

1904 - Le tramway du Mont Blanc

Dans le massif du Mont Blanc, une concession est accordée pour la construction d’un chemin de fer conduisant vers le Mont Blanc depuis le Fayet Saint-Gervais. Le Tramway du Mont Blanc ( TMB ) atteindra le col de Voza en 1909. La ligne s’arrêtera au Nid d’Aigle, 2372m en 1912. Le projet initial, qui prévoyait d’accéder au Dôme du Goûter et au sommet du Mont Blanc, sera abandonné.

1909 - Le train du Montenvers

Dans le massif du Mont Blanc, la visite du site touristique du Montenvers, 1913m dominant le glacier des Bois - la Mer de Glace - était une excursion prisée dès le début du XIXe siècle. En 1880, ouverture du Grand Hôtel du Montenvers où les touristes sont conduits à dos de mulets et à chaises à porteurs…
Un projet de voie ferrée, pour atteindre le site remarquable, est proposé en 1892 et rencontre l’opposition violente de la petite industrie constituée autour la visite du site, et de la population locale.
Il faudra la protection des Gendarmes pour permettre les travaux qui s’étaleront de 1906 à 1908.
En 1909, « Le train à vapeur sur la ligne à crémaillère conduit depuis Chamonix les touristes en 55 minutes jusqu’à l’hôtel et les merveilles de la Mer de Glace »…
Son électrification sera réalisée en 1954…

1909 - Un projet de téléphérique

Dans le massif du Mont Blanc, un premier projet de téléphérique voulant relier Chamonix au col du Midi d’abord, puis à l’Aiguille du Midi ensuite, voit un début de réalisation.
Il n’entrera en service qu’en 1927, au départ du village des Pèlerins, sans dépasser la station des Glaciers, 2414m. Le col du Midi vers 3593m ne sera atteint que par un câble de service en 1940, et les travaux seront ensuite abandonnés…

1910 - Iconographie des refuges

La revue La Montagne publie les références - volume et pagination - des photographies des refuges présentées dans ses publications depuis 1905.

1910 - Création de l'« Office national du tourisme »

L'« Office national du tourisme » sera l'organisme d'État chargé de contrôler les activités touristiques et d’encourager leurs développements. Il est créé le 8 avril 1910 et comprend les fonctionnaires des principales administrations publiques, les représentants des associations de tourisme, des compagnies de transports, les syndicats d’initiative. C’est par lui que passera plus tard les incitations financières de l'État…

L’assainissement dans les Centres alpins

En 1910, le Club Alpin se livre à une propagande discrète, mais régulière et appuyée, pour la captation et l’adduction des eaux potables dans les Centres alpins. Ils offraient souvent une eau polluée, par la proximité animale dans les villages et les pâturages.
Le Club Alpin demande à Édouard-Alfred Martel, éminent membre de l’association et collaborateur de notre revue, d’exposer les règles d’hygiène dans un article « La protection des eaux potables » qui paraît en 1911 dans la revue « La Montagne ».
C’est après une intoxication, survenue pendant une de ses explorations spéléologiques, que E-A. Martel avait constaté que l’hygiène des sources n’était pas assurée en terrain calcaire. Il avait alerté les pouvoirs publics pour obtenir la protection des eaux potables et du périmètre d’alimentation, et son expertise était recherchée en sa qualité de membre des Conseils supérieurs d’Hygiène publique de France, des eaux des Armées et de la Marine.
C’est le début d’une longue croisade, pour l’assainissement des villages de montagne. Au coté des interventions financières de l’État, la seule arme du club sera la menace de publier le nom des villages proposant une eau saine. Plusieurs Lois seront édictées imposant, à tout projet municipal de captage d’eau potable, un examen préalable géologique et bactériologique d’eau nouvelle.
En haute montagne, il fallait appeler à la vigilance. La contamination des hautes pelouses, par les moutons, était un risque permanent de pollutions des eaux de ruissellement et des émergences du pied des monts, une situation encore mal perçue, avec de grands risques d’affections typhiques et entérites pour les visiteurs, pas naturellement protégés dès le plus jeune âge, comme les autochtones.

1911 - Des instructions techniques

Dans l’intention de rationaliser la construction des refuges, Henri Vallot publie le livret « Instructions techniques concernant la préparation des projets de refuges et de travaux en montagne ».

1911- Une première prise en compte par l’État

Sur une proposition de Gaston Berge, président du Club Alpin, deux décisions montrent un début de prise en compte par l’État d’un intérêt pour la montagne.
Une première circulaire ministétielle stipule : « D’importants ouvrages tels que refuges, abris, poteaux indicateurs, tables d’orientation, jardins alpins, etc. ont été exécutés en montagne par diverses associations, Club Alpin, Touring Club, Sociétés de tourisme, en vue de faciliter les excursions dans les régions montagneuses. Il importe de seconder les efforts faits par ces associations. Ces ouvrages ont le caractère d’être affectés à l’utilité publique ».
La seconde circulaire, par le canal d’un autre ministère, demande aux préfets des départements de montagne de se saisir de la question de la protection des animaux et des plantes alpestres.

À ce moment-là en 1914

À ce moment-là en 1914, le Club Alpin Français a quarante ans d’existence.
Il compte 44 Sections et près de 8 500 membres…
Il a assuré le principal des aménagements de la montagne, les refuges permettant d'approcher les cimes à gravir et les sentiers conduisant vers les refuges, ainsi que vers les cols et sites remarquables.
Quelque quarante-quatre refuges ont été bâtis sur ses propres ressources...

Elle allait prendre les meilleurs

Mais hélas, la plus grande catastrophe du vingtième siècle, la Grande Guerre de 1914-1918, allait prendre ou handicaper parmi les plus valeureux montagnards de ces années-là…

1919 - Tout était à refaire

La France se remet lentement de la tragédie de la Grande Guerre.
Le Club Alpin pense ses plaies… Son existence même était devenue précaire, il a perdu beaucoup de ses adhérents, de ses permanents ; et ses refuges ont subi d’importants dommages. 
Le président du Club Alpin lance un appel pour la reconstruction et la réorganisation…
On va retrouver le chemin de la montagne, mais la guerre a laissé des traces profondes.
En 1919, les refuges ont souffert d'un manque d’entretien et des pillages, ils doivent être remis en état…

Le chalet d’Orédon construit en 1913 et le refuge de la Dent d’Oche érigé en 1914 seront inaugurés en 1919.

1920 - Les chalets hospitaliers

Déjà en 1920, sur une suggestion de Paul Helbronner, le Club Alpin avait développé le concept de chalets hospitaliers, avec le signalement dans la revue La Montagne des 19 premiers gîtes, où les alpinistes et les excursionnistes seront assurés d’être accueillis, dans les régions dépourvues de refuges.
Les chalets hospitaliers seront les précurseurs des gîtes d’étape.

1920 - La signalisation des sentiers

La Commission des travaux en montagne recommande la signalisation des sentiers par des marques de peinture, car les poteaux directionnels sont trop souvent vandalisés ou récupérés…
On reprend la technique de balisage initiée en France par Claude François Denecourt en forêt de Fontainebleau, pour permettre à tous de se diriger sur les chemins et les sentiers en pleine nature.
La signalisation des sentiers est un élément essentiel au développement d’un excursionnisme plus populaire, sans l’obligation d’avoir recours à un Guide local qui conservait soigneusement pour lui ses circuits - et éventuellement pour ses confrères - et les cartes n’étaient pas d’un grand secours...

1920 à 1922 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

1920 - Le refuge d’Avérole, 2210m

Dans les Alpes Graies, poursuivant la mise en valeur touristique de la Haute Maurienne, la Section lyonnaise du Club Alpin inaugure le refuge d’Avérolele 14 juillet 1920, avec 16 couchages pour les hommes, 6 couchages pour les dames et 6 couchages pour les guides.
Ce refuge - financé par le Baron Gabet - construit en bois, avait été exposé au village alpin de l’exposition de Lyon de 1914, avant que les hostilités ne retardent sa mise en place définitive… Il sera réaménagé en 1962 et reconstruit en 1976.

1922 - Le refuge des Adus, 2180m

Dans les Alpes Maritimes, en Vésubie et dans le vallon de Salèses, encore en territoire italien, le refuge des Adus, est présenté officiellement le 17 août 1922. Construit en 1909, il avait d’abord été mis à la disposition des ascensionnistes dès 1911, par le propriétaire membre de l’association. C’est un ancien rendez-vous de chasse qui est aménagé et agrandi, avec 15 couchages, il comporte une pièce indépendante toujours accessible. Il est géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin, il est encore entretenu en 1935, et sera plus tard transmis à la Société de chasse locale.

1922 - Le refuge d’Argentière, 2750m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge du Jardin d’Argentière de 1906 est démonté et réutilisé pour doubler l’intérieur du nouveau refuge en pierre, situé sur la moraine du glacier d’Argentière, avec 12 à 14 couchages. Il est géré par la Section de Chamonix du Club Alpin et sera accessible aux skieurs. Il portera un moment le nom de refuge Gallois en hommage aux donateurs, et sera réceptionné officiellement en 1923. Il sera remplacé en 1933, agrandi en 1936 et reconstruit en 1974…

1922 - Le refuge Caron, 3175m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le premier refuge Ernest Caron, au dessus et sur la rive gauche du glacier Blanc, datait de 1903. Après un incendie le 7 août 1921, il est remplacé l’année suivante, par un ouvrage en bois plus spacieux, avec 22 couchages… Il entre en service le 10 septembre 1922, géré par la Section de Briançon du Club Alpin. Il sera remplacé en 1969 en prenant le nom de refuge des Écrins.

C’est le refuge qui donne accès à la voie normale du Dôme et de la Barre des Écrins, les plus hauts sommets du massif…

1922 - Le refuge du Lac Noir, 2820m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge du Lac Noir avait été érigé en 1895, au-dessus de Saint-Christophe, proche de la brèche de la Mura, au pied occidental des glaciers du Mont de Lans. Détruit par une tempête en 1921, il est relevé et entre en service le 20 août 1922, avec 15 couchages, géré par la Section de l'Isère du Club Alpin. Encore endommagé et réparé l’année suivante, il est en très mauvais état en 1950, inutilisé non fermé en 1976, il disparaîtra ensuite.

1922 - Le chalet-refuge de La Pra, 2110m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif de Belledonne, c’est un chalet-refuge qui est implanté en 1889, il est détruit par un incendie en 1919 et rétabli en 1921, avec plus de 30 couchages, géré par la Section de l’Isère du Club Alpin. Il est déclaré ouvert le 23 juillet 1922. Mais un phénomène neigeux inhabituel obligera à modifier l’appentis de la construction en 1923. Il sera réaménagé en 1973.

1922 - L’abri des Nantillons, 3270m

Dans le massif du Mont Blanc, un abri de secours pour 5 à 6 personnes est construit sur un replat en haut du rognon des Nantillons, au niveau du lieu dit « la salle à manger », à l’initiative de la Section de Chamonix du Club Alpin. Il est encore signalé en 1931, puis disparaîtra.

Les refuges des Vosges

Dans les Vosges, résultant de la fin de la Grande Guerre, un certain nombre de refuges sont remis en état, et placés sous la surveillance des Sections Vosgienne et des Hautes Vosges du Club Alpin, comme les refuges de Reinkopf, Schneeberg, Wichard, et du Ballon de Servance. Ils étaient déjà fréquentés avant 1914, dans les zones frontières de l’époque.

Des chalets et des gîtes disparus ou transmis

Avant la Grande Guerre et durant l’entre-deux-guerres, en complément des refuges d’altitude qui sont les fleurons de son patrimoine, le Club Alpin, pour accompagner les activités sportives et touristiques d’été et d’hiver, va construire, louer, aménager, valoriser et entretenir certains chalets d’alpage, refuges de moyenne altitude et gîtes de villages.
Beaucoup de ces gîtes auront une vie plus ou moins éphémère, notamment certains chalets-skieurs ne survivront pas aux événements à venir, comme le développement du ski de piste et des remontées mécaniques.
Chaque refuge - ou chalet - disparu ou transmis est suivi de sa date d'inauguration ou d’acquisition, ils ne sont plus évoqués depuis 1982, sauf précision particulière.

Arago (avant 1935)
Auron (1933 / reconstruit en 1959)
Béal (1935 / participation)
Beuil (1925)
Bogève (1933)
Boucacers (1924)
Brasses (1932 / location)
Calvaire-de-Megève (1930)
Céüze (1934 / participation)
Champ du Messin (reconstruction 1934)
Chavannes (1936 / location)
Chioula (1936)
Cimoni-Vizzavona (1938)
Colmiane (1933 ?)
Combe du Lac-Tresberruy (1932 / location)
Combemale (1934)
Comborsière (1927)
Dole (1935 / participation)
Espérou (1937)
Félix Roche (1936 ?)
Fréjus (1936)
Fresse (1935)
Gazon Martin (1937)
Gleysin (1925)
Gordolasque
Grenairon (1909)
Haut Chitelet (1935)
Haute Planche (1937 / participation)
Lavoir (1913 / aménagement 1933)
La Chast (1936 / existe en 1990)
La Glaire (1936)
Launes

Mézenc (1930 / remis en état après incendie en 1937)
Mongie (1934 / location)
Mont Jovet (1890 / existe en 1990)
Mont-Lachat (1935 / transmis en 1997)
Orédon (1913)
Orsières (avant 1934)
Palmento (1937)
Pavillon de Brotsch (1927)
Pla Cady (avant 1935)
Pointe des Brasses (1932)
Pralin (1934 / location)
Pralin-Mugnier (1936)
Puymorens (1934)
Reinkopf (avant 1914)
Rénova(1935)
Rocheblaye (avant 1905)
Rouge-Gazon (1936)
Salèse (1933)
Saisies (1933)
Schaeferthal (1935 / location / en existe en 1949)
Schneeberg (avant 1914 / existe en 1935)
Sencours (1905 / tranmis en 1935)
Sestrières (1932 / existe en 1990)
Tourmalet (1935 / transmis 1937)
Toussuire (1935)
Trélatête (1935)
Val de Cours (1936 / participation)
Vellave ?
Wichard (avant 1914)

1922 - LE CLUB ALPIN BÂTISSEUR ÉMÉRITE

Le Club Alpin à ce moment-là est propriétaire ou gestionnaire d’un patrimoine très étendu, qui apparaîtra dans le temps comme un solide et inaliénable ancrage...
Sa Commission des travaux en montagne assure la remise en état des refuges après les dommages de la Grande Guerre, les entretiens réguliers et les créations à venir.
Un Club Alpin bâtisseur émérite, raillant parfois « ceux qui trouvent naturel que les refuges poussent tout seul au-dessus de 3000 mètres comme les mélèzes un peu plus bas».
Des règles strictes de financement sont énoncées, par la Commission des travaux en montagne, qui exerce sa tutelle sur l’ensemble du patrimoine : spécialisation des crédits, contrôle de leurs emplois, sélection des demandes d’aide issues des Sections, pour ne retenir que celles « qui paraissent devoir servir le mieux l’intérêt général »…

Le financement des refuges

Avant la Grande Guerre, les refuges avaient été édifiés avec les propres ressources de l’Association, et en recevant legs et donations de ses membres.
Depuis 1922, l’État intervient enfin, en apportant une aide financière - un moment appréciable - au Club Alpin et au Touring Club de France, pour que l’aménagement de la montagne se poursuive ; un véritable service au public qui commence à être reconnu. Mais ce sont encore les propres ressources du Club, les legs et donations des adhérents qui permettaient principalement le financement et l’entretien des refuges. S’ajoutaient parfois quelques participations financières de municipalités, qui avaient déjà compris l’intérêt de ces lieux d’accueil, pour l’essor du tourisme local.

En 1924, la Commission sera obligée de rappeler que seule l’administration centrale du Club Alpin a la personnalité juridique, qui permet d’acquérir, de vendre et de traiter tous contrats, les Sections n’étant que les mandataires de l’instance…

Les zones d’influence des Sections

Conformément aux vœux des Fondateurs, ce sont les Sections de montagne qui ont conduit le développement et l’aménagement des chemins de montagne et des refuges, chacune dans sa zone d’influence.
Deux exceptions, la Haute Maurienne et le massif du Mont Blanc, dont les aménagements ont été adossés respectivement aux Sections de Lyon et de Paris.
En 1924, il y aura quelques discussions concernant les zones d’influence des Sections, la Direction centrale saura apporter les assurances nécessaires, et les actions des Sections de Lyon et de Paris resteront reconnues et bienfaitrices. Des discussions que nous retrouverons en 1984 avec la proposition d’instituer des Sections à taille humaine…

Les Sections bâtisseuses

Les principaux promoteurs du bâti en altitude sont les Sections de Briançon, de l’Isère, de Lyon, de Paris et des Alpes Maritimes.
Les autres initiatives viennent des Sections de Chamonix, d’Annecy, de Tarentaise et de Maurienne, de Gap, des Hautes-Pyrénées et Pyrénées-Orientales, du Sud-ouest, des Vosges et Hautes-Vosges, du Haut-Jura et des Causses et Cévennes.

1920 et 1922 - La protection des sites

Le Club Alpin se préoccupe déjà de la protection des Sites, mais il est encore très enthousiasmé par les chemins de fer et les routes qui rapprochent des montagnes... et même qui les gravissent...
On va échapper au pire, avec les projets heureusement inaboutis, de franchissement par la route du col Lacroix - déjà proposé en 1909 - qui aurait sérieusement modifié l'atmosphère de la haute vallée du Queyras, et de chemin de fer conduisant au sommet du Mont Blanc, un projet porté par le très influent Henri Vallot...

1923 - LE DÉVELOPPEMENT DU TOURISME

Le Club Alpin n’oublie pas que sa politique de développement des activités de montagne, tournée vers des pratiques sportive et culturelle, doit aussi favoriser l’essor touristique des zones de montagne…
En 1923, le Club Alpin - avec ses refuges et ses sentiers qui quadrillent l’espace alpin et avec sa promotion pour le ski - continue de proposer des solutions pérennes de développement touristique des plus hautes vallées…
Même si d’autres organismes viennent peu à peu contribuer de façon notable :
<  comme l'« Union Nationale des Associations de Tourisme » ( UNAT ), qui est chargée de coordonner les efforts des grandes organisations : Club Alpins français, Touring Club de France et Automobile Club, face aux représentants de l'État de l'« Office national du tourisme ».
<  comme l'« Union des fédérations des syndicats d'initiative », devenu un acteur important dans le développement du tourisme de montagne.
<  comme les différents Syndicats hôteliers de montagne.

L’essor du ski

Depuis 1907, le Club Alpin assure l’organisation, la fédération et la réglementation du ski. En 1921, le développement de la pratique du ski comme sport et loisir est fulgurant et suscite bien des appétits…
Beaucoup des Sociétés affiliées au Club Alpin n’ont qu’un objet, la compétition… Et nombreux sont ceux qui pensent sortir de la tutelle de notre association pluridisciplinaire.
Au Club Alpin - en dehors de la Commission des Sports d'hiver - les avis divergent... Pour certains, avant d'être un sport, le ski est « un moyen d'accès à la montagne en hiver et c'est dans ce sens que l'action du CAF doit être étendue »...
En 1924, sous la pression des Sociétés affiliées, le Club Alpin doit passer la main. La Fédération Française de Ski est créée le 15 octobre 1924 ( voir le dossier : La pratique hivernale de la montagne ).

1924 - La commission du ski et de l'alpinisme hivernal

En 1924 dans notre instance, la « Commission du Ski et des Sports d’hiver » devient la « Commission du Ski et de l’Alpinisme hivernal ».
Elle conservera ce qui lie le ski à la pratique de la montagne, en perdant les adhérents plus attirés par la compétition que par l’esprit montagnard…
Le ski est un moyen de se déplacer en montagne et d’accéder aux montagnes, il concerne donc pleinement le Club Alpin ( voir le dossier : La pratique hivernale de la montagne ). Cette orientation affirmée aura des conséquences importantes dans la gestion des refuges en permettant un accueil d’hiver.

1924 - CONTINUER À DÉVELOPPER ET À ENTRETENIR

Au moment de son cinquantenaire en 1924, l’aménagement de la montagne est une œuvre gigantesque que le Club Alpin continue à développer et à entretenir, il a équipé les montagnes françaises de 54 refuges d’altitude et de nombreux chalets et refuges-skieurs, il a tracé les chemins et sentiers d’accès aux refuges et à de nombreux cols et passages, signalé les itinéraires et jalonné les chemins…
Dans les collines provençales, des sentiers sont tracés et jalonnés dans les massifs du Mont Puget et de la Gardiole, le réseau de sentiers des massifs de la Sainte Baume et du Garlaban est réaménagé et jalonné, l’ensemble par la Section de Provence du Club Alpin.

Durant l’entre-deux-guerres et après, on retrouve l’intense activité du Club, pour le développement des sentiers et des refuges, dans les rapports annuels de la Commission des travaux en montagne, publiés dans la revue La Montagne.

1923 à 1927 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

1923 - Le refuge de l’Alpe de Villar d’Arène, 2079m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de l’Alpe de Villar d’Arène est réaménagé en 1923, avec 36 couchages, il remplace l’hébergement de 1892, géré par la Section de Briançon du Club Alpin et reconstruit en 1989. Un refuge d’hiver pour les skieurs sera aménagé en 1933, avec 16 couchages. Remplacé en dur en 1989.

1923 - Le refuge du Baerenkopf, 1070m

Dans les Vosges à proximité du Ballon-d’Alsace, le refuge du Baerenkopf est un ouvrage en bois, élevé par le Touring Club de France, avec 20 couchages en 1905, et subira des dommages pendant de la Grande Guerre.
En 1923, il est remis en état et confié en gestion à la Section de Belfort du Club Alpin. En 1947, il devra subir encore des réparations, les conséquences de la Seconde Guerre mondiale. Refuge non gardé et accessible sur réservation.

1923 - Le refuge d’Espingo, 1960m

Dans les Pyrénées Centrales, proche du lac homonyme, le refuge d’Espingo est bâti en dur avec 40 couchages, et mis officiellement en service le 16 septembre 1923. Géré par la Section des Pyrénées Centrales du Club Alpin, il est détruit par une avalanche en 1934, rétabli en 1937 sur un site plus favorable.

1923 - Le refuge de Font Turbat, 2194m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de Font Turbat est bâti en dur, avec 20 couchages. Déclaré ouvert le 29 juillet 1923, il est géré par la Section de l’Isère du Club Alpin et sera remplacé en 1962.

1923 - Le refuge de la Maïris, 2100m

Dans les Alpes Maritimes, en Vésubie encore en territoire italien, le refuge de la Maïris est aménagé et géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin avec une vingtaine de couchages. Inauguré le 16 septembre 1923, il comporte une pièce indépendante toujours accessible. Il avait d’abord été mis à la disposition des ascensionnistes dès 1911, par le propriétaire membre de l’association, il sera plus tard transmis à la Société de chasse locale.

1923 - Le refuge de la Noire, 2325m

Dans le versant italien du Mont Blanc, le refuge de la Noire est édifié en bois, avec 6 couchages, par le Club Alpin Académique Italien au Fauteuil des Allemands. Ce sera plus tard la base de départ pour la prestigieuse arête sud de l’Aiguille noire de Peuterey. Il est reconstruit en 1969.

1923 - Le refuge Vallot, 4362m

Dans le massif du Mont Blanc, rétrocession du refuge Vallot par la municipalité de Chamonix au Club Alpin Français, à la demande de Joseph Vallot.
Il devra subir des travaux d'entretien en 1929, et déjà les remarques sont faites sur l'attitude des touristes « qui jouent aux alpinistes » sur la voie classique du Mont Blanc, en laissant le refuge dans un état déplorable, certaines caravanes « oublient » de nettoyer et de fermer la porte en quittant les lieux ...
En 1938, il sera remplacé par un nouveau refuge en alliage d'aluminium.

