La pratique Hivernale de la montagne

Préambule

L'invention et l’usage des lames en bois, servant aux déplacements hivernaux des hommes sur la neige, datent du néolithique dans les pays nordiques.
La gravure rupestre de l’ile de Rødø en Norvège, vieille de 4000 ans, est la plus ancienne représentation connue d’un homme à skis…

L'usage des skis, en particulier pour le commerce et la guerre, est attesté dès le moyen Âge, en Sibérie, en Scandinavie et dans les Pays Baltes…
Parallèlement, les raquettes à neige sont utilisées, pour se déplacer en hiver, depuis les mêmes temps anciens en Asie centrale et septentrionale ; puis probablement après leurs migrations, par les Amérindiens du nord dans la période précolombienne, avant d’être adoptées par les colons européens principalement au Canada.

C’est surtout à des fins militaires que les skis seront utilisés, le premier corps de skieurs militaires remonte à l’an 1200, sous le règne du roi scandinave Svère. En 1747, six compagnies de skieurs sont formées, soit 900 skieurs. En 1774, paraît un premier règlement sur l’emploi des skis dans l’armée norvégienne, et deux écoles militaires sont ouvertes. Mais le ski ne connaîtra pas immédiatement les faveurs des milieux cultivés des pays scandinaves de l’époque.

Le ski devient un sport, permettant de glisser sur la neige, dès 1860 en Norvège, où Sondre Norheim d'Øverbø invente une technique de virage - le Télémark - en 1866 ; et il existe une fabrication industrielle de skis à Oslo, en 1880... Le premier ski club date de 1879.

En 1888, le Norvégien Fridjof Nansen et ses trois compagnons traversent avec des skis le sud du Groenland, en tirant des traîneaux sur 500 km et jusqu'à 2700m, cet exploit va beaucoup contribuer à rendre le ski populaire, d’abord dans les pays nordiques.

Mais rien n’existait encore en Europe occidentale

Sommaire :

1884 - Les débuts de la pratique hivernale de la montagne
Les balbutiements du ski en France
L'intérêt des militaires
Un sport loisir d’hiver
1904 - Le développement du ski en France
1907 - Le premier Concours international de ski
1907 - Le Club Alpin fédère et réglemente le ski
La forte implication du club
1922 - L’essor du ski
1924 - Création de la Fédération Française de Ski
1924 - La Commission du ski et de l’alpinisme hivernal
1936 - L’engouement pour le ski
1945 -1948 - L'enseignement du ski
1949 - La Commission de ski et d'alpinisme hivernal
1958 -1966 - Le ski au Club Alpin
1962 -1974 - Les plans-neige
1962 - Alerte au suréquipement
1967 - Le ski extrême
La recherche des victimes d'avalanche
1972 - Aménagement et protection de la Montagne
1977 - La Directive montagne
1979 - Vers l’interdiction du ski héliporté
1985 - La Loi montagne
Le ski en très haute altitude
1998 - Les raquettes à neige
1998 - La formation pour les sports de neige
2005 - La délégation pour le ski de montagne et les raquettes à neige

1884 - LES DÉBUTS DE LA PRATIQUE HIVERNALE DE LA MONTAGNE

Dans les temps anciens, la montagne de nos contrées n’était pas fréquentée en hiver et les avalanches étaient très redoutées. Chez les militaires, les troupes alpines ne quittaient pas leurs casernes par temps de neige...

Les passeurs

Au XVIIe siècle, toute une industrie de « passeurs » se développera, permettant de faire transiter les voyageurs par les principaux cols des Alpes : Mont Cenis, Grand et Petit Saint-Bernard, Montgenèvre, Simplon, Tende, Montgenèvre et autres, en été et en hiver. Ce sont des bergers et des chasseurs des hautes vallées de montagne qui servaient occasionnellement de Guides, ils étaient appelés « les Marrons », ce qui veut dire en bas latin « ceux qui vont devant, qui montrent le chemin et conduisent ».
Et ensuite en empruntant des passages plus confidentiels, comme à Bessans et Avérole en Haute Maurienne, pour rejoindre Usseglio en Italie...

Une pratique attestée dès le XVIIe siècle, et par les écrits de Bourdet en 1775.

Les Marrons seront les premiers à posséder un début d’expérience, ils pouvaient assurer l’accompagnement des voyageurs, aller récupérer les égarés, et ramener les morts pris dans une tourmente.

Les raquettes à neige

En France, des raquettes à neige rudimentaires étaient employées en hiver sur la neige, pour des mobilités très circonscrites, par les habitants des hauts villages de montagne et par les « passeurs ».

Au-dessus des villages, en dehors des« passeurs », bien peu s’aventuraient au-delà des zones boisées. Dans les moments favorables de l’hiver, les seules incursions étaient pour rejoindre les granges d’alpage, afin de descendre les foins entreposés à la belle saison, avec de grandes luges adaptées, et aussi pour descendre les bois de coupe des hautes forêts.

En hiver 1878-1879, Henry Duhamel - l’un des fondateurs de la Section de l’Isère du Club Alpin en 1874 - cherche à se procurer des raquettes à neige adaptées, pour parcourir la montagne en hiver.

Dès 1884, au Club Alpin, les ascensionnistes découvrent la pratique hivernale de la montagne, avec l’utilisation des raquettes à neige…

<  En 1890, deux groupes militaires des troupes de montagne font l’ascension hivernale du Pic de la Croix de Belledonne, 2926m, dans le but d’évaluer les reconnaissances militaires d’hiver aux grandes altitudes, et d’essayer un modèle de raquette mis au point par le lieutenant Dunod.
<  Le 23 février 1890, première ascension hivernale de ce sommet, par le commandant Allotte de la Fuye, le lieutenant Dunod et deux hommes du 12e bataillon de chasseurs à pied de Grenoble, depuis le refuge de La Pra. Et le 5 mars, par un second groupe de 10 chasseurs à pied, toujours avec Dunod, et en ajoutant l’ascension de la Croix de Chamrousse, 2253m.

Des liens étroits existent entre les militaires et les membres du Club Alpins, dans les deux places fortes des Alpes -  Briançon et Grenoble -, où apparaissent les principales initiatives vers la montagne hivernale. Plusieurs militaires sont membres de l’association et facilitent les relations.

<  Dès 1891, nombreuses sorties hivernales avec les raquettes, par les membres du Club Alpin et par les militaires des troupes de montagne. Notamment vers le Pic de la Croix de Belledonne, qui est de nouveau visité le 15 février, par une caravane de 30 membres de la Section de l’Isère du Club Alpin, conduite par le commandant Allotte de la Fuye ; et le 27 février, par 64 hommes de la 3e section du 12e Bataillon de chasseurs à pied.
<  En 1898, le 17 janvier L. Rivoire et Paul Moyne, avec le Guide Maurice Bonnier et un porteur, atteignent la Tête du Ruitor, 3486m, à l’aide de raquettes. Rivoire fera également, dans les mêmes conditions hivernales, les ascensions du Pic de l'Étendard et de la Pointe de Fréjus...
<  En hiver 1899, ascension du Mont Pourri, 3779m, par le Guide Blanc le Greffier et le lieutenant Clément-Grancourt, à une date incertaine entre le 27 février et le 4 mars. Peu avant, Rivoire avait gravi pour la seconde fois la Tête du Ruitor, avec Blanc le Greffier.

Toutes ces ascensions hivernales sont réalisées avec des raquettes, les skis - et surtout leur utilisation - étant encore inconnus...

 

LES BALBUTIEMENTS DU SKI EN FRANCE

En 1878, un premier essai d’utilisation de skis est tenté par Henry Duhamel, qui sera l’initiateur et le premier propagandiste de cette discipline nouvelle en France - une pratique très ancienne dans les pays scandinaves, comme signalé en préambule -.
Un essai peu convaincant, durant l’ascension de la Croix de Chamrousse, à cause des difficultés de fixation entre ski et chaussure. Henry Duhamel avait découvert les skis sur un stand suédois de l’Exposition Universelle de 1878…
Dans les zones occupées d’Alsace, le ski apparaît dès 1887, suite à un voyage en Norvège du directeur des Chemins de fer d’Alsace, qui avait ramené des skis…

En 1889, visite d’Henry Duhamel au stand du Grand-Duché de Finlande de l’Exposition Universelle de 1889, elle lui permettra d’entrer en relation avec un Français demeurant en Finlande, et de commander 14 paires de skis finlandais, avec leurs fixations - les pièces manquantes des essais de 1878 -. Les skis seront récupérés l’année suivante…

  • En 1890, expérimentation plus probante des skis, par des membres du Club Alpin comprenant Henry Duhamel et 4 compagnons, pendant l’ascension de la Croix de Chamrousse, 2253m.
  • En 1891, première sortie à skis de la Section de l’Isère du Club Alpin en février, avec l'ascension du Pic de la Croix de Belledonne, 2926m pour 22 ascensionnistes-skieurs.

En 1888, l’exploit de Nansen et ses compagnons - la traversée à ski du sud du Groenland - avait beaucoup contribué à rendre populaire le ski en Norvège, jusque-là seulement utilisé par les militaires pour leurs déplacements. Quelques années plus tard, le récit publié de l'exploit sera en France une propagande pour les skis, ces nouveaux engins pour les déplacements sur terrain enneigé...

L'INTÉRÊT DES MILITAIRES

En France, les efforts de propagande, pour la pratique du ski, s'exerceront dans une étroite collaboration entre les militaires des troupes alpines et le Club Alpin.
Durant l’hiver 1895-1896, au cours d’expérimentations, l’officier suédois Charles Eric Widman, conseillé auprès de nos militaires au 28e bataillon de chasseurs à pied, réussit l’ascension à skis du mont Saint Guillaume, au-dessus d’Embrun, pour souligner les avantages des skis par rapport aux raquettes à neige, dans les déplacements en montagne.
Au cours de l'hiver 1900-1901, premiers essais suivis de l'emploi des skis par les troupes alpines.
L’usage des skis pour les déplacements - comparés aux raquettes - est favorablement évalué par les militaires... Et les bataillons alpins se dotent de paires de skis.
Des officiers norvégiens viennent à Briançon, présenter l'usage des skis dans les armées, ils seront les instructeurs de l'École militaire de ski, fondée en 1903.
Même travail d'évaluation, par les chasseurs des troupes alpines de Grenoble.
Avec cette propagande pour le ski, nos armées comptaient bien retrouver plus tard des skieurs déjà confirmés, pour ses bataillons alpins.
C’est comme moyen de mobilité dans la montagne enneigée - mis en avant par les militaires - que la diffusion du ski en France se fera, puis viendront les compétitions de fond et de saut, déjà en vogue dans les pays scandinaves, et plus tard le ski de descente, lié aux remontées mécaniques…

