Le Matériel de l'alpiniste

L’ÉQUIPEMENT DES ALPINISTES EN 1850 ET AVANT

À ce moment, l’équipement des alpinistes est assez primitif.
Les pionniers étaient surtout des glaciéristes, conduits par des Guides qui taillaient des marches pour la progression, sans ménager leur peine dans les pentes de neige ou de glace…

Les chaussures à clous

Les chaussures à clous étaient bien adaptées à ce genre d’exercice et différents cloutages seront proposés au fil du temps, les clous « en Ailes de mouche » étaient les plus utilisés…

Le piolet

La hache et la pioche étaient les outils que l’on va perfectionner sans cesse, en les modifiant peu à peu chez les forgerons des villages.
Le piolet, petite pioche comprenait un taillant et un bec pour découper des marches dans la glace, avec un manche plus ou moins long terminé par une pointe, pour permettre l’ancrage dans la neige dure…
Le piolet des Guides, plus lourd pour le travail de taille, avait suivant les vallées un taillant parallèle au manche et plus généralement perpendiculaire à celui-ci. Le piolet des touristes plus léger était parfois un simple « Alpenstock », le fameux bâton de montagne…

La corde

L’usage de la corde n’a pas été immédiat chez les alpinistes, bien qu’elle soit utilisée dès le XVIe siècle pour le passage de certains cols…Les premières ascensions du Mont Blanc ont été réalisées sans corde, mais peu à peu l’usage finit par se répandre…
Dès 1840, la corde devient un accessoire indispensable, utilisée pour la marche sur glacier, pour l’assurage des touristes et la descente à l’aide de mains courantes fixées sur des becquets naturels de la roche, une corde que l’on abandonnait ensuite…
Les cordes sont en fibre naturelle dite de Manille ( Abaca ) en Angleterre et chanvre d’Italie en France, elles sont dérivées de la corde de marine et sont un assemblage tressé de fibres élémentaires d’un mètre, elles sont formées de plusieurs torons câblés, la soie naturelle est aussi parfois utilisée…
Rappelons que nos prédécesseurs grimpaient sans moyens de protection pour celui qui allait devant, la corde ne servait qu’aux suivants…
Dans les escalades rocheuses, celui de devant ne progressait qu’avec les rares points d'ancrage naturel, c'est-à-dire quelques éventuels becquets et rares reliefs favorables, il montait dans l’inconnue.
La résistance des cordes interdira longtemps une chute du premier de cordée. En 1898, on écrira encore « Nous estimons que l’on ne doit jamais s’attacher dans le rocher car une chute individuelle devient presque fatalement une catastrophe !! ».
L’encordement se fait directement autour de la taille, et ce sera l’usage jusqu’en 1970…

Les espadrilles

La technique se développe lentement, on se déchausse pour franchir en chaussettes un passage rocheux, l’utilisation des espadrilles de corde viendra des Dolomites, et des espadrilles renforcées - les « Kletterschuch » - seront bientôt utilisées pour les escalades difficiles.…

Le rappel de la corde

Le rappel de la corde est inventé par Edward Whymper dès 1864... Après avoir franchi un obstacle durant la descente, on pouvait récupérer la corde fixée à un becquet par un nœud coulant relié à un anneau métallique en la rappelant au moyen d’une petite ficelle très solide, mais la technique est encore très rudimentaire et la descente s’effectue « à la force des poignets »
Précédemment la corde fixée à un becquet était tout simplement abandonnée…
Plus tard la corde, placée en double sur un becquet, avec un anneau de corde qui sera abandonné, ou passée dans l'anneau d'un crochet de muraille, sera rappelée… Ensuite les rappels de corde seront employés régulièrement pour la descente des reliefs calcaires très raides des Alpes orientales, mais les techniques étaient très aléatoires…

Les crampons à glace

Concernant les crampons, on a retrouvé leur usage depuis l’époque romaine. Les chasseurs, les contrebandiers, les cristalliers et les paysans pour faucher les prés raides d’altitude ont été les premiers utilisateurs de ces outils. En terrain glaciaire, les chaussures à clous paraissaient suffisantes avec la taille de marches pour la progression…
Cependant, certains en employaient déjà… Whymper utilisait de petits crampons quatre pointes… 
Et bien d’autres modèles auront une existence éphémère…

Le campement sous toile

Dès le milieu du XIXe siècle, ce moyen de bivouac sera peu à peu utilisé en montagne et au cours des explorations de terres inconnues. Pour s’approcher des montagnes à gravir, les ascensionnistes établiront des campements d’approche en les faisant transporter par des porteurs recrutés dans les villages voisins. Le premier matériel spécialisé pour la montagne - une tente alpestre - est étudié et développé par Edward Whymper dès 1862, les modèles antérieurs se révélant inutilisables en altitude ( voir le dossier : Un historique de l'Alpinisme de 1492 à 1914 - L'équipement des alpinistes en 1850 et avant - Le campement sous toile ).
Ensuite les refuges viendront simplifier les approches.