1924 - Le refuge de Nohèdes, 2300m

Dans les Pyrénées-Orientales, commune d’Olette, le refuge de Nohèdes, non gardé, est installé avec 15 couchages, consacré officiellement le 14 juillet 1924. Gestion par la Section des Pyrénées orientales du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Prades-Canigou. En mauvais état en 1934, il sera rénové ultérieurement. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1924 - Le refuge de la Pilatte, 2572m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de la Pilatte est un ouvrage en bois à double paroi avec 22 couchages. Il permet l’accès aux sommets des Bans et de l’Ailefroide. Il a reçu une aide financière, venue de l’administration des Eaux et Forêts, en échange d’un usage occasionnel de 4 couchages. Il est inauguré en été 1925 et géré par la Section de l’Isère du Club Alpin, il sera rebâti en dur en 1954.

1924 - Le refuge du Sélé, 2699m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge du Sélé est édifié en bois à double paroi, sous une avancée rocheuse qui était précédemment un lieu de bivouac, place pour 12 couchages. Il est inauguré en été 1925 et géré par la Section de Briançon du Club Alpin. Il sera écrasé par l’écroulement de l’avancée rocheuse en 1954 et rétabli à quelque distance ( 700m à l’est ) en 1956 à 2710m.
Il sera édifié en dur en 1983.

1925 - Le refuge d’Arrémoulit, 2300m

Dans les Pyrénées Centrales près du lac d’Arrémoulit, en remplacement des abris de 1886 et 1905, un refuge en dur est construit par la Section de Pau du Club Alpin, il entre en service le 6 août 1925, avec 30 couchages. Il sera réaménagé en 1969.

1925 - Le refuge du Carro, 2760m

Dans les Alpes Graies aux confins de la Haute Maurienne, la Section lyonnaise du Club Alpin a installé en dur le refuge du Carro, à proximité de la Levanna Occidentale, au-dessus des sources de l’Arc. Présenté officiellement le 22 août 1925, il permet 40 couchages… La Section lyonnaise complète ainsi son beau réseau d’hébergements en Haute Maurienne… Il sera agrandi en 1978 et restructuré en 2006.

1925 - Le refuge du Clot - Xavier Blanc, 1399m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, d’abord une location, par la Section de Gap, d’un bâtiment d’exploitation inutilisé d’une mine abandonnée, le refuge Xavier Blanc avec un équipement sommaire accueille les ascensionnistes dès 1897.
Il est acquis en 1925 par la Section de Gap du Club Alpin qui améliore l’installation et propose 17 couchages dès 1927, il est appelé chalet-hôtel du Clot en Valgaudemar.
Après l’incendie du hameau du Clot en 1934, il deviendra inutilisé. Un moment en vente, il sera finalement remis en état en 1956 et prendra le nom de refuge du Clot - Xavier Blanc.

1925 - Le refuge d’Entre-les-Aigues, 1615m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge d’Entre-les-Aigues est un chalet d’alpage implanté sur le vaste replat d’Entre-les-Aygues de la vallée de la Gérendoine, aménagé et géré par la Section de Briançon du Club Alpin, avec deux dortoirs, l’un pour les touristes et l’autre pour les Guides. Endommagé par une avalanche en 1936, il est totalement ruiné en 1946, remplacé en 1948 par le refuge des Bans placé plus haut à 2083m.

1925 - Le refuge du col de l’Iseran, 2770m

Aux confins des Grandes Alpes de Savoie, le Touring Club et le Club Alpin ont érigé en dur le refuge du col de l’Iseran avec 36 couchages. Il est déclaré ouvert le 23 août 1925, bien avant l’ouverture de la route reliant Bonneval-sur-Arc à Val-d’Isère qui date de 1937… Le refuge sera vendu en 1937…

1926 - Le refuge du Balaïtous - Ledormeur, 1884m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge du Balaïtous est implanté sur la voie normale du Balaïtous, au pied du Glacier de Las Néous, sur le modèle du refuge de Tuquerouye, et sera ainsi désigné en hommage à son architecte. Avec 12 couchages et non gardé, il est géré par la Section de Tarbes du Club Alpin. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1926 - Le refuge de Chaillol, 1780m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, au pied du Vieux Chaillol, le refuge de Chaillol est d’abord - en 1910 - une première baraque louée contigüe au bâtiment de l’administration des Eaux et Forêts, avec 8 couchages. En 1926, le local des Eaux et Forêts est loué. Après aménagement, il est déclaré en service le 18 juillet 1926 par la Section de Gap du Club Alpin. Il ne figure plus dans les hébergements entretenus par l’association en 1982.

1926 - Le refuge d’En Beys, 1950m

Dans les Pyrénées Centrales en Ariège, le refuge d’En Beys est l’aménagement d’un bâtiment existant, au bord du lac homonyme, il a été confié à la Section des Pyrénées Centrales, et est entré officiellement en fonction le 30 août 1926, il sera plus tard transmis à la gestion privée.

1926 - Le refuge de la Madone de Fenestre, 1903m

Dans les Alpes Maritimes en Vésubie, sous souveraineté italienne, le refuge de la Madone de Fenestre, dans les aménagements du site remarquable, est entretenu et géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin, avec 10 couchages. Présenté officiellement le 12 septembre 1926, il n’est utilisé qu’en hors saison d’été, pour ne pas gêner la gestion de l’hôtel attenant. En zone frontière, il sera complètement détruit pendant la Seconde guerre mondiale et reconstruit en 1949.

1926 - Le refuge du Requin, 2516m

Dans le massif de Mont Blanc, le refuge du Requin, au pied des séracs du glacier du Géant, est construit en pierre et réceptionné officiellement le 11 juillet 1926. Dominant la Mer de Glace, il permet 54 couchages. Sa toiture est arrachée durant l’hiver 1928-1929 et remise en état. Il sera agrandi en 1936. Géré par la Section de Chamonix du Club Alpin. Puis à partir de 1990, il sera en administration conjointe entre la Compagnie des Guides de Chamonix et le Club Alpin de Chamonix.

1926 - Le refuge de Rochassac, 1688m

Dans le massif de l’Obiou, le petit refuge de Rochassac est aménagée avec 4 ou 8 couchages, géré par le Club Alpin Obiou, avant transmission à l’association Rochassac après 1996.

1927 - Le refuge Adèle Planchard, 3200m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge Adèle Planchard est élevé par la Société des Touristes du Dauphiné, avec sa longue approche de 4h45 depuis le refuge de l’Alpe de Villar d’Arène, avec 24 couchages. Il est officiellement en service le 15 août 1927. Dans un répertoire des principaux refuges de France, il n’était pas possible de ne pas citer ce point d’appui important.

1927 - Le refuge du Chambeyron, 2626m

Dans les Alpes Cottiennes en Ubaye, au pied du Brec de Chambeyron, le refuge du Chambeyron est appelé aussi Jean Coste. C’est un ouvrage en bois de 22 couchages. Géré par la Section de Barcelonnette du Club Alpin, il subira des déprédations qui obligeront à le tenir fermé pour la saison 1934. Il sera reconstruit en 1975.

1927 - Le refuge Lombard, 2840m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné, le refuge Lombard est édifié en bois à double paroi dans le haut vallon du Marian, sous le col Lombard, 3085m et à la base du glacier homonyme, il permet d’accéder à l’Aiguille méridionale d’Arves et à l’Aiguille du Goléon, versant Dauphiné. Il fait suite aux bâtis de 1880 et 1896. Il est déclaré ouvert le 7 août 1927, avec 12 couchages, et géré par la Section de Briançon du Club Alpin. Emporté par une avalanche le printemps suivant, il sera relevé en 1930 et disparaîtra plus tard. Ensuite en 1938, le refuge privé Carraud vers 2500m avec 6 couchages servira d’accueil en venant de La Grave. Bien plus tard en 2008, le refuge privé du Goléon, 2465m se substituera à toutes ces anciennes initiatives.

1927 - Le refuge du Vallon / Temple-Écrin, 2410m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, sur un emplacement stratégique pour l’accès aux ascensions sur les Écrins et le pic Coolidge, un projet de refuge dans le Vallon de la Temple est déjà évoqué en 1912. La construction du refuge du Vallon de la Pilatte est rendue possible quinze ans plus tard, après sa présentation durant une exposition à Grenoble. Il est inauguré le 14 juillet 1927 pour 32 couchages, avec salle à manger, poêle et batterie de cuisine, dortoir avec lits de camp, couvertures. Il est géré par la Section de l’Isère du Club Alpin. Il rendait inutile le vieux et peu pratique refuge du Carrelet, 2048m qui sera transmis à l’administration des Eaux et Forêts en 1935. Le refuge du Vallon devra rapidement changer de nom - dès 1928 - pour éviter les ambigüités avec le refuge de la Pilatte et deviendra le refuge Temple-Écrins… Déjà secoué par une avalanche en 1935 et remis en état, il est emporté par une coulée encore plus puissante en 1938, et sera reconstruit en 1947 en semi-enterré…

1927 - Le premier téléphérique voulant atteindre l'Aiguille du Midi

Dans le massif du Mont Blanc, les deux premiers tronçons d'un téléphérique qui devait à l'origine atteindre l'Aiguille du Midi - via le col du Midi - sont en service, depuis le village des Pèlerins, hameau de Chamonix, jusqu'à la station des Glaciers, 2414m. L'installation prendra le nom de téléphérique des Glaciers.
Les premiers travaux ont débuté en 1909, ils ont connu bien des vicissitudes... Le premier tronçon vers la station de la Para, 1685m est opérationnel en 1924, puis le second jusqu'à la station des Glaciers, 2414m en 1927.
Cette facilité nouvelle, sur la voie d'ascension du Mont Blanc, fera abandonner le sentier classique de la montagne de la Côte.
Le projet d’atteindre le col, puis l’Aiguille du Midi, sera relancé par un organisme d’État en 1938.
Le col du Midi sera atteint par un câble et une benne de service vers 3593m en 1940, mais les travaux seront ensuite abandonnés...

1927 et 1929 - Les refuges et la Commission des travaux en montagne

En 1927, la Commission des travaux en montagne est dirigée directement par le président du Club Alpin, soulignant ainsi l’importance de cette instance.
La Commission doit encore vigoureusement intervenir, auprès des Sections, pour plus de discipline financière… Un contrat type avec les gardiens de refuge est rédigé et sera imposé, pour éviter les égarements…
Il est rudement rappelé que l’équilibre financier, dans la gestion des refuges, dépend aussi de la subvention de l’Office national du tourisme ( ONT ), c’est-à-dire de l’État, ce qui impose des règles à tous…
Les subventions nécessaires à l’entretien des refuges sont accordées par l’ONT, au titre de l’équipement de la montagne et du service au public…
La Commission réorganise les taxes demandées aux utilisateurs des refuges. Désormais, une « taxe d’entrée » est perçue auprès des seuls non-membres du CAF et une « taxe d’entretien » est payée par tous, membres et non-membres…
En 1929, il est constaté que les travaux d’entretien du domaine immobilier absorbent la presque totalité des sommes disponibles, rendant nécessaire la recherche de ressources nouvelles et une aide plus régulière de l’État pour ce service public…

1928 et 1929 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

1928 - Le refuge du Ballon de Servance, 1216m

Dans les Vosges, avec la concession obtenue en 1928 d’un baraquement du fort du Ballon de Servance, déjà fréquenté avant 1914, dans les zones frontières de l’époque, la Section vosgienne du Club Alpin aménage le refuge du Ballon de Servance. Il est accessible sur réservation, avec 12 couchages, et entré en fonction le 21 octobre 1928. Il ne survivra pas aux événements ultérieurs.

1928 - Le refuge-skieur de Coume de Bourg, 2325m

Dans les Pyrénées Centrales, depuis la vallée du Lys et la vallée d’Oo, le refuge-skieur de Coume de Bourg est construit en dur, avec 6 couchages, par la participation de CAF, du TCF et de Compagnies de chemins de fer. Inauguration le 15 janvier 1928. Il ne figure plus dans les hébergements gérés par l’association en 1982.

1928 - Le refuge de Crabioules, 2000m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge de Crabioules proche du cirque des Lys est un baraquement industriel offert et transformé, place pour 20 couchages, non gardé, géré par la Section des Pyrénées Centrales du Club Alpin. Il ne figure plus dans les hébergements gérés par l’association en 1982.

1928 - Le refuge-skieur du Larrech, 1500m

Dans les Pyrénées Centrales, depuis Castillon-en-Couserans, le refuge-skieur du Larrech est construit en dur, avec 12 couchages, par la Section des Pyrénées Centrales, accessible depuis Bordes-sur-Lez, Engomer et Seix. La toiture est enlevée par la tourmente, et remise en état en 1936. Il ne figure plus dans les hébergements gérés par l’association en 1982.

1928 - Le refuge du Mont Monnier, 2741m

Dans les Alpes Maritime, installation d’un refuge avec 16 couchages dans une dépendance de l’ancien observatoire de l’Université de Paris du Mont Monnier, abandonné en 1921, d’abord une location dès 1925, puis une acquisition et une présentation officielle le 15 juillet 1928, par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin. Il sera géré jusqu’en 1956 et en ruine en 1980.

1928 - Le refuge-bivouac Paul Chevalier des Périades, 3450m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge-bivouac Paul Chevalier est implanté proche de la brèche Puiseux, sur l’arête des Périades avec 3 à 4 couchages, c’est une initiative du Groupe de Haute Montagne et un financement de Paul Chevalier. Il est déclaré ouvert le 10 juillet 1928 par Chevalier et Marcel Sauvage en route pour l’arête nord de la Calotte de Rochefort. À l’initiative de quelques-uns, il sera remis en état en 1956, mais il est délabré et abandonné en 1980…

1928 - Le refuge Regaud - Mont Pourri, 2460m

Dans les Grandes Alpes de Savoie en Tarentaise, un premier refuge du Mont Pourri est bâti en pierre, en 1885 vers 2600m entre le lac Marlou et le Grand Col. Il connaîtra des vols et des pillages durant la fin du XIXe siècle et sera inutilisable dès 1905. Le refuge Regaud, 2460m est édifié en dur en 1927, par la Section de Savoie du Club Alpin, avec 20 couchages, à un emplacement plus judicieux pour l’ascension du Mont Pourri. Présenté officiellement le 26 août 1928, il portera le nom de l’ancien président du Club Alpin. Il servira d’annexe à la création du nouveau refuge du Mont Pourri, 2374m en 1976, et sera réhabilité en 2006 par le Parc national de la Vanoise, pour servir de lieu d’expositions et de mémoire.

1929 - Le refuge du Pas de l’Olan, 2680m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge du Pas de l’Olan est réceptionné officiellement le 15 juillet 1929, toujours ouvert, structure en bois à double cloison pour 16 couchages, géré par la Section de Gap du Club Alpin. Il sera fermé à cause des dangers de chute de pierres en 1955, remplacé par le refuge de l’Olan en 1957.

1929 - Le refuge de la Pointe Percée, 2164m

Dans les Petites Alpes de Savoie, sous la Pointe Percée, le sommet principal de la Chaîne des Aravis, le nouveau refuge de la Pointe Percée est bâti en dur, à quelque distance de l’ancien refuge Sauvage de 1899, emporté par une avalanche en 1914. Place pour 25 couchages, il est géré par la Section d’Annecy du Club Alpin. Son financement est obtenu grâce au legs Gramusset, à une subvention ministérielle, à une participation des communes voisines, et avec le complément de l’association. Il est inauguré le 11 août 1929 et sera réaménagé en 2013.

1929 - Le refuge de Pombie, 2030m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge de Pombie est élevé en dur, sur le modèle du refuge d’Arrémoulit, par la Section de Pau du Club Alpin, sur l’accès au pic du Midi d’Ossau. Inauguration en octobre 1929, il offre 12 couchages. Aménagement en 1956, avec adjonction d’un local ouvert de 5 à 7 couchages. Il sera remplacé en 1967.

1929 - Le refuge de Tuquerouye, 2666m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge de Tuquerouye érigé en 1890 pour l’ascension du Mont Perdu était le premier refuge au sens actuel du terme dans les Pyrénées.
Il est agrandi en 1929. Toujours ouvert, il sera remis en état en 1958 et en 1999, restauré en 2005. Géré par la Section de Lourdes-Cauterets du Club Alpin, il offre 12 couchages. C’est le plus haut et le plus ancien refuge des Pyrénées de la FFCAM.

1930 - DES REFUGES TOUJOURS ACCESSIBLES

Dès 1910, la question des refuges pour skieurs était déjà posée, par la Commission des sports d’hiver du Club Alpin, les bouleversements de la Grande Guerre en décideront autrement.

En 1930, la Commission de l'Alpinisme hivernal et du Ski du Club Alpin prévoit de construire des abris de skieurs et de laisser certaines parties des refuges accessibles en hiver, avec couvertures, approvisionnement en bois et en pétrole...
Jusque-là, certains refuges étaient toujours ouverts, d'autres ouverts en dehors du gardiennage et enfin certains restaient fermés, avec un système de clés à demander.
Conserver un local ouvert toute l'année va peu à peu être réclamé, et se généralisera...
Les refuges Albert 1er, de l’Alpe de Villar-d’Arène, d’Argentière, d’Avérole, Caron, du Carro, Cézanne, Évariste Chancel, du Couvercle, des Évettes, de l’Iseran, du mont Jovet, du Lavoir, de Leschaux, de Péclet-Polset, de la Pilatte, de Pralin, de Puymorens, du Recoin, du Requin, du col des Saisies, du Sélé, Temple-Écrins et de la Vanoise auront à l’avenir une pièce ouverte toute l’année.

L’aide de l’État

Sur la proposition de l'instance dirigeante, l'Assemblée générale du Club Alpin du 10 avril 1932 vote une résolution pour réclamer les subventions annuelles de l'Office national du tourisme « qui ne sont plus versées depuis 1930 ».
En 1932, l'aide de l'État sera rétablie, pour soutenir l'œuvre d'intérêt général, accomplie par le Club Alpin. Elle couvrira, dans les meilleures années, le quart de la dotation de la Commission des travaux en montagne, la moitié vient de la Caisse centrale, c'est-à-dire des cotisations, le dernier quart provient des donations et des recettes...
Mais on notera que déjà en 1935, l‘allocation fournie par le Siège central du Club Alpin à la Commission des travaux en montagne s’élevait à 185 000 francs, à comparer avec la subvention de l’Office national du tourisme, c'est-à-dire l’État, de seulement 45 000 francs...

Les hôtels recommandés

Le Club Alpin crée un panonceau recommandant certains hôtels pour leur hospitalité, leur bonne tenue, leur propreté, leur hygiène, la qualité de leur table et publie la liste des établissements dans la revue La Montagne de 1933.

1932 - À propos des refuges des Alpes françaises

Jean Escarra, président de Club Alpin doit fortement intervenir pour un meilleur entretient des refuges, après un article terrible de l’Alpin Journal de 1930, critiquant justement l’état de certains refuges des Alpes françaises.

1933 - La politique des refuges

À la suite de la déclaration de Jean Escarra, la Commission des refuges se doit de vivement réagir, elle va infléchir sa politique d’investissement vers une amélioration du bâti existant et sa surveillance. « L’expérience apprend que dans l’état des mœurs alpines, les refuges non gardés se dégradent vite, sont rarement propres, coûtent cher à entretenir et que les taxes s’y perçoivent difficilement. Transformons donc nos refuges avant d’en construire de nouveaux ».
L’engouement pour le ski est pris en compte, avec l’aménagement de divers chalets-skieurs, et l’utilisation en hiver des refuges d’altitude.

1930 à 1937 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

<  Un moment en retard dans l’équipement en refuges permettant l’accès au massif du Mont Blanc, le Club Alpin, en bénéficiant de différents legs, va pouvoir quadriller convenablement le massif. Les refuges d’Argentière, de Tête Rousse et de Leschaux sont conçus par Paul Chevalier. Il publiera avec Pierre Tézenas du Montcel un travail d’information : « Quelques principes nouveaux concernant la construction des refuges » dans la revue La Montagne de 1935.

1930 - Le refuge Albert 1er, 2706m

Dans le massif du Mont Blanc, dominant le bassin du glacier du Tour, le refuge Albert 1er est édifié par la Section de Paris du Club Alpin avec 40 couchages, grâce à un don du Club Alpin Belge. Il a reçu comme premier hôte, le jour de l’inauguration le 28 août 1930, le roi des Belges et alpiniste Albert 1er. Structure en bois et fibrociment, il sera agrandi en 1935 et reconstruit en 1959.

1930 - Le refuge du Grand Ventron, 1150m

Dans les Vosges, le refuge du Grand Ventron existe depuis 1913, sur la crête reliant le Hohneck au Ballon d’Alsace, en souffrance pendant la Grande Guerre, il est remis en état en 1920 et agrandi en 1930 par la Section des Hautes Vosges du Club Alpin. Il sera rebâtit en 1953.

1930 - Le refuge de Leschaux, 2431m

Dans le massif du Mont Blanc, un premier refuge de Leschaux, en bois et double paroi, offrant 24 couchages est érigé - grâce à un legs - par la Section de Paris du Club Alpin. Il entre en fonction le 27 août 1930. Il sera agrandi avec 30 couchages en 1934, suite à un autre legs. Il est détruit par une avalanche en 1954, et remplacé en 1968.

1930 - Le refuge de Platé, 2032m

Dans les Petites Alpes de Savoie, le refuge de Platé, bâti en pierre, est implanté à l’entrée du Désert de Platé, sur l’emplacement d’un ancien chalet, avec 25 couchages par la Section du Mont Blanc du Club Alpin. Il est présenté officiellement le 14 septembre 1930, et sera rénové en 1957 et en 1975.

1930 - Le refuge de la Tour Rouge, 2822m

Dans le massif du Mont Blanc, c’est une cabane en bois de 8 couchages, donnant accès au versant est de l’Aiguille du Grépon, qui est érigée en 1930 par le Club des sports de Chamonix, elle est délabrée et abandonnée dans les années 1960.

1931 - Le chalet de la Conay,1193m

Dans le massif du Jura sous le crêt de Beauregard, le chalet de la Conay date de 1931, gestion par la Section de Bourg-en-Bresse du Club Alpin, il sera rénové en 1990.

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1931 - Le refuge-bivouac de l’Envers de Blaitiére, vers 2750m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge-bivouac de l’Envers de Blaitiére est situé au pied de l’arête sud du sommet sud de l’Aiguille de Blaitiére, une initiative du Groupe des Alpinistes de Fontainebleau (GDB), il prendra le nom de refuge-bivouac Bobi Arsandaux. Déclaré ouvert le 15 août 1931, il donne accès aux ascensions du versant de l’envers des Aiguilles de Chamonix. Il sera entretenu en 1937 par la Section de Paris du Club Alpin, et disparaîtra ultérieurement.

1932 - Le refuge du Couvercle, 2687m

Dans le massif du Mont Blanc, le nouveau refuge du Couvercle - suite à un autre legs - est édifié à l’initiative de la Section de Chamonix du Club Alpin et réceptionné officiellement le 29 août 1932. C’est un refuge en pierre de 116 couchages. Il remplace le refuge de 1904, sous son pittoresque auvent, agrandi en 1911. Il sera réaménagé en 1949 et 1952.

1932 - Le refuge de l’Aigoual, 1555m

Dans le Massif Central sur le Mont Aigoual, après les initiatives de 1885 et 1894, en 1932 l’administration des Eaux et Forêts louera à la Section des Causses et Cévennes du Club Alpin un refuge mitoyen de l’Observatoire du Mont Aigoual. Il se compose d’un local-refuge et d’une salle buvette-restaurant et d’une chambre pour le gérant. Il sera transmis à la commune de Valleraugue après 1982, et sera entièrement rénové en 2000.