UN SPORT LOISIR D’HIVER

Dans la société civile, la pratique du ski est révélée par Henry Duhamel, Henry Dunod et le Dr Michel Payot dans les Alpes, et par Louis Falisse et Henri Sallenave dans les Pyrénées.
Le Club Alpin va beaucoup faire pour la promotion de ce « sport loisir d’hiver »
En novembre 1895, le premier Ski-Club est fondé, à l’initiative de la Section de l’Isère du Club Alpin et d’Henry Duhamel, le Ski Club des Alpes…
Le magasin Au Touriste est un premier importateur dans la ville de Grenoble, il peut grandement améliorer la fabrication des skis, pour obtenir un Grand Prix de l’exposition du CAF en 1900…
En 1898, première ascension le 23 mars du Mont Rose à skis, par Oskar Schuster et le Guide Heinrich Moser.
En 1898, le livre de Fridtjof Nansen « Vers le pôle » relatant son extraordinaire épopée, avec Hjalmar Johansen, pour tenter d’atteindre le Pôle nord, puis leur retraite à skis - et kayaks - vers la Terre de François-Joseph, aura un retentissement important, et ajoutera à l’intérêt naissant pour le ski…
Après le Ski-Club de Grenoble du Club Alpin en 1896, c'est l'École de skieurs de Briançon au col du Lautaret, la Section de Pau du Club Alpin en 1903, et le Club des Sports alpins de Chamonix en 1905, qui se montreront les plus actifs...
Une fabrique de skis existe à Pau dès 1905.
<  Du 17 au 22 janvier 1903, première Haute Route à skis de Chamonix à Zermatt, par le docteur Michel Payot et les Guides Joseph Couttet, Joseph Ravanel et Alfred Simond. Ils utilisent pour monter et descendre des peaux de phoque clouées sous leurs longues planches norvégiennes.
<  La Haute Route avait été inaugurée en 1861, par les gens de l’Alpin Club, pour se déplacer entre Chamonix et Zermatt, les deux principaux centres alpins, itinéraire pédestre passant l'été par les hauts cols praticables, séparant les vallées, et évitant de descendre dans la plaine. Un itinéraire qui deviendra - beaucoup plus tard - très populaire à skis…
<  Le 25 février 1904, première ascension du Mont Blanc à skis, par Hugo Mylius et les Guides Alexandre Tännler, Kaspar Maurer et Heinrich Zurflüh.
<  Le 5 avril 1904, Charles Aubry, Louis Robach, Louis Falisse et Maurice Heid, sont les premiers skieurs à atteindre le sommet de l'Aneto dans les Pyrénées.
<  Du 21 au 27 janvier 1905, un tour du Mont Blanc est inauguré à l'aide de skis norvégiens, par le docteur Michel Payot, H.E. Beaujard, J. Couttet et Émile Fontaine, avec les Guides Jean et Joseph Ravanel.
Depuis Chamonix, les skieurs rejoignent Courmayeur par le col du Bonhomme, puis Champex par le col Ferret. Le retour, par le col de Balme leur semble si connu et si près, qu'ils gagnent Martigny et Champéry, pour rentrer par les cols de Coux et de Golèse. Retour à Chamonix par Samoëns...
<  En 1905, la société PLM organise un service de transport régulier, vers le col du Lautaret, par des traineaux tirés par des chevaux.
<  En 1906, le Mont Perdu est atteint à skis par Louis Falisse, l’abbé Gaurier et Louis Robach.

 La pratique du ski en Suisse

En 1900, début des villégiatures d'hiver en Suisse, d'abord Davos puis Grindelwald.
 Le développement du tourisme d'hiver, dans les Alpes suisses, sera vite beaucoup plus avancé qu'en France.
En 1906, Davos et Saint Moritz sont déjà des stations de ski reconnues, avec ses moniteurs... norvégiens... La fédération suisse de ski forme à Andermatt ses premiers moniteurs, elle compte 32 clubs, 2000 skieurs sont actifs et trois fabriques de skis sont créées à Zürich, Glaris et Berne.

Plusieurs façons de faire

La pratique du ski va s’orienter vers plusieurs façons de faire :

<  Le ski de haute montagne, pour se déplacer en altitude.
<  Le ski de loisir, sur des circuits reconnus.
<  Le ski de compétition… 

1904-1914 - LE DÉVELOPPEMENT DU SKI EN FRANCE

  • En 1904, campagne du Club Alpin pour les villégiatures d’hiver en France…
  • Premier programme d’excursions collectives à skis, par la Section de Paris.

En 1905, parution d’un Manuel du Ski, une traduction de l’ouvrage en langue allemande de W. Paulcke de 1903.
Encore en 1905, les premiers transports par câble apparaissent pour descendre le bois et le foin de la montagne. En Suisse, le câble est utilisé en 1906, pour les premiers funiculaires à l'usage des touristes et des skieurs. Le funiculaire du Wetterhorn, de l’ingénieur Feldnau, permet d’atteindre la cabane du Gleckstein, 2317m, depuis Grindelwald, 1035m.
En 1906, le capitaine G. Bernard publie un important article « Étude sur le ski » dans la revue La Montagne, où presque tout est dit.
L’année suivante un « Petit manuel du ski » est proposé par le capitaine Rivas, et repris dans les colonnes de la même revue.
Intervention de notre association, pour le maintien de l’accueil hôtelier en hiver, à Chamonix. La station deviendra, avec toutes ses infrastructures déjà existantes pour le tourisme estival, un centre hivernal de ski dès 1906.

  • Le Club Alpin accentue sa propagande pour le ski, une discipline déjà développée chez nos voisins alpins…

Si le déplacement en terrain neigeux, à l’aide de raquettes, était déjà familier aux habitants des vallées, le ski leur était inconnu, amené par les urbains et les militaires, d’où une certaine réserve qui nécessitera un peu de persuasion et de pédagogie.

C’est le début d’un grand mouvement pour les villégiatures d’hiver. Après Grenoble en 1896, Briançon et Pau en 1903, Chamonix en 1905, des ski-clubs se créent dans les villes proches des montagnes.

Durant les hivers 1906-1907 et 1907-1908, pour la diffusion de ce nouveau sport en France, notre association va consacrer un financement pour la fabrication et la dotation de skis aux populations montagnardes.
À la fin de l’hiver 1907, 500 paires de skis ont été distribuées dans la vallée de Chamonix ; en Maurienne et en Tarentaise l’effort sera similaire... Il se poursuivra dans le Briançonnais et le Queyras, des skis sont fournis dans toutes les communes, pour répandre largement la pratique du ski dans la population locale.
Même effort de développement dans les Pyrénées, où des démonstrations sont organisées aux Eaux-Bonnes Gourette et à Bagnères-de-Bigorre.

1907 - LE PREMIER CONCOURS INTERNATIONAL DE SKI DE MONTGÈNEVRE

  • En 1907, le Club Alpin organise les 11 et 12 février, un premier Concours international de ski à Montgenèvre, avec la participation des Écoles Militaires de ski du Dauphiné et de la Savoie, et la présence des étonnants et talentueux skieurs venus de Norvège.

La manifestation, projetée à l’origine au col du Lautaret, est finalement déplacée à Montgenèvre, pour le confort des participants et les facilités d’organisation, avec la proximité de la ville de Briançon.
C’est un succès populaire qui incite le CAF à s’engager résolument « dans le développement du sport du ski »

  • Dans le but d’intéresser le grand public aux sports d’hiver, le club organisera désormais « une grande manifestation sportive annuelle qui se tiendra dans les principales régions montagneuses de France… devant les autorités administratives et militaires, les représentants politiques, d’officiers et de soldats étrangers et de nombreux touristes accourus de tous les points du pays ».
  • Promoteur principal, le Club Alpin va consacrer beaucoup d'énergie à favoriser l’essor du ski, et les skieurs vont occuper une place importante, notamment dans les Sections proches des montagnes.

La « Commission des sports d'hiver du Club Alpin » aura une forte influence, et dès lors les skieurs formeront une des composantes principales de notre association.

 

1907 - LE CLUB ALPIN FRANÇAIS FÉDÈRE ET RÉGLEMENTE LE SKI

  • À la fin de l’année 1907, l’« Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques », qui coordonne les activités sportives au niveau de l’État, attribue au Club Alpin le pouvoir confédératif et réglementaire du ski.

De nombreux Groupes de skieurs vont se rapprocher du Club Alpin, en tant que « Sociétés affiliées », d’abord la Société de ski du Dauphiné dès 1907, et ensuite quarante six autres Clubs de ski entre 1908 et 1909, ce qui va accroître considérablement le rayonnement de notre instance…

1908 - Le Concours international de ski de Chamonix

Du 3 au 5 janvier, le second Concours international de ski est organisé à Chamonix par le Club Alpin. Les équipes françaises se présentent munis de leur seul, long et lourd bâton de frêne. Surprise, les skieurs norvégiens sont équipés de deux bâtons légers en bambou…
Survolées par les skieurs militaires norvégiens, des courses nationales et internationales sont organisées dans les catégories : jeunes, dames, messieurs, militaires ; les disciplines principales sont les épreuves de fond et de saut.

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La station de ski du Lioran

En 1908, la station de ski du Lioran dans le Massif Central est créée de toutes pièces par le Club Alpin, qui dès cette année-là mobilise pour un tourisme hivernal.

L’aménagement de la montagne

C’est le début de l’aménagement de la montagne d’hiver pour le ski et les sports de neige. Un développement qui connaîtra un paroxysme dans les années 1960…

1909 - Le Concours international de ski de Morez

En 1909, le Concours international de ski est organisé du 31 janvier au 5 février dans le Jura à Morez. Ce sont les épreuves de fond, de saut et de vitesse qui sont proposées pour les catégories jeunes, dames, messieurs, et militaires. Le bobsleigh est présenté à cette occasion, il est utilisé sur les routes verglacées…
L’idée d’une Union Internationale des Associations Nationales de ski est évoquée pour la première fois, par l’Association norvégienne de ski.

1909 - Un projet de téléphérique

Un premier projet de téléphérique voulant relier Chamonix au col du Midi d’abord, puis à l’Aiguille du Midi ensuite, voit un début de réalisation.
Il n’entrera en service qu’en 1927, au départ du village des Pèlerins, sans dépasser la station des Glaciers, 2414m. Le col du Midi vers 3593m ne sera atteint que par un câble de service en 1940, et les travaux seront ensuite abandonnés…

1910 - Le Concours international de ski des Eaux-Bonnes Cauterets

Comme chaque année le Club Alpin organise le Concours international de ski. C’est le site Eaux-Bonnes Cauterets dans les Pyrénées qui est choisi du 21 au 30 janvier 1910.
Les épreuves proposées sont des courses nationales et internationales ; des catégories : jeunes, dames, messieurs, militaires ; des disciplines : fond, saut, luge, bobsleigh, patinage et ski attelé.