L’ÉQUIPEMENT DES ALPINISTES JUSQU'EN 1914

L’équipement des alpinistes reste sommaire, la corde en chanvre, les souliers à clous et le piolet dans les Alpes occidentales et espadrilles de corde ou d’étoffes dans les ascensions rocheuses des Alpes orientales, l’encordement est direct à la taille.
Mais des techniques nouvelles vont profondément modifier les façons de faire…

Les crampons à glace

En 1908, Oskar Eckenstein définit les crampons à glace modernes à dix pointes « les crampons Eckenstein » et une méthode de cramponnage, ainsi que le piolet court… et une fabrication artisanale débuta chez le forgeron Henri Grivel de Courmayeur qui utilisa scrupuleusement les plans originaux de l’auteur…
Bien d'autres modèles apparaîtront, sans parvenir à s’imposer...
En Autriche, deux articles sont publiés par l’auteur en 1908 et 1909 et le Club Alpin Suisse présente une traduction française dès 1909.
Des variantes de fabrication apparaîtront dès 1920 sans une réelle amélioration.
La méthode de cramponnage Eckenstein sera expliquée plus tard en France dans la revue Alpinisme de 1927…
Au sein de l'Alpine Club - qui sera longtemps l’instance de référence de tout ce qui concerne l’alpinisme - les Britanniques prennent position contre l'utilisation de ce moyen artificiel, mais vont plus tard beaucoup évoluer…
En fait, chaque équipement nouveau suscitera réserves, refus et polémiques de l’institution…

Les crochets de muraille

Les « crochets de muraille » appelés encore « crampons de fer » sont des lames métalliques enfoncées dans les fissures de la roche, utilisées dès 1870 dans les Alpes orientales pour redescendre les raides parois des Dolomites et amarrer les rappels, il s'agissait de grosses fiches en acier terminées par des anneaux.
Puis ils seront utilisés pour l’assurage pendant l’escalade.
Certains se décordaient pour passer la corde dans l'anneau métallique, d'autres utilisaient un anneau de corde pour assurer la liaison corde-piton.
En 1910, le Tyrolien Hans Fiechtl donne aux crochets de muraille - que l’on va appeler en France les pitons - leurs formes actuelles d'une seule pièce.
De nombreuses polémiques accompagneront ces nouveaux accessoires ( voir le dossier : Un historique de l'Alpinisme de 1492 à 1914 - L'escalade artificielle ).
Dans les Alpes occidentales, ils sont occasionnellement utilisés comme ancrages pour les rappels durant les descentes…
L’ouvrage « Technique de l’alpinisme » du Club Alpin Suisse - Genève, 1918 - évoque l’usage des crochets de muraille.
<  Notons tout de même l’emploi de broches en fer enfoncées dans la roche pour gravir la Dent du Géant dans le massif du Mont Blanc en 1882, mais ce ne fut heureusement qu’une perversion sans suite.
<   Et le 7 juillet 1895, durant une exploration du versant nord du Mont Aiguille visant une future ascension, Ernest Thorant et G. Dodero avaient descendu la face en enfonçant avec l’aide d’un marteau des clous de 20 centimètres comme ancrages pour les rappels. L’itinéraire était parcouru dans le bon sens le 25 août par Ernest Thorant et Henri Chaumat.

Les mousquetons

La même année 1910, le Munichois Otto Herzog emprunte aux pompiers de Munich le mousqueton en acier qui permet la liaison commode entre le crochet de muraille et la corde.
Dès 1913, un magasin spécialisé de Munich propose déjà ces mousquetons à la vente.

Les Manchons

Les espadrilles renforcées des Dolomites, les « Kletterschuch » sont en usage en France dès 1908…
Hans Kresz utilise pour la première fois dans les Dolomites des espadrilles à semelle de feutre, les fameux « Manchons ».

Les rappels

Les rappels de corde était employés pour la descente des reliefs calcaires très raides des Alpes orientales, mais la technique de la « Kletterschluss », le freinage de la descente, par la jambe et les pieds, était très aléatoire… Viendra un premier progrès avec la méthode genevoise utilisant le bas du corps et un bras. La technique du rappel en S, avec le freinage de la descente par le frottement du corps, beaucoup plus sécurisante, sera développée par Hans Dulfer avant 1914, la « Dülfersitz ». Cette technique de descente à la corde restera utilisée jusqu’à la commercialisation de l’outil en forme de huit dans les années mil neuf cent soixante-dix.

Les Tricounis

En 1912, le Suisse  Félix-Valentin Genecand, - dit Tricouni - invente un clou spécial, le « Tricouni » en acier dur et arêtes vives pour les semelles des chaussures de montagne. Les tricounis vont remplacer les Ailes de mouche du cloutage classique et assurer une bonne tenue du pied sur les petites prises rocheuses…

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Les pitons qui vont changer la donne (collection Liebig)

L’ÉQUIPEMENT DES ALPINISTES de 1920 à 1939

Les outils de l’alpiniste sont la corde en chanvre, les chaussures de montagne armées de tricounis, bientôt quelques pitons et mousquetons, le piolet et les crampons ; l’encordement est direct à la taille. Pour les passages rocheux difficiles, le grimpeur chausse ses Manchons à semelle de feutre, puis des espadrilles à semelle de crêpe.

Les méthodes d’assurage

L’assurage du compagnon se pratique en passant la corde derrière l’épaule - l’assurage à l’épaule - ou encore avec le nœud de demi-cabestan depuis un point d’ancrage naturel et plus tard artificiel (piton).