1933 - Le refuge d’Argentière, 2727m

Dans le massif du Mont Blanc, ce refuge essentiel situé sur la rive droite du glacier d’Argentière entre officiellement en service le 27 août 1933. Il vient remplacer le petit refuge du Jardin d’Argentière, placé plus haut vers 2822m, sur la moraine du glacier des Améthystes en 1906, puis déplacé en 1922...
Il est érigé par la Section de Paris du Club Alpin, grâce à un don et à un legs d’adhérents, et conçu pour 80 couchages.
Les porteurs d’Argentière devront transporter 800 charges de 50 kg pour l’achèvement des travaux.

1933 - Le refuge Évariste Chancel, 2508m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, dominant la vallée de la Romanche, le refuge Évariste Chancel en service depuis 1894 est remis à neuf, géré par la Section de Briançon du Club Alpin. Il sera repris en gestion privée après 1987.

1934 - Le refuge de Caillaouas, 2187m

Dans les Pyrénées Centrales, inauguration le 24 août 1934 du refuge de Caillaouas, une propriété de l’État, aménagée par la Section des Pyrénées Centrales du Club Alpin. Il ne figure plus dans les hébergements gérés par l’association en 1982.

1934 - Le refuge de Pla Guilhem, 2240m 

Dans les Pyrénées-Orientales, commune de Casteil, le refuge de Pla Guilhem est restauré, non gardé avec 20 couchages. Gestion par la Section de Prades-Canigou du Club Alpin. Il est souvent dégradé, par des randonneurs peu scrupuleux. Régulièrement remis en état, il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1934 - Le refuge de Tête Rousse, 3167m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge de Tête Rousse est bâti, grâce à un legs, par la Section de Paris du Club Alpin avec 60 couchages, il est déclaré ouvert le 2 septembre 1934. Il est proche de l’ancien chalet-hôtel d’avant 1907, vétuste et abandonné.
Il sera reconstruit en 2005.

1934 - Le refuge du Val de Bise, 1650m

Dans les Petites Alpes de Savoie et le massif du Chablais, c’est le dernier du groupe des chalets de Bise, situé au fond du vallon homonyme qui est aménagé par la Section du Léman du Club Alpin avec 16 couchages. Il est présenté officiellement le 16 septembre 1934. Il sera balayé par une avalanche en février 1942. Un second ouvrage est brulé par les troupes d’occupation en 1944. Il est remis en état, avec une partie communale en 1949 ; fermé après 1983, et récupéré par la commune de Vacheresse en 2016.

1935 - Le refuge Albert 1er, 2706m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge Albert 1er est agrandi et remanié, grâce à un don du Club Alpin Belge, par la Section de Paris du Club Alpin, avec 48 couchages. Il sera reconstruit en 1959.

1935 - Le refuge-skieur de Bousieyas, 1900m

Dans les Alpes Maritimes, en Haute Tinée, le refuge de Bousieyas est aménagé dans le hameau homonyme, par la Section des Alpes Maritimes, plus tard Club Alpin Nice-Mercantour, inauguration le 24 mars 1935. Il ne figure plus dans les hébergements gérés par l’association en 1982.

1935 - Le refuge de la Fourche, 3679m

Dans le versant italien du Mont Blanc, merveilleusement placé au col de la Fourche de la Brenva, installé par Club Alpin Académique Italien avec 8 à 10 couchages, le refuge de la Fourche est l’étape indispensable vers les fabuleuses voies du versant Brenva du Mont Blanc…

1936 - Le refuge d’Argentière, 2727m

Dans le massif du Mont Blanc, ce refuge essentiel placé sur la rive droite du glacier d’Argentière en 1933 est agrandi et aménagé pour le développement du ski. Il sera reconstruit en 1974.

1936 - Le refuge-skieurs des Dappes, 1240m

Dans la Jura au pied de la Dôle, le refuge-skieurs des Dappes est inauguré par la Section Côte-d’Or et Morvan le 12 janvier avec 50 couchages sur réservation, il est encore utilisé en 1990.

1936 - Le refuge de Gialorgues, 2275m 

Dans les Alpes Maritimes, en Haute Tinée, le refuge de Gialorgues est construit en pierre par la Section des Alpes Maritimes, plus tard Club Alpin Nice-Mercantour, avec la participation de la commune de Saint-Dalmas et l’Administration des Eaux et Forêts, il comprend un rez-de-chaussée réfectoire et un étage dortoir, il est déclaré ouvert le 19 juillet 1936, non gardé avec 12 couchages sur réservation. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1936 - Le refuge Orset de l’Aiguille du Goûter, 3817m

Dans le massif du Mont Blanc, implantation du refuge privé construit par le guide de Saint-Gervais Georges Orset, au niveau de l’Aiguille du Goûter, pour l’accès au Mont Blanc, proche de la cabane de 1906 et à l’emplacement de celle de 1858, géré par la Section de Saint-Gervais au Club Alpin. Place pour 30 couchages, il sera racheté par le Club Alpin en 1942. Reconstruit en 1962 et 2015.

1936 - Le chalet du Parmelan, 1825m

Dans les Petites Alpes de Savoie, le chalet du Parmelan de 1883 est réaménagé par la Section d’Annecy du Club Alpin, avec 45 couchages, fermé hors gardiennage. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1936 - Le chalet de Pile Dessus, 1200m

Dans la Jura au pied de la Dôle, le refuge de Pile Dessus est installé en location, avec 20.couchages, par la Section de Saône-et-Loire, plus tard Club Alpin de Chalon-sur-Saône. Ultérieurement 40 couchages sur réservation. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1936 - Le refuge du Portillon, 2570m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge gardé du Portillon, accessible depuis les Granges d’Astau, est l’aménagement d’un bâtiment érigé pour l’édification du barrage EDF, par la Section des Pyrénées Centrales du Club Alpin. Un nouveau refuge sera construit en 1996.

1936 - Le refuge du Requin, 2516m

Dans le massif de Mont Blanc, le refuge du Requin, au pied des séracs du glacier du Géant, est agrandi à 118 couchages (réaménagement ultérieur avec 60 couchages), 12 couchages hors gardiennage. Entré en fonction le 23 août 1936, il est géré par la Section de Paris-Chamonix du Club Alpin. Après 1990, il sera administré conjointement par la Compagnie des Guides de Chamonix et le Club Alpin de Chamonix.

1936 - Le refuge des lacs de Vens, 2360m

Dans les Alpes Maritimes, en Haute Tinée, le refuge des lacs de Vens est inauguré le 25 octobre 1936, géré par la Section des Alpes Maritimes, plus tard Club Alpin Nice-Mercantour. Rendu inutilisable pendant la guerre 1939-1945, il sera réaménagé après-guerre et rénové en 1976.

1936 - Le chalet-refuge de la Vuagère, 1200m

Dans les Petites Alpes de Savoie et le massif du Chablais, le chalet-refuge de la Vuagère, acheté en 1935, entre en fonction le 10 novembre 1936. Géré par le Club Alpin de Voirons-Salève, ultérieurement Club Alpin d’Annemasse-Salève, avec 30 couchages sur réservation. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM

1937 - Le refuge d’Espingo, 1960m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge d’Espingo proche du lac homonyme avait été érigé en 1925. Il est détruit par une avalanche en 1934.
Rebâti sur un site plus favorable en 1937, géré par la Section des Pyrénées Centrales du Club Alpin, il propose 60 couchages et 15 hors gardiennage. Restructuré en 1979, restauration et mise aux normes en 2000.

1936 - La fin de l’Office national du tourisme

L’État, dans ces temps difficiles, remplace l’Office national du tourisme par un Centre national d’expansion, où le Club Alpin siégera comme membre adhérent. C’est un maillon essentiel pour l’obtention des aides de l’État, encore modestes, au titre du service public concernant les travaux en montagne et principalement les refuges.

Les refuges de bord de route

L’avancée du réseau routier national conduit la Commission des travaux en montagne à se séparer de certains chalets-refuges, desservis par la route, notamment Glandon, Iseran et Tourmalet avec ce rude commentaire : la politique du CAF « n’est pas de se transformer en restaurateurs au bord d’une route »

1936 - Le refuge Cézanne et le chalet-hôtel du Pré de Madame Carle

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge Cézanne de 1891 du Pré de Madame Carle est détruit par une accumulation inhabituelle de neige, en 1936. Le bois provenant de sa démolition servira à améliorer l’aménagement du bâtit attenant de 1903, qui sera réaménagé en 1971.
En remplacement du refuge, avec un financement acté en 1929 et 1930, le Club Alpin prévoyait de faire construire un chalet-hôtel, base de départ vers les refuges d’altitude de la partie sud du massif, en lieu et place du refuge Cézanne.
L’édification de ce chalet-hôtel, accessible par la route, qui sera ouverte en 1938, va se trouver en contradiction avec la nouvelle politique du Club Alpin, de ne pas construire en bord de route. En 1937, les autorités locales montrant un intérêt pour ce projet, il sera loué par une gestion privée, puis plus tard transmis.

1937 - L'observatoire Vallot

Dans le massif du Mont Blanc, l'observatoire Vallot, 4358m voisin immédiat du refuge homonyme, sur la voie d’accès au Mont Blanc, devient une dépendance de l'Observatoire de Paris.

1938 - L’opposition aux refuges-bivouacs

En 1938, lorsque les refuges-bivouacs, placés sur l'arête de Peuterey et sur l'arête de l'lnnominata, allaient être implantés dans le versant italien du Mont Blanc, Lucien Devies va beaucoup se manifester par des courriers argumentés auprès des responsables italiens, contre les refuges-bivouacs "réducteurs d'aventure", placés sur les itinéraires de montagne. Un long combat sera livré et perdu...
Plus tard le constat sera sans appel : « Ce ne sont plus les mêmes courses, leur envergure est diminuée. Hier, c'était le Caucase en Italie. Ce ne l'est plus… »
Au fil des guides-itinéraires Vallot le reproche sera sans cesse réitéré…
Le refuge-bivouac des Dames Anglaises « enlève de son envergure à cette course sans égale dans les Alpes qu’est l’arête de Peuterey au Mont Blanc ».
Le refuge-bivouac Eccles « humanise un lieu d’une sauvagerie unique dans les Alpes, ce qui est tout à fait regrettable »…

1938 à 1939 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

1938 - Le refuge du Plain du Canon, 819m 

Situé dans le massif des Vosges sous le Ballon d’Alsace, le refuge du Plain du Canon est construit en préfabriqué avec 12 couchages, sur réservation. Ce sont les éléments en bois qui ont servi d’appentis au refuge Vallot, présenté à l’exposition internationale de 1937, qui seront réutilisés. Il est inauguré le 25 juin 1939, et géré par la Section de Nancy-Lorraine du Club Alpin , ultérieurement Club Alpin de Nancy. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1938 - Le refuge de Rieu Blanc, 2282m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le versant Savoie des Aiguilles d’Arves en Maurienne, le refuge de Rieu Blanc est accessible par le village d’Entraigues. Présenté officiellement le 1er juillet 1938, il est géré par la Section de Saint-Jean-de-Maurienne. Il ne figure plus dans les hébergements administrés par l’association en 1982.

1938 - Le chalet de montagne du Sancy, 1270m

Dans le Massif Central, le chalet de montagne en bois du Sancy est aménagé par la Section d’Auvergne du Club Alpin, consacré officiellement le 23 octobre 1938, avec 30 à 40 couchages. Il sera détruit par un incendie en 1977, reconstruit en 1984.

 1938 - Le refuge Vallot, 4362m

Dans le massif du Mont Blanc, le Club Alpin décide d’implanter un refuge moderne en duralumin avec 12 couchages, en remplacement de l’ouvrage de 1893 de Joseph Vallot sur la voie d'accès au Mont Blanc. Le refuge avait été assemblé au Centre rural de la Porte Dauphine à Paris, et présenté au Président de la République Albert Lebrun qui a procédé à une première consécration...
En juillet 1938, le nouveau refuge est édifié sur la plate-forme des Rochers Foudroyés, sous l’arête des Bosses conduisant au sommet du Mont Blanc. Les matériaux ont été hissés par câble jusqu’à l'Aiguille du Goûter, 3865m ; les porteurs ont dû ensuite monter les charges jusqu'aux Rochers Foudroyés.
Un seul homme est capable de transporter les quatre pièces principales pesant 65 et 72 kg chacune, c'est Henry Blanc de la Chapelle-d’Abondance, il fera cette remarque : « Ah ! S'il n'y avait que l'argent, on ne ferait pas ce métier-là. Il faut en avoir l'idée ».
Le 21 août, le nouveau refuge Vallot est officiellement inauguré, mais le mauvais temps oblige le ministre Jean Zay à le déclarer ouvert depuis... le glacier de Tête Rousse, 3228m. Un gardiennage, un instant envisagé, restera sans suite.

1939 - Le refuge d’Ambin, 2270m

Dans le versant Savoie des Hautes Alpes du Dauphiné en Maurienne, le refuge d'Ambin est situé dans le vallon homonyme avec 20 couchages, il est déclaré ouvert le 20 août 1939 par la Section de Maurienne du Club Alpin. Il sera réduit au statut de "baraque" pendant la guerre, réaménagé en 1967, agrandi et gardé en 1985.

1939 - Le refuge de Bayssellance, 2651m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge de Bayssellance donne accès à la voie normale du Vignemale. Créé en 1899, il est agrandi et inauguré le 30 juillet 1939. Il sera rénové en 2003, avec 58 couchages et 19 hors gardiennage. Il est géré par la Section de Bordeaux du Club Alpin qui deviendra le Club Alpin de Bordeaux et appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1939 - Le refuge de la Dent d’Oche, 2114m

Dans les Petites Alpes de Savoie et le Chablais, le refuge de la Dent d’Oche, construit en 1914, est réaménagé et agrandi. Il est présenté officiellement le 20 juillet 1939 par la Section du Léman du Club Alpin, avec 45 couchages et 10 hors gardiennage. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

Les années d’occupation et les tentatives de dislocation du Club Alpin

Avec la Seconde Guerre mondiale et l'occupation du territoire national, des jours difficiles s'annoncent pour l'association...
Dès 1940, le Commissaire général aux sports, du régime de Vichy, incite à la création de Fédérations sportives, sur les bases d'une Charte des sports, surtout destinée à contrôler et surveiller le monde associatif...
Dès 1942, le Commissaire général aux sports - gêné par la représentation et l'unité du Club Alpin - compte imposer sa dislocation et son éparpillement...
Les Sections du Club Alpin devenant des associations indépendantes, dans une structure fédérale nommée par le Commissariat aux sports, et le patrimoine mobilier et immobilier divisé.
Le nom même du Club Alpin Français n'était pas assuré de demeurer...
C'est évidemment la représentation nationale, le domaine construit et la supériorité numérique du Club Alpin qui suscitaient bien des appétits.
Pour éviter le démantèlement, les discussions seront difficiles, mais la solidarité montagnarde sera décisive.
Début 1942, la « Fédération Française de Montagne » ( FFM ) est créée et le régime de Vichy fera pression sur le Club Alpin, pour qu'il abandonne son rôle fédératif, et qu'il rejoigne la jeune Fédération de la Montagne... ( voir le dossier : Le Club Alpin Français de 1941 à 1974 ).

LES REFUGES PENDANT LES ANNÉES D’OCCUPATION

Alors que beaucoup de refuges seront pillés, vandalisés ou détruits, quelques-uns seront édifiés par le Service de l’équipement de la montagne de l’État, et l’administration des Ponts et Chaussées.

1941 - Construction de 3 refuges dans le massif des Écrins

En 1941, le Service de l’équipement de la montagne de l’État, récemment créé, décide la construction de trois refuges dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins : les refuges des Bans, du Glacier Blanc et de Vallonpierre, par l'administration des Ponts et Chaussées. Achevés en 1944, ils ne seront déclarés ouverts qu'en 1948 et prudemment confiés au Club Alpin pour leur gestion… Le refuge du Glacier Blanc était un projet déjà engagé par la Club Alpin, interrompu par la mobilisation et la guerre.

Le chalet-hôtel du Gioberney, 1640m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, sur la même initiative du Service de l’équipement, le chalet-hôtel du Gioberney dans la vallée du Valgaudemar, est encore en projet en 1946 et encore en achèvement en 1950. Il sera confié en gestion d’abord au Touring Club de France à son ouverture en 1955 et la route permettant d’accéder en véhicule sera achevée en 1965. Il sera plus tard transmis à la gestion privée.

1942 - Le refuge de l’Aiguille du Goûter, 3835m

Dans le massif du Mont Blanc, le Club Alpin acquière le refuge Orset construit en 1936, au niveau de l'Aiguille du Goûter, il avait succédé aux cabanes voisines élevées en 1858, 1882 et 1906.
Il deviendra - remplacé en 1962 et en 2014 - le refuge de l’Aiguille du Goûter, l’étape essentielle sur la route du Mont Blanc, depuis Saint-Gervais, une des deux voies classiques d’ascension du coté français depuis1861…

1942 - La cabane du col du Midi, 3593m

Dans le massif du Mont Blanc, une cabane de service près du point d’amarrage des câbles de service du téléphérique du col du Midi est appelée la cabane Simon et offrira un gîte occasionnel aux alpinistes avec 12 couchages, elle sera laissée à l’abandon dans les années 1950.
Le refuge des Cosmiques proposera un relai plus confortable dès 1946. Il est détruit accidentellement en 1984 et remplacé par le bâtiment moderne de 1991.
L'ancienne cabane Simon, rénovée pour les ouvriers du chantier, devenant refuge d'hiver avec 10 couchages ( voir : 1896 - La cabane du col du Midi - Un point d’histoire ).

1942 - Le refuge de Plan Glacier, 2538m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge de Plan Glacier est établi, par la Section de Saint Gervais du Club Alpin, sur la moraine droite du glacier de Miage. Réceptionné officiellement le 30 août 1942 avec 15 couchages, il est balayé par une avalanche l’hiver suivant et relevé, il sera plus tard transmis à la gestion privée.

1945 - Le refuge de l’Envers des Aiguilles, 2520m

Dans le massif du Mont Blanc, la construction du refuge de l’Envers des Aiguilles est entreprise par le Service de l’équipement de la montagne. Après bien des retards et des difficultés, le refuge n'entrera en service qu'en 1957 et confié au Club Alpin pour sa gestion… Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1945 - Refuge-bivouac du col de la Temple, vers 3250m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le Service de l’équipement de la montagne de l’État, décide la construction d’un refuge bivouac sous le col de la Temple versant est, avec 5 couchage en juin 1945, il est en ruine dans les années mil neuf cent soixante.

Il faudra attendre 1945 pour que le Club Alpin et sa Commission des travaux en montagne retrouve peu à peu leurs moyens d'action…

1946 - Le laboratoire des Cosmiques, 3613m

Dans le massif du Mont Blancs, à proximité du col du Midi, inauguration du laboratoire d’Étude des Rayons Cosmiques, le 31 août 1946, en bénéficiant de la benne de service du troisième tronçon du téléphérique du col du Midi, dont l’achèvement sera ensuite abandonné. Une étroite plateforme qui peut emporter 6 personnes, depuis la station des Glaciers, au départ du village des Pèlerins.
Le laboratoire comprend, en plus du dispositif scientifique permettant l’étude des rayons cosmiques, une cuisine et un dortoir… Il accordera l’hospitalité aux alpinistes dans la limite des couchages disponibles, et de l’humeur du gardien… Il est détruit accidentellement en 1984. Jusqu'au nouveau bâtiment moderne de 1991.

1945 à 1952 - LA RECONSTRUCTION DES REFUGES

En 1945 au sortir de la guerre, les refuges sont - pour la plupart - délabrés faute d’entretien, et certain sont pillés ou vandalisés. Ils sont à ce moment-là, pour la très grande majorité en France, des créations et des propriétés du Club Alpin, ou encore des lieux d'accueil confiés à sa gestion…
À la tête de la Commission des travaux en montagne, Lucien Devies sera le concepteur d’une vaste stratégie, et d’une politique à long terme, un véritable plan d’aménagement du territoire permettant l’accès aux montagnes, tout en préservant certains sites. De 1947 pour Temple-Écrins, jusqu’en 1974 pour celui d’Argentière, il sera présent aux 36 inaugurations de nos refuges de haute montagne, pour lesquels il aura été l’un des principaux artisans et décideurs... Seul le refuge de l’Envers des Aiguilles échappera - par suite d’un malencontreux accident - à cette exceptionnelle assiduité.
Nous retrouvons l’homme dans une note de la fin des années soixante :
« Les problèmes de construction qui se posent ne sont pas philosophiques mais pratiques. Depuis vingt ans, aucun esprit de système n’a présidé aux choix des solutions retenues et leur diversité le montre bien. Pour des constructions érigées dans un milieu souvent très rude et laissées à elles-mêmes pendant de longs mois, le souci de la fiabilité est naturellement et nécessairement primordial ».

Yves Letort précise :

« À la fin de la guerre beaucoup de refuges sont dans un état alarmant. Nombre d'entre eux avaient par force manqué d'entretien, certains avaient été pillés, « vandalisés » par des troupes d’occupation - pas toujours étrangères - ou même par des alpinistes peu scrupuleux. 
Lucien Devies va s'attacher à relever ce délabrement, il y sera aidé par le dévouement des membres du Club qui vont jusqu'à monter eux-mêmes du ciment dans leurs sacs de montagne. Il déploie personnellement une intense activité, d'une part pour galvaniser l'action des sections du CAF, des gardiens et gérants de refuge, d'autre part pour obtenir des pouvoirs publics autorisations de reconstructions, subventions, dommages de guerre, et plus prosaïquement
 : monnaie - matière sans laquelle ne peut être obtenu aucun matériau ».

En 1948, l'État transfère au Club Alpin la gestion de plusieurs refuges - Glacier Blanc, Bans, Vallonpierre, et plus tard Envers des Aiguilles -, qu'il n’est pas en état d'administrer convenablement, et lui proposera la concession des refuges italiens, maintenant sur le territoire national ( Valmasque, Vallée Étroite et Merveilles ).

Au fil du temps, le Club Alpin restera l’une des rares associations, disposant de l’organisation et les adhérents, pour bâtir et entretenir des refuges de haute montagne…

Depuis 1942, la Fédération Française de la Montagne est l’interlocuteur des pouvoirs publics, pour ce qui intéresse les activités sportives en montagne, mais une ambiguïté demeurera en ce qui concerne certaines orientations des associations ayant un but plus généraliste - plus étendu que sportif -, comme l’œuvre bâtie, les démarches scientifique et culturelle…

En ce qui concerne les refuges de montagne, la FFM ne fera que transmettre au Club Alpin la prise en charge effective, et la réalisation, comme maître d’œuvre, des projets de construction du bâti en altitude…

En 1948 - nouveau président du Club Alpin - Lucien Devies publie dans La Montagne l’article Nos refuges, une synthèse de l’équipement de la haute montagne…
Le président Devies - par ailleurs président de la FFM - prend bien le soin de signer son éditorial comme président du Club Alpin, pour bien situer les implications.

Le financement des refuges

Avant la Grande Guerre, les refuges avaient été édifiés avec les propres ressources de l’Association, et en recevant legs et donations de ses membres.
Depuis 1922, l’État intervient enfin, en apportant une modeste aide financière au Club Alpin et au Touring Club de France, pour que l’aménagement de la montagne se poursuive ; un véritable service au public qui commence à être reconnu. Après la Seconde Guerre mondiale, le Club Alpin saura définitivement convaincre l’administration, l’État et plus tard les collectivités locales, de l’utilité publique de ces équipements, et de participer plus largement à leurs financements…

Poursuivre l’œuvre bâtie

Les premières remises en état et les initiatives nouvelles sont présentées, et marquent l’ambition du Club Alpin à poursuivre son œuvre bâtie…

Les dommages de guerre

Pour l’ensemble des refuges situés en zones frontières, qui auront connu des destructions, des dommages de guerre seront réclamés, certaines reconstructions à ce titre prendront de nombreuses années.