LA FORTE IMPLICATION DU CLUB ALPIN

Des rassemblements et des concours sont organisés dans les différents  massifs montagneux : Vosges, Jura, Alpes de nord, du sud, Massif central et Pyrénées.
En 1909, pour étendre la diffusion du ski, le CAF édite un « Manuel de ski », montrant la fabrication à bon marché des skis et ses utilisations, plus de 10 000 plaquettes sont diffusées dans toute la France, des paires de skis sont distribuées ou cédées à moindre prix, aux initiateurs zélés…
En 1909, la revue La Montagne consacre un article important concernant l’usage du ski « Observations faites pendant un séjour en Norvège » par R. Gelinet.
Un Règlement général unifié pour les compétitions de ski est instauré…
En 1909, un Syndicat d’initiative se forme à Briançon, en partie avec des éléments de la Section locale du Club Alpin.
En 1909, l’extension considérable de la fréquentation de la montagne a vu la création de petites associations, à cotisation minime, et à rayon d’action localisé.
Le Club Alpin, avec sa proposition d’affilier les multiples petites sociétés qui le désirent, en leur conservant leur autonomie et leurs actions locales, va conduire l’essor du ski en France.
En 1910, la « Commission des sports d’hiver du Club Alpin » décide de créer un refuge gardé l’hiver pour les skieurs. Chamrousse est choisi et en octobre 1911, le chalet du Recoin est ouvert, il offre 30 couchages...
En 1910, création d’un Ski-Club, par la Section de Paris du Club Alpin.
La même année 1910, le commandant G. Bernard publie un manuel d’apprentissage : le « Guide du skieur ».

1911 - Le Concours international de ski du Lioran

Le cinquième Concours international est organisé au Lioran en Auvergne du 10 au 15 février 1911, mais il aura à souffrir de l’état de la neige.

Quelques recommandations  sont émises pour l’organisation des concours :

- Trouver une région d’accès facile.
- Être certain d’avoir une bonne neige.
- Que les concurrents soient assurés d’abris et de soins suffisants.
- Où les spectateurs riches aient tout le confort désirable.
- Où les spectateurs moins fortunés venus par amour du ski ou pour applaudir se procureront facilement un logement simple, propre et bien chauffé.

1911 - Les balbutiements du ski à Megève

Un texte plein d’humour de Mathilde Maige-Lefournier, sur les balbutiements du ski à Megève en 1911, est publié dans la revue La Montagne de 1913. Un vrai et juste plaidoyer pour un développement à venir.

1912 - Le Concours international de ski de Chamonix et de Samoëns

Le sixième concours international de ski est organisé à Chamonix et à Samoëns du 2 au 7 février 1912.

1912 - Le ski de haute montagne

Pour bien comprendre l’expansion du ski de montagne, voici les randonnées réalisées par Mathilde Maige-Lefournier, durant un séjour à Bonneval-sur-Arc en l’hiver 1912-1913. Ce sont des itinéraires parcourus pour la première fois à skis, ou à l’occasion d’une première féminine de cette façon…

<  Le 26 décembre 1912, ascension de la Pointe Tonini, 3327m, avec le Guide Pierre Blanc, première ascension à skis.
<  Le 29 décembre, traversée du col de l’Iseran, 2769m vers Val-d’Isère, avec Pierre et Jean-Marie Blanc.
<  Le 31 décembre, pour la même équipe, départ 5h, traversées par le Pas de la Rocheure, 2950m vers le vallon de la Rocheure, Chavière, Termignon, Lanslebourg avec une arrivée à 20h… Une sérieuse performance, déjà réalisée par sept chasseurs alpins trois ans auparavant.
<  Le 4 janvier 1913, départ 5h depuis Avérole, première ascension à skis de l’Albaron, 3662m, par le glacier du Grand Fond, avec Pierre et Jean-Marie Blanc, retour à Bessans à 16h30…

1913 - Le Concours international de ski de Gérardmer

Le septième Concours international de ski est organisé à Gérardmer à l’altitude modeste de 800m du 1er au 4 février 1913. Les mauvaises conditions, dues au manque de neige, rendront les manifestations difficiles à organiser, les spectateurs et les concurrents - skis sur l’épaule - devront aller chercher l’élément indispensable un peu plus haut, en gagnant à pied le centre des concours qui a dû être déplacé et situé à une heure de marche pour trouver la neige.

<  Par l’intermédiaire de ses Sections et des Sociétés affiliées, le Club Alpin continue son action pour la diffusion du ski dans les populations montagnardes, en mettant à disposition des skis aux jeunes des vallées.

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1914 - Le Concours international de ski de Briançon

Du 6 au 9 février 1914 devait se dérouler à Briançon le huitième Concours international de ski, mais faute de neige la manifestation a dû être annulée, des courses de substitutions seront organisées à Chamonix le 24 février.

Un peu avant la tourmente

<  En 1914, avec les encouragements du Club Alpin qui a su convaincre les édiles, la commune de Megève va créer son Syndicat d'Initiative...
<  La même année et pour la première fois, une équipe française est envoyée, par le Club Alpin, participer à la course annuelle, organisée par l'Association suisse de ski. 
<  À ce moment-là, 83 Sociétés de skieurs sont affiliées au Club Alpin.

Un club pluridisciplinaire

Avec l'apport de ses nouveaux membres attirés par les sports d'hiver, le Club Alpin va être désormais composé des excursionnistes, des skieurs, des scientifiques, de ceux qui ont un simple intérêt pour l'univers alpin, et un nombre plus limité d'alpinistes...

Redisons que l'importance en nombre des excursionnistes et des skieurs sera déterminante dans les orientations et les actions futures de l’association.

Elle allait prendre les meilleurs

Mais hélas, la plus grande catastrophe du vingtième siècle, la Grande guerre de 1914-1918 allait arrêter, prendre ou handicaper parmi les plus valeureux jeunes montagnards de ces années-là…

1922-1923 - L’ESSOR DU SKI

Dans les années d’après-guerre, le chemin de la montagne et l’engouement pour le ski seront peu à peu retrouvés…
En 1921, la « Commission des Sports d’hiver du Club Alpin » a regroupé les « Sociétés affiliées » au sein de différentes « Fédérations régionales » où beaucoup ne pensent que compétition.
Ces Fédérations régionales sont chargées de sélectionner nos représentants aux Concours Internationaux.

Le développement des stations de ski

L’Office national du tourisme encourage « au développement méthodique et progressif des stations de sports d’hiver ». Il réunit les groupements qui s’intéressent à cet aspect du tourisme : Touring Club, Club Alpin, Compagnies des chemins de fer, Compagnie du tourisme, etc.

Les Concours internationaux de ski

Après la Grande Guerre, et malgré les désorganisations, le Club Alpin tenait à renouer avec la tradition du Concours international annuel de ski. Cette manifestation sportive était prévue à l’origine dans les Vosges en 1920, mais des difficultés d’organisation feront se tourner vers le pied du Mont Blanc.

- Du 15 au 17 février 1920, le Concours international est organisé à Chamonix.
- Du 5 au 8 février 1921, le Concours international est organisé à Morez-du-Jura.
- Du 2 au 5 février 1922, le Concours international est organisé à Chamonix.
- Du 2 au 5 février 1923, le Concours international est organisé à Superbagnères.

En 1921, au cours d’un Congrès international olympique, il est décidé que le pays en charge de la prochaine olympiade - la France en 1924 - puisse organiser des Concours internationaux de sport d'hiver - ski, patinage, hockey sur glace - à titre expérimental, et prélude à de futurs Jeux Olympiques d'hiver, mais sans remise de médailles olympiques.
Le Club Alpin choisit Chamonix pour cette manifestation.
En 1922, notre instance pensait encore conserver le pouvoir confédératif du ski en France, qui lui appartenait depuis 1907, octroyé par l’organisme d’État, qui régissait le sport à ce moment-là…
Le développement de la pratique du ski comme sport et loisir est fulgurant, et suscite bien des appétits…
Les Sociétés affiliées - certaines depuis 1908 - sont les éléments de base de l’organisation, avec des Fédérations régionales qui les réunissent, et le pouvoir fédératif national du Club Alpin…
Beaucoup des Sociétés affiliées au Club Alpin n’ont qu’un objet, la compétition… Et nombreux sont ceux qui pensent sortir de la tutelle de notre association pluridisciplinaire.

Un véritable monstre organisationnel

Le Club Alpin est devant un véritable monstre organisationnel, sa « Commission des sports d’hiver » gère un effectif de plus huit mille membres, dans 71 Sociétés affiliées, un nombre presque équivalent à celui de ses propres adhérents…
Et notre association pluridisciplinaire doit déjà composer avec une Fédération des sports de glace, qui s'organise avec ses différentes disciplines : patinage et hockey.
Au Club Alpin - en dehors de la Commission des Sports d’hiver - les avis divergeaient…
Pour certains, avant d’être un sport, le ski est « un moyen d’accès à la montagne en hiver et c’est dans ce sens que l’action du CAF doit être étendue »…

Les stations de sports d’hiver

Plusieurs centres de villégiature vont connaître un développement considérable, avec les sports d’hiver :

- Chamonix, qui possède déjà tous les équipements hôteliers nécessaires étant déjà un centre touristique connu par son emblématique Mont Blanc.
Le premier projet d'un téléphérique, reliant Chamonix au col du Midi et ensuite voulant atteindre l’Aiguille du Midi, est proposé dès 1909. Il n’entrera en service qu’en 1927, depuis un départ du village des Pèlerins, sans dépasser la station des Glaciers, 2414m. Il perdurera jusqu’à l’ouverture du téléphérique rejoignant directement l’Aiguille du Midi en 1954.
Le col du Midi ne sera atteint que par un câble et une benne de service en 1940, et les travaux seront ensuite abandonnés…
La première section du téléphérique du Brévent jusqu’à Planpraz est en fonctionnement en 1928, et la liaison vers le Brévent en 1930….

- Megève, que le Club Alpin avait déjà encouragée dès 1914 au développement du ski et des sports d’hiver, par la création de son Syndicat d’initiative…
En 1922, la famille Rothschild s’engage dans l’aménagement d’une station de ski haut de gamme, pouvant rivaliser avec les stations suisses les plus renommées.
En 1925, de nombreux chalets d'accueil, hôtels et pensions de famille sont créés.
Le téléphérique de Rochebrune est construit en 1933, et celui du Mont d’Arbois en 1936.

- Saint Gervais, commencera un développement du ski avec l'accès au col de Voza et au Prarion en 1922, par le Tramway du Mont Blanc, en service depuis 1909 en été seulement, et désormais en hiver. Ensuite en 1936, le téléphérique du Bettex donnera accès aux pentes du Bettex et de l'Arbois...

La station de ski des Estables

Pendant ce temps-là, le Club Alpin continue ses actions pour le développement du ski… En 1923 encore, la station de ski des Estables dans le Massif Central est créée de toutes pièces par notre association…

Une Exposition nationale du ski et des sports d’hiver

En 1924, inaugurée par le président de la République, accompagné du directeur de l’Office du national tourisme et des présidents du Touring Club et du Club Alpin, l’Exposition nationale du ski et des sports d’hiver rencontre un succès d’ensemble, et montre que la saison touristique hivernale est désormais un enjeu économique ; que nos montagnes peuvent offrir un équivalent aux villégiatures étrangères les plus réputées.
Sont présents les Associations de tourisme, les Clubs sportifs, les militaires, les stations d’hiver, les fabricants de matériel et de vêtements de sports d’hiver et les incontournables Sociétés des chemins de fer.