L’apparition des pitons dans les Alpes occidentales

Les crochets de muraille

Les « crochets de muraille » - appelés aussi « crampons de fer » - enfoncés dans les fissures de la roche sont utilisés dès 1870 dans les Alpes orientales comme ancrages pour amarrer les rappels permettant la redescente les raides parois des Dolomites et, puis pour l’assurage et la progression dès 1910.
L’ouvrage « Technique de l’alpinisme » du Club Alpin Suisse de 1918, évoque l’usage des crochets de muraille.
En 1922, durant la première ascension de Pierra Menta, le monolithe du Beaufortain, Jean-Paul Loustalot et Léon Zvingelstein s’équipent de crochets de muraille appelés également crampons légers - les pitons d’aujourd’hui – et de coins de bois avec une hache pour les enfoncer…
Pendant cette courte ascension du versant ouest, ils plantent dans des fissures de la roche ces crochets de muraille, pour assurer le premier de cordée en passant la corde dans l’anneau du piton, et pour sécuriser le relai. Durant la descente, ils placeront encore un crochet de muraille pour poser un rappel.

Les pitons

L’année suivante, nouvelle ascension par le versant est du monolithe, avec un piton trouvé en place pour l’assurage et un autre pour un rappel, et déjà les pitons ont trouvé leur désignation française usuelle définitive.
Ce sont les premières mentions dans la revue La Montagne des pitons utilisés clairement pour l’assurage, en usage depuis quelques temps déjà pour poser un rappel dans les Alpes occidentales…
D’abord d’une utilisation assez confidentielle, on peut dire qu’à partir de 1925 les pitons vont peu à peu devenir - pour les ascensionnistes avertis - les éléments de sécurité dans les ascensions rocheuses des Alpes occidentales.
Après l’article de vulgarisation de 1932, publié dans la revue La Montagne, et cité ci-après, ils permettront de s'aventurer partout.

Les mousquetons

Les mousquetons étaient depuis 1910 empruntés aux pompiers de Munich. Le premier mousqueton fabriqué spécialement pour l’escalade sera mis en vente en 1921 par la célèbre maison Schuster de Munich, qui deviendra la première grande surface de matériel de montagne…

Les pitons à glace

Les pitons à glace sont inventés par Welzenbach dans les années 1930, de simples lames métalliques avec des écailles, qui pénètrent la glace en étant frappées à l’aide du marteau.

Les crampons à glace

La méthode de cramponnage Eckenstein proposée dès 1908, sera expliquée en France dans la revue Alpinisme de 1927…
En 1929, c’est bien Henri Grivel - le forgeron de Courmayeur - qui a inventé les crampons modernes à 12 pointes, en ajoutant de deux pointes avant aux crampons Eckenstein qu’il fabriquait depuis 1908.
L’article paru dans la revue Alpinisme de 1930 est la source indiscutable de cette affirmation.
« C’est un nouveau modèle que j’ai étudié depuis peu… je n’en ai exécuté à l’heure actuelle que six ou sept paires et elles ont été utilisés par de bons Guides et par des alpinistes émérites…tous ceux qui les ont essayés, sans aucune exception, m’ont déclaré qu’ils allaient très bien. Je les ai fait essayer aussi par mes fils qui ont été extrêmement satisfaits ».
Son fils Laurent Grivel sera seulement le propagandiste et l’utilisateur…
Ils vont bouleverser la technique de l’escalade glaciaire…
L’utilisation des crampons 12 pointes et la pratique du cramponnage frontal sont adoptées dès 1930, par les meilleurs glaciairistes austro-allemands, suisses, italiens et par des cordées françaises du GHM en France. Les frères Tézenas du Moncel, Jacques de Lépiney et Louis Neltner, durant la seconde ascension du versant nord du col des Droite en 1930, utilisaient les crampons 12 pointes, mais leur usage restera longtemps confidentiel.
Deux des quatre premiers ascensionnistes de l’Eigerwand, Anderl Heckmair et Wiggerl Vörg utilisaient des crampons avec pointes avant en 1938… déjà en vente dans le célèbre magasin Schuster de Munich.
Ils ont beaucoup été dans le succès des quatre hommes…
L’utilisation se généralisera sauf en France, comme on le verra plus loin, où les chevilles particulièrement souples du meilleur glaciairiste français du moment vont contraindre la plupart des grimpeurs à un exercice de style appelé « technique française de cramponnage » ( simple aménagement de la méthode de cramponnage Eckenstein ), adapté aux pentes classiques, mais beaucoup moins aux pentes plus importantes et aux progrès à venir…

Les chaussons d’escalade

Venus des Dolomites, les chaussons souples d’escalade sont régulièrement utilisés dans les escalades rocheuses des Alpes occidentales où le grimpeur se déchausse de ses lourdes chaussures pour passer des chaussons souples à semelle de feutre, parfois des espadrilles à semelle de corde, et plus tard des chaussons souples à semelle de crêpes.