1946 à 1949 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

1946 - Le chalet du Graydon, 1336m

Dans les Petites Alpes de Savoie, au pied du Roc d’Enfer à Saint-Jean-d'Aulps, au-dessus de la vallée de Morzine, le chalet du Graydon existait déjà en 1946 avec 16 couchages. Gestion par la Section du Léman du Club Alpin, plus tard Club Alpin du Léman, accessible sur réservation. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1947 - Le refuge du Baerenkopf, 1070m

Dans les Vosges, le refuge du Baerenkopf, à proximité du Ballon-d’Alsace, est un ouvrage en bois, élevé en 1905 par le Touring Club de France. Il subira des dommages pendant de la Grande Guerre. En 1923, il est remis en état et confié en gestion à la Section de Belfort du Club Alpin. En 1947, il devra subir des réparations, les conséquences de la Seconde Guerre mondiale. Refuge non gardé, accessible sur réservation, avec 19 couchages. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1947 - Le refuge du Monte d’Oro, 1135m

Dans les montagnes corses, le refuge du Monte d’Oro est érigé aux flancs du Monte d’Oro par la Section de Corse du Club Alpin, avec 25 couchages. Il ne figure plus dans les hébergements gérés par l’association en 1982.

1947 - Le refuge de Temple-Écrins, 2410m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de Temple-Écrins est reconstruit en dur et semi-enterré, avec 88 puis 48 couchages ( 27 hors gardiennage ). Mis en service le 24 août 1947, il est géré par la Section de l’Isère du Club Alpin, plus tard par le Comité départemental de l’Isère de la FFCAM.
Il remplace l'ancien ouvrage de 1927, appelé un moment refuge du Vallon qui changera vite de nom, pour éviter les ambigüités avec le refuge de la Pilatte, il avait été secoué par une avalanche en 1935 et remis en état, puis emporté par une coulée encore plus puissante en 1938.
Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1948 - Le refuge des Bans, 2083m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge des Bans est une initiative des services des Ponts et Chaussées dès 1941, achevé en 1944. Confié à notre association, il sera géré par la Section de Briançon du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Briançon, avec 40 couchages, ouvert hors gardiennage. Il est déclaré officiellement ouvert le 29 août 1948, en même temps que le refuge du Glacier Blanc. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1948 - Le chalet des Cortalets, 2150m

Dans les Pyrénées Orientales, le chalet des Cortalets était érigé en 1899, adjonction d’un chalet-skieur de 15 couchages en 1932. Incendié en 1944, il est remis en état par la Section des Pyrénées-Orientales et consacré officiellement le 5 septembre 1948 avec 40 couchages. Nouveau chalet d’hiver en 1967. Le chalet des Cortalets sera agrandi en 1979.

1948 - Le refuge du Glacier Blanc, 2542m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, au niveau du plateau inférieur du glacier Blanc, le refuge du Glacier Blanc est une initiative des services des Ponts et Chaussées dès 1941, achevé en 1944. Confié à notre association et présenté officiellement le 29 août 1948, il sera géré par la Section de Briançon du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Briançon, avec 131 couchages et 35 pour le refuge d’hiver toujours ouvert. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1948 - Le refuge de la Vallée Étroite, 1780m

Dans les Alpes Cottiennes, avec le traité de Paris de 1947, le massif du Thabor est entièrement sur le territoire national. Le refuge de la Vallée Étroite est confié à la Section de Briançon du Club Alpin, il sera rétrocédé en 1970 à la Section de Turin du Club Alpin Italien...

1948 - Le refuge de Vallonpierre, 2271m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de Vallonpierre est une initiative des services des Ponts et Chaussées dès 1941, achevé en 1944 sur la rive nord-est du lac homonyme, il remplace l’ancienne cabane de Vallonpierre. Confié à notre association, il sera géré par la Section de Gap du Club Alpin avec 23 couchages. Il est d’abord non gardé et non fermé et sera plus tard gardé l’été. Il est déclaré officiellement ouvert le 29 août 1948, en même temps que le refuge du Glacier Blanc. Remplacé en 2001.

Le refuge de Vallonpierre Le refuge de Vallonpierre

1949 - Le refuge de Bise, 1506 m

Dans les Petites Alpes de Savoie et le massif du Chablais, le premier refuge du Val de Bise au fond du vallon homonyme datait de 1934, il est balayé par une avalanche en février 1942. Le second est brulé par les troupes d’occupation en 1944. Il est remis en état avec une partie communale en 1949, et consacré officiellement le 26 juin 1949 avec 25 couchages. Il est géré par la Section Léman du Club Alpin. Après 1983, il sera fermé, et en 2016 récupéré par la commune de Vacheresse .

1949 - Le refuge de Chastellar, 1697m

Dans les Alpes Maritimes et la vallée de Chastillon, le refuge de Chastellar est déclaré en service le 4 septembre 1949, dans un ancien bâtiment militaire. Il est géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin. Il ne figure plus dans les hébergements administrés par l’association en 1982.

1949 - Le refuge de Chastillon, 2034m

Dans les Alpes Maritimes et la vallée de Chastillon, le refuge homonyme entre officiellement en fonction le 4 septembre 1949 et géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin. Il figure encore dans les hébergements administrés par l’association en 1985, mais plus en 2017.

1949 - Le refuge des Évettes, 2590m

Aux confins des Alpes Graies en Haute Maurienne, le refuge des Évettes de 1907 avait brulé dans un incendie en 1940, nouvel ouvrage en bois pour 25 à 30 couchages. Présenté officiellement le 15 juillet 1949, il est géré par la Section lyonnaise du Club Alpin. Reconstruction moderne en 1971.

1949 - Le refuge de la Lavey, 1797m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de la Lavey, près des chalets homonymes, date de 1900. Il est réaménagé en 1949 avec 24 couchages et sera agrandi en 1968, géré par la Section de l’Isère du Club Alpin.

1949 -  Le refuge de la Madone de Fenestre, 1903m

Dans les Alpes Maritimes en Vésubie, en 1926 sous souveraineté italienne, un refuge était déjà entretenu et géré dans les aménagements du site remarquable, par notre association. En zone frontière, il sera complètement détruit pendant la guerre. Le versant dominant la Vésubie devenant territoire national, depuis le traité de Paris de 1947, le refuge sera remis en état. Il est réceptionné officiellement le 3 juillet 1949 et géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin. Place pour 50 couchages. Il sera finalement acquis en 1975 et rénové en 1995.

1949 - Le refuge des Merveilles, 2100m

Dans les Alpes Maritimes entre la Roya et la Vésubie, la Vallée des Merveille devenant territoire national, depuis le traité de Paris de 1947, un refuge est aménagé depuis un bâtiment acheté en 1948 à l’administration des Domaines. Entré officiellement en service le 31 juillet 1949, il est géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin, avec 24 couchages. Il sera agrandi en 1974.

1949 - Le refuge du Saussois

Depuis les ruines d’un bâtiment des troupes d’occupation de la Seconde guerre, un refuge est construit au-dessus des rives de l'Yonne et des falaises du Saussois, par les bénévoles de la Section de Paris du Club Alpin et réceptionné le 19 juin 1949. Il sera malheureusement souvent malmené et disparaîtra dans les années mil neuf cent soixante dix…

1949 - Le refuge des Trois Fours, 1230m

Dans les Vosges, entre le Hohneck et le col de la Schlucht, le refuge des Trois Fours est érigé en maçonnerie et bois, il est déclaré ouvert le 13 novembre 1949, géré par la Section vosgienne du Club Alpin. Place pour 50 couchages. Il sera réaménagé en 1969 et en 1984.

1952 - Des tarifs réduits dans les refuges

Dans sa fonction de coordination, la FFM va proposer aux Clubs affiliés un règlement uniforme de gestion, pour l’ensemble des refuges… et demander un tarif préférentiel pour ses adhérents…
La FFM qui ne dispose pas, comme les autres fédérations sportives, des compétitions pour s'imposer, et montrer un lien fort unissant ses membres - un lien unificateur visible - demande et obtient des tarifs réduits, dans les refuges des associations affiliées.
Une contrepartie, pour l’entretien des refuges, sera versée aux organismes gestionnaires - le Club Alpin et la Société des Touristes du Dauphiné - sous la forme d’indemnités forfaitaires, et dès 1952 pour le Club Alpin par une cotisation réduite.
En 1956, un texte amendé de la contrepartie à verser, pour l’entretien des refuges au CAF et à la STD, est adopté par la FFM… « Il tient compte dans la cotisation des efforts faits par chaque club pour l’équipement de la montagne sur les cotisations de ses membres ».

  • Nous sommes là dans le fameux « nuage de fumée de la cohésion montagnarde », avec un Club Alpin qui doit affilier l’ensemble de ses membres, avec certaines associations qui ne cotisent que pour 50 licences ; des clubs gestionnaires de refuges qui bénéficient d’une cotisation réduite…
  • Toute dissipation de ce nuage entraînerait vers des querelles sans issues...

1952 - Un programme de construction

Un programme d’implantation, d’agrandissement, de remise en état des refuges, au titre de l’équipement sportif, est proposé par l’État, avec son aide financière. Ce programme concernera surtout l’œuvre bâtie du Club Alpin…
En sachant réunir au niveau national les compétences et les hommes, en conservant une ligne d’action initiée dès 1874 par sa « Commission des travaux en montagne », notre association demeure sans égal dans l’édification et l’entretien du bâti en altitude...
En 1952, le président du Club Alpin Georges Descourt souligne l’effort immense de l’association sur l’ensemble du territoire pour ses refuges et ses chalets skieurs. Ces installations sont les étapes indispensables pour les alpinistes, les skieurs, les randonneurs et les montagnards, et encore souvent les seuls lieux d’accueil à leur disposition…

Les noms des refuges

Longtemps le Club Alpin avait honoré des personnalités, en désignant de leurs noms certains refuges. C’est dans ces années là qu’il est décidé de n’appeler les refuges que par leur seule situation géographique…

1954 - La gestion des refuges

Le club compte à ce moment-là 32 400 membres, gère 123 refuges dont 118 lui appartiennent. Le CAF consacre plus de la moitié de son budget à la gestion de ses refuges…

La fréquentation des refuges est de 45 000 nuitées, dont 9 900 pour le massif du Mont Blanc, et 7 200 pour le Briançonnais.

Maurice Laloue

Parmi les personnalités du Club Alpin, qui ont marqué de leur emprunte la Commission des travaux en montagne et l’association dans son ensemble, il faut citer Maurice Laloue qui en 1954 est président de cette instance technique essentielle.

Dans l’hommage rendu à sa disparition en 1970, il est souligné l’énorme investissement de notre homme : «  Il s'y voua entièrement, lui consacrant presque tout le temps libre que lui laissaient d'absorbantes fonctions de directeur d'une importante entreprise de fabrication de matériel électrique, donnant la pleine mesure de ses capacités.
Il agit en directeur de l'équipement, mais avec le poids des difficultés inhérentes à l'organisation très décentralisée qu'est le Club, et fit ainsi face à un travail écrasant, concevant souvent les ouvrages, étudiant à fond la définition des programmes et les propositions des architectes, animant et contrôlant, se déplaçant sans cesse pour des contacts administratifs et techniques, les études d'emplacements, les visites de chantiers modulant chaque fois ses interventions suivant les moyens de la section intéressée.
Avec l'administration, il était un remarquable négociateur, parce qu'il savait écouter et entendre, et que son honnêteté égalait ses connaissances. Il n'avait aucun parti pris architectural. Chaque refuge était un problème particulier qui méritait ou une construction traditionnelle (par exemple Albert 1er et La Pilatte) ou une construction dite moderne (par exemple Grands Mulets et Goûter) suivant les éléments à prendre en considération pour retenir chaque fois la meilleure solution fonctionnelle et économique ».

Au travers de cet hommage bien rendu, il est possible de rappeler le travail ingrat et le dévouement de l’ensemble des responsables de la Commission des Travaux en montagne du Club Alpin de 1874 à nos jours, un travail et un dévouement que nous avons voulu évoquer dans la mention de fin de dossier « Un hommage aux bâtisseurs »

1948-1958 - Les chalets-skieurs

Le Club Alpin reprend ses intentions d’avant-guerre, en érigeant ou aménageant des chalets-skieurs, afin de répondre à l’engouement de l’époque pour le ski et au manque d’hébergements adaptés…
Les chalets-skieurs et refuges-skieurs mis en avant par l’association entre 1948 et 1958, venant en complément de l’existant, sont les chalets des Allues, 1125m (en 1952), de la Balme, 1500m (en 1955), des Servages sur Arâches, de la Clusaz ( la Ruade ), de la Colonna, de Courchevel, 1770m (en 1957 encore signalé rénové en janvier 1998), du Haut Folin, 903m (1954), de Giron, des Graouès, du Mont d’Arbois, 1800m (en 1954), des Graouès, de la Piagrette, 1280m (en 1958, existe encore en 1990), Raymond Favre (en 1955) et de Verdier (existe encore en 1998)...

La plupart de ces hébergements seront transmis à la gestion privée, seul le chalet des Allues appartient toujours à l’association.

1950 à 1959 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

1951 - Le refuge de la Valmasque, 2233m

Dans les Alpes Maritimes, érigé sur des ruines anciennes, le refuge de la Valmasque, en territoire italien avant la Seconde guerre, est situé dans le haut du vallon de la Valmasque. Acquis en 1948, il offre 26 couchages. Présenté officiellement le 9 septembre 1951, il est géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin. Il sera rénové et agrandi en 1984, avec 52 couchages et 10 hors gardiennage.

1952 - Le refuge du Couvercle, 2687m

Dans le massif de Mont Blanc, l’emblématique refuge du Couvercle montre l’évolution. Sous le monolithe de la Pierre du Couvercle, un bivouac, est d’abord fréquenté par les ascensionnistes, puis une première cabane en bois est installée, sous ce pittoresque auvent, par le Club Alpin de Chamonix en 1904, pour 12 personnes… Agrandissement en 1911, avec un gardiennage et 24 couchages. En 1932, construction d’un refuge en pierre de 108 couchages.
Et en 1952, le refuge géré par la Section de Paris-Chamonix du Club Alpin, plus tard par le Club Alpin de Chamonix-Mont Blanc, est entièrement modernisé pour offrir 128 couchages, répartis en 7 dortoirs…

À l’occasion de l’inauguration du 10 août 1952, le président Georges Descours précisera que le nouveau refuge du Couvercle est édifié suivant les formules de confort et d’esthétisme que le Club Alpin veut désormais s’imposer. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.
Le refuge de 1904, remis en état, sert d’annexe et reste accessible hors gardiennage avec 22 couchages.

1953 - Le refuge du Grand Ventron, 1150m

Dans les Vosges, le refuge du Grand Ventron est édifié peu avant 1914 sur la crête reliant l’Hohneck au Ballon-d’Alsace, dévasté pendant la Grande Guerre, il est remis en état et agrandi en 1930. De nouveau détruit durant les combats de 1944-1945, il sera rebâti et déclaré officiellement ouvert le 27 septembre 1953, avec 22 couchages sur réservation. Géré par la Section des Hautes Vosges du Club Alpin plus tard Club Alpin des Hautes Vosges. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1954 - Le refuge de la Pilatte, 2572m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de la Pilatte est d’abord édifié en bois en 1924 avec 22 couchages. Il est reconstruit en dur et entre officiellement en fonction le 24 septembre 1954, avec 80 couchages. Géré par la Section de l’Isère du Club Alpin, il sera réaménagé en 1995. Le gîte de 1924 sert de refuge d’hiver, avec 32 couchages..

1954 - Le chalet de montagne des Tuffes, 1250m

Dans le Jura, le chalet de montagne des Tuffes est construit en dur et présenté officiellement le 24 octobre 1954, avec 56 couchages. Il sera réaménagé en 1967, géré par la Section du Haut Jura du Club Alpin, et ultérieurement organisé et agencé en base d’activité ( voir les bases d’activité de la FFCAM en 2006 ).

1956 - Le refuge de la Brèche de Roland, 2565m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge de la Brèche de Roland - Les Sarradets est déclaré ouvert le 21 octobre 1956 et devint « le plus moderne des Pyrénées » pour cette époque. Le refuge offre 42 couchages et 4 pour le local toujours ouvert. Il est géré par la Section de Tarbes du Club Alpin et sera réaménagé en 1970.

1956 - Le refuge du Clot - Xavier Blanc, 1399m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge du Clot - Xavier Blanc est un bâtiment loué en 1897, acquis par le Club Alpin en 1925 et aménagé en 1927, pour s’appeler chalet-hôtel du Clot en Valgaudemar.
Après l’incendie du hameau du Clot en 1934, il deviendra inutilisé. Un moment mis en vente, il sera finalement remis en état en 1956. Le bâtiment en dur offre 40 couchages ( 8 couchages hors gardiennage ), il est géré par la Section de Gap du Club Alpin plus tard Club Alpin de Gap. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1956 - Le refuge du Sélé, 2710m  

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge du Sélé de 1924, écrasé en 1954 par l’écroulement de la dalle rocheuse qui le surplombait, est rétabli à quelque distance ( 700m à l’est ) en bois avec 30 couchages et présenté officiellement le 23 septembre 1956, ouvert hors gardiennage, il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin. Il sera édifié plus bas en dur, en 1983.

1957 - Le refuge de l’Envers des Aiguilles, 2493m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge de l’Envers des Aiguilles, en pierre, est réceptionné officiellement le 7 juillet 1957. C’est une initiative de l’État datant de 1945 et qui s’est trouvée beaucoup retardée, gérée par la Section Paris-Chamonix du Club Alpin, plus tard par le Club Alpin de Chamonix. Place pour 68 couchages ( 12 hors gardiennage ). Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1957 - Le refuge de l’Olan, 2344m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de l’Olan, 2344m est bâti en dur. Inauguré le 20 octobre 1957 avec 44 couchages, il remplace le refuge du Pas de l’Olan exposé aux chutes de pierres et fermé en 1955. Il est géré par la Section de Gap du Club Alpin. Il sera emporté par une avalanche en décembre 1959 et reconstruit en 1967.

1957 - Le refuge du Soreiller, 2719m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, la Société des Touristes du Dauphiné fait édifier en dur le refuge du Soreiller au pied de l’Aiguille Dibona avec 40 couchages. Déclaré officiellement ouvert le 22 septembre 1957.

1958 - Le refuge de Larribet, 2072m

Dans les Pyrénées Centrales, au début de l’exploration des sommets voisins, une cabane de bergers offrait un abri aux ascensionnistes, pour accéder aux massifs Balaïtous-Frondellas-Pallas, elle est détruite par une avalanche en 1884. Sur l’emplacement le refuge de Larribet, en pierre, est installé et géré par la Section de Lourdes du Club Alpin, il offre 30 couchages ( 8 hors gardiennage ). Le refuge est présenté officiellement le 26 octobre 1958 et sera agrandi en 1992.

1958 - Le refuge de la Minière, 1502m

Dans les Alpes Maritimes, le refuge de la Minière, 1502m est situé dans le Haut Roya. Aménagement en location d’un bâtiment EDF existant, il est consacré le 12 octobre 1958, géré par la Section des Alpes-Maritimes du Club Alpin, il offre 24 couchages. Il ne figure plus dans les hébergements administrés par l’association en 1982.

1959 - Le refuge Albert 1er, 2707m

Dans le massif du Mont Blanc, installation du nouveau refuge Albert 1er, proche bâtit de 1930 qui servira d’annexe. C’est une conception classique en pierre doublée de bois. Il est géré par la Section Paris-Chamonix du Club Alpin, plus tard par le Club Alpin de Chamonix. Il entre en fonction le 12 juillet 1959. Place pour 140 couchages ( 30 hors gardiennage ). Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

Pour la première fois, l’hélicoptère est utilisé pour le transport des matériaux destinés aux refuges Albert 1er et des Grands Mulets.

1959 - Le refuge de la Charpoua, 2841m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge de la Charpoua, édifié en 1904, en bois, avec 12 couchages, par le Club des sports de Chamonix, est confié au Club Alpin, garant d’un savoir-faire… Ouvert hors gardiennage. Après 1985, il sera repris et administré par la Compagnie des Guides de Chamonix.

1959 - Le refuge du Châtelleret, 2232m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge du Châtelleret est agrandi, par un bâti en pierre, géré par la Section de l’Isère du Club Alpin, il remplace avec 60 couchages l'ouvrage de 1882, réaménagé en 1949. Présentation officielle le 5 juillet 1959. Agrandi en 1985 avec 70 couchages ( 62 hors gardiennage ).

1959 - Le chalet-skieur de Tignes, 2070m

Inauguration du chalet-skieur de Tignes, il sera réaménagé en 1965, rénové en 2008, et mis en gérance

De 1959 à 1969 - Des chalets-skieurs

Le Club Alpin, en réponse à l’engouement constant pour les activités hivernales poursuit son action, inaugure, agrandit ou réaménage plusieurs chalets-skieurs, certains de ces ébergements seront ultérieurement transmis à la gestion privée :

- Le chalet-skieur d’Auron, 1600m, reconstruit en 1959, encore signalé en 1985.
- Le chalet-skieur des Saix de Samoëns, 1600m en 1962, il n’est plus signalé en 1982.
- Le chalet-skieur de Val-d’Isère,1850m en 1965, il n’est plus signalé en 1982.
- Le chalet-skieur de Serre-Chevalier, 1595m en 1967, transmis en 1997.
- Le chalet-skieur de la Clusaz, 1100m en 1967, il n’est plus signalé en 1982.
- Le chalet-skieur du Recoin de Chamrousse, 1620m ( l’emblématique première installation de ce genre, érigé en 1911, a dû être déplacée et reconstruite en 1967, elle deviendra après 1998 un centre de vacances ).
- Le chalet-refuge de la Masse en 1969, il n’est plus signalé en 1982.
- Le chalet-refuge du Marinet en 1969, il n’est plus signalé en 1982.
- Le chalet-skieur de Vars-St Marcellin, 1635m en 1969, encore signalé en 1985.
- Le chalet-skieur de Vars-les-Claux, 2138m en 1969, encore signalé en 1985.

1960 à 1969 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

1960 - Le refuge des Grands Mulets, 3051m

Dans le massif du Mont Blanc, un nouveau refuge des Grands Mulets est érigé à l’emplacement du refuge de 1897, sur les affleurements rocheux des Grands Mulets, pour l’accès au Mont Blanc. Avec 68 couchages ( 16 hors gardiennage ), il est conçut en préfabriqué. Initiative des services de l’État, géré par la Section de Paris du Club Alpin, plus tard par le Club Alpin de Chamonix. Pour la première fois, l’hélicoptère est utilisé pour le transport des matériaux destinés aux refuges Albert 1er et des Grands Mulets. Il est déclaré ouvert le 8 août 1960, une renaissance après les déjà 63 ans de bons et loyaux services de l’ancien bâtiment, qui avait d’abord été confié en gérance au Club Alpin en 1952… Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1960 - Le refuge Vallot, 4362m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge Vallot élevé en 1937, havre de sécurité pour l’ascension du Mont Blanc, est réaménagé et son ancrage renforcé.

1962 - Le refuge de l’Aigle, 3440m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de l’Aigle a été bâti en 1910 sur l’épaulement du rocher de l’Aigle, lieu de bivouac classique - l’hôtel de l’Aigle - pour l’ascension de la Meije orientale, à l’origine du glacier du Trébuchet. Il est réaménagé en 1962, avec 18 couchages. Il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin et sera reconstruit en 2014.