1924 - CRÉATION DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE SKI

Les Jeux d’hiver de Chamonix sont un succès, de nombreuses disciplines sont proposées, notamment une épreuve de ski de montagne en équipe, avec des montées en peaux de phoque et des descentes à skis alpins, sur le modèle de la patrouille militaire, qui ne disparaîtra du programme olympique qu’en 1948.
Une « Fédération Internationale de Ski » regroupant 17 nations est créée, et proclame que dans chaque pays, il pouvait n’y avoir qu’une seule fédération, ce qui va accélérer les choses…
Dans notre instance, le ski n’est qu’une des nombreuses activités développées en son sein, et n’est représenté que par une simple Commission, auprès du Comité de direction…
Dans les « Sociétés affiliées », tout ce qui entoure et découle des compétitions permet des parcelles de pouvoir et donne appétit aux futurs dirigeants, organisateurs, entraîneurs, moniteurs, juges, chronométreurs, etc.

  • En 1924, sous la pression des Sociétés affiliées, le Club Alpin doit passer la main…

La « Fédération Française de Ski » sera créée, avec le patronage du Club Alpin, qui avait été en France le précurseur - dès 1904 - de ce moyen de déplacement venu des pays nordiques, et devenu une pratique sportive.

  • Le 9 juillet 1924, le Comité de direction du Club Alpin approuve le principe de la création de la FFS et accepte ses statuts…

Le 15 octobre 1924, la FFS est officiellement fondée, par l’adhésion de trois Fédérations régionales, les Vosges, les Pyrénées et le Jura.
L'historique concours de ski est une dernière fois proposé par le Club Alpin en 1925 au Revard, mais l’absence de neige fera reporter la manifestation à Briançon et à Montgenèvre, les 21 au 24 février 1925.
Et rapidement, la fédération s’émancipera et se tournera entièrement vers la compétition, au grand dam du Club Alpin qui avait mal estimé la situation.

  • Et notre association perdra rapidement son influence, et en 1930 décidera de ne plus maintenir sa représentation, tant au Comité de direction qu’aux Assemblées générales de la FFS…

1924 - LA COMMISSION DU SKI ET DE L’ALPINISME HIVERNAL

En 1924, dans notre instance, la Commission du ski et des sports d’hiver devient la « Commission du ski et de l’Alpinisme hivernal ».
Elle conservera ce qui lie le ski à la pratique de la montagne, en perdant les adhérents plus tournés vers l’esprit de compétition que par l’esprit montagnard…
La Commission rappellera l’antériorité du Club Alpin et des militaires dans l’implantation en France du ski, et dans le développement de la pratique hivernale de la montagne.
Certaines Sociétés de sports d’hiver resteront affiliées au Club Alpin…
Des Groupes de skieurs de montagne sont créés...
Le ski est un moyen de se déplacer en montagne et d’accéder aux montagnes, il concerne donc pleinement le Club Alpin… Cette orientation affirmée aura des conséquences importantes dans la gestion des refuges en permettant un accueil d’hiver.

1930 - Le ski et l’alpinisme hivernal

Désormais plus de 60 sociétés de ski sont affiliées au Club Alpin.
La Commission publie des carnets sur les itinéraires d'accès aux refuges-skieurs et des cartes avec en surcharge les itinéraires skieurs et encourage le brevet de Guide-skieur qui permet aux Guides d'organiser des sorties hivernales...

1930 - Des refuges toujours accessibles

Dès 1910, la question des refuges pour skieurs était déjà posée par la Commission des sports d’hiver du Club Alpin, les bouleversements de la Grande Guerre en décideront autrement.

En 1930, la Commission de l’Alpinisme hivernal et du Ski du Club Alpin prévoit de construire des abris de skieurs et de laisser certaines parties des refuges accessibles en hiver avec couvertures, approvisionnement en bois et en pétrole…
Jusque-là, certains refuges étaient toujours ouverts, d’autres ouverts en dehors du gardiennage et enfin certains restaient fermés, avec un système de clés à demander.
Conserver un local ouvert toute l’année va peu à peu être réclamé, et se généralisera…

Les refuges Albert 1er, de l’Alpe de Villar-d’Arène, d’Argentière, Caron, du Carro, Évariste Chancel, des Évettes, de l’Iseran, du mont Jovet, du Lavoir, de Péclet-Polset, de Pralin, de Puymorens, du Recoin, du Requin, du col des Saisies et de la Vanoise auront à l’avenir une pièce ouverte toute l’année.

Des chalets et des gîtes

Durant l’entre-deux-guerres, le Club Alpin pour accompagner les activités sportives et touristiques d’été et d’hiver va louer, aménager, valoriser et entretenir certains chalets d’alpages et de villages.
La plupart de ces gîtes auront une vie plus ou moins éphémère, notamment beaucoup de chalets skieurs ne survivront pas au développement du ski de piste et aux remontées mécaniques ( voir le dossier : L’aménagement de la montagne et les Refuges ).

1933 - Le Ski-Club Alpin Parisien et le Groupe de Skieurs Lyonnais

Concernant la Section de Paris du Club Alpin, l’activité ski est développée à l’initiative de son nouveau président Henry de Ségogne. Un « Ski-Club Alpin Parisien » vient d’être créé - dont Jacques Klein sera une des figures tutélaires - et va connaître un développement important avec des sorties collectives regroupant plus de 800 skieurs aux occasions des fêtes de Noël et de Pâques.
Au sein du « Groupe de Skieurs Lyonnais », c’est le même enthousiasme…
Chaque fin de semaine d’hiver, de nombreux skieurs se dirigent depuis Paris et Lyon vers les stations de ski accessibles, pour ces courtes périodes, à la grande satisfaction des Sociétés des chemins de fer…
Ils peuvent ainsi rejoindre les nombreux adeptes des Sections proches des montagnes, qui ont un accès privilégié aux activités de neige et forment le principal des pratiquants…

Léon Zwingelstein, le skieur solitaire

Déjà alpiniste confirmé et novateur Léon Zwingelstein sera un prodigieux précurseur du ski de montagne, par deux périples exceptionnels qu’il réalisera en solitaire…

<  En 1933, un « Grand Raid » au départ de Grenoble le 1er février, avec une première boucle jusqu'à Nice puis une remontée vers Chamonix et second circuit par Zermatt, Saint Moritz, jusqu'à Galtür dans le Tyrol en Autriche, retour par l'Oberland jusqu'à Chamonix le 1er mai.
<  Et en 1934, une « Croisière Blanche » au départ de Chamonix le 30 mars avec une traversée passant par différents sommets du Valais et de l'Oberland, retour le 7 juin à Chamonix pour l'ascension du Mont Blanc.

1934 - Invention du remonte-pente

C’est le Zurichois Ernst Gustav Constam qui le premier a mis au point le remonte-pente pour les skieurs en s’inspirant du câble tracteur des funiculaires qui existent depuis 1906.
Un premier téléski est mis en service à Davos en Suisse.

1935 - Propagande pour Valloire

Le Club Alpin a déjà beaucoup œuvré pour le développement du ski en France. En 1908, la station de ski du Lioran dans le Massif Central était créée, et dès cette année-là, le Club Alpin mobilisait pour un tourisme hivernal. En 1923, c’était la station de ski des Estables dans le Massif Central qui était inaugurée par notre association...
En 1935, la station de Valloire est mise en avant par le Club Alpin, avec son accès facile par le Chemin de Fer.

La pratique du ski à Chamonix

En 1936, la station de Chamonix propose un équipement moderne pour la pratique du ski de descente qui commence à s’imposer. Une piste de descente balisée depuis 2500m, et la station du téléphérique des Glaciers, passe par le Plan de l’Aiguille et les alpages de Blaitiére, une seconde piste est tracée vers la station intermédiaire de la Para.
Des pistes de descente balisées, desservies par le téléphérique du Brévent 2525m, inauguré en 1930, jusqu'à la station de Planpraz et les Houches, sont proposées.
En 1938, le financement par des fonds publics du tronçon prolongeant le téléphérique des Glaciers vers le col du Midi est obtenu. Le col du Midi vers 3593m sera atteint par un câble et une benne de service en 1940, mais les travaux seront ensuite abandonnés...

1936 - L’ENGOUEMENT POUR LE SKI

Pour l’hiver 1936/1937, la revue La Montagne consacre une place importante aux informations et  activités liées au ski : sorties collectives à skis, manifestations, rassemblements et concours, présentations des championnats et compétitions organisés par la FFS, liste des téléphériques et des remonte-pentes.
Les stations pourvues d’un téléphérique sont : Agos-Pibeste, Artouste, Chamonix (Brévent et Glaciers), les Houches, Megève (Arbois et Rochebrune), Mont Dore, Morzine, le Revard, le Salève, Saint Gervais (Arbois), Valberg, Veyrier.
Les Tramways du Mont Blanc (St Gervais) et de Superbagnères complètent les moyens de transport vers la neige, auxquels maintenant s’ajoutent les remonte-pentes.
La station de Val-d’Isère, partie de rien, entreprend la construction du téléphérique de Solaise qui sera inauguré en 1942. En 1936, le bourg offre un remonte-pente et 160 chambres ; en 1939, déjà 600 chambres…
Les Sections du Club Alpin se montrent très concernées par le ski de piste très à la mode...
Le ski de fond est délaissé au profit du slalom et de la descente.

  • Le Club Alpin ne se laissera pas duper par « cette ère de prospérité correspondant à l’enthousiasme croissant pour le ski »… et au développement des remontées mécaniques…
  • Les remarques sont vives vers ceux « qui ne cherchent qu’à refaire le même virage sur la même bosse », sur ceux « qui n’utilisent que les quarante mètres de la largeur de la piste et rien au delà »...

Pour le Club Alpin et sa Commission du Ski et de l’Alpinisme hivernal, le ski est un moyen de se déplacer et d’accéder aux montagnes…
Mais nous sommes loin de ce qui lie le ski à la pratique de la montagne et à l’esprit montagnard, la prospérité numérique à un prix…
Devant l’engouement pour la compétition, le Club Alpin organisera des challenges inter-Sections qui seront très suivis…
L’Annuaire de poche du CAF est le document indispensable pour suivre les offres d’activités.
Les assurances aux skieurs, les réductions sur les transports et la mise en place de trains spéciaux pour les skieurs complètent la proposition…
Le Ski-Club Alpin de Paris organise des écoles de ski à Morzine, Lognan et Trélatête.
Les stations de Megève, St Gervais, les Houches et Chamonix s’entendent dans le Groupement du Mont Blanc pour proposer des abonnements aux skieurs.
La FFS émet le projet de créer une École Française de Ski qui engloberait toutes les écoles et unifierait l’enseignement de ski, le Club Alpin accompagne cette proposition.