La semelle Vibram

En 1935, Vitale Bramani met au point une semelle sculptée en caoutchouc. Les premières paires de chaussures à semelles sculptées datent de 1937 et annoncent les modèles de semelles Vibram que l'on connaît aujourd'hui. Cette semelle va bouleverser la technique d'escalade avec son excellente adhérence sur neige et sur rocher, c'est la fin des espadrilles et des chaussures à clous...
La cordée Devies-Gervasutti utilisera ces chaussures à semelles Vibram dès 1937… Elles seront mises en vente en 1939…

Le sac-tente Zdarsky

En 1923, le « sac-tente Zdarsky » est proposé aux grimpeurs allemands et autrichiens pour le bivouac dans les Alpes orientales, c’est un élément essentiel de sécurité, contre la pluie, la neige et le froid et c’est aussi un important confort moral, évitant l’isolement. Il permettait l’engagement des cordées dans l’ascension des grandes voies où les bivouacs étaient probables ou obligés. Le « sac-tente Zdarsky » a contribué à sécuriser beaucoup des grandes entreprises du moment et à venir…
Le sac-tente apparaît dans les Alpes occidentales en 1932, mais restera peu employé. La tenue individuelle de bivouac présentée par Pierre Allain - isolant chacun - ne contribuera pas sa diffusion. Le sac-tente Zdarsky aurait pu empêcher de nombreux drames de la montagne…

Le camping

Le campement sous toile est déjà utilisé dans le milieu du XIXe siècle pour parcourir les montagnes en dehors des zones desservies par les refuges.
Léon Zwingelstein sera le fervent utilisateur dès 1923 d'une tente qu'il avait lui-même fabriqué, comme son duvet, pour ses séjours en Oisans et surtout plus tard pour ses formidables traversées des Alpes...
Le Touring Club de France sera le premier en 1923 à proposer différents campements dans le massif de la Chartreuse, dans les Alpes et dans les Pyrénées.
Bientôt le poids de la tente sera repensé et plus tard des progrès techniques rendront son utilisation plus pratique...
Et un article « Camping ! » de Jeanne Leclerc proposant ce moyen d’hébergement modernisé viendra en promotion dans notre revue La Montagne de septembre 1929.
Le camping qui se développe en France permettra d'approcher la nature au plus près et de pallier le manque d'hébergement dans les vallées, il autorisera une grande liberté et enfin il est très économique.
Le Club Alpin s'intéresse à ce moyen de bivouac ou de séjour pour approcher les montagnes, par la création en 1934 d'une Commission camping qui réunit les meilleurs alpinistes du moment...

  • Le camping facilitera beaucoup l'accès et les séjours à la montagne. Il sera un important vecteur de développement des sports d'altitude, alpinisme et randonnée alpine.

Les rélélateurs des nouveaux matériels

Jusque-là, l’utilisation des nouveaux matériels facilitant beaucoup les ascensions était restée dans la confidence des initiés…
<  En 1932, un article d'Alain Leray paraît dans la revue La Montagne, l'auteur présente pour la première fois en France une information sur l’utilisation des pitons et des mousquetons en escalade.
<  En 1933, Raymond Gaché toujours dans la revue La Montagne note « ce fut d’abord l’invention des crampons, qui sont devenus aussi indispensables que le piolet ou la corde. En ce moment, nous assistons à l’introduction en France des méthodes dolomitiques avec leur arsenal d’étriers, de pitons à rocher et à glace, de mousquetons, de marteaux ».

Le Manuel d'alpinisme du Club Alpin

En 1934, le Club Alpin Français publie avec la collaboration du Groupe de Haute Montagne un « Manuel d'alpinisme ».
Sont décrits, les pitons, les mousquetons maintenant d’usage courant, les différentes techniques de rappel et les crampons avec pointes avant.
<  Concernant la technique de la descente à l’aide de la corde, le rappel en S est mis en avant, il apporte une bonne sécurité et sera d’utilisation générale jusqu’aux années mil neuf cent soixante-dix. Le rappel en S développé par Hans Dulfer avant 1914, la « dülfersitz » venait remplacer la « kletterschluss » et les autres méthodes très dangereuses dans leurs utilisations...
<  Les crampons avec pointes avant y sont proposés sans beaucoup enthousiasme. Ils vont pourtant profondément modifier la technique de l’escalade glaciaire… Sauf en France où les chevilles particulièrement souples du meilleur glaciairiste français du moment vont contraindre la plupart des grimpeurs à un exercice de style appelé « technique française de cramponnage » ( simple aménagement de la méthode de cramponnage Eckenstein ), adapté aux pentes classiques mais beaucoup moins aux pentes plus importantes et aux progrès à venir…

Le matériel moderne d’escalade

Un article dans la revue Alpinisme de 1938 : « Pitons et matériel moderne d’escalade » présente le matériel fabriqué maintenant en France, par les établissements Simon jusque-là spécialisés dans la fabrication des piolets, sauf les mousquetons en acier qui doivent encore être importés…

L’année suivante la revue publie : « Les procédés artificiels de l’escalade » qui fait l’inventaire des ressources technologiques de la discipline...