1962 - Le refuge de l’Aiguille du Goûter, 3835m

Dans le massif du Mont Blanc, le nouveau refuge de l’Aiguille du Goûter propose 76 couchages, 20 hors gardiennage (dans l’ancien refuge de 1906). Il a été conçu en préfabriqué et élevé sur l’emplacement du bâti de 1936. C’est l’étape essentielle sur la route du Mont Blanc depuis Saint-Gervais, une des deux voies classiques d’ascension par le versant français depuis 1861… Présenté officiellement le 23 septembre 1962, il est géré par la Section de Saint-Gervais du Club Alpin. Le refuge va rapidement présenter des difficultés d’entretien, il faudra contrer la poussée glaciaire imprévue, liée à l’environnement de la nouvelle installation. Ajout d'une anexe de 40 places en 1991, le refuge sera reconstruit de 2010 à 2012, inauguré en 2014.

1962 - Le refuge d’Avérole, 2210m

Dans les Alpes Graies en Haute Maurienne, le refuge d’Avérole, créé en 1920 et géré par la Section lyonnaise du Club Alpin, est réaménagé en 1962. Il sera reconstruit en 1976.

1962 - Le refuge de Font Turbat, 2194m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de Font Turbat de 1923 est remplacé en préfabriqué, géré par la Section de l’Isère du Club Alpin, avec 50 couchages ( 12 hors gardiennage ). L’ancien refuge sert d’annexe. Inauguration le 30 septembre 1962. Restructuré et agrandi en 1998.

1962 - Le refuge du Pelvoux, 2700m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge du Pelvoux est bâti en dur. Il remplace le refuge Abel Lemercier de 1891 qui sera conservé. Place pour 54 couchages, réception officielle le 15 juillet 1962, il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Briançon. Dix couchages pour la partie toujours ouverte. Le transport des matériaux de construction a été effectué par hélicoptère. Il appartient toujours au patrimoine géré par la FFCAM.

1963 - Le chalet du Gros Morond-Métabief, 1321m

Dans le massif du Jura, le chalet du Gros Morond est aménagé par la Section du Haut Doubs du Club Alpin, avec 30 couchages sur réservation. Il appartient toujours au patrimoine géré par la FFCAM.

1964 - Le refuge de la Cougourde, 2090m

Dans les Alpes Maritimes, le Haut-Boréon ne proposait, comme point d’appui aux skieurs et alpinistes, que la cabane d’alpage de Peirastreccia (1940m). Le refuge de la Cougourde entre officiellement en service le 18 octobre 1964, avec 32 couchages ( 7 couchages hors gardiennage ). Il est géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin. C’est un bâtiment métallique, peu esthétique, destiné primitivement aux expéditions polaires, en Terre-Adélie. Il sera remplacé en 2002.

1964 - Le refuge du Grand Bec de Pralognan, 2405m

Dans les Grandes Alpes de Savoie en Vanoise, situé sous le sommet homonyme, le refuge du Grand Bec de Pralognan est présenté officiellement le 26 juillet 1964. Avec 12 couchages, il est géré par la Section de Vanoise-Tarentaise du Club Alpin. Il est balayé par une avalanche au printemps 1969, et sera relevé, agrandi en 1975.

1964 - Le refuge des Oulettes de Gaube, 2150m

Dans les Pyrénées Centrales au pied du Vignemale, le refuge des Oulettes de Gaube est officiellement déclaré ouvert le 26 juillet 1964, avec 50 couchages ( plus tard 85 et 30 hors gardiennage ). Il est géré par la Section de Lourdes-Cauterets du Club Alpin. Réaménagement et réhabilitation en 2007.

1965 - Le refuge de Maupas, 2430m

Dans les Pyrénées Centrales, dans la haute vallée du Lys au-dessus de Bagnères-de-Luchon, le refuge de Maupas est édifié en dur, avec 30 couchages ( 30 hors gardiennage ). Géré par la Section des Pyrénées Centrales, plus tard Club Alpin de Toulouse, il entre en fonction le 4 juillet 1965. Il appartient toujours au patrimoine géré par la FFCAM.

1965 - Le chalet-refuge du Ratou, 1200m

Dans le Jura, sous le Crêt de la neige, le chalet-refuge du Ratou est établi par la Section de Bourg-en-Bresse du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Bourg-en-Bresse, il sera réaménagé en 1984.

1966 - Le refuge du Promontoire, 3092m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le nouveau refuge du Promontoire est présenté officiellement le 26 juin 1966, avec 30 couchages ( 18 hors gardiennage ). Il remplace le premier ouvrage édifié en 1901 sur l’itinéraire d’ascension de la Meije. Il est géré par la Section de l’Isère du Club Alpin, et plus tard par le Comité départemental de l’Isère de la FFCAM. Il appartient toujours au patrimoine géré par la FFCAM.

1967 - Le refuge d’Ambin, 2270m

Sur le versant Savoie des Hautes Alpes du Dauphiné en Maurienne, le refuge d'Ambin, avait été implanté dans le vallon homonyme en 1939, avec une vingtaine de couchages, mais vite réduit au statut de "baraque" pendant la guerre. Il est réaménagé avec 20 couchages et déclaré officiellement ouvert le 15 octobre 1967. Géré par la Section de Saint-Jean-de-Maurienne du Club Alpin, il sera agrandi en 1985 avec 30 couchages

1967 - Le chalet-refuge de Maljasset, 1905m

Dans les Alpes Cottiennes en Haute Ubaye, le chalet-refuge de Maljasset est aménagé dans les murs d’une ancienne ferme, il entre officiellement en service le 9 juillet 1967, avec ultérieurement 39 couchages. Il est géré par la Section de Provence du Club Alpin, puis plus tard par le Club Alpin de Nice-Mercantour. Il appartient toujours au patrimoine géré par la FFCAM.

1967 - Le refuge de l’Olan, 2344m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de l’Olan est érigé en dur avec 20 couchages. Entré officiellement en fonction le 8 juillet 1967, en remplacement du bâti de 1957, emporté par une avalanche en 1959, il est géré par la Section de Gap du Club Alpin. Il sera agrandi en 1979 avec 70 couchages, 20 hors gardiennage.

1967 - Le refuge du Pigeonnier, 2423m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge du Pigeonnier est un ouvrage en bois. Il est présenté officiellement le 8 juillet 1967. Son toit s’effondre sous le poids de la neige durant l’hiver 1969-1970, il est restauré et agrandi l’été suivant, avec 52 couchages ( 20 hors gardiennage ), géré par la Section de Gap du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Gap. Agrandissement en 1984.

1967 - Le refuge de Pombie, 2030m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge de Pombie, 2030m, départ pour l'ascension du pic du Midi d'Ossau par sa voie normale, est réaménagé avec 45 couchages ( 15 hors gardiennage ). Réception officielle le 8 octobre 1967, le premier abri datait de 1930. Gestion par la Section de Pau du Club Alpin plus tard Club Alpin de Pau. Il appartient toujours au patrimoine géré par la FFCAM.

1967 - Le refuge de Presset, 2514m

Dans les Grandes Alpes de Savoie et le Beaufortain, situé en bordure du lac de Presset, face à la Pierra Menta, le refuge de Presset est déclaré en service le 18 juin 1967, avec 12 couchages. Il est agrandi en 1972 avec 22 couchages, géré par la Section de Chambéry du Club Alpin. Il sera remplacé en 2013.

1967 - Le chalet de montagne des Tuffes, 1250m

Dans le Jura, le chalet de montagne des Tuffes, construit en 1954, est réaménagé en 1967, géré par la Section du Haut Jura du Club Alpin. Il sera ultérieurement organisé et agencé en base d’activité avec 43 couchages ( voir les bases d’activité de la FFCAM en 2006 )..

1967 - Le refuge de Vénasque, 2249m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge de Vénasque est édifié dans le vallon homonyme au bord des lacs de Boums. Présenté officiellement le 25 juin 1967, il offre 20 couchages ( 12 hors gardiennage ). Géré par la Section des Pyrénées Centrales du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Toulouse. Il appartient toujours au patrimoine géré par la FFCAM.

1967 - Le chalet-skieur des Contamines-Montjoie, 1165m

Inauguration du chalet-skieur, il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1968 - Le refuge des Conscrits, 2730m

Dans le massif du Mont Blanc, à l’origine c’est une cabane de chantier, située sur la rive droite du glacier de Trélatête, au pied du rocher des Conscrits qui est construite en 1942 pour l’édification d’un hypothétique hôtel qui ne verra jamais le jour. Ensuite la cabane est laissée à l’abandon. Réaménagement en refuge par la Section de Lyon-Saint-Gervais du Club Alpin, il est déclaré officiellement ouvert le 21 juillet 1968, avec 14 couchages. Le refuge sera agrandi à 40 couchages ( 14 hors gardiennage ) en 1973, puis remplacé plus bas à 2580m en 1997 par un refuge moderne, et sera démonté en 1996.

1968 - Le refuge Ghiglione, 3690m

Dans le versant italien du Mont Blanc, le Club Alpin Italien installe le refuge Ghiglione au col du Trident de la Brenva, qui doublera le refuge de la Fourche pour l’accès aux exceptionnels itinéraires du versant Brenva du Mont Blanc. Trente couchages… Entrée en fonction le 7 juillet 1968.

1968 - Le refuge de la Lavey, 1797m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de la Lavey 1797m, près des chalets homonymes, date de 1900. Il est réaménagé en 1949 et agrandi en 1968 avec 45 couchages ( 40 hors gardiennage ), géré par la Section de l’Isère du Club Alpin, plus tard par le Comité départemental de l’Isère de la FFCAM. Il appartient toujours au patrimoine géré par la FFCAM.

1968 - Le refuge de Leschaux, 2450m

Dans le massif du Mont Blanc, l’ancien refuge de Leschaux, datant de 1930, avait été écrasé par une avalanche en 1954.
Le Club Alpin Belge va offrir à notre association un nouveau refuge moderne préfabriqué, ainsi que son installation, initialement destiné à remplacer le refuge Solvay du Cervin. Géré par la Section de Paris-Chamonix du Club Alpin avec 12 couchages ( ouvert hors gardiennage ), il est présenté officiellement le 21 septembre 1968. Il appartient toujours au patrimoine géré par la FFCAM

1968 - Le refuge Packe, 2495m

Dans le massif du Néouveille des Pyrénées Centrales, le refuge Packe date de 1895, ouvert avec 8 couchages. Par sa position, il offre un panorama exceptionnel sur le versant nord du pic Long et sur la Brèche de Roland. Gestionnaire le Club Alpin de Lourdes-Cauterets. Il est rénové par le Parc national des Pyrénées en 1968, en restant dans le patrimoine de l’association. Il verra sa toiture refaite en cuivre en 1997.

1969 - L’ancien refuge Albert 1er, 2702m

Dans le massif du Mont Blanc, réaménagement de l’ancien refuge Albert 1er de 1930, qui a été remplacé en 1959. Il devient en été un centre-école d’enseignement et de perfectionnement pour l’alpinisme.

1969 - Le refuge d’Arrémoulit, 2300m

 Dans les Pyrénées Centrales, réaménagement du refuge d’Arrémoulit de 1925, avec 28 couchages et autant hors gardiennage. Il est géré par la Section de Pau du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Pau. Il appartient toujours au patrimoine géré par la FFCAM.

1969 - Le refuge des Écrins, 3170m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, les premiers lieux d’accueils, sur la rive gauche du glacier Blanc, datent de 1903 et 1922, et porteront le nom d’Ernest Caron, à la mémoire d’un ancien président du Club Alpin.
Un refuge en maçonnerie proposant 116 couchages ( 40 hors gardiennage ) vient améliorer les possibilités d’hébergement, pour ce point d’appui situé sur l’accès à la Barre et au Dôme des Écrins. Il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Briançon. Présenté officiellement le 14 septembre 1969, il prendra le nom de refuge des Écrins. Il appartient toujours au patrimoine géré par la FFCAM.

1969 - Le chalet du Langenberg - Ballon-d’Alsace,1050m

Dans les Vosges, le chalet du Langenberg - Ballon-d’Alsace est entré officiellement en service le 21 décembre 1969, avec 28 couchages ( 26 hors gardiennage ). C’est un chalet pour les randonnées d’été et un chalet-skieur en hiver. Il est géré par la Section de Belfort du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Belfort. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM

1969 - Le refuge de la Noire, 2325m

Sur le versant italien du Mont Blanc, le refuge de la Noire, situé au lieu-dit du Fauteuil des Allemands, datait de 1923. Il est réaménagé par le Club Alpin Académique Italien, avec 25 couchages. C’est le point de départ pour la prestigieuse arête sud de l’Aiguille noire de Peuterey.

1969 - Le chalet de montagne des Trois Fours, 1197m

Dans les Vosges, réaménagement avec 40 couchages, du chalet de montagne des Trois Fours, construit en 1949. Géré par la Section de Nancy du Club Alpin, il sera organisé et agencé en base d’activité en 2006 et rénové en 2010.

L’opposition aux refuges-bivouacs

Au fil du temps, Lucien Devies luttera constamment contre l’installation de refuges-bivouacs "réducteurs d'aventure" sur des itinéraires de montagne.
Déjà en 1938, quand les refuges-bivouacs, allaient être placés sur l'arête de Peuterey et sur l'arête de l'lnnominata, dans le versant italien du Mont Blanc, un long combat sera livré et perdu.
Il ne lâchera rien dans sa lettre du 22 mars 1966 à ses collègues italiens :
« Vous avez demandé un avis sur l'opportunité de placer un refuge-bivouac sur le versant est du Mont Rose. À mon sens, c'est une bonne chose que de faciliter l'accès à la montagne, afin de permettre à quiconque de pratiquer l'alpinisme s'il en a le désir et la volonté. Mais c'est une erreur que de faciliter les courses elles-mêmes.
Le devoir dans ce domaine n'est pas de diminuer la difficulté, mais bien de la maintenir pour que les Alpes puissent continuer à répondre aux aspirations des alpinistes.
Or, les Alpes ont des courses qui ont l'ampleur de celles du Caucase. Ne diminuons pas cette échelle.
Il me semble qu'il serait tout à fait dommage de répéter la même erreur au Mont Rose
( que celle commise dans le versant sud du Mont Blanc ).
Depuis la cabane Marinelli, la Dufour et la Nordend se font commodément, dans la matinée ou dans la journée. Rien ne devrait être placé entre la cabane Marinelli et les sommets, ni près des sommets eux-mêmes.
Quant à la Gnifetti, aucun refuge-bivouac ne devrait être placé à moins de deux heures de la rimaye située au point le plus bas de la paroi. Il faut laisser cette face merveilleuse et sa proximité vierges de tout équipement.
Tel est l'avis, que je
voulais vous exprimer. Il est dicté par une réflexion profonde sur l'équilibre à maintenir entre un équipement d'approche et la sauvegarde d'une zone de haute montagne ».

Igloos, grottes de neige et refuges-bivouacs pièges mortels

La revue La Montagne & Alpinisme de février 1970 rappelle le piège mortel que peut constituer un igloo, si une ouverture d’aération n’est pas prévue, et contrôlée par une veille continue. Dans la tourmente, l’accumulation de la neige peut rendre les igloos, grottes de neige ou refuges-bivouacs impénétrables à l’air, avec des alpinistes ou skieurs endormis à l’intérieur.

De 1970 à 1975 - Des chalets-refuges construits

Le Club Alpin, aménage plusieurs chalets-refuges pour randonneurs et skieurs : 

- Le chalet-refuge des lacs de Bramans en 1973, deviendra le refuge de l’Étendard.
- Le chalet-refuge de la Clarée en 1973, transmis à la gestion privée avant 1982.
- Le chalet pastoral au Cormet d’Arèches en 1973, transmis à la gestion privée avant 1982.

1970 à 1974 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

1970 - Le refuge de la Brèche de Roland - Les Sarradets, 2565m

Dans la chaîne des Pyrénées, le refuge de la Brèche de Roland-Les Sarradets, construit en 1956, est réaménagé pour offrir 70 couchages ( 30 hors gardiennage ). Il est géré par la Section de Tarbes du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Tarbes. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1970 - Le refuge de Chabourdéou, 2020m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, en Valgaudemar, le refuge de Chabournéou est érigé en préfabriqué, inauguré le 26 septembre 1970, gardé avec 32 puis 40 couchages ( 32 hors gardiennage ). Il remplace la cabane de Chabournéou construite en 1941 par Jeunesse et Montagne. Il est géré par la Section de Gap du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Gap. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1970 - Le refuge de la Dent Parrachée, 2500m

Dans les Hautes Alpes de Savoie en Maurienne, création du refuge de la Dent Parrachée, avec 25 couchages. Il est géré par la Section de Savoie du Club Alpin et sera agrandi en 1995.

1970 - Le refuge de la Vallée Étroite, 1780m

Dans les Alpes Cottiennes et le massif du Thabor, sur les confins du territoire national depuis le traité de Paris de 1947, le refuge de la Vallée Étroite avait été confié à la Section de Briançon du Club Alpin, il est rétrocédé à la Section de Turin du Club Alpin Italien.

1970 - Le chalet-refuge de Véran, 1598m

Dans les Petites Alpes de Savoie, le chalet-refuge de Véran donne accès au secteur de la Croix de Fer et au Désert de Platé, il est géré par la Section du Mont Blanc, puis Club Alpin de Sallanches, et déclaré officiellement ouvert le 28 juin 1970, avec 25 couchages sur réservation. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1971 - Le refuge Campana de Cloutou, 2225m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge Campana de Cloutou est présenté officiellement le 10 octobre 1971, géré par la Section de Bagnères-de-Bigorre du Club Alpin, avec19 couchages ( ouvert hors gardiennage ). Détruit par un incendie, il sera relevé en 1980.

1971 - Le refuge Cézanne, 1874m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, l’annexe du refuge Cézanne de 1903, dans le massif des Écrins, au Pré de Madame Carle, est restaurée et réaménagée en 1971, en conservant le nom initial et historique, pour servir en hiver d’hébergement aux skieurs-alpinistes, avec 12 couchages. Il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Briançon. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1971 - Le refuge des Évettes, 2590m

Dans les Alpes Graies, aux confins de la Haute Maurienne, le refuge des Évettes avait brulé dans un incendie en 1940, reconstruit en bois en 1949.
En 1970, une bâtisse moderne et adaptée, avec 64 couchages et 20 hors gardiennage, vient améliorer cet accueil qui existe depuis 1907, à l’initiative de la Section de Lyon du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Lyon-Villeurbanne. Réception officielle le 12 septembre 1971. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1971 - Le chalet de Gourette, 1350m

Dans les Pyrénées atlantiques, le chalet de Gourette offre 15 couchages en gardiennage, géré par le Comité départementale des Pyrénées atlantiques de la FFCAM. Il appartient toujours au patrimoine administré par notre fédération.

1972 - Le refuge de Bossetan, 1602m 

Dans le Chablais et les Petites Alpes de Savoie, le refuge de Bossetan est installé dans le cadre de la Grande Traversée des Alpes Française, il est géré par la Section du Faucigny du Club Alpin. Il ne figure plus dans les hébergements administré par l’association en 1982.

1972 - Le refuge de Chalance, 2570m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de Chalance est construit en bois, avec 12 couchages, et entré en service le 16 septembre 1972. Irrégulièrement gardé, il est géré par la Section de Gap du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Gap. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1972 - Le refuge du Lac du Pavé, 2841m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge du Lac du Pavé est aménagé dans le baraquement de chantier du refuge en devenir, qui va se trouver emporté par une avalanche en janvier 1971. Il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Briançon, avec 26 couchages ( 26 hors gardiennage ). Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1972 - Le refuge du Plan de la Lai, 1825m

Dans les Grandes Alpes de Savoie et le Beaufortain, le refuge du Plan de la Lai est installé dans le cadre de la Grande Traversée des Alpes Française, il est géré par la Section d’Albertville du Club Alpin, avec 19 couchages ( 19 hors gardiennage ). Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1972 - Le refuge de Péclet-Polset, 2500m

Dans les Grandes Alpes de Savoie et le massif de la Vanoise, le refuge de Péclet-Polset est proche du col de Chavière, le passage principal entre la Maurienne et la Tarentaise. La première bâtisse datait de 1913, réaménagement par la Section de Vanoise-Tarentaise en 1972. Il sera reconstruit en 1998.

1972 - Le refuge des Souffles, 1980m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge des Souffles est construit en pierre avec 20 couchages. Il succédait à l’abri de 6 couchages aménagé par les Eaux et Forêt en 1956. Réception officielle le 16 septembre 1972, il est géré par la Section de Gap du Club Alpin, et sera réhabilité en 2007..

1972 - Le refuge du col de la Vanoise, 2515m

Dans les Grandes Alpes de Savoie et le massif de la Vanoise, en 1902 un refuge-hôtel en pierre était construit au col de la Vanoise et prenait le nom de refuge Félix Faure, il remplaçait le premier refuge de 1878.
En 1972, une extension, par l’adjonction de deux structures séparées, viendra proposer 98 couchages ( 28 couchages hors gardiennage ) pour ce refuge qui retrouvera son nom d’origine, géré par la Section de la Tarentaise du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Vanoise-Tarentaise. L’ensemble sera réhabilité en 2014 et en 2019.

1973 - Le refuge de l’Étendard, 2459m

Sur le versant Savoie des Grandes Alpes du Dauphiné en Maurienne, c’est d’abord un bâtiment de cantonnement de l’EDF, érigé vers 1910 pour la construction d’un barrage recueillant les eaux du glacier de Saint Sorlin, qui après les travaux servira de lieux d’accueil aux montagnards, il était appelé le refuge des lacs de Bramant, gardé dès 1924. Il se révélera plus pratique, pour l’accès aux sommets avoisinants, que le refuge César Durand de 1899, qu’il supplantera rapidement. Mais en 1956, l’entreprise avait dû réutiliser momentanément les bâtiments.
En 1973, avec une location de l’ancien bâtiment de cantonnement, le Club Alpin aménage le refuge de l’Étendard, avec 24 couchages, géré par la Section de Savoie du Club Alpin. Agrandissement en 1984, nouveau bâtiment en 1989, rénové en 2007.

1973 - Le refuge du Fond d’Aussois, 2350m

Dans les Grandes Alpes de Savoie, en Maurienne, les alpinistes trouvaient un gîte auprès des alpagistes, dans le vallon du Fond d’Aussois dès 1891, pour l’ascension de la Pointe de l’Échelle. Le refuge du Fond d’Aussois est l’aménagement d’un chalet d’alpage, avec 36 couchages ( agrandi en 1980 ), il sera acheté par le Club Alpin en 1991, et reconstruit en 2003. Géré par la Section de Savoie du Club Alpin.

1973 - Le chalet-refuge de La Pra, 2110m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif de Belledonne, c’est un chalet-refuge qui est implanté en 1889. Rétablit en 1922 après un incendie, il est réhabilité en 1973, avec la création d’un refuge d’hiver, il est géré par la Section de l’Isère du Club Alpin. Rénovation et reconstruction en 2009.

1974 - Le refuge d’Argentière, 2771m

Dans le massif du Mont Blanc, le nouveau refuge d’Argentière est inauguré le 7 septembre 1974 dans le cadre des manifestations marquant le centenaire du Club Alpin, il est géré par la Section de Paris-Chamonix du Club Alpin, plus tard par le Club Alpin de Chamonix, place pour 140 couchages ( ultérieurement 94 couchages, 16 hors gardiennage ). Il venait remplacer le petit refuge du Jardin d’Argentière de 1906 et celui de 1933…
Outre l’État, l’Alpine Club, le Conseil général de Haute Savoie et la ville de Chamonix ont apporté à notre association l’aide financière, pour l’édification de ce lieu d’accueil prestigieux, donnant accès à de nombreuses ascensions marquantes de l’histoire de l’alpinisme. Réhabilitation et agrandissement en 2012.

1974 - Le refuge Durier, 3349m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge Durier érigé en 1899 au col du Miage, facilite entre autres ascensions, la traversée vers le Mont Blanc par l’arête de Bionnassay. Il est réaménagé, après un entretien en 1961, il compte 8 couchages. Géré par la Section de Saint-Gervais du Club Alpin, il sera agrandi en 1989.