1937 - L’École de ski français

Dans ces années 1930, la pratique du ski dans les Alpes est maintenant tournée vers la descente et le slalom, au détriment du ski de fond.
La technique première d’enseignement - le « Telemark » - a été abandonnée pour des méthodes venues de Suisse et d’Autriche. Depuis cinq ou six ans, l’enseignement du ski en France s’inspirait de la méthode autrichienne dite de l’« Arlberg », la technique du « Stem ».
Cette méthode comportait plusieurs versions, et dans chaque station de ski des moniteurs proposaient leur méthode particulière d’apprentissage. Une unification de l’enseignement était souhaitée.

Après les succès d’Émile Allais dans les compétitions internationales, une méthode française d’enseignement est définie avec la parution en 1937 d’un livre : Ski Français, accompagné par un film homonyme prônant la technique du « Christiania ». Le monde du ski se divisera en deux clans hostiles au sujet de cet enseignement novateur…
L’École Française du ski est créée en octobre 1937 dans le but d’unifier l’enseignement et un premier rassemblement des moniteurs est organisé au col de Voza, suivi par celui de mai 1938 à Val-d’Isère…
Le nombre de moniteurs ne dépasse pas 50 et l’intention est de proposer un enseignement homogène…
Une École de formation des moniteurs est créée à Val-d’Isère.

Les bruits de bottes et de canons vont bientôt stopper ces développements ( voir le dossier : Le Club Alpin Français de 1941 à 1974 ).

1943 - Une nouvelle école de ski

La première entité, fondée en 1937 pour former les moniteurs de ski et pour unifier les méthodes et les techniques du ski, est supprimée par le régime de Vichy…
Il y avait des intérêts divergents, la Fédération Française du Ski qui souhaitait réglementer et unifier l'enseignement du ski, envisageait la création d'une École Nationale de Ski, et voulait récupérer les écoles du Ski-Club Parisien de Morzine, Puymorens et Valloire, que le Club Alpin devra transmettre...
En 1943, une nouvelle organisation est créée, avec une École Supérieure de Ski qui s’installera à l’Alpe d’Huez en hiver avec les mêmes services administratifs que l’École Nationale d'Alpinisme qui prendra le relais en été à La Grave…
Un stage de formation est désormais nécessaire pour enseigner le ski…

La formation des moniteurs bénévoles

En complément des formations professionnelles, et principalement mise en application par la Section de Paris du Club Alpin, une formation des moniteurs bénévoles d'alpinisme est reconnue, elle est destinée dans le cadre de l'Association, à former des chefs de Cordée et à procurer une autonomie aux pratiquants.

1945-1947 - Le ski d’après-guerre

Le prodigieux développement du ski reprend après la guerre, des téléphériques sont apparus à Serre Chevalier en 1941 et à Val-d’Isère en 1942, s’ajoutant aux équipements de Chamonix, de Megève et autres.
Le Club Alpin continue à entretenir un fort enthousiasme pour la pratique du ski, pour la promotion du ski de haute montagne, et pour encourager une forme d’émulation…
En 1947, il réactive ses compétitions inter-Sections, une Coupe des Améthystes et un Challenge inter-Sections, pour des courses combinées fond et descente. 
Comme la FFS possède le monopole reconnu de la compétition concernant le ski, cela ne va pas sans anicroche, malgré la bonne volonté des deux parties…

En 1947, un protocole est signé :

<  La FFM reconnaît que les compétitions et le tourisme à skis, l’organisation des stations et l’enseignement du ski, sont du domaine normal de la FFS.
<  La FFS reconnaît que le ski de haute montagne et l’organisation d’activité dans les régions glaciaires, sont du domaine normal de la FFM.

Un protocole critiqué par plusieurs Sections de Club Alpin… 

 Une pratique populaire

Jusque-là, les loisirs en montagne étaient réservés à un milieu très restreint, disposant de temps libre et des moyens d'existence appropriés, si l'on excepte les riverains des montagnes....
Les loisirs populaires sont venus avec l'instauration des congés annuels en 1936, les pouvoirs publics voulaient encourager pour tous la pratique du ski et de la montagne... et rendre possible le développement des activités de pleine nature en montagne...
Les années d'occupation ne permirent pas d'avancer...
Dès 1945, et les années de l'immédiat après-guerre et malgré les privations de toutes sortes, un engouement important viendra soutenir des pratiques populaires.
Ce sera le début d'un formidable mouvement d'intérêt pour la montagne.
Mais en dehors des congés annuels, limités souvent à deux semaines, l'accès aux montagnes restera encore réservé à la catégorie aisée de la population.
Seules les Sections du Club Alpin proches des zones alpines pouvaient organiser des sorties régulières de fin de semaine en montagne, c'est-à-dire le dimanche...
Le train était le moyen essentiel d'approche...
Et dès les années mil neuf cent cinquante, c’est la voiture qui va permettre de gagner une plus grande liberté…
Et ensuite les fins de semaine de deux jours viendront offrir aux fendus parisiens, lyonnais et autres marseillais des performances nocturnes étonnantes, surtout en hiver, pour gagner, en automobile, ou en car au confort très spartiate, les montagnes sur un réseau routier encore archaïque et fréquemment verglacé...

 1945-1948 - L’ENSEIGNEMENT DU SKI 

En 1945, avec l’appui de la Direction des sports au niveau de l’État, un Comité de direction de l’enseignement est chargé d’unifier les formations aux métiers de la montagne, et d’organiser l’arrivée de plusieurs organismes travaillistes nouvellement venus aux sports de montagne, tels la FSGT, l’UCPA et l’UFOLEP.
Les différents enseignements aux métiers de la montagne sont délivrés à l'École des Praz de Chamonix.
L’« École nationale » préparera les moniteurs de ski, qui après divers stages et l’obtention d’un premier diplôme de Capacité à l’enseignement du ski, deviendront moniteurs de ski nationaux
Le « Collègue national » consacrera les instructeurs destinés aux collectivités…
La formation des moniteurs de collectivités répond non seulement à la demande des Sociétés travaillistes et des Clubs, mais aussi aux organisations structurées, comme l’École militaire de haute montagne.
Pour contourner les corporatismes, les moniteurs de collectivités recevront le même enseignement que les moniteurs de ski, mais ne pourront pas exercer auprès de la clientèle privée… Cette organisation très byzantine devra être plusieurs fois réaménagée, pour trouver le raisonnable…
En 1946, plus de 200 moniteurs de ski transmettent un enseignement unifié…
En 1948, après quelques chamailleries, c’est la fusion entre les deux institutions et l’« École Nationale de Ski et d’Alpinisme » ( ENSA ) regroupera les différentes formations vers les métiers de la montagne.
À ces enseignements réservés aux professionnels s’ajoutent ceux délivrés aux instructeurs bénévoles des associations, sociétés de ski, club d'entreprises et organismes d'éducation populaire.
C’est la prise en compte des différents courants qui traversent le mouvement sportif de l’époque…

 

1949 - LA COMMISSION DE SKI ET D’ALPINISME HIVERNAL

L’enthousiasme grandissant pour le ski, faisait de ce sport le mode de recrutement le plus important pour l’association. Impossible pour elle, de se désintéresser de cette activité, qu’elle a elle-même créée en France, en son temps…
L’harmonie et la communauté de vue seront recherchées avec la Fédération Française de Ski pour ce qui concerne les compétitions sportives organisées par le Club Alpin.
<  En 1949, trente-deux Ski-Clubs Alpins sont attachés au Club Alpin... Dans la Fédération Française de Ski, certains Ski-Clubs du Club Alpin sont la plus forte représentation en nombre, de certains Comités régionaux FFS...
<  En 1949, la « Commission de ski et d’alpinisme hivernal » se réorganise, elle est transférée de Paris à Lyon, pour se rapprocher des montagnes et « être en contact étroit avec les problèmes de la neige et de la montagne »…

Son rôle est rappelé :

Unifier et coordonner le ski, dans les Sections.
Organiser les activités et des initiatives concernant le ski, dans les Sections, conformément à l'esprit et à l'intérêt du Club Alpin, et aux aspirations des adhérents.
Organiser des compétitions réservées aux membres du Club Alpin, exaltant l’esprit d’équipe et de cordée, et restant dans le cadre d’un divertissement dominical, entre skieurs amateurs. Un Challenge national inter-Sections d’hiver et un Rallye de haute montagne au printemps, sont les deux manifestations principales, avec la Coupe des Améthystes, organisée par le Ski-Club Alpin de Paris.
Encourager le ski de fond, une pratique de haute valeur athlétique et morale. Les qualités d’endurance, d’énergie et de discipline personnelle demandées, par cette pratique, étant proches de celles permettant d’accéder à la haute montagne.

  • Le but ultime pour la Commission reste le parcours de la montagne enneigée par des skieurs accomplis…
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Les propagandistes du ski de montagne

Deux personnalités du Club Alpin, Maurice Martin et Jacques Rouillard vont apporter une importante contribution au développement du ski de montagne en France. Par leurs écrits dans la revue La Montagne, par leurs exemples et leurs propositions d’itinéraires originaux, ils sauront initier et convaincre de nombreux skieurs, au parcours de la montagne hivernale.
L’article de Maurice Martin, paru dans la revue La Montagne de février 1954 : Camping sur la neige, montre son intérêt pour l’autonomie.
Le livre de Jacques Rouillard « Loin des pistes l'aventure » dans lequel il proposait une vision originale du ski de montagne, rappellera ses pérégrinations hivernales…
Depuis bien d’autres adeptes du ski de montagne apporteront leur contribution, mais les initiatives des précurseurs, d’abord celles de Léon Zvingelstein, puis celles de Maurice Martin et de Jacques Rouillard resteront dans nos mémoires…

1952 - L’Enseignement alpin et l’ENSA

L’École Nationale de Ski et d’Alpinisme quitte les installations de l’École des Praz pour l’ancien hôtel des Allobroges à Chamonix. L’école, en plus des formations des Guides et moniteurs de ski, organise les formations des instructeurs professionnels et bénévoles.

1954 - Des chalets-skieurs

Le Club Alpin reprend ses intentions d’avant guerre, en érigeant ou aménageant des chalets-skieurs, pour répondre à l’engouement de l’époque pour le ski et au manque d’hébergements adaptés…
Les chalets-skieurs et refuges mis en avant par l’association sont les chalets des Allues, du Mont d’Arbois, du Recoin de Chamrousse et des Tuffes ; les refuges de Bise et du Haut Folin.

 

1956 - La station de ski de la Flégère

La station de ski de la Flégère est créée au-dessus de Chamonix, c'est à ce moment-là le maillage systématique de l'espace montagnard, par les câbles des remontées mécaniques, qui est entrepris. Chaque station d'altitude voulant concurrencer sa voisine...

1958-1966 - LE SKI AU CLUB ALPIN

En 1958, un article : Le ski au Club Alpin du président de la Commission consacrée, montre bien l’importance du ski dans l’Association, et l’attrait pour la compétition dans ses Ski-Clubs.

  • Deux tendances différentes sont soulignées dans les activités neige de notre association :

<  Celle adoptée par nos Sections de plaine, vivant éloignées des champs de neige, tournée vers l’organisation de séjours et de stages.
<  Et celle de nos Sections de montagne, proches de la neige, dont la principale activité est le ski de fin de semaine.