Les inventions de Pierre Allain

Dans la seconde partie des années trente, Pierre Allain a ouvert rue des Ciseaux à Paris un premier magasin consacré à l’alpinisme et au ski, qu’il déménagera rue St Sulpice en 1938. Il achève le développement de divers améliorations :
<  Les chaussons d’escalade moderne - les fameux chaussons PA - une mise au point commencée en 1935, utilisés d’abord pour l’escalade des blocs de Fontainebleau, commercialisés en 1948 et appelés à un grand avenir…
<  Dès 1938, le mousqueton léger en alliage d’aluminium commençait à être imaginé et essayé par Allain. Il ne sera pas commercialisé, mais montrera plus tard sa justification.
<  Le « descendeur Allain » pour les rappels, mais son dispositif ouvert est d’une utilisation si délicate que sa diffusion restera confidentielle.
<  Le matériel de bivouac individuel, mais cette proposition se révélera peu judicieuse, la poche de bivouac dite sac-tente Zdarsky permettant à deux ou trois grimpeurs de se protéger - physiquement et moralement - restera supérieure de beaucoup…

Pierre Allain commettra d’autres outils, certains diaboliques et à ne pas laisser entre toutes les mains…

<  Comme « le décrocheur Allain » qui permettait de descendre en rappel sur un seul brin de corde, le système se déverrouillant automatiquement à la libération de la charge, il sera utilisé par Allain en montagne.
<  Comme « l’ancre à neige », un outil infernal qui adjoint au décrocheur Allain permettait de descendre les pentes glaciaires en rappel et de récupérer l’outil.

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L’ÉQUIPEMENT DES ALPINISTES de 1945 à 1970

Dès l’immédiat après-guerre des progrès techniques importants vont intervenir, puis d’autres suivront bientôt…

La corde en polyamide

À la sortie de la guerre 1939-1945, deux initiatives parallèles sont poursuivies visant à améliorer la sécurité des cordes d’alpinisme.
Jusque-là, on grimpait avec comme seule protection la corde en chanvre, celle-ci cassait pour une chute libre d'un mètre sous une charge de 80 kg, la sécurité pour le premier de cordée était inexistante.
Les « cordes ordinaires » en chanvre étaient destinées à subir un effort de traction lent ou une charge statique, elles ne supportaient pas une charge dynamique, c'est-à-dire la chute du premier de cordée…
Avec le polyamide ( Nylon ), le progrès va être décisif… Les « cordes spéciales » câblées voient le jour en Grande Bretagne à la fin de la guerre, en conservant les méthodes de fabrication des cordes de marine… Elles seront les premières à offrir une résistance importante, grâce à leur élasticité permettant de parer la chute d’un grimpeur progressant au-dessus d’un point d’ancrage…

  • En 1947, la corde moderne est mise au point, sur les conseils de Pierre Chevalier, par les établissements Joanny.

C’est une corde à fils parallèles formés d’éléments multifilamentaires de polyamide protégés par une gaine tressée.
C’est un progrès décisif…
À Grenoble, Maurice Doderot au sein de la Société des Touristes du Dauphiné commence l’étude systématique de la résistance des cordes avec la mise au point d’un dispositif d’essai, l’appareil Doderot simulant, pour la corde, la chute d’un grimpeur.

La Commission fédérale des cordes de montagne

En 1950, une « Commission fédérale des cordes de montagne » visant à définir un contrôle est en place, conduite par Maurice Doderot et Pierre Henry. 
Ce label fixe les conditions que devront supporter les cordes pour être agréées. Ce sont les entreprises du bâtiment qui se montreront immédiatement intéressées, plus tardivement les fabricants de cordes d’alpinisme…
En 1962, un appareil de rupture par choc des cordes de montagne, utilisées par les alpinistes, est en construction au Laboratoire Nationale de l’Armement de Toulouse avec la collaboration du Ministère de la Défense Nationale, sur le modèle de l’appareil Doderot adapté et perfectionné, il sera utilisé pour les homologations des cordes proposées par les fabricants.
Et l’Union Internationale des Associations d’Alpinisme créera à la suite sa Commission internationale et son label en 1964.

L’encordement

L’encordement se fait encore directement autour de la taille. En 1963, un baudrier est présenté par les équipementiers pour l’escalade artificielle, en effet dans les grandes voies des Dolomites très surplombantes avec de nombreux recours à l’escalade artificielle, les grimpeurs confectionnaient déjà un baudrier avec des sangles tubulaires américaines… Ces harnachements pas encore bien adaptés étaient remisés en revenant à l’escalade libre…
Cet usage restera jusqu’en 1975...

Les crampons à glace

La méthode de cramponnage imposée par Armand Charlet et présentée en France par l’ENSA comme la technique française sera fossilisée par l’article « Techniques actuelles de la neige et de la glace » par André Contamine paru dans la revue Alpinisme de 1949.
C’est en fait une adaptation de la technique Eckenstein définie dès 1908, avec des crampons à dix pointes fabriqués d’abord chez le forgeron Henri Grivel à Courmayeur, et ensuite ailleurs, expliquée plus tard en France dans la revue Alpinisme de 1927 et rebaptisée curieusement technique française.
Une méthode adaptée aux pentes classiques, mais beaucoup moins aux inclinaisons plus importantes et aux progrès à venir…
Mais en France personne n’osera contrarier les certitudes et les chevilles particulièrement souples du meilleur glaciairiste français du moment… et directeur technique de l’Écoles Nationale de Ski et d’Alpinisme…
Pourtant, l’utilisation des crampons 12 pointes - inventés par Henri Grivel dès 1929 - et la pratique du cramponnage frontal sont adoptées dès 1930, par les meilleurs glaciairistes austro-allemands, suisses, italiens et par des cordées du GHM en France.
Il faudra attendre le début des années 1970 pour que cette technique soit enfin proposée à tous en France…