1974 - Le refuge des Merveilles, 2100m

Dans les Alpes Maritimes entre la Roya et la Vésubie, le refuge des Merveilles, après agrandissement et aménagement de l’ancien accueil de 1949 est déclaré ouvert en octobre 1974, avec 79 couchages et 19 hors gardiennage. Géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Nice-Mercantour. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1974 - Bilan à l’occasion du centenaire du Club Alpin

Au moment de son centenaire, le Club Alpin a assuré le principal des aménagements de la montagne, les refuges et les sentiers conduisant vers les cols et sites remarquables des montagnes du territoire national.
<  Rappelons encore une fois qu’avant la Grande Guerre, les refuges avaient été édifiés avec les propres ressources de l’association et en recevant legs et donations de membres.
<  Dans l’entre-deux-guerres, l’aide de l’État avait été sollicitée et obtenue partiellement en 1922, mais c’étaient encore les propres ressources de l’association qui permettaient principalement les aménagements.
<  Après la Seconde Guerre mondiale, le Club Alpin saura définitivement convaincre l’État et l’administration, et plus tard les collectivités locales de l’utilité publique de ces équipements et de participer plus largement à leurs financements….
En 1974, il gère et entretient 130 refuges, dont 60 sont gardés et aussi 20 installations de vallée.
Depuis 1965, concernant l’équipement du territoire national, les Parcs nationaux et régionaux qui rénovent et bâtissent leurs propres refuges - dans les zones qui les concernent -  viennent désormais renforcer les efforts de notre association…

1974 - Un Syndicat des gardiens de refuges

Un Syndicat des gardiens de refuges et de gîtes d’étape ( SNGRGE ) est créé, réunissant les gérants des installations d’altitude, il deviendra un des interlocuteurs du Club dans la gestion des refuges…
Les gardiens de refuges sont les garants d’un accueil de qualité, et leur engagement professionnel doit être considéré avec la plus grande attention par notre association.
Le gardien - soumis à une vie rude essentiellement due à l'absence de confort, à la promiscuité, aux horaires de travail incontrôlables, et à l'absence de vie personnelle en période d'affluence - est lié au Club Alpin par un contrat de mandat de gardiennage, qui deviendra plus tard, avec la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne, un contrat de mandat d'intérêt commun.
Par sa fonction d'accueil, le gardien de refuge permet la fréquentation de la haute et moyenne montagne à bon nombre d’excursionnistes, de randonneurs et de promeneurs.

1975 à 1979 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

1975 - Le refuge des Aiguilles d’Arves, 2260m

Dans le versant Savoie des Grandes Alpes du Dauphiné, en Maurienne, le refuge des Aiguilles d’Arves est déclaré officiellement ouvert le 14 septembre 1975, avec 39 couchages ( 24 hors gardiennage ). Géré par les Sections de Maurienne et de Savoie du Club Alpin, puis plus tard Club Alpin de Chambéry. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1975 - Le refuge du Chambeyron, 2626m

Dans les Alpes Cottiennes en Ubaye, le refuge du Chambeyron est présenté officiellement le 22 juin 1975. Géré par la Section Ubaye et Haute Provence du Club Alpin, puis par le Club Alpin de Nice-Mercantour, avec 56 couchages ( 20 hors gardiennage ), il est placé au côté de l’ancien refuge datant de 1927. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1975 - Le refuge des Drayères, 2180m

Dans les Alpes Cottiennes et la haute vallée de la Clarée, le refuge des Drayères est déclaré ouvert le 6 juillet 1975 par la Section de Briançon du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Briançon, avec 64 couchages ( 40 hors gardiennage ). Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1975 - Le refuge du Grand Bec, 2405m

Dans les Grandes Alpes de Savoie en Vanoise, au-dessus du col de la Vuzelle, le refuge du Grand Bec de Pralognan - élevé en 1964 - est détruit par une avalanche en 1969. Il est reconstruit avec 36 couchages ( 12 hors gardiennage ). Géré par la Section de Vanoise-Tarentaise du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Vanoise-Tarentaise. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1975 - Le refuge de la Madone de Fenestre, 1903m

Dans les Alpes Maritimes en Vésubie, situé en 1926 sous souveraineté italienne, un premier refuge était déjà entretenu avec 10 couchages dans les aménagements du site remarquable. Complètement détruit pendant la guerre, et en territoire national depuis 1947, il est réaménagé en 1949. Le refuge sera finalement acquis en 1975, avec 60 couchages et 22 hors gardiennage, il sera rénové en 1995. Gestion par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Nice-Mercantour.

1975 - Le refuge Nice, 2250m

Dans les Alpes Maritimes et le massif du Mercantour, le refuge Nice date de 1902. Rendu inutilisable pendant la guerre 1939-1945, il est réaménagé et présenté officiellement le 5 juillet 1975, géré la Section des Alpes Maritimes, plus tard Club Alpin de Nice-Mercantour, avec 54 couchages et 20 hors gardiennage. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1975 - Le refuge de Platé, 2032m

Dans les Petites Alpes de Savoie, le refuge de Platé avait été placé à l’entrée du Désert de Platé en 1930, remis en état en 1957. Il est rénové avec 35 couchages ( 5 couchages hors gardiennage ) par la Section du Mont Blanc du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Chedde-Passy. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1975 - Le refuge du Ruitor, 2030m

Dans les Grandes Alpes de Savoie, le refuge du Ruitor est érigé par la Section d’Albertville du Club Alpin, avec 16 couchages. Il figure encore dans les hébergements administrés par l’association en 1986, mais plus en 2017.

1975 - Le chalet-refuge de Vauchigon, 391m

Le chalet-refuge de Vauchignon est proche des falaises d’escalade de Cormot en Côte-d’Or. Ouvert depuis de nombreuses années, il était devenu vétuste. Il est réaménagé avec 30 couchages, sur réservation, par la Section de Saône et Loire du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Chalon-sur-Saône. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1976 - Le refuge d’Avérole, 2210m

Dans les Alpes Graies en Haute Maurienne, le nouveau refuge d’Avérole est édifié avec 85 couchages ( 12 hors gardiennage ). Il est inauguré en septembre 1976 et remplace le bâti de 1920 qui sera démoli en 1985. Géré par la Section lyonnaise du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Lyon- Villeurbanne. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1976 - Le refuge de l’Étang d’Araing, 1965m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge de l’Étang d’Araing est implanté avec 52 couchages ( 12 hors gardiennage ). Gestion par la Section ariégeoise du Club Alpin, plus tard Club Alpin des Montagnards Ariégeois. Il est réceptionné officiellement le 10 juillet 1976. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1976 - Le refuge du Mont Pourri, 2370m

Dans les Grandes Alpes de Savoie en Tarentaise, le refuge du Mont Pourri est construit en 1976 sous l’ancien refuge Regaud édifié en 1927 et qui servira d’annexe, puis de lieu d’expositions. Avec 50 couchages ( 50 hors gardiennage ), il est géré par la Section de Savoie du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Chambéry. Il a reçu la participation financière du Club Alpin Hollandais pour son édification. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1976 - Le refuge du Plan des Gouilles, 2346m

Dans les Grandes Alpes de Savoie en Vanoise, au-dessus de la vallée du Doron de Champagny, le refuge du Plan des Gouilles est érigé, avec 40 couchages ( 28 hors gardiennage ), par la Section Vanoise-Tarentaise du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Vanoise-Tarentaise. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1976 - Le refuge des Lacs de Vens, 2380m

Dans les Alpes Maritimes, en Haute Tinée, le refuge des Lacs de Vens est rénové, par la Section des Alpes-Maritimes du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Nice-Mercantour. Il est officiellement réceptionné le 1er octobre 1976, avec 39 couchages ( 45 plus tard et 26 hors gardiennage ). Il avait été édifié en 1936, rendu inutilisable pendant la guerre 1939-1945, et réaménagé après-guerre... Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1976 - Le refuge du Viso, 2460m

Dans les Alpes Cottiennes, au fond du Queyras, à la frontière italienne au pied du Mont Viso, le refuge du Viso réaménagé entre en service, après avoir bénéficié sur le tard d’un financement au titre des dommages de guerre. Un ouvrage en bois préfabriqué qui peut accueillir 40 couchages ( 17 couchages hors gardiennage ). Il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin. Il sera rénové et agrandi en 2003 avec 65 couchages et 17 hors gardiennage.
Dès 1877, le Club Alpin aménageait un bâti pastoral en location qui deviendra le refuge des Lyonnais, remplacé en 1902 par le refuge Ballif-Viso, détruit totalement pendant la guerre en 1944.

1977 - Le Centre alpin de la Bérarde, 1740m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, la Bérarde a toujours été un point d’appui essentiel, pour les alpinistes et nos sociétés de montagne. Un chalet-hôtel est édifié dès 1886, par la Société des Touristes de Dauphiné, qu’elle transmettra à la gestion privée en 1909.

En 1964, un bâtiment partagé entre le Club Alpin, l’UNCM et le Secours en Montagne est présenté officiellement le 19 juillet. Pour notre association, c’est un lieu de passage pour rejoindre les refuges d’altitude, avec 89 couchages ( 12 hors gardiennage ).

En 1977, avec l'édification du chalet de montagne de la Bérarde, c’est un projet plus ambitieux, comprenant un centre de stage et un refuge, qui est inauguré le 1er juillet. Il offre 61 couchages ( 19 hors gardiennage ) et est géré par la Section de l’Isère du Club Alpin, plus tard Club Alpin Grenoble-Oisans.

Lieu d’hébergement et de séjour, il s'inscrit dans un programme national de Centres alpins, destinés aux stages et aux formations, qui inclut les installations de la Bérarde, de Gavarnie (Grange de Holle), de Tignes et du Tour.

1978 - Le chalet de montagne de la Grange de Holle, 1495m

Dans les Pyrénées Centrales, proche de Gavarnie, le chalet de montagne de la Grange de Holle est aménagé en 1978, gardé avec 62 couchages, géré par la Section de Lourdes-Cauterets du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Lourdes-Cauterets.

Lieu d’hébergement et de séjour, il s'inscrit dans un programme national de Centres alpins, destinés aux stages et aux formations

1978 - Le chalet de montagne du Tour, 1466m

Dans la vallée de Chamonix, le chalet de montagne du Tour est déclaré officiellement ouvert le 14 janvier 1978. Géré par la Section de Paris du Club Alpin, plus tard par le Club Alpin de Chamonix, il offre 87 couchages. Les tractations pour l’acquisition du terrain et le financement du projet ont pris plusieurs années.

Lieu d’hébergement et de séjour, il s'inscrit dans un programme national de Centres alpins, destinés aux stages et aux formations

1978 - Le refuge du Carro, 2760m

Dans les Alpes Graies en Haute Maurienne, la Section de Lyon du Club Alpin a construit le refuge du Carro en 1927. Son agrandissement est décidé en 1976, avec 61 couchages en période de gardiennage ( 18 en refuge d'hiver ). Il entre officiellement en service le 18 juin 1978, et sera restructuré en 2006…

1979 - Le refuge de l’Olan, 2344m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de l’Olan, bâti en 1966, est réaménagé et agrandi. Remis en service le 17 juin 1979, il est géré par la Section de Gap du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Gap, avec 54 couchages ( 18 hors gardiennage ). Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1979 - Le chalet des Cortalets, 2150m

Dans les Pyrénées Orientales, le chalet des Cortalets en place dès 1899, incendié en 1944, relevé en 1948, est agrandi en 1979 avec 105 couchages ( 19 hors gardiennage ), géré par la Section de Prades-Canigou du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Prades-Canigou. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1979 - Le refuge d’Espingo, 1960m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge d’Espingo, à l’entrée du cirque et du lac homonymes, est restructuré. Il avait été érigé en 1925, placé sur un site plus favorable en 1937. Il est géré par la Section des Pyrénées-Centrales du Club Alpin et propose 60 couchages ( 15  hors gardiennage ). Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

L’inauguration d’un refuge, une manifestation protocolaire et amicale

La mise en service d’un nouveau refuge est l’occasion d’une manifestation protocolaire et amicale.
En 1978, concernant le refuge de Carro, dans les Alpes Graies en Haute Maurienne, - aux côtés des responsables du Club Alpin - assistent les autres artisans de la réalisation : Ministère de la Jeunesse et des Sports, Conseil général de Savoie, Parc de la Vanoise, Municipalité de Bonneval-sur-Arc ; et en présence de l’architecte, de l’entrepreneur, d’un représentant de la FFM et d’une délégation du Club Alpin Italien.
L’occasion pour François Sénéchal, président de la Section de Lyon du Club Alpin de déclarer :
« Que le refuge soit avant tout un lien permanent d’amitié et d’enrichissement mutuel entre les citadins épris de nature sauvage et les habitants de ces beaux villages de montagne que nous ne remercierons jamais assez d’avoir su, par leur courage et leur détermination, conserver à leur cadre de vie, cette beauté naturelle qui prend aujourd’hui une valeur inestimable ».

LE REFUGE AU SERVICE DE TOUS LES MONTAGNARDS

Longtemps seulement un relai pour les alpinistes projetant l’ascension de sommets voisins et souhaitant souvent conserver l’austérité des temps anciens, le refuge est devenu une composante importante dans la proposition touristique des vallées alpines et pyrénéennes.
C’est souvent un objectif pour les promeneurs et un gîte d’étape pour les randonneurs qui réclament des éléments de confort.
Le dortoir commun où le ronfleur fait la loi a vécu…
Le refuge devient un lieu d’accueil ouvert à tous les montagnards…

1978 - DES MESURES POUR LES REFUGES 

Certaines remarques fondées vont pousser notre instance à plus d’attention en ce qui concerne ses refuges.
Les refuges sont des lieux de rencontre obligés des pratiquants de la montagne, ils concentrent de multiples problèmes liés à l’environnement.
En ce qui le concerne, le Club Alpin va accentuer ses efforts dans le secteur qu’il maîtrise entièrement, avec les améliorations nécessaires dans le traitement des détritus et des eaux usées, et la recherche du meilleur procédé d’assainissement en altitude.
Des efforts importants sont demandés à la Commission des travaux en montagne, aux gestionnaires des refuges et aux usagers ; une assistance des Services du ministère de l’Environnement sera sollicitée et obtenue…
Principales actions :
<  Adaptation des refuges aux exigences nouvelles.
<  Distribution de sacs plastiques pour que les usagers redescendent leurs déchets dans les vallées.
<  Recommandations, publiées dans les revues de l’association, à destination des adhérents.
<  Commande d’une affiche de grande diffusion au dessinateur-écrivain Samivel : « Gardez-la intacte ». Son financement sera obtenu grâce au concours financier d’une agence de l’État.

Et ce sera l'occasion pour le Club Alpin de préciser sa politique :
<  Pour les équipements existants, adaptation aux normes de sécurité.
<  Pour les projets nouveaux, la nécessité de maintenir en l’état de nature certaines zones montagneuses est réaffirmée, et la question de la capacité écologique d’accueil de nouveaux sites éventuels devra être posée.

1977-1978 - LES CENTRES ALPINS DU CLUB ALPIN

Répondant à la vocation d’enseignement et de formation du Club Alpin, les Centres alpins seront ouverts en priorité aux activités des Sections et des grandes Commissions, pour l'ensemble des disciplines de montagne. Ils ont été pensés comme des lieux d'enseignement et d’hébergement des différents stages organisés par l’association tout en maintenant un accueil classique.

- 1977 - Le chalet de la Bérarde, 1740m (voir la chronologie des refuges).
- 1978 - Le chalet de la Grange de Holle, 1495m (voir la chronologie des refuges).
- 1978 - Le chalet du Tour, 1466m (voir la chronologie des refuges).

1979 - L’équipement photovoltaïque des refuges

En 1979, le refuge des Évettes sera le premier à être doté d’un équipement photovoltaïque. Une technique bien adaptée aux installations isolées et en altitude que sont les refuges. En 2009, quatre vingt deux refuges en seront équipés.

Le photovoltaïque va être un gage d’autonomie énergétique. Il alimentera l’éclairage des locaux, les réfrigérateurs, radio-téléphones et ordinateurs.

1982 - Le syndicat des gardiens de refuges et gîtes d’étape

Le Syndicat des gardiens de refuges et de gîtes d’étape ( SNGRGE ) était créé en 1974 réunissant les gérants des installations d’altitudes, il est réactivé en 1982… Plusieurs réunions d’information seront nécessaires pour rétablir des relations constructives…

Les gîtes, refuges de moyenne altitude, chalets et maisons de village

Entre la fin de la seconde guerre et les années quatre vingt, un certain nombre de gîtes, refuges de moyenne altitude, chalets et maisons de village seront construits, aménagés par les Section du Club Alpin.

Certains resteront dans le patrimoine géré par le Club :

- Le chalet des Allues, 1125m, dans les Alpes de Savoie. Gestion directe par la Section de Chalon-sur-Saône avec 18 couchages.
- Le chalet-refuge des Ménuires, 1740m, dans les Alpes de Savoie, proche de la station de ski, avec 13 couchages. Gestion directe par la Section de Chambéry.
- Le gîte de St Guilhem-le-désert, avec 18 couchages en gardiennage. Gestion par la Section de Montpellier du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Montpellier.
- Le refuge de la Tagnarède, 1052m, dans les Pyrénées Orientales, commune de Sorède, non gardé ,avec 12 couchages. Gestion par la Section de Perpignan, plus tard Club Alpin de Perpignan, rénové en 2003.
- Le chalet de la Vacquerie, 620m, une maison de village sur le Causse du Larzac, avec 24 couchages et gardiennage. Gestion par la Section de Montpellier, plus tard Club Alpin de Montpellier.

D’autres seront transmis ou fermés.

- Le chalet de la Coire, 2062m, dans le Beaufortain, avec 15 couchages, géré par la Section d’Albertville, existe en 1983, avant transmission ultérieure.
- Le chalet de Gabas ,1070m, dans les Pyrénées Centrales, avec 40 couchages, géré par la Section de Pau, avant sa transmission en 2013.
- Le chalet de Sagard, 400m dans les Vosges, transmis après 1990.
- Le chalet des Vigneaux, 1130m, l’ancien presbytère du village, situé à l’entrée de la Vallouise, dans le massif des Écrins, est aménagé en 1983 par la Section de Picardie. Il sera transmis après 1990 à la gestion privée.

1986 - LA POLITIQUE DES REFUGES

Le 24 mai 1986, le Club Alpin réunit l’ensemble des partenaires concernés par la gestion des refuges de haute et moyenne montagne, les représentants des administrations, les professionnels de la montagne, les gardiens de refuge du secteur associatif et des élus de montagne.
L’occasion a été de rappeler les principes qui guident l’action du Club Alpin depuis de nombreuses années :
- En haute montagne, maintenir les équipements présents, en les adaptant aux normes de sécurité et en fonction de la finalité du bâtiment, sur son lieu d'implantation. Tout nouveau projet sur site vierge sera examiné en fonction de la nécessité de maintenir des territoires à l'état de nature et de la capacité écologique d'accueil.
- En moyenne montagne, outre le maintien et l'adaptation des bâtiments existants, favoriser le développement des gîtes d'étape en liaison avec les collectivités locales ainsi que la création de points d'accueil utilisant les constructions pastorales ou les habitations de hameau.
- Enfin, équipement prioritaire des centres d'enseignement alpin en haute vallée, afin d'y promouvoir toutes les formes de pratiques de la montagne.
Ces perspectives devraient permettre au Club Alpin de mener, en matière d'équipements, une action équilibrée, conciliant le soutien à apporter à l'économie montagnarde, la conservation des richesses naturelles et le maintien de l'infrastructure logistique de l’Association.
Les sujets principaux abordés :
- La fréquentation des refuges, en augmentation spectaculaire, qui doit conduire à la généralisation de la réservation.
- L’évolution des mentalités des alpinistes et des randonneurs qui demandent des éléments de confort, nécessitant une modernisation des équipements.
- La modulation des tarifs en tenant compte des périodes de l’année, de la situation géographique du refuge et de différents facteurs.
À l’issue du colloque, il sera dit que l’association doit mieux faire connaître et reconnaître son action concernant l’équipement de la montagne, et réaffirmer sa vocation sportive et culturelle en poursuivant la mission d'intérêt public qu'elle assume depuis sa création en 1874…
Il sera dit que les refuges sont des éléments importants de développement sportif et touristique dans les vallées, ce qui doit amener l’association à intensifier sa coopération avec les collectivités et les élus.

1980 - 1989 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

1980 - Le refuge Campana de Cloutou, 2225m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge Campana de Cloutou date de 1971. Il est détruit par un incendie, relevé en 1980, avec 27 couchage ( 19 hors gardiennage ). Il est géré par la Section de Bagnères-de-Bigorre du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Bagnères-de-Bigorre. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1980 - Le refuge du Pré de la Chaumette, 1805m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge du Pré de la Chaumette, dans la vallée de Champoléon, est bâti en dur. Il est présenté officiellement le 5 juillet 1980, et gardé avec 60 couchages ( 20 hors gardiennage ). Géré par la Section de Gap du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Gap. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1980 - Le refuge du Thabor, 2502m

Dans les Alpes Cottiennes en Haute Maurienne, le refuge du Thabor est érigé en 1979 et consacré officiellement le 22 juin 1980, avec 40 puis 46 couchages ( 30 hors gardiennage ). Il est géré par la Section de Maurienne du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Maurienne et sera rénové en 2008.

1983 - Le chalet-refuge du Chauffaud, 1100m

Dans le Jura, le chalet-refuge du Chauffaud, les Tavaillons est aménagé dans un bâtiment existant et géré par la Section du Pays de Montbéliard du Club Alpin avec 50 couchages. Il entre en service le 30 avril 1983. Il sera mis en vente en 2016.

1983 - Le refuge du Sélé, 2504m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge du Sélé est construit en dur, avec 76 couchages. Il remplace les refuges en bois de 1924 et 1956. L’ancienne cabane de 1956, à bonne distance, sert de refuge d’hiver avec 20 couchages. Il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Briançon. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1984 - Le refuge des Bouillouses, 2005m

Dans les Pyrénées Orientales, le refuge des Bouillouses est élévé sur l’emplacement de l’ancien refuge Combaleran. Il est géré par la Section de Perpignan du Club Alpin avec 60 couchages ( 12 hors gardiennage ). Il sera transmis à la gestion privée après 2005.

1984 - Le chalet de montagne de la Maline, 893m

Dans les gorges du Verdon, le chalet de la Maline est racheté au défunt Touring Club de France qui l’avait aménagé en 1937, il sera géré pour un temps par la Section d’Aix-en-Provence, puis par le Comité départemental du Var du Club Alpin. Il sera ultérieurement organisé et agencé en base d’activité, avec 44 couchages ( voir les bases d’activité de la FFCAM en 2006 ).

1984 - Le refuge du Pigeonnier, 2423m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge du Pigeonnier est un ouvrage en bois datant de 1967, géré par la Section de Gap du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Gap, avec 44 couchages. Après l’effondrement de sa toiture sous le poids de la neige pendant l’hiver 1969-1970, il avait été restauré l’été suivant. En 1984, agrandissement avec 52 couchages ( 30 hors gardiennage ). Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1984 - Le chalet-refuge du Ratou, 1200m

Dans le Jura, sous le Crêt de la neige, le chalet-refuge du Ratou ( évoqué en 1965 ) est réaménagé et gardé avec 32 couchages. Il est géré par la Section de Bourg-en-Bresse du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Bourg-en-Bresse. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1984 - Le chalet de montagne du Sancy, 1270m

Dans le Massif Central, après l’incendie en 1977 de l’ancien chalet érigé en 1938, la Section d’Auvergne du Club Alpin construit un nouveau chalet de montagne du Sancy, près de la route d’accès au Mont-Dore, avec 39 couchages. Il sera ultérieurement organisé et agencé en base d’activité ( voir les bases d’activité de la FFCAM en 2006 ).