  • Deux pratiques coexistent entre ceux qui recherchent la performance et la compétition, et ceux qui préfèrent la randonnée alpine en haute montagne.

Les activités structurées tournées vers le ski, venant en complément des programmes hebdomadaires des Sections proches des montagnes, sont nombreuses :

<  Challenge National du CAF, avec compétition de ski de fond et de descente.
<  Rassemblements nationaux de ski en Oisans, en Haute Maurienne et dans le massif du Mont Blanc.
<  Slalom géant du SCA lyonnais.
<  Coupe des Améthystes du SCA parisien.
<  Coupe de ski Alpe-Provence.
<  Collectives de ski de printemps dans les Sections.
<  Rallye skieurs du Queyras.
<  Rallye skieurs d’Auvergne.
<  Rallye skieurs du Marcadau.
<  Stages inter-Sections pour adolescents.
<  Le rallye international de ski CAF-CAI viendra s’ajouter, avec la participation d’équipes italiennes et françaises, et plus tard la présence d’équipes autrichiennes et espagnoles.

  • Mais dans les instances de direction du Club Alpin, des voix se font entendre pour rappeler que, malgré la ferveur populaire pour la piste et la compétition, le ski demeure surtout - pour l’association - un moyen de découvrir et parcourir la montagne…

Plus tard, la direction du Club Alpin aura à intervenir très vivement pour que certains groupes de skieurs, un peu trop épris d’indépendance, reviennent dans les limites définies par les statuts du Club.

1958 - Le schéma d’équipement de la montagne hivernale

À ce moment-là, le Club Alpin par sa représentation au Conseil supérieur du tourisme « prend une part éminente à la mise en œuvre du plan d’équipement de la montagne hivernale »…
Les excès des futurs plans neige sont à venir, et n’alerteront que plus tard nos responsables…

Des articles complaisants

La revue La Montagne & Alpinisme, par une série d’articles complaisants, offre curieusement une tribune aux partisans de l’équipement à outrance de l’espace alpin, très enthousiasmés par les possibilités offertes par les moyens mécaniques, avec ce commentaire terrible« malgré tous les pylônes, toutes les bennes, tous les câbles, toutes les pistes, il reste encore assez de place pour l’amateur de neige vierge ».

1962-1974 - LES PLANS-NEIGE      

C’est au début des années 1960 que les plans-neige vont être créés. Ils confieront à des promoteurs l’aménagement de domaines skiables, la gestion, la construction et l'intégration de toutes les fonctions d'une station d’altitude, avec un minimum de contrainte de la part de l’administration.
Ce sera de 1962 à 1974, un bétonnage en règle de l’espace alpin, au nom du développement économique, et l’équipement à tout-va, avec quelques réussites et de nombreux mécomptes.
Situées très au-dessus de l’habitat traditionnel, ces stations se développeront, souvent sans la participation des autochtones…

 1962 - ALERTE AU SURÉQUIPEMENT

Lucien Devies, membre du Conseil supérieur du tourisme, est bien informé de se qui ce trame…
Considérant que « l’équilibre entre les divers intérêts - qui avait subi déjà quelques horribles entorses - risquait d’être sérieusement rompu sur des points essentiels » et constatant les limites de la méthode « expliquer et convaincre entre décideurs,  plutôt que protester et crier », Lucien Devies sera amené à intervenir publiquement et à appeler à la mobilisation de nos adhérents.
En juin 1962, l’article capital et décisif « Alerte au suréquipement », signé de Lucien Devies, président du Club Alpin, est publié et commandera les actions futures de l’association ( voir le dossier : La protection du milieu naturel et de la montagne ).

1963 - Les canons à neige

La revue La Montagne & Alpinisme évoque l’installation de canons à neige pour produire de la neige artificielle, sur un site du Haut Folin soumis à un enneigement capricieux, à l’initiative de la Sous-Section d’Autun du Club Alpin.
Venus des États-Unis, ces dispositifs seront appelés à un grand avenir…

1965 - Un détecteur des victimes d’avalanche

En 1965, la Commission fédérale du matériel encourage la recherche, pour la mise au point d’un détecteur des victimes d’avalanche, et son développement…

1964-1967 - L’organisation et le secours aux skieurs

Longtemps le secours aux skieurs est resté dans le domaine du flou artistique. De fait, pour le ski de piste, c'était le personnel des stations qui assurait ce service mal défini.

Les deux destinations, la piste et le hors-piste, seront précisées : « L'organisation des secours dans le domaine des sports de montagne se subdivise en deux branches, le secours aux skieurs sur piste, le secours en montagne ».

Depuis 1964, une instruction interministérielle impose aux maires de prendre un Arrêté, instituant une Commission chargée du service de sécurité, sur les pistes de ski de leur commune. Mais, on va longtemps ergoter sur la définition d'une piste de ski, et même sur la largeur de celle-ci.

En 1967, on arrivera à la notion de domaine skiable « qui séparait convenablement les domaines de la montagne et du ski de piste ».

1967-1973 - Les brevets pour le ski de haute montagne

En 1967, la FFM crée un brevet de chef de Caravane bénévole de ski de haute montagne, pour l’encadrement de son Enseignement alpin.
 Et en 1973, elle crée un brevet de chef de Course bénévole de ski de haute montagne.

1967 - LE SKI EXTRÊME

 C’est une discipline complètement liée à l’alpinisme et pratiquée par des alpinistes skieurs… Ski extrême ou ski de pentes extrêmes, le qualificatif est encore fluctuant...

< En 1935 déjà, les Autrichiens Fritz Krügler et Peter Schintlmeister avaient skié la face nord du Hoher Tenn, 3317m ( Hochtenn ), puis avec E. Schlager la face nord de la Fuscherkarkopf, 3331m, dans les Alpes Orientales.
< Et en 1941, Émile Allais et André Tournier avaient descendu à skis la face nord du Dôme du Goûter.

Mais aux yeux de tous, cela restait du ski sur des pentes anonymes…

< En septembre 1967, lorsque le Suisse Sylvain Saudan se lance dans la descente du couloir Spencer de l’aiguille de Blaitiére, ce fut la stupeur : à skis dans des pentes remontées en crampons par les alpinistes…

< Il n’était pas le premier à s’aventurer dans les pentes raides, mais le premier à le faire savoir, et à inaugurer des couloirs célèbres, offrant déjà des obstacles sérieux aux alpinistes.

< Aussitôt en Autriche, dans les Alpes orientales et occidentales, des initiatives apparaissent. Mais c’est dans le Massif du Mont Blanc que les performances les plus frappantes seront accomplies, car empruntant les itinéraires les plus fameux de l’histoire de l’alpinisme…

< L’année suivante en 1968, ce sont les couloirs Whymper de l’aiguille Verte et Gervasutti du Mont Blanc du Tacul qui sont abordés par Saudan… Et en 1969, la face nord-ouest de Bionnassay…
< Dans les Alpes orientales, les faces nord du Hochferner, du Sonnblick en 1968, du Wiesbachhorn en 1969, et du Gross Glockne, par le couloir Pallavicini en 1971, sont parcourues…

< Dans le massif du Mont Blanc, bientôt Serge Cachat-Rosset suivra les traces du précurseur, puis Anselme Baud et Patrick Vallençant.
< En 1973, descente du couloir Couturier de l’aiguille Verte, par Serge Cachat-Rosset, et une semaine plus tard par Anselme Baud et Patrick Vallençant, avec ascension préalable, qui se révélera une précaution raisonnable.
< En 1974, la face nord du Lyskamm Ouest est skiée, par l’Autrichien Heini Holzer, en empruntant la voie Lendorff-Teves de 1925 en bordure de la grande paroi nord, l’hypothèse d’une descente de la grande paroi était posée… Il faudra attendre encore un bon moment…
< En 1976, le couloir du Diable, par Daniel Chauchefoin.
< En 1977, le couloir Cordier de l’aiguille Verte, par Yves Détry.
< L’éperon Frendo de l’aiguille du Midi et la face nord du Plan sont osés, par Jean-Marc Boivin et Laurent Giacomini.
< En 1979, l’Italien Stefano de Benedetti s’élance dans le versant Macugnaga de la pointe Gnifetti du Mont Rose, et sur la voie Major du Mont Blanc.
< En 1988, la voie Bonatti-Zappelli, en face nord du Grand Pilier d’Angle du Mont Blanc, est inaugurée par Pierre Tardivel.
< En 1989, Jean-Marc Boivin descend le versant Nant Blanc de l’aiguille Verte, un exploit exceptionnel…
< C’est dans ces années-là, dès 1990, que le « Snow board », le surf des neiges vient s’ajouter aux skis, comme moyen de descente des pentes raides.
< En 1995, la pente du Linceul des Grandes Jorasses est descendue par Samuel Beaugey en skis, par Jérôme Ruby en surf, et quelques jours plus tard à skis par Emmanuel Ballot.
< En 1995, le couloir Lagarde des Droites, par Arnaud Boudet, en surf des neiges.
< En 1997, en mars Emmanuel Ballot skie la pente nord des Grands Charmoz, le couloir Lagarde des Droites, le couloir en Y de l’aiguille Verte, branche de gauche et la pente nord-est des Droites…
< En 1999, au printemps Marco Siffredi, en surf dans le versant Nant Blanc de l’aiguille Verte, la première de cette façon.
< En 2007 et 2008, Rémy Lécluse entreprend une exploration des versants skiables des montagnes de l’Oberland Bernois. Une série époustouflante de descentes des pentes du versant est du Balmhorn, nord-est du Ferdenrothorn, sud du Rinderhorn, sud-est de la Wissy Frau, ouest et sud-ouest de Breithorn de Lauterbrunnen…
< En 2009, Pierre Tardivel et Stéphane Brosse descendent le versant Nant Blanc de l’aiguille Verte, sans l’aide d’un rappel.
< La face nord du Liskamm a d’abord été un obstacle sérieux pour les alpinistes, et abordée très tardivement vers la fin des années 50, avec - il faut s’en souvenir - les pauvres outils techniques de l’escalade glaciaire de l’époque.
< À ce moment-là, l’idée de skier d’une pareille paroi n’effleurait même pas les esprits, puis en 1974, les skieurs-alpinistes ont commencé à regarder, à admirer, puis à y songer...
< Le 23 juin 2010, Éric Saint Bonnet et Pierre Tardivel se présentent, pour une ascension de l’itinéraire central Hiebeler-Pokorski de 1961, et s’élanceront pour réussir à skis la première et fabuleuse descente de l’itinéraire.

1968 - Le retour du ski de fond

Les Jeux Olympiques d’hiver sont le révélateur de cette discipline un peu oubliée, elle va connaître un développement important, une pratique permettant, comme de ski alpin, d'accéder au ski de haute montagne et au ski - alpinisme.

1969 - La Grande Traversée des Alpes Françaises

Avec le concours financier de la Délégation Générale à l’Aménagement du Territoire et à l’Action Régionale ( DATAR ), un projet d’une haute route traversant le principal massif montagneux du pays est élaboré : La Grande Traversée des Alpes Françaises, concernant la randonnée d’été et d’hiver ( voir le dossier : Le Club Alpin français de 1941 à 1974 ).