Les chaussons

En 1948, et après une longue mise au point commencée en 1935, Pierre Allain met sur le marché dans son célèbre magasin de la rue St Sulpice à Paris, un chausson d'escalade à semelle caoutchouc de marque PA.
Le fameux chausson bleu sera immédiatement l'outil indispensable pour l'escalade à Fontainebleau.
En 1955, ces chaussons sont adoptés pour l’escalade des parois des Îles Britanniques…
Curieusement, ils resteront en France réservés, à quelques exceptions près, aux blocs de Fontainebleau pendant encore douze ans.
En 1962, apparaît un modèle concurrent : Varappe RD de Galibier.
Pierre Allain diffusera ses propre chaussons jusqu’en 1962. Il s’installera ensuite à Uriage en 1963, pour poursuivre le développement et la fabrication de ses mousquetons en alliage d’aluminium.
C’est dans ces années-là que le modèle d’origine échappera à son inventeur et sera récupéré par son fabriquant-cordonnier Bourdonneau qui proposera le chausson bleu d’origine, mais sous sa propre marque EB super-gratton.
En 1964, apparaît un modèle nouveau : Varappe PA Galibier, appelé « nouvelle PA ».
C’est en 1966, que le chausson d’origine figurera dans les publicités sous la marque : Super gratton EB, il restera pour encore quelque temps le modèle de référence.
Puis d’autres fabrications viendront…
En 1967, les chaussons font leur apparition dans les falaises calcaires et aussitôt dans les escalades rocheuses des Alpes… et, à partir de 1974, les chaussons PA et leurs dérivés seront indispensables pour toute escalade rocheuse difficile ou pas, en tous lieux.

Les mousquetons

C’est encore le mousqueton en acier qui est utilisé principalement.
Déjà en 1938, un mousqueton léger en alliage d’aluminium avait été essayé par Pierre Allain.
En 1948, un mousqueton léger en alliage d’aluminium ( Duralumin ) sans tenon d’accrochage du doigt est commercialisé par Allain. Il devait être utilisé avec prudence essentiellement pour l'escalade artificielle, car il ne résistait pas à une chute même modeste. L’information technique publiée parle imprudemment d’une résistance bien supérieure aux mousquetons en acier…
 Le mousqueton léger en alliage d’aluminium va plus tard de généraliser avec les progrès des alliages proposés et des facteurs de forme améliorés….
En 1958, le mousqueton léger en alliage d’aluminium ( Zicral ) sans tenon d’accrochage du doigt est mis au point par Allain. Il résiste convenablement aux chutes éventuelles des grimpeurs…
Des fabrications similaires seront bientôt proposées par plusieurs fabricants.
En 1966, le mousqueton en alliage léger, avec verrouillage du doigt d’ouverture, est présenté par Pierre Allain. C'est un véritable élément de sécurité. Est apparue à ce moment-là, l’importance du verrouillage du doigt de fermeture.

Les piolets

En 1943, le marteau piolet permettant de travailler en terrain mixte et d’enfoncer les pitons et les broches à glace fait son apparition.
En 1950, en Écosse, les escalades hivernales se pratiquaient encore en chaussures à clous et taille de marches dans la glace, les crampons n’étaient pas acceptés comme moyen technique pour les ascensions…

  • Dès 1957 et ayant évolué et adopté les crampons, les Écossais vont développer l’escalade glaciaire de haut niveau et chercher à améliorer le matériel. La ligne « Zero Gully » sur le Ben Nevis, par Tom Patey, Graeme Nicol et Hamish MacInnes, marque le début de cette évolution…

En 1964, un piolet à manche métallique est proposé sur le continent par un fabricant anglais, mais les progrès de la technique glaciaire déjà constatés en Écosse devront attendre encore un peu dans les Alpes…

Les pitons américains

En 1962, les pitons américains en acier spécial raide et très élastique traversent l’Atlantique. Ils sont très bien adaptés au granite, sont facilement utilisables, réutilisables et récupérables. Ils ont été inventés et utilisés par John Salathé pour l’ouverture de Lost Arrow dans le Yosemite en 1946. C’est l’apparition des Bongs, des Leepers, des Angles et autres Rurps
Les pitons classiques en acier malléable conservent cependant leurs avantages dans les parois calcaires…

Les broches à glace

Les pitons à glace inventés par Welzenbach dans les années 1930, de simples lames métalliques, se perfectionnent et dans les années soixante sont proposées des broches tubulaires à glace, des tiges coniques à épines, toutes pénètrent la glace, en étant frappées à l’aide du marteau-piolet.
Apparaissent également les modèles autrichiens en tire-bouchons… Cette broche en forme de tire-bouchon que l’on visse directement dans la glace est une tige d’acier de 5 mm avec sa spirale matricée, sa première utilisation est une épreuve pour les nerfs, pourtant sa tenue à l’arrachage en glace dure est surprenante… La broche vissée va avoir un bel avenir…