1984 - Le chalet de montagne des Trois Fours, 1197m

Dans les Vosges, entre le Hohneck et le col de la Schlucht, le chalet de montagne des Trois Fours avait été bâti en maçonnerie et bois en 1949, avec 40 couchages en gardiennage. Il sera réaménagé en 1969 et en 1984 par la Section Nancy-Lorraine du Club Alpin et rénové en 1996. Il sera ultérieurement organisé et agencé en base d’activité ( voir les bases d’activité de la FFCAM en 2006 ).

1984 - Le refuge de la Valmasque, 2233m

Dans les Alpes Maritimes, en  place depuis 1951 et situé dans le haut du vallon homonyme, le refuge de la Valmasque est géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin, plus tard Club Alpin Nice-Mercantour. Il est rénové et agrandi en 1984, avec 52 couchages ( 12 hors gardiennage ). Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1985 - Le refuge d’Ambin, 2270m

Sur le versant Savoie des Hautes Alpes du Dauphiné en Maurienne, le refuge d’Ambin est situé dans le vallon homonyme, il avait été mis en service en 1939, avec une vingtaine de couchages, et ensuite réduit au statut de "baraque" pendant la guerre. Il était réaménagé en 1967 et agrandi en 1985, avec 30 couchages ( 30 hors gardiennage ). Géré par la Section de Saint-Jean-de-Maurienne du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Maurienne. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1985 - Le refuge du Châtelleret, 2232m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge du Châtelleret, bâtit en 1959, est agrandi en 1985, avec 68 couchages ( 18 hors gardiennage ), il remplace l’ouvrage de 1882, réaménagé en 1949. Il est géré par la Section de l’Isère du Club Alpin, plus tard par le Comité départemental de l’Isère de la FFCAM. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM

1986 - Le chalet-refuge de Bonneval-sur-Arc, 1830m

Aux confins des Grandes Alpes de Savoie en Haute Maurienne, le premier chalet-hôtel de Bonneval-sur-Arc datait de 1895, et était vendu en 1954.
En 1961, la Section lyonnaise du Club Alpin rachète un bâtiment de l’EDF qui servira de chalet-refuge jusqu’en 1980 où il est démoli pour des raisons de sécurité. Un nouveau chalet-refuge, avec 18 couchages sur réservation, est inauguré le 4 août 1986, géré par le Club Alpin de Lyon-Villeurbanne. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1987 - Le refuge de la Croix-du-Bonhomme, 2443m

Dans les Grandes Alpes de Savoie, sur le passage historique du col de la Croix-du-Bonhomme, pratiqué depuis les temps les plus reculés, au carrefour du Val-Montjoie, du Beaufortain, et de la vallée des Glaciers sur le circuit du Tour du Mont Blanc, c’est d’abord le Touring Club de France qui a fait bâtir un premier refuge en 1922 avec 30 couchages, inauguré depuis les Chapieux le 3 septembre 1922. Bombardé pendant la guerre de 1939-1940, le refuge est en ruine et abandonné jusqu’en 1965. Relevé par des bénévoles, il accueillera les randonneurs dès 1967, géré en 1983 par le Section d’Albertville du Club Alpin, il est racheté en 1987. Il sera réaménagé en 1992.

1989 - Le refuge de l’Alpe de Villar d’Arène, 2079m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de l’Alpe de Villar d’Arène est érigé en dur, réceptionné officiellement le 23 septembre 1989, et géré par la Section de Briançon du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Briançon, avec 94 couchages ( 25 pour le refuge d’hiver toujours ouvert ). Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM et remplace les hébergements de 1892 et 1923.

1989 - Le refuge Durier, 3349m

Dans le massif du Mont Blanc, édification d’un second refuge de 15 couchages, par les bénévoles de la Section de Saint-Gervais du Club Alpin. La première cabane, qui date de 1899, sert de réserve. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1989 - Le refuge de l’Étendard, 2459m

Sur le versant Savoie des Grandes Alpes du Dauphiné en Maurienne, construction en 1989 d’un nouveau refuge, celui de 1973 n’étant plus utilisé, il est géré par la Section de Savoie du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Chambéry. Il sera rénové en 2007, avec 70 couchages et 14 hors gardiennage.

1990 - Les refuges du Club Alpin

La revue La Montagne & Alpinisme n°1/1990 consacre une édition spéciale sur les refuges du Club Alpin.
L’éditorial du président met en garde sur les diverses tentatives de remise en cause du domaine bâti du Club Alpin… encore et encore... comme en 1942…
Dénigrés par les uns pour leurs vétustés, critiqués par d’autres pour les améliorations visant le confort, les refuges font l’objet de bien des critiques, de bien des avis tranchés et opposés, et de quelques appétences extérieures...
En cette année 1990, le Club Alpin propose et entretient 84 refuges d’altitude répartis, dans 22 départements et 46 clubs locaux, et aussi 41 chalets d’activités de plus basse montagne, 5 chalets-skieurs et deux centres alpins.
Un plan-programme de 5 ans conduit la rénovation du domaine bâti…

Nos gardiens de refuges

Dans les différents débats entourant les refuges de montagnes, les gardiens réunis dans un syndicat montrent des avis parfois divergents.
Une charte de qualité sera introduite dans le contrat de mandat de gardiennage.
Redisons que les gardiens de refuges sont les garants d’un accueil de qualité, et leur engagement professionnel doit être considéré avec la plus grande attention par notre association.

1991 - LA COMMISSION DES REFUGES

Déjà le 9 novembre 1990, un Colloque national sur les refuges avait réuni près de 150 spécialistes pour débattre de la situation des abris de montagne répartis sur le territoire national, le CAF est gestionnaire de 40% de l’ensemble et couvre les 2/3 du coût de ses propres installations, qui assurent un véritable service public.
Du fait de l’autonomie juridique envisagée de ses Sections, le Club Alpin se réorganise, la Commission des travaux en montagne et la Commission de gestion des refuges sont rassemblées dans la « Commission des refuges » qui est chargée de bâtir, de rénover et de gérer le patrimoine de l’association, c’est un élément structurant essentiel à ce moment crucial touchant l’avenir du Club Alpin…
Cette Commission unifiée « possède une puissance de persuasion certaine auprès des partenaires, elle est un atout pour la politique que le Club Alpin mène concernant son domaine construit et sa rénovation »

Une fédération multisports à part entière

Le 30 janvier 1993, l'Assemblée générale du Club Alpin Français, réunie à Albertville, avait adopté de nouveaux statuts de Fédération multisports, réunissant les anciennes Sections devenues des Clubs Alpins locaux, en ayant acquis la personnalité juridique.
Il faudra encore une Assemblée générale extraordinaire de la Fédération Française des Club Alpins, le 14 décembre 1996 à Paris puis de la Fédération Française des Club Alpins et de Montagne en 2005 pour terminer la mutation.
Les Sections du Club Alpin deviennent des Clubs Alpins locaux, gestionnaires sous la tutelle de la Commission des refuges.

1990 à 1999 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

1990 - Le chalet de la Conay, 1193m

Dans le massif du Jura sous le crêt de Beauregard, le chalet de la Conay date de 1931, il est rénové en 1990, avec 19 couchages sur réservation. Gestion par le Club Alpin de Bourg-en-Bresse. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1990 - Le refuge du Requin, 2516m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge du Requin au pied des séracs du glacier du Géant, est bâti en 1926, agrandi en 1936. Réaménagé plus tard avec 57 couchages et 20 hors gardiennage.
En arrivant à l’expiration du bail de la parcelle du terrain concédée pour l’emprise du refuge, la commune de Chamonix voudra récupérer le terrain communal …et le refuge que le Club Alpin avait érigé et entretenu. Devant cette réclamation et les indemnisations qui pouvaient en résulter, un arrangement sera trouvé, par une administration conjointe entre la Compagnie des Guides de Chamonix et le Club Alpin de Chamonix.

1991 - L’annexe du refuge du Goûter, 3835m

Dans le massif du Mont Blanc, élevé à l’emplacement de refuge de 1906, une nouvelle annexe du refuge de l’Aiguille du Goûter de 1962 porte les places d’accueil à 120 couchages, pour les candidats à l’ascension du Mont Blanc. Le refuge sera reconstruit de 2010 à 2012, inauguré en 2014.

1991 - Le refuge des Cosmiques reconstruit, 3613m

Dans le massif du Mont Blanc, construction du nouveau refuge des Cosmiques, érigé par la commune de Chamonix, la Compagnie des Guides et le CNRS avec 130 couchages, sur le site du refuge-laboratoire de 1946, détruit le 24 décembre 1984, après une explosion suivie d’un incendie. C’est une étape importante pour un des accès au sommet des Alpes ( voir : 1896 - La cabane du col du Midi - Un point d’histoire ).
L’ancienne cabane Simon, rénovée pour les ouvriers du chantier, devient refuge d’hiver avec 10 couchages.

1992 - Le refuge de la Croix-du-Bonhomme, 2443m

Dans les Grandes Alpes de Savoie, sur le passage historique du col de la Croix-du-Bonhomme pratiqué depuis les temps les plus reculés, le refuge de la Croix-du-Bonhomme, racheté en 1987 par le Club Alpin, est réédifié en conservant le bâti initial, il est mis en service le 27 juin 1992, avec 109 couchages ( 30 hors gardiennage ). Il est géré par la Section d’Albertville du Club Alpin, plus tard Club Alpin d’Albertville. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1992 - Le refuge Pinet, 2240m

Dans les Pyrénées ariégeoises, le refuge Pinet (appelé un moment refuge de l’étang du Pinet et proche de l’étang homonyme) est construit avec 55 couchages et 15 hors gardiennage. Gestion par la Section ariégeoise du Club Alpin, plus tard Club Alpin des Montagnards Ariégeois. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1992 - Le refuge de Larribet, 2072m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge de Larribet, datant de 1958 et desservant les massifs Balaïtous-Frondellas-Pallas, est agrandi en 1992, pour 60 couchages ( 32 hors gardiennage ). C'est un petit refuge bien placé au pied du Balaïtous, il est géré par le Club Alpin de Lourdes-Cauterets, plus tard Club Alpin de Lourdes-Cauterets. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1993 - Le chalet-refuge du Marcadau, 1865m

Dans les Pyrénées Centrales et la vallée du Marcadau, c’est d’abord le Touring Club de France qui a construit le refuge Wallon en 1912, avec 35 couchages, puis qui a adjoint le chalet du Marcadau dans les années 1930.
À la suite de la liquidation du TCF, l’ensemble est confié en gestion au Club Alpin Français en 1984.
Après une longue procédure, le chalet-refuge du Marcadau reprend un service normal en 1993.
Avec 125 couchages ( 30 hors gardiennage ), il est d'abord géré par le Club Alpin de Tarbes, puis sera plus tard transmis à la Fédération aragonaise de montagne.

1995 - Le refuge de la Dent Parrachée, 2500m

Dans les Grandes Alpes de Savoie en Maurienne, agrandissement du refuge de la Dent Parrachée érigé en 1970, avec 42 couchages et 24 hors gardiennage. Il est géré par la Section de Savoie du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Chambéry. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1995 - Le refuge de l’Étang Fourcat, 2445m

Situé dans les Pyrénées ariégeoises, le refuge de l’Étang Fourcat disposait de 24 couchages, c’est d’abord un bâtiment très ancien comme en attestent des vieilles cartes postales et déjà évoqué en 1918. Il est rénové, agrandi et déclaré ouvert le 2 juillet 1995 avec 45 couchages, plus tard reconditionné avec 37 couchages et 12 hors gardiennage. Gestion par la Section ariégeoise du Club Alpin, plus tard Club Alpin des Montagnards Ariégeois. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1995 - Le refuge de la Madone de Fenestre, 1903m

Dans les Alpes Maritimes en Vésubie, le refuge de la Madone de Fenestre acquis en 1975, est agrandi et rénové, avec 60 couchages et 22 hors gardiennage. Il est géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin, plus tard Club Alpin de Nice-Mercantour. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1996 - Le refuge des Bésines 2104m

Dans les Pyrénées centrales, le refuge des Bésines est le fruit d’un partenariat entre le district du canton d’Ax-les-Thermes et du Club Alpin, en proposant 56 couchages ( 16 hors gardiennage ). Il est consacré officiellement le 16 juin 1996. Il est situé sur le GR 10, sur la Haute route, et donne accès aux sommets environnants. Gestion par le Club Alpin des Montagnards Ariégeois. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1996 - Le refuge du Portillon, 2570m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge du Portillon, accessible depuis les Granges d’Astau, datait de 1936, aménagé dans une construction érigée pour le barrage EDF. Un nouveau bâtiment est construit avec 80 couchages ( 32 hors gardiennage ), et entre officiellement en fonction le 29 juin 1996. Gestion par le Club Alpin de Toulouse. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1996 - Le chalet de montagne des Trois Fours, 1197m

Dans les Vosges, entre le Hohneck et le col de la Schlucht, le chalet de montagne des Trois Fours est érigé en maçonnerie et bois en 1949, avec 50 couchages. Il sera réaménagé en 1969 et en 1984. Il est rénové de nouveau en 1996 avec 40 couchages en gardiennage, et géré par le Club Alpin de Nancy. Il sera ultérieurement organisé et agencé en base d’activité ( voir les bases d’activité de la FFCAM en 2006 ). Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1996 - Le refuge de la Pilatte, 2572m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de la Pilatte est d’abord édifié en bois en 1924, puis en dur en 1954. Il est réaménagé en 1996 avec 90 couchages ( 32 hors gardiennage ). Il est géré par le Club Alpin de l’Isère, plus tard par le Comité départemental de l’Isère de la FFCAM. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1997 - Le refuge des Conscrits, 2580m

Dans le massif du Mont Blanc, le nouveau refuge des Conscrits est placé sur la rive droite du glacier de Trélatête dans le massif du Mont Blanc, il est géré par le Club Alpin de Saint-Gervais avec 90 couchages ( 10 hors gardiennage ).
Il remplace le refuge de 1968, trop vétuste et étroit, qui était placé plus haut à 2730m. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1997 - Le refuge Packe, 2495m

Dans les Pyrénées Centrales et le massif du Néouveille, le refuge Packe date de 1895, avec 8 couchages. De par sa position, il offre un panorama exceptionnel sur le versant nord du pic Long et sur la Brèche de Roland. Il est rénové par le Parc national des Pyrénées en 1968 en restant dans le patrimoine de l’association. Sa toiture est refaite en cuivre en 1997. Gestionnaire le Club Alpin de Lourdes-Cauterets. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1998 - Le refuge de Péclet-Polset, 2479m

Dans des Grandes Alpes de Savoie et le massif de la Vanoise, le refuge de Péclet-Polset est proche du col de Chavière, le passage principal, par la montagne, entre la Maurienne et la Tarentaise. La première bâtisse datait de 1913, réaménagement en 1972.
Un refuge moderne est érigé en 1998, avec 84 couchages ( 18 hors gardiennage ). Il est géré par le Club Alpin Vanoise-Tarentaise et officiellement en service le 20 juin 1998. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1998 - Le refuge de Font Turbat, 2194m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge de Font Turbat dans le haut du Valjouffrey a été édifié en dur avec 12 couchages en 1923, puis remplacé en préfabriqué en 1962, avec 50 couchages. L’ancien refuge servant d’annexe.
Le bâtiment est ébranlé par une avalanche en 1990, rénové et agrandi, il est inauguré e 5 juillet 1998, avec 39 couchages ( 14 hors gardiennage ). Il est géré par le Comité départemental de l'Isère du Club Alpin. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.
 

1999 - Le refuge Lemercier, 2700m de 1891 restauré

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, l’ancien refuge Lemercier de 1891, contigu au refuge du Pelvoux, est restauré à l’identique à l’initiative du Parc des Écrins et du Club Alpin par des Compagnons du devoir, charpentiers et menuisiers, cette cabane de cinq mètres sur six est un réel témoin de l’histoire de la pratique de la montagne et une étape dans les évolutions techniques de construction des refuges. Il est déclaré ouvert le 28 août 1999. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

1998 - Le centenaire de l’observatoire Vallot

À l’occasion du centenaire de l’observatoire Vallot construit en 1898, l’œuvre scientifique de Joseph et Henri Vallot est rappelée dans la revue La Montagne & Alpinisme n°2/1998.

Les refuges à la fin du vingtième siècle

La revue La Montagne & Alpinisme n°3/1998 consacre une nouvelle fois un numéro spécial aux refuges « Le Club Alpin français et ses refuges en 1998 » qui présente clairement la situation du moment.
Le dossier est accompagné d’un rappel historique du bâti en altitude depuis 1874, qui comporte malheureusement une omission, en oubliant de citer les principaux artisans de la reconstruction des refuges, que sont les responsables bénévoles de la Commission des travaux en montagne, notamment celui qui œuvra de 1945 à 1974 pour relever nos refuges « qui au sortir de la guerre 1939-1945 sont - pour la plupart - délabrés faute d'entretien, et certain sont pillés ou vandalisés »
Si les actions des hommes de l’art sont essentielles, celles des hommes et des femmes du Club Alpin sont primordiales et bénévoles, ils et elles participent à la conception et à la réalisation, ils et elles décident du financement, doivent trouver les partenaires et en dernier lieu doivent assumer la décision au nom des adhérents de l’association.

2000 - La restauration des chalets d’alpage

Un manuel est proposé, à l’initiative du Parc national de la Vanoise, pour la restauration ou la reconstruction d’anciens chalets d’alpage, un patrimoine bâti entrant dans la mise en valeur du territoire montagnard.

LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS de 2000 à 2006

2000 - L’ancien refuge refuge du Sélé, 2710m de 1956 restauré

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, l’ancien refuge du Sélé en bois de 1956, remplacé par un bâti en dur en 1983, est restauré à l’identique à l’initiative du Parc des Écrins et du Club Alpin, par des Compagnons du devoir, charpentiers et menuisiers. Situé à 2710m à bonne distance du refuge en dur ( 2504m ), il sert de refuge d’hiver avec 20 couchages. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2000 - Le refuge d’Espingo, 1960m

Dans les Pyrénées Centrales, à l’entrée du cirque et du lac homonymes, le refuge d’Espingo était érigé en 1925, rétabli sur un site plus favorable en 1937, il subit une restructuration en 1979. Restauration et mise aux normes du moment, avec 60 couchages et 15 hors gardiennage en 2000. Il est géré par le Club Alpin de Toulouse. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2001 - Le refuge de l’Aigle, 3440m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, construit en 1910, réaménagé 1962, le refuge de l’Aigle est dans un état vieillissant, après 90 ans de service, et sa reconstruction s’avère nécessaire, mais ce lieu de vie placé à 3440m d’altitude est porteur de beaucoup de souvenirs et d’émotions. La commission des refuges annonce une consultation des montagnards dans La Montagne & Alpinisme n°4/2000.
Un article « Le refuge de l’Aigle » en 2001, évoquant sa reconstruction, va provoquer des émotions compréhensibles, et aussi des émois exaltés, sans issues raisonnables.

Un nouvel article dans le n°2/2004 devra revenir sur ce qui n'est encore qu'un projet. Il sera finalement reconstruit en 2014.

2001 - Le refuge de Vallonpierre, 2271m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le nouveau refuge de Vallonpierre est déclaré officiellement ouvert le 28 juillet 2001, une construction proche de l’ancien bâtiment de 1948, au bord du lac homonyme, avec 39 couchages ( 19 hors gardiennage ), il est géré par le Club Alpin de Gap. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2002 - Le refuge de la Cougourde, 2100m

Dans les Alpes Maritimes, le nouveau refuge de la Cougourde est présenté officiellement le 19 octobre 2002. Construit en bois avec 40 couchages, il est géré par le Club Alpin des Alpes Maritimes (7 couchages hors gardiennage). Il remplace le bâtiment provisoire de 1964. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2002 - Le refuge de la Glère, 2153m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge de la Glère est un bâtiment construit en 1947, pour loger les constructeurs du barrage du lac de la Glère. Récupéré à la fin des travaux en 1953, pour servir d’hébergement en altitude, il est racheté par la commune de Barèges en 2002, et confié en gestion au Club Alpin. Il sera réhabilité en 2008.

2003 - Le refuge de Bayssellance, 2651m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge de Bayssellance est placé sur le chemin de Gavarnie à Cauterets, il donne accès à la voie normale du Vignemale et date de 1899, agrandi en 1939. Il est entièrement réaménagé et rénové, avec 58 couchages et 19 hors gardiennage, et est géré par le Club Alpin de Bordeaux. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2003 - Le refuge du Fond d’Aussois, 2350m

Dans les Grandes Alpes de Savoie en Maurienne, construction du nouveau refuge du Fond d’Aussois, avec 52 couchages ( 20 hors gardiennage ). Géré par le Club Alpin de Chambéry, il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM. L’ancien refuge de 1973 sera réhabilité comme lieu de mémoire.

2003 - Le refuge de la Tagnarède, 1052m

Dans les Pyrénées Orientales, commune de Sorède, le refuge de la Tagnarède non gardé avec 12 couchages est rénové. Gestion par le Club Alpin de Perpignan. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2003 - Le refuge du Viso, 2460m

Dans les Alpes Cottiennes, au fond du Queyras, au pied du Mont Viso, extension, rénovation et mise aux normes du refuge du Viso de 1976. C’est un bâtit à l’esthétisme soigné avec 65 couchages et 17 hors gardiennage, géré par le Club Alpin de Briançon et présenté officiellement le 20 juin 2003. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2005 - Le refuge de Tête Rousse, 3170 m

Dans le massif du Mont Blancs, un nouveau refuge de Tête Rousse, bien confortable, remplace la construction de 1934, avec 74 couchages ( 12 hors gardiennage ) sur la voie d’accès au Mont Blanc, par l’Aiguille du Goûter. Entré officiellement en service le 4 septembre 2005, il est géré par le Club Alpin de Saint Gervais. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2005 - Le refuge de Tuquerouye, 2666m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge de Tuquerouye, érigé en 1890 pour l’ascension du Mont Perdu, était le premier refuge au sens actuel du terme dans les Pyrénées. Il est agrandi en 1929, remis en état en 1958 et en 1999. Il est restauré en 2005, et offre 12 couchages. Toujours ouvert, il est géré par le Club Alpin de Lourdes-Cauterets et appartient toujours au patrimoine administré par la fédération. C’est le plus haut et le plus ancien refuge des Pyrénées de la FFCAM.

2006 - Le refuge du Carro, 2764m

Dans les Alpes Graies en Haute Maurienne, restructuration du refuge de Carro, installé en 1925 et agrandi en 1978, géré par le Club Alpin de Lyon-Villeurbanne, avec 61 couchages et 24 hors gardiennage. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2006 - Le chalet de montagne de l’Eychauda, 1267m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le chalet de montagne de l’Eychauda à Pelvoux est organisé et agencé en base d’activité, avec 76 couchages. Il est inauguré le 24 septembre 2006, géré par la FFCAM, service de Pelvoux. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2006 - Le chalet de montagne de la Maline, 893m

Dans les gorges du Verdon, le chalet de la Maline est racheté au défunt Touring Club de France qui l’avait aménagé en 1937, il sera géré pour un temps par la Section d’Aix-en-Provence, puis par le Comité départemental du Var de la FFCAM. Il est organisé et agencé en base d’activité, avec 44 couchages Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2006 - Le chalet de montagne du Sancy, 1270m

Dans le Massif Central, le chalet de montagne du Sancy est organisé et agencé en base d’activité et mis en service en 2006. Il est géré par le Club Alpin de Clermont-Auvergne, avec 39 couchages.
Un chalet existait déjà en 1938, après un incendie en 1977, un nouveau chalet avait été construit en 1984, près de la route d’accès au Mont-Dore. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2006 - Le chalet de montagne des Trois Fours, 1197m

Dans les Vosges, le chalet de montagne des Trois Fours, réaménagé en 1996, géré par le Club Alpin de Nancy, avec 40 couchages, est organisé et agencé en base d’activité et présenté officiellement en 2006. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

LES BASES D'ACTIVITÉ DE LA FFCAM EN 2006

Ces bases d’activités et à la fois chalets de montagne sont réparties sur l’ensemble des montagnes françaises, elles permettent l’organisation des stages fédéraux et des activités des Clubs Alpins locaux. Elles sont également accessibles aux séjours individuels ou en groupe, libres ou avec activités.