LA RECHERCHE DES VICTIMES D'AVALANCHE

Jusque-là, les éléments de sécurité indispensables à la pratique du ski de randonnée et de la raquette à neige sont la pelle et la sonde ; les Détecteurs de Victime d'Avalanche ( DVA ) vont venir bien heureusement s'ajouter au début des années 1970...
Les premiers appareils sont proposés : en 1968 avec le SKADI ( américain, fréquence 2,275 ), en 1969 le PIEPS ( autrichien, fréquence 2,275 ), et en 1970 du BARRY-VOX ( suisse, haute fréquence 457 Khz ).
Un moment appelés ARVA - qui deviendra une marque déposée - ces appareils seront l’objet d’une sérieuse concurrence entre fabricants, avec une difficulté supplémentaire liée aux deux fréquences d’origine…
Plusieurs appareils seront proposés en bi-fréquence dont le Pieps ( autrichien ) et l’Ortovox ( allemand ) au début des années 1980 et l’ARVA ( français ) en 1985, jusqu'à la décision de ne retenir que la fréquence 457 Khz pour l’ensemble des nouveaux appareils.
L'usage des DVA est entré dans les mœurs de la grande majorité des skieurs-alpinistes. Le DAV est le seul moyen de détection qui puisse être activé par les compagnons du disparu dans les secondes suivant l'accident.
Quatre-vingt-dix pour cent des personnes, ensevelies dans une avalanche, survivent si elles sont sauvées dans les 15 premières minutes. Il est donc capital de s'exercer régulièrement sur le terrain, pour bien maîtriser son DVA, afin d'être en mesure d'intervenir efficacement le moment voulu…

Igloos, grottes de neige et refuges-bivouacs pièges mortels

La revue La Montagne & Alpinisme de février 1970 rappelle le piège mortel que peut constituer un igloo, si une ouverture d’aération n’est pas prévue et contrôlée par une veille continue, l’accumulation de la neige peut rendre les igloos, grottes de neige et même refuges-bivouacs, impénétrables à l’air, avec des alpinistes ou skieurs endormis à l’intérieur.

1972 - AMÉNAGEMENT ET PROTECTION DE LA MONTAGNE

Dans un article sans concessions « Aménagement et protection de la Montagne » dans la revue La Montagne & Alpinisme de 1972, Philippe Lamour se livre à une diatribe contre les excès des plans neige ( voir le dossier : Le Club Alpin français de 1941 à 1974 ).
Après ces disproportions et dès 1975, viendra le développement des stations villages de moyenne altitude, avec habitats traditionnels : chalets de bois, toitures en bois en ardoise ou en lauzes et des espaces naturels préservés…

1973 - Les Guides de haute montagne et le ski

Jusqu’à cette date, il n’était curieusement pas demandé aux Guides de savoir skier, et certains d’entre eux - peu nombreux il est vrai - n’avaient jamais chaussé de skis. Le ski de montagne va désormais prendre toute sa place dans la formation des Guides…

1977 - LA DIRECTIVE MONTAGNE

Les principes portés par la Charte des Alpages et Glaciers du Club Alpin seront présentés aux responsables gouvernementaux, et viendront s’ajouter aux réclamations des autres associations  ( voir le dossier : Le Club Alpin français de 1975 à 1994 ).
Discours à Vallouise de Valéry Giscard d‘Estaing, président de la République, en août 1977. Il se prononce clairement en faveur d‘un développement fondé sur le respect et la protection de la montagne.
Le 22 novembre 1977, un Décret appelé Directive montagne concrétise certaines mesures, en introduisant la notion d‘Unités Touristiques Nouvelles ( UTN ), en fixant un nombre limité de sites de déposes touristique en altitude, à l’aide d’un hélicoptère ou d’un avion, pour les trois ans à venir, avant une interdiction totale.

1979 - VERS L'INTERDICTION DU SKI HÉLIPORTÉ

En avril 1979, Valéry Giscard d‘Estaing se fait déposer en hélicoptère au sommet du Buet, dans le massif du Giffre, face au Mont Blanc, qui n‘est pas l‘un des points autorisés par le décret de 1977 de la Directive montagne. Ce sommet est situé dans une Réserve naturelle, où comble de déveine il y croise, peluches aux skis, le président de la Section du Faucigny du Club Alpin.
La Commission de protection de la montagne de notre association va réussir à soulever un tollé considérable, certes facilité par l‘attrait pour les journalistes d‘un si beau faux pas : le président de la République pris en flagrant délit ! « Nous avons exploité à fond ( ce faux pas ) par des lettres ouvertes ce qui conduisit ( le président Giscard d‘Estaing ) à donner des consignes très strictes à son ministre : l'interdiction totale devait entrer en vigueur comme prévu et, il ne voulait plus entendre parler de cette question ».

1985 - LA LOI MONTAGNE

Après de nombreux travaux préparatoires et de nombreuses discussions, la Loi du 9 janvier 1985 relative au développement et à la protection de la montagne, dite « Loi montagne » est votée encadrant la gestion des territoires de montagne.
Les finalités de la politique de la montagne sont évoquées dans son premier article concernant « la protection des équilibres biologiques et écologiques, la préservation des sites et paysages, la réhabilitation du bâti existant et la promotion du patrimoine culturel ».
Des Comités de massifs constituent, avec un Conseil national, les institutions spécifiques à la montagne.
À côté d'une majorité d'élus des collectivités territoriales, y siégeront des représentants des établissements consulaires, des parcs nationaux et régionaux, des organisations socioprofessionnelles et des « associations concernées par le développement, l'aménagement et la protection du massif »
Est inscrite dans la loi, l’interdiction des déposes en montagne par aéronefs, à des fins de loisir.

La Fédération Française de la Montagne et les skieurs

En 1942, la Fédération Française de la Montagne était créée, par les autorités de Vichy qui contraignirent le Club Alpin à faire licencier l’ensemble de ses membres, randonneurs, alpinistes, skieurs, scientifiques et autres amis de la montagne.
De 1948 à 1973, Lucien Devies parviendra à faire admettre un consensus au nom de la solidarité montagnarde, pour que le Club Alpin soit l’ancrage financier de la fédération, avec une adhésion collective.
Mais beaucoup de skieurs et randonneurs - entre autres - du Club Alpin n’ont jamais compris pourquoi ils devaient obligatoirement souscrire à une licence fédérale FFM, alors qu’ils restaient libres d’acquérir - ou pas - une licence Ski ou Randonnée...
Dès 1967, certaines réclamations au sujet de la cotisation du Club Alpin vont provoquer des conflits larvés au sein de l’instance fédérale.
En 1973, le consensus était définitivement rompu.
L’augmentation de la cotisation du Club Alpin sera un argument, porté comme un emblème, et servira les ambitions électives de quelques-uns.
Ce que les contradicteurs du Club Alpin ne savaient pas, c’est que leurs réclamations donnaient corps aux réticences internes, bien présentes au Club Alpin, concernant l’adhésion fédérale. Les réticences de ceux qui n’ont aucune raison d’être licenciés à la FFM…
Les randonneurs, les skieurs, les amoureux de la nature partisans d’une montagne paisible éloignée des ambitions sportives et les adeptes des activités douces de loisirs en montagne, ceux tournés vers les activités scientifiques et culturelles du Club Alpin…
En 1965, presque 20 000 de nos adhérents ont une licence de la Fédération Française de Ski…
En 1973, comble de la controverse, la diminution de la cotisation du Club Alpin sera un argument qui servira les ambitions électives de quelques-uns au sein de notre club.
Un long conflit indémêlable perdurera, pour aboutir en 1995 au raisonnable, le Club Alpin devient - ce qu’il était déjà de fait depuis 1874 - une fédération de multiactivités et de multisports ( voir le dossier : Le Club Alpin français de 1975 à 1994 ).

LE SKI EN TRÈS HAUTE ALTITUDE

Si les performances extraordinaires, réalisées dans le domaine du «ski extrême» dans les Alpes, peuvent parfaitement être appréhendées et appréciées par les pratiquants de l'alpinisme, du ski et aussi par un plus grand public, la transposition sur les très hauts sommets himalayens réclame quelques discernements, avec la grande complexité d’exécution due à l’altitude, à l’éloignement, aux conditions de la neige, et à l’impossibilité de reconnaissance et de préparation.