Le casque d’escalade

Notons que des casques figurent dans l’équipement des deux ascensionnistes de l’Eigerwand, Anderl Heckmair et Wiggerl Vörg, en 1938.
Le casque est utilisé avec parcimonie dans les années 1950… et certains utilisaient un casque de chantier et parfois de moto… 
Il est adopté régulièrement par les grimpeurs austro-allemands dès les années 1950.
Mais en France, il rencontrera d’abord quelques réticences…
Jean Cousy et René Desmaison sont têtes libres dans la reprise de la voie directe de la face nord de la Cima Grande en 1958, comme ceux de la directe française de la Cima Ovest de 1959… Pas de casque non plus durant l’hivernale de mars 1960 de la paroi nord-ouest de l’Olan…
Ils apparaissent pour la première fois en France dans une répétition du pilier sud-ouest de la Croix de Fer, comme en atteste l’iconographie de la revue La Montagne & Alpinisme de juin 1960.
Pour cette protection essentielle, l’élément déclencheur sera la diffusion mondiale des splendides photographies relatant la première ascension hivernale de la face nord-ouest de l’Eiger du 6 au 12 mars 1961. Les Austro-allemands Walter Almberger, Toni Kinshofer, Anderl Mannhardt et Toni Hiebeler sont tous équipés de casques...
Le casque est proposé dans l’information sur le matériel d’alpinisme dans la revue La Montagne & Alpinisme de juin 1961. Desmaison porte un casque au Pic de Bure en 1961.
En 1961, Gaston Rébuffat dans son livre d’initiation Neige et Roc est encore hésitant « son emploi peut-être se généralisera » et ne propose aucune photographie de grimpeur protégé. La casquette de Guide reste encore populaire…
Le casque entre dans les mœurs et dans les catalogues des magasins français en 1965 et connaîtra de nombreux progrès…
Un label FFM concernant les casques pour alpiniste est instauré en 1967.

Les ancrages forés

Le forage d’un logement pour placer un ancrage a été longtemps l’arme interdite en escalade.
Avoir recours à un seul piton-gollot dans une paroi de 1000m vous exposait à l’équivalent d’une excommunication…
Déjà les gollots de la face ouest des Drus avaient été très critiqués en 1952…
En 1958, dans les parois du Yosemite, les Américains sont les premiers à pratiquer systématiquement des forages de la roche pour placer des pitons-gollots ; les ancêtres des « Spits » et autres...
Au même moment dans les Dolomites, on attaque les parois là où elles sont les plus surplombantes avec des longueurs de corde entièrement artificielles et utilisation de nombreux pitons-gollots.
Dans les gorges du Verdon en 1968, « la voie des Enragés » dans la paroi de Duc n'est ouverte qu’avec l’aide de ces mêmes artifices.

La remontée sur cordes fixes

Dans les parois du Yosemite, les grimpeurs américains utiliseront la technique de siège pour gravir les hautes parois en installant des cordes fixes remontées ensuite à l’aide de nœuds de Prusik ou des singes mécaniques avec la technique de l’auto-traction, la force développée par la jambe permettant la montée du grimpeur.

1958 - La poignée Jumar

Deux grimpeurs suisses Adolf Jüsy (guide) et Walter Marti (ingénieur) font la mise au point de la poignée automatique Jumar autobloquante facilitant la remontée des cordes fixes en paroi et en expédition classique, même utilisation que le singe mécanique déjà existant, mais d’un emploi beaucoup plus commode.

1963 - La Commission fédérale du matériel de sécurité

En 1963, la Fédération Française de la Montagne décide d’étendre l’objet de la Commission fédérale des cordes de montagne qui devient la Commission fédérale du matériel de sécurité qui aura compétence sur les éléments essentiels de la sécurité des grimpeurs.

1964 - Un label international pour le matériel

Le plus important progrès dans le matériel d’alpinisme aura été la mise au point de la corde moderne dès 1947, et depuis ses caractéristiques seront très améliorées et contrôlées par une normalisation.
En 1964, l’Union Internationale des Associations d’Alpinisme crée sa Commission internationale.
Un label international ( UIAA ) va venir se substituer aux brevets nationaux, il est aujourd’hui le garant de la sécurité… Désormais, c’est le même essai, reproductible dans les différents laboratoires compétents, qui certifie la qualité des cordes.

1964 - Des notions de mécanique

La même année, il sera mis en relief - auprès des utilisateurs - la notion fondamentale d'absorption d'énergie qui doit être prise en compte en cas de sollicitation du matériel de protection, plutôt que la simple résistance mécanique statique…

1966 - La technique française de cramponnage

En 1966, après un colloque franco-allemand sur les techniques glaciaires, l’intervention d’André Contamine dans l’article de la revue La Montagne & Alpinisme : « La glace vingt ans après » annonce une timide évolution.
S’il consacre encore la technique française de cramponnage, il admet certains avantages des pointes avant « sollicitant l’appui par la pointe du pied, un peu comme en escalade rocheuse » et du cramponnage frontal dans les pentes raides. Les crampons avec pointes avant sont qualifiés de matériels nouveaux… disponibles depuis 1929 à Courmayeur !
Il faudra continuer à aller acheter ses crampons à Genève ou à Courmayeur, même si discrètement un modèle est apparu chez les fabricants dès 1965 en France…

1969 - La technique de la glace

Pour faire avancer le débat qui existait en France sur la technique de cramponnage imposée par l’ENSA, la technique Eckenstein, rebaptisée curieusement technique française, Lucien Devies demanda l’avis de ses collègues autrichiens…
La réponse est sans appel :
« La façon la plus naturelle, car correspondant le plus aux données anatomiques, la plus sûre et la plus économique au point de vue dépense d'énergie, est d’avancer sur la glace raide suivant la marche avec les pointes frontales de crampons à 12 pointes, dite la technique des pointes avant.
La preuve évidente en est que, après l'apparition des crampons à 12 pointes au milieu des années 1930, il se produisit une véritable ruée sur toutes les parois glaciaires, et tous les temps de montée connus jusqu’alors furent considérablement améliorés, parfois même réduits jusqu'à un tiers des meilleurs temps réalisés précédemment…
Par ailleurs c'est très certainement grâce à la technique des pointes avant, qu'au cours des années suivantes, jusqu'à la guerre et même après sa fin, que toutes les grandes parois glaciaires restées vierges furent escaladées et de nombreux parcours répétés
 ».