- La Bérarde, dans le massif des Écrins, géré par le Club Alpin de Grenoble-Oisans (1977).
- L’Eychauda, dans le massif des Écrins, géré par la FFCAM, service de Pelvoux (2006).
- La Grange, de Holle dans les Pyrénées, géré par le Club Alpin de Lourdes-Cauterets (1978).
- La Maline, dans les gorges du Verdon, géré par le Comité départemental du Var de la FFCAM (2006).
- Le Sancy, dans le Massif Central, géré par le Club Alpin de Clermont-Auvergne (2006).
- Le Tour, dans le massif du Mont Blanc, géré par le Club Alpin de Chamonix-Mont Blanc (1978)
- Les Trois Fours, dans le massif des Vosges, géré par le Club Alpin de Nancy (2006).
- Les Tuffes, dans le massif du Jura, géré par le Club Alpin du Haut Jura (2006).

LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS de 2007 à 2009

2007 - Le refuge de l’Étendard, 2459m

Sur le versant Savoie des Grandes Alpes du Dauphiné en Maurienne, après l’aménagement de 1973 et la construction de 1989, rénovation et mise aux normes avec 70 couchages et 14 hors gardiennage, dans le cadre du plan État-Région. Inauguration en juillet 2008. Le refuge est géré par le Club Alpin de Chambéry. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2007 - Le refuge des Oulettes de Gaube, 2151m

Dans les Pyrénées Centrales au pied du Vignemale, réaménagement et réhabilitation du refuge des Oulettes de Gaube, datant de 1964, avec 87 couchages et 30 hors gardiennage. Officiellement ouvert le 2 juin 2007, il est géré par le Club Alpin de Lourdes-Cauterets. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

Une œuvre collective

Après Bayssellance, les Oulettes de Gaube est le deuxième refuge pyrénéen gardé réhabilité dans le cadre du 12ème contrat de plan État-Région. Bernard Mudry, président de la FFCAM a souligné que « seuls, nous n'aurions pu mener à bout cette magnifique réalisation, c'est une œuvre commune et je me dois d'associer dans mes remerciements les services de l'État, les collectivités locales et territoriales, les élus locaux et nationaux, qui, par leur confiance, leur travail, leur assistance, leurs aides financières et administratives nous permettent d'assumer nos missions ». Il a aussi rappelé que le programme de réhabilitation des refuges FFCAM est assuré en grande partie grâce au travail des bénévoles qui, dans les clubs, se mobilisent pour mener à bien de telles opérations

2007 - Le refuge des Souffles, 1980m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, le refuge des Souffles était en place depuis 1972. Il est réaménagé et réhabilité, en offrant une capacité de 30 couchages ( 18 hors gardiennage ). Géré par le Club Alpin de Gap, il est présenté officiellement le 7 juillet 2007. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2007- Le refuge Vallot, 4362m

Dans le massif du Mont Blanc, le refuge Vallot en place dès 1893, reconstruit en 1937, havre de sécurité pour l’ascension du Mont Blanc, est réaménagé. Ce refuge de secours est géré par Club Alpin de Saint Gervais avec 12 couchages, il n’est à utiliser qu’en cas de tourmente ou de péril.

2008 - Le refuge de la Glère, 2153m

Dans les Pyrénées Centrales, le refuge de la Glère est un bâtiment construit en 1947, pour loger les constructeurs du barrage du lac de la Glère. Récupéré à la fin des travaux en 1953, pour servir d’hébergement en altitude, il est racheté par la commune de Barèges en 2002 et confié en gestion au Club Alpin. Une réhabilitation complète s’avéra nécessaire, pour une inauguration le 7 juin 2008, avec 60 couchages et 20 hors gardiennage, dans le cadre du plan État-Région. Géré par le Club Alpin de Lourdes-Cauterets. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2008 - Le refuge du Thabor, 2502m      

Dans les Alpes Cottiennes en Haute Maurienne, le refuge du Thabor, 2502m avait été érigé en 1980, rénovation et mise aux normes, avec 46 couchages et 30 hors gardiennage, dans le cadre du plan État-Région. Le refuge, inauguré en septembre 2008, est géré par le Club Alpin de Maurienne. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2008 - Le chalet-skieur de Tignes, 2070m

Rénovation du chalet-skieur de Tignes, réaménagé en 1965 et mis en gérance.

2009 - La reconstruction du refuge de l’Aigle, 3440m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, la reconstruction nécessaire du refuge de l’Aigle, érigé en 1910, provoque beaucoup d’émotions. Le chantier, dont les travaux ont commencé en 2008, doit être interrompu par l’annulation du permis de démolir du tribunal administratif de Marseille le 25 juin 2009, suite à l’intervention de plaignants, pour le maintien en l’état de l’ouvrage vieillissant, au nom de son intérêt historique. Appel de la décision du tribunal, par le Club Alpin et la mairie de La Grave, car l’intérêt historique - pris largement en compte dans le projet de reconstruction - ne doit pas mettre en péril le maintien de l’activité de ce bâtiment, au service des alpinistes.

2009 - Le refuge de la Pra, 2110m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif de Belledonne, c’est un chalet-refuge qui était implanté en 1889, il avait été réhabilité en 1973, avec la création d’un refuge d’hiver.
Rénovation du bâtiment initial, construction d’un nouveau bâtiment et mise aux normes, avec 75 couchages et 18 hors gardiennage. Ouverture annoncée dès l’été 2007 et inauguration le 20 juillet 2009, il est géré par le Comité départemental de l’Isère de la FFCAM. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2009 - Le refuge Nice, 2250m

Dans les Alpes Maritimes et le massif du Mercantour, le refuge Nice date de 1902. Rendu inutilisable pendant la guerre 1939-1945, il est réaménagé en 1975. Il est restauré et inauguré le 3 octobre 2009, géré par le Club Alpin de Nice-Mercantour, avec 54 couchages et 20 hors gardiennage. Il appartient toujours au patrimoine administré par la FFCAM.

2010 - Mieux intégrer les refuges

Dans le but de mieux intégrer ses refuges dans l’environnement préservé de la montagne, le Club Alpin développe les approvisionnements en énergies renouvelables.
Le cœur énergétique du refuge est souvent une installation photovoltaïque (82 installations en 2009), mais une autre source d’énergie est également utilisée, l’hydroélectricité. Le Club Alpin de Lyon déjà précurseur en Haute Maurienne avec le photovoltaïque (dès 1979 pour le refuge des Évettes), fait installer une turbine en sous-sol, activée par l’eau courante, pour le refuge d’Avérole, puis dote les refuges du Fond d’Aussois et du Carro en 2002 et 2008 d’une pico centrale hydroélectrique.
Dans le cadre d’un financement européen, la FFCAM a participé à la réalisation de trois guides techniques concernant l’alimentation en eau, en énergie et l’assainissement en site isolé en altitude, c'est-à-dire les refuges.

2010 - Une gestion raisonnée des espaces de montagne

Dans le débat plus que centenaire entre équipement et protection de la montagne, il est dit ceci en reprenant les mots du président du Club Alpin Suisse « utilisateurs mais aussi protecteurs de l’espace alpin, nous nous devons de maîtriser ce grand écart afin de trouver ensemble des solutions raisonnables. Si nous, qui partageons une passion commune pour la montagne, n’y parvenons pas, alors les milieux du tourisme et de la protection de la nature y parviendront encore moins ».
Ce sera l’occasion pour le président Georges Elzière de rappeler la « doctrine » du Club Alpin Français qui considère que le maintien de zones de montagne sans équipement est une nécessité.

2010 - L'entretien permanent des sentiers

C’est désormais aux Collectivités locales (Commune, Conseil général) et aux Établissements publics (Parcs nationaux, Office national des forêts...) à qui il appartiendra d'assurer l'entretien permanent des itinéraires les plus caractéristiques, avec pour schéma directeur le Plan Départemental de la Randonnée (PDR), stipulant que les sentiers font partie du patrimoine, et qu'un sentier cartographié au PDR doit être ouvert au public, il ne peut être entravé par un quelconque aménagement.

La France procède un réseau magnifique de sentiers. C’est, en dehors de démarches intimes et personnelles, un gisement touristique de premier ordre, qui mérite d’être exploité correctement, et ne peut être la cause que de peu de nuisances facilement remédiables.

2012 - Refuge en famille

Le Comité FFCAM de Savoie fait éditer une plaquette destinée à donner toutes les informations pratiques pour se rendre en famille en refuge…

Le nouveau refuge du Goûter Le nouveau refuge du Goûter

 

LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS de 2012 à 2019

 

2012 - La construction du nouveau refuge du Goûter, 3835m

La construction du nouveau refuge du Goûter de 2010 à 2012 est l’occasion d’un dossier particulier « Le refuge de Goûter prototype de l’habitat de demain » dans le n°3 de la revue La Montagne & Alpinisme 2012. Il sera inauguré en 2014. Malheureusement pendant la construction, le Club Alpin a eu à connaître la chute mortelle d’un des siens, Patrick Dumas, le responsable du patrimoine bâti à la FFCAM, le 15 novembre 2011.

2012 - Le refuge d’Argentière, 2771m

Réhabilitation et agrandissement du refuge emblématique d’Argentière, placé sur la rive droite du glacier d’Argentière et donnant accès aux nombreuses ascensions marquantes de l’histoire de l’alpinisme. Inauguration le 4 juillet 2012, géré par le Club Alpin de Chamonix avec une capacité de 91 couchages et 16 hors gardiennage.

2013 - Le refuge de la Pointe Percée, 2164m

Dans les Petites Alpes de Savoie, sous la Pointe Percée, le sommet principal de la Chaîne des Aravis, le refuge de la Pointe Percée avait été construit en 1929, grâce au legs Gramusset, il est réaménagé au niveau de sa terrasse et de ses toilettes. Le refuge est géré par le Club Alpin d’Annecy, avec 45 couchages et 21 hors gardiennage.

2013 - Le refuge de Presset, 2514m

Dans les Grandes Alpes de Savoie et le Beaufortain, situé en bordure du lac de Presset, face à la Pierra Menta, le refuge de Presset est construit en 1967, agrandi en 1972, il est remplacé en 2013 avec 30 couchages (12 hors gardiennage ). Géré par le Club Alpin de Chambéry.

Le nouveau refuge de l'Aigle Le nouveau refuge de l'Aigle

 

2014 - Le refuge de l’Aigle, 3440m

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, construit en 1910, réaménagé 1962, le refuge de l’Aigle était dans un état vieillissant après 90 ans de service, sa reconstruction a provoqué beaucoup de palabres. Il est finalement reconstruit en 2014, avec 30 couchages, 30 hors gardiennage. Il est géré par le Club Alpin de Briançon.

 

2014 - Le refuge de l’Aiguille du Goûter, 3835m

Dans le massif du Mont Blanc, cette étape essentielle pour l’ascension du Mont Blanc par son versant français - située en très haute altitude - se devait de recevoir toute l’attention de notre association. Un itinéraire vers le plus haut sommet des Alpes, dont le parcours est l’ambition d’un très grand nombre…
La FFCAM, avec les expériences passées de l’ancien refuge surfréquenté - énervements, perte de savoir-vivre élémentaire, nuits épouvantables - avait borné le projet : limitation à 120 hébergements, obligation absolue d’avoir réservé, interdiction par les autorités de toute forme de camping hors la zone prévue proche du refuge de Tête Rousse. Le président Georges Elzière interviendra, dans un éditorial de la revue La Montagne & Alpinisme, pour appeler à la raisonen, en insistant sur la pertinence d’une démarche désordonnée : « outre les sérieuses questions de sécurité et d’hygiène posées par une très forte fréquentation, cette dernière, si elle n’est pas maitrisée, engendre des situations qui dévalorisent fortement l’expérience de l’ascension ».
De 2010 à 2012, c’est une construction de forme ovoïde et elliptique particulièrement moderne et esthétique, qui est proposée par les architectes et ingénieurs, à quelque distance de l’ancien refuge de 1962.
L’ambition est clairement affichée : « Ce refuge sera le bâtiment le plus abouti en matière de technologies propres et sera quasiment autonome en énergie ».
Le refuge accueillera les premiers alpinistes à partir du 27 juin 2013.
Inauguration en deux temps. Les 4 et 5 septembre 2014, manifestation symbolique, depuis le refuge du Goûter, par des cordées comprenant entre autres : le préfet de la Haute-Savoie Georges-François Leclerc, le maire et conseiller général de Saint-Gervais-les-Bains Jean-Marc Peillex, le président Georges Elzière et les vice-présidents Nicolas Raynaud et Raymond Courtial.
Le 6 juillet, inauguration officielle depuis la vallée et l’espace Mont Blanc de Saint-Gervais, avec l’ensemble des élus et des partenaires, en présence de la ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, Ségolène Royal qui dans son discours de clôture proposera cette construction de haute altitude comme un exemple « d’intégration de construction dans des paysages tout à fait exceptionnels… »

Il est géré par le comité départemental 74 de la FFCAM.

La déconstruction de l’ancien refuge s’est déroulée en 2013. L'annexe de 1991 est conservée en refuge d'hiver et en abri de secours en cas d'incendie, avec une capacité de vingt couchages.

2014 - Le refuge du col de la Vanoise, 2502m

Dans les Grandes Alpes de Savoie et le massif de la Vanoise, lieu de convergence pour de nombreuses randonnées itinérantes et familiales, le ski de randonnée, et la pratique de l’alpinisme, le site comprend deux bâtiments : le refuge du col de la Vanoise et le bâtiment Félix Faure. Ils feront l’objet d’un projet global de travaux impliquant la FFCAM, la commune de Pralognan-la-Vanoise et le Parc National de la Vanoise.

En 2014, réhabilitation achevée du refuge du col de la Vanoise, construit en 1972, rénové par la suite. Il est géré par le Club alpin Vanoise-Tarentaise. Le réaménagement du bâtiment Félix Faure suivra en 2018.

2019 - Le refuge Félix Faure du col de la Vanoise, 2502m

Dans les Grandes Alpes de Savoie et le massif de la Vanoise, réhabilitation achevée du bâtiment Félix Faure du col de la Vanoise, refuge en pierre construit en 1902, et ainsi nommé jusqu’en 1952, en l’honneur d’un ancien président de la République, et après la première construction datant de 1878. Inauguration le 13 juillet 2019, cette manifestation clôture le projet global de réhabilitation des installations du col de la Vanoise, impliquant la FFCAM, la commune de Pralognan-la-Vanoise et le Parc National de la Vanoise. L’ensemble propose 129 couchages, il est géré par le Club alpin Vanoise-Tarentaise.

À l’occasion de la cérémonie, une convention est signée, certifiant que les hébergements bénéficient du label "Esprit Parc National". Il permettra à ce point d’appui très fréquenté d’être inséré dans des circuits d’itinérance, attestant que les produits et services proposés s'inscrivent dans un processus écologique de préservation de la biodiversité.

2019 - Le refuge de la Dent Parrachée, 2500m

Dans les Grandes Alpes de Savoie en Maurienne, extension et réaménagement du refuge de la Dent Parrachée, érigé en 1970, en retrouvant une unité architecturale, avec 48 couchages et 24 hors gardiennage, et en améliorant les conditions de vie de l’équipe de gardiennage., il est géré par le Club Alpin de Chambéry. Inauguration le 6 juillet 2019.

UNE CONSTRUCTION QUI NE RESSEMBLE À RIEN D'AUTRE 

L'édification d'un refuge en haute montagne ne ressemble à rien d'autre : des études préalables poussées, une architecture spécialisée, l'altitude et un climat particulièrement rude freinant les travaux, le temps très court pendant lesquels ceux-ci peuvent être exécutés, l’éloignement des bases nécessitant le transport des matériaux, jadis à dos d’homme, maintenant en hélicoptère, rendent une telle entreprise difficile et onéreuse…

  • Nos anciens avaient travaillé avec leurs seules ressources avant la guerre de 1914-1918 mais, par la suite, le Club Alpin ne pouvait suffire à la tâche écrasante qu'il s'était imposée pour répondre aux besoins nationaux et internationaux ; aussi l'État, par ses divers ministères, lui a accordé son aide financière.

Les régions, les départements, les communes elles-mêmes le soutiennent régulièrement.
Au titre de sa fonction d’intérêt général d’abri, le refuge dispose en permanence d’un espace ouvert au public.

  • Maître d'ouvrage, le Club Alpin remplit là un véritable service public, pour lequel il s'est spécialisé. Son expérience, plus que centenaire, est inégalable.

Pour les refuges édifiés sur des terrains n’appartenant pas à l’association ( devenue fédération ), comme les sols communaux ou nationaux, le bail emphytéotique est souvent la solution juridique adaptée.

L’information sur les refuges

Aujourd’hui le système informatique permet d’accéder facilement à l’actualité des refuges par les différents portails spécialisés dont et surtout celui de la Fédération Française des Club Alpins et de Montagne.
Il est surprenant que certains d’entre eux « oublient » de citer les associations gestionnaires qui assurent l’édification, l’entretien et les réparations de ces constructions soumises aux rudes conditions de la montagne.
C’est la moindre des reconnaissances offertes aux nombreux dévouements.
Et c’est aussi une information pour « ceux qui trouvent naturel que les refuges poussent tout seul au-dessus de 3 000 mètres comme les mélèzes un peu plus bas… ».

EN ITALIE

Le premier refuge est élevé en 1866 pour faciliter l’accès au Mont Viso. En 1893, la cabane Margherita est inaugurée à 4556m, elle est la plus élevée des Alpes…et au début du XXIe siècle, on compte de l’ordre de 200 refuges-bivouacs et plus de 400 refuges…

EN SUISSE

La première cabane est celle du Grünhorn en 1863.
Elle contribuera - avec ses huit couchages - à faire du Tödi une montagne à la mode…
Dans le Valais et l’Oberland, la plupart des cabanes suisses sont érigées durant les dix dernières années du XIXe siècle, elles seront agrandies au fil du temps… et au début du XXIe siècle, on compte de l’ordre de 150 cabanes… Voir l’article consacré « Les cabanes du Club Alpin Suisse » dans la revue La Montagne & Alpinisme 3/1998.

EN AUTRICHE

L’Autriche offre plus de 150 refuges aux alpinistes et randonneurs, c’est un nombre élevé de refuges qui parsèment le Tyrol, il s’explique en partie par le nombre important de bâtiments installés et gérés par le Club alpin allemand ( ÖAV, 270 refuges ; DAV 150 ; et NF 180 ).
À l’inverse de la France qui a bâti en haute altitude à l’usage des alpinistes et des randonneurs alpins à proximité des sommets à atteindre, les refuges tyroliens sont souvent situés à moyenne altitude pour le plus grand nombre d’excursionnistes.

AUJOURD’HUI

  • Aujourd’hui, la Fédération Française des Club Alpins et de Montagne possède ou entretient 128 refuges, chalets et centres de montagne qui constituent un patrimoine exceptionnel.

 Ils sont devenus parties intégrantes du paysage, les témoins et acteurs de l’histoire de la montagne.
Portes d’entrée de la montagne, ils doivent être entretenus, rénovés et parfois remplacés pour encore mieux accueillir un public de plus en plus diversifié.
Notons encore qu’il existe d'autres organismes bâtisseurs de refuges, les Parcs nationaux, qui sont des établissements publics créés dans la seconde partie du XXe siècle dernier, quelques autres associations et certaines initiatives privées.
Un rappel : de 1874 à 1995, le Club Alpin était organisé en Sections locales et administré par un Siège central. En 1996, le Club Alpin se transforme en une Fédération administrant des Club Alpins locaux, c’est à partir de ce moment-là que dans nos chronologies, les Sections deviennent des Club Alpins locaux.

UN HOMMAGE AUX BÂTISSEURS

En hommage aux bâtisseurs, nous avons essayé de citer tous les ouvrages de montagne érigés par le Club Alpin depuis 1874, certains éphémères ou disparus, d’autres biens vivants comme en atteste le Guide des refuges du Club Alpin accessible sur le portail de la FFCAM.
Redisons que si les actions des hommes de l’art sont essentielles, celles des hommes et des femmes du Club Alpin sont primordiales et bénévoles, ils et elles participent à la conception et à la réalisation, ils et elles décident du financement, doivent trouver les partenaires et en dernier lieu doivent assumer la décision au nom des adhérents de l’association.

NB : compte tenu de certaines complexités régionales, des annotations peuvent demander - malgré notre attention - quelques rectifications, qui sont à signaler.

Vocabulaire

On appelle refuge, tout bâtiment dont l’accès n’est pas possible par la route. Un chalet, lui est accessible par la route ou un chemin forestier. Certains bâtiments, chalets en été, se retrouvent refuges l’hiver, coupés de la route par la neige…

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CONSULTATION

L’ensemble des textes concernant l’histoire de la FFCAM et les autres dossiers proposés sont consultables au Centre fédéral de documentation de la FFCAM - 24, avenue de Laumière, 75019 Paris.

Notamment :

- Bulletins du CAF, de 1876 à 1904.
- Annuaires du CAF, de 1875 à 1904.
- La Montagne, de 1905 à 1954.
- Alpinisme, de 1925 à 1954.
- La Montagne & Alpinisme, depuis 1955.
- Les Annales du GHM de 1955 à 2001 et Cimes de 2002 à aujourd’hui.

Consultation de l’ensemble des livres constituant la bibliothèque de la FFCAM ; tous référencés.

Plus particulièrement :

<  Les Annuaires 1874 - 75 - 80 et 89,
<  Le rapport 1933-34 de la Commission des Travaux en Montagne,
<  Le CAF et les Refuges - Article de Claude Maillard - La Montagne & Alpinisme 1/1974,
<  Les sociétés sportives d'alpinistes et les refuges de montagne dans les Alpes françaises depuis 1874 - Article de Marcel Jail - Revue de géographie 1975,
<  Un patrimoine en constante évolution - Article de Pierre Gauly et Edmond Martin - La Montagne & Alpinisme 1/1990, numéro spécial consacré aux refuges,
<  La politique de développement des refuges -  Article intégré à l’ouvrage coordonné par Olivier Hoibian : Lucien Devies, La montagne pour vocation - Édition L’Harmattan. 2004.

CONSULTATION EN LIGNE

Accès aux références

Vous pouvez consulter en ligne le catalogue du CND avec un accès aux références pour l’ensemble des articles des revues et pour les livres.

Il suffit de saisir un mot caractéristique ou un des mots-clés d'un ouvrage recherché, dans l'un des champs appropriés ( auteur, titre, sujet, année d'édition ) et vous aurez accès aux références de votre recherche.

Accès aux publications

Vous pouvez consulter en ligne les revues suivantes :

- L’Annuaire du CAF, de 1876 à 1904 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- Voir aussi : www.archive.org et utiliser le mot-clé : club alpin français.
- Le Bulletins du CAF, de 1876 à 1904 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- La revue La Montagne de 1905 à 1954 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- La revue La Montagne & Alpinisme depuis 1955 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- Enfin la revue Alpinisme 1926 à 1954 accessible sur le site du GHM.

Centre Fédéral de Documentation Lucien Devies
24 Avenue de Laumière
75019  Paris
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Tél. 01 53 72 87 13
Permanences :
mardi, vendredi, samedi sur rendez-vous. Gratuit pour les licenciés FFCAM, cotisation annuelle pour les non licenciés