- En 1964 d’abord, le Cho Oyu, 8201m est skié depuis 7500m par Fritz Stammberger, après une ascension solitaire de ce sommet. C’est la première initiative de descente à skis d’un grand 8000, même si des circonstances dramatiques viendront ternir l’ascension.
- Nous n'évoquerons que pour mémoire le ski de cascadeur, effectué en 1970 par le Japonais Yuichiro Miura, droit dans la pente sous le col Sud du Chomolangma-Everest, avec un parachute de freinage.
- Et déjà le Chomolangma-Everest est le support recherché pour l’accomplissement de l’exploit à skis.
- En 1978, on a skié vers les 8100 m au-dessus du col Sud du Chomolangma-Everest, pour Jean Afanassieff et Nicolas Jaeger, en redescendant du sommet ; le versant ouest du col Sud est skié jusqu’au camp de base vers 5400m, la cascade de glace comprise.
- En 1979, Yves Morin réalise en partie la descente de l’Annapurna, 8091m. Il meurt accidentellement durant le périple.
- En été 1980 sur la voie classique du Broad Peak, Patrick Vallençant et Georges Bettembourg skient depuis l’altitude de 7600m.
- En été 1980, Maurice Barrard et Georges Narbaud utilisent les skis jusqu'à 7750m, pour l’ascension du Gasherbrum I.
- En été 1980 et en été 1984, descentes du Muztagata, 7546m dans le Pamir chinois, par des groupes de skieurs.
- En automne 1980, le Kangchungste, 7660m est skié, par Georges Bettembourg.
- Au printemps 1981, les Allemands Josef Millinger et Peter Wörgötter réalisent la première descente du Manaslu, 8159m.
- Été 1982, le Suisse Silvain Saudan skie le Gasherbrum I, 8068m.
- Été 1984, Patrice Bournat et le Suisse Wim Pasquier effectuent la première descente à skis du Gasherbrum II, 8035 m. La descente de ce sommet sera reprise d’abord en été 1985 par Thierry Renard.
- Au printemps 1985, première descente en skis du Shishapangma, 8027m par l’Autrichien Oswald Gassler. La descente de ce sommet sera reprise d’abord à l’automne 1988 par les Italiens Giorgio Daidola et Pino Negri. Et dès 1988, la descente skiée de ce sommet devient classique.
- Automne 1987, descente skiée du Cho Oyu, 8201m par Thierry Renard. La descente de ce sommet sera reprise d’abord au printemps 1987, par le Néo-Zélandais Mark Whetu, à l’automne 1987, par le Polonais Jerzy Kukuczka, et au printemps 1988, par les Italiens Flavio Spazzadeschi et Lino Zani.
- Automne 1988, descente en monoski du Cho Oyu, 8201m, par Véronique Périllat, qui est la première à skier en si haut lieu. Elle est en compagnie de Bruno Gouvy en snowboard, Erik Decamp et Michel Vincent à skis. Et dès 1988, la descente à skis de ce sommet devient classique.
- Été 1988, descente du Gasherbrum II, 8035m par Pascal Hittenger en monoski, et par Henri Albet en surf qui fera une chute mortelle durant l’action. Et dès 1988, la descente skiée de ce sommet devient classique.
- Automne 89, c’est un surf depuis l’altitude de 8400m que Bruno Gouvy réalise une descente des pentes du Chomolangma-Everest, par le pilier Sud.
- Été 1990, descente en skis du Nanga Parbat, 8125m par le versant Diamir pour l'Italien Hans Kammerlander et le Suisse Diego Wellig qui s’est arrêté au sommet nord, avant d’entreprendre la descente avec son compagnon.
- Automne 1992, Pierre Tardivel durant une tentative d’ascension a pu skier depuis l’antécime Sud du Chomolangma-Everest à l’altitude de 8700m jusqu’au camp de base à 5400m.
- Été 1993, le Broad Peak, 8048m est skié par l’Italien Hans Kammerlander, par la face ouest.
- Printemps 1995, l’Annapurna, 8091m est skié intégralement, par les Slovènes Andrej et Davorin Karničar.
- Été 1995, descente en skis de la face nord (Wickersham Wall) du Mont Mac Kinley, sommet nord 5934m, par Jean Noël Urban et Nicolas Bonhomme.
- Été 1995, le Gasherbrum I, 8068m est descendu, par les Slovènes Marko Car en surf, et Iztok Tomazin en skis.
- Printemps 1996, descente partielle du Chomolangma-Everest, 8850m, par l’Italien Hans Kammerlander en empruntant l’arête nord, descente partielle, car le skieur devra composer avec les éléments, marche et désescalade pour s’adapter aux reliefs, et reprendre sa glissade un peu au-dessus de col nord, jusqu’au camp de base 6400m.
- Été 1996, depuis l’altitude de 8450m sur le Chomolangma-Everest, les Suisses Dominique Perret à skis et Jean Troillet en snowboard, s'élancent sur les pentes du versant nord-ouest.
- Été 2000, Jean-Noël Urban réalise la première descente à skis du Khan Tengi, 6995m, un sommet important de la chaîne du Tien Shan.
- Automne 2000, le Slovène Davorin Karničar réussit la descente intégrale en skis depuis le sommet du Chomolangma-Everest, 8850m par la voie classique du col Sud jusqu’au camp de base. C’est ce que l’on ne pourra plus améliorer pour ce qui concerne l’altitude skiée…
- Printemps 2001, l’Autrichien Stefan Gratt en snowboard effectue une descente partielle, par la voie d’ascension du versant nord, depuis le sommet du Chomolangma-Everest, 8850m.
- Printemps 2001, Marco Siffredi en snowboard réussit une descente intégrale versant nord depuis le sommet du Chomolangma-Everest, 8850m par le couloir Norton et les pentes inférieures jusqu’au camp de base à 6400m.
- Été 2001, Hans Kammerlander gravit le K2, 8611m par l’éperon sud, en portant ses skis dans l’intention d’inaugurer une descente à skis, qui ne sera pas tentée, les conditions acceptables de neige n’étant pas réunies.
- Été 2002, Marco Siffredi se présente pour un nouveau challenge dans l'immense versant nord du Chomolangma-Everest, 8850m, une descente par le couloir Hornbein et son prolongement naturel, le couloir des Japonais, vers le glacier central de Rongbuk.. Il s’élancera dans cette descente sans reconnaissance préalable, ni observateur pouvant le guider... Le merveilleux surfeur, auteur de tant d'exploits, se perdra dans cet itinéraire complexe et piégeur et ne reviendra pas.
- Automne 2005, après une descente à skis du Cho-Oyu, Jean-Noël Urban se présente pour l’ascension et l’audacieuse descente du couloir Peapod du Shishapangma, 8027m qui a marqué l’évolution vers la technique alpine en Himalaya en 1982. Le skieur pris de gelures aux pieds devra abandonner l’ascension vers 7600m. Il pourra tout de même skier le Peapod, depuis cette altitude, jusqu’au camp de base.
- Été 2006, descente en skis du Gasherbrum II par Jean-Noël Urban.
- Été 2007, le skieur de Serre Chevalier se présente par la voie tibétaine du Chomolangma-Everest, 8850m, une descente qui ne sera pas tentée, les conditions acceptables de neige n’étant pas réunies.

1998 - LES RAQUETTES À NEIGE

Pour les habitants des hauts villages de montagne, des raquettes à neige rudimentaires étaient d'une utilisation courante depuis très longtemps, pour des mobilités très circonscrites en hiver sur la neige, et par les « passeurs » afin de faire traverser en hiver les voyageurs par les hauts cols des Alpes..
C’est d’abord avec des raquettes à neige, que la pratique hivernale de la montagne va s’initier vers 1880 et se développer, mais rapidement délaissées au profit du ski.
Cent ans plus tard, le déplacement à l’aide de raquettes réapparaît dans nos montagnes, et devient un nouveau produit proposé en hiver, par les stations de montagne.
Pour le Club Alpin, c’est une conception rustique et rurale qui sera mise en avant, une nouvelle façon d’accéder à un espace de liberté, lorsqu’elle est pratiquée loin des espaces aménagés, des stations et des foules « c’est là que l’on peut le mieux jouir des grands espaces et du plaisir de créer son propre itinéraire, tout en cultivant une connaissance approfondie de la neige du terrain de l’environnement naturel et humain ».
Le Club Alpin organise des formations de base, axées sur la sécurité, à l’intention de ses cadres bénévoles.
La coexistence de cette discipline - à la fois nouvelle et très ancienne - avec les pratiques hivernales classiques : ski alpin et nordique est évoquée dans l’article de Pierre Gallet dans la revue La Montagne & Alpinisme n°1/1998.

1998 - LA FORMATION POUR LES SPORTS DE NEIGE

Pour la saison 1998-1999, le Club Alpin met en place ses propres formations dans le domaine des sports de neige de pleine nature, débouchant sur des brevets fédéraux, comprenant trois niveaux de formation. La présentation est publiée dans la revue La Montagne & Alpinisme n°4/1998

1998 - Le ski de montagne de compétition 

C’est sous la terminologie de « ski de montagne de compétition » que l’UIAA décide de désigner le ski alpinisme de compétition en développement…

2000 - Sécurité sur glacier

Article de Nicolas Raynaud et Jean Paul Zuanon présentant des conseils techniques pour la progression en terrain glaciaire à l’adresse des skieurs de montagne ( LM&A n°1/2000 ).

2005 - La délégation pour le ski de montagne et les raquettes à neige

Durant le congrès de Chambéry du Club Alpin, le représentant du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative annonce aux congressistes que « dans un souci de rationalisation de l'organisation des disciplines sportives de montagne et dans le contexte de renouvellement des délégations à l'issue de l'olympiade, le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative (entendait) attribuer les délégations "ski de montagne" et "raquettes à neige" à la FFCAM ». Une juste reconnaissance pour le Club Alpin initiateur et organisateur des pratiques hivernales de la montagne depuis 1905.

2011 - Les Grands Parcours en sports de neige

Dès 2006, les Grands Parcours sont des rassemblements destinés aux pratiquants, débutants, initiés ou aguerris, ils ont pour but de rapprocher de la montagne le public qui souhaite découvrir une des activités proposées par l’association, et de lui donner les moyens de les exercer. Articulés sur plusieurs journées avec des ateliers thématiques et émaillé de moments festifs, ces Grands Parcours s’adresseront aux différentes spécialisations estivales : alpinisme, randonnée et escalade. Avec le succès de cette heureuse initiative, la FFCAM décide d’étendre les propositions vers les sports de neige ski et raquette.

2011 - La raquette à neige

La revue La Montagne & Alpinisme 2011 présente un cahier consacré à la pratique de la raquette à neige sous le titre : « La montagne en toute liberté ? » par Fabrice Lardreau.

2012 - Des compétitions d’escalade sur glace

Dans le prolongement de ses actions d’animation touchant l’escalade sur glace, la FFCAM organise, au coté de la commune de Champagny, l’étape française de la coupe du monde de la discipline, sur structure artificielle du 2 au 4 février 2012, répondant ainsi à la demande de l’UIAA, en charge de l’organisation internationale.

Le dernier étage de la galaxie neige

Les années vingt de notre siècle vont voir apparaître le dernier étage de la galaxie neige des aménageurs, l’étage entièrement artificiel, avec des luna-parks qui se seront enfin définitivement débarrassés des principales incertitudes, constituées par les deux éléments irrationnels : la neige naturelle et les dangers inhérents aux reliefs des montagnes...

Pendant ce temps-là

Pendant ce temps-là et fort heureusement, à ces équipements brutaux, d’autres continueront à prêcher pour une autre montagne. Pour un développement doux, depuis les villages anciens rénovés et à l’évolution maitrisée ; pour l'essor d’une activité touristique tournée vers la connaissance de la montagne, de la flore, de la faune, tournée encore vers des pratiques douces comme la randonnée pédestre et nordique ; et aussi un tourisme s’intéressant aux ressources fermières d’hier et d’aujourd’hui et à l’économie forestière, les conditions premières de la vie en montagne.

(à suivre)

CONSULTATION

L’ensemble des textes concernant l’histoire de la FFCAM et les autres dossiers proposés sont consultables au Centre fédéral de documentation de la FFCAM - 24, avenue de Laumière, 75019 Paris.

Notamment :

- Bulletins du CAF, de 1876 à 1904.
- Annuaires du CAF, de 1875 à 1904.
- La Montagne, de 1905 à 1954.
- Alpinisme, de 1925 à 1954.
- La Montagne & Alpinisme, depuis 1955.
- Les Annales du GHM de 1955 à 2001 et Cimes de 2002 à aujourd’hui.

Consultation de l’ensemble des livres constituant la bibliothèque de la FFCAM ; tous référencés.

CONSULTATION EN LIGNE

Accès aux références
Vous pouvez consulter en ligne le catalogue du CND avec un accès aux références pour l’ensemble des articles des revues et pour les livres.

Il suffit de saisir un mot caractéristique ou un des mots-clés d'un ouvrage recherché, dans l'un des champs appropriés ( auteur, titre, sujet, année d'édition ) et vous aurez accès aux références de votre recherche.

Accès aux publications

Vous pouvez consulter en ligne les revues suivantes :

- L’Annuaire du CAF, de 1876 à 1904 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- Voir aussi : www.archive.org et utiliser le mot-clé : club alpin français.
- Le Bulletins du CAF, de 1876 à 1904 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- La revue La Montagne de 1905 à 1954 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- La revue La Montagne & Alpinisme depuis 1955 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- Enfin la revue Alpinisme 1926 à 1954 accessible sur le site du GHM.

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75019  Paris
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