Le technicien autrichien qui ne connaît pas la raison de la particularité française insiste :

« Même s’il y a quelques alpinistes qui emploient - en raison de conditions anatomiques particulières - la technique des pieds à plat, dite encore technique Eckenstein, consistant à maintenir avec la surface de la glace la totalité des pointes de crampons et exigeant une forte torsion des chevilles, dans la glace raide avec la même efficacité qu'en utilisant la technique des pointes avant, ceux-ci constituent une exception. Et c'est à notre avis une erreur de recommander - ou même d'imposer - à la grande masse des alpinistes une technique peu naturelle, plus difficile et moins efficace.
Et de longues observations dans le domaine de l'enseignement ont confirmé la supériorité de la technique des pointes avant par rapport à tout autre. Pour profiter au maximum des avantages de cette technique et l'utiliser au mieux, la structure des crampons à pointes frontales est très importante et doit être rigide sans articulation ».

Le débat sur la technique de cramponnage était nécessaire, car il concernait directement l’Enseignement Alpin…
Et au début des années 1970, les crampons 12 pointes, inventés par Henri Grivel dès 1929, utilisés par des grimpeurs allemands, suisses, italiens et par des cordées du GHM depuis les années 1930, vont enfin être proposés à tous en France…
Des crampons quatre pointes avant sont mis au point et utilisés par des grimpeurs allemands dès 1969 et arriveront ensuite sur le marché... Plus tard des modèles avec les pointes avant adaptables seront commercialisés.

1969 - L’apparition des coinceurs

En 1960, première utilisation des coinceurs - les nuts - par les grimpeurs britanniques sur les falaises du Snowdon, dans le Pays de Galles.
Les Britanniques qui s'interdisent le plus possible l'utilisation de pitons vont trouver une solution élégante pour l'assurage, en coinçant dans les fissures naturelles de la roche des pierres puis des petites pièces de métal - d'abord des boulons - reliées à des anneaux de corde.
Ils façonneront ensuite des outils plus adaptés, les coinceurs.
L'emploi de ce moyen de protection va se répandre... d'abord dans les Îles Britanniques.
Dès 1965, un constat inquiétant est fait aux USA concernant l’usage des pitons en acier spécial. Ils détériorent le rocher, certaines fissures du Yosemite sont irrémédiablement abimées… Nos collègues américains viendront en 1967 chercher une issue dans les Îles Britanniques, avec l’emploi des coinceurs…
Claudio Barbier sera l’un des premiers propagandistes en Europe continentale en inaugurant la voie du Dragon dans les Dolomites en 1969, avec l’assurage sur coinceurs.
L’année suivante, une cordée française reprend l’itinéraire en utilisant ces curieux objets - dont l’emploi a été suggéré par Claudio Barbier - achetés presque en catimini à Cortina d’Ampezzo…
Utilisés dans les Alpes dès 1969, les coinceurs verront leurs formes s’améliorer avec les fameux Hexentrics, Stoppers, Bicoins, Titons et autres Copperheads
En plus de son élégance, ce moyen de protection permet souvent de réduire beaucoup l’exposition des escalades, mais en transformant certains grimpeurs en panoplie complète…
Il faudra attendre l’article de Patrick Cordier paru dans la revue La Montagne & Alpinisme n°2/1974, puis l’article d'Henri Agresti dans le n°2/1977 pour que l’information soit complète en France, au regard des nombreux articles des revues anglo-saxonnes… et la revue reviendra sur l’aspect technique d’utilisation de ces nouveaux outils, avec un article de Jean-Claude Droyer La Montagne & Alpinisme n°2/1978 ).
L'usage des coinceurs, proposé en Grande-Bretagne en 1960, apparu dans les Alpes en 1969, se généralise en 1975...

1973 - L’assurage

Dans un article consacré aux techniques de l’assurage dans la revue La Montagne & Alpinisme de 1973, l’assurage à l’épaule est toujours proposé, mais c’est une solution à proscrire dès qu’il y a risque de chute importante… Seul le demi-cabestan survivra aux progrès qui viendront… avec le baudrier d'encordement moderne et l’outil en forme de huit…

L’ÉQUIPEMENT DES ALPINISTES des années 1970 et après

Concernant l'escalade rocheuse

1974 - Les chaussons

En 1974, les chaussons d'escalade du type Pierre Allain et ses dérivés deviennent l'outil indispensable pour toute escalade rocheuse difficile ou pas, en tous lieux… Leur perfectionnement à venir viendra de l’escalade sportive ( voir le dossier : Un historique de l’escalade ).

1975 - Le baudrier

Le premier baudrier d'encordement moderne est mis au point en 1970 par Don Whillans, en Grande-Bretagne.
La revue La Montagne & Alpinisme de 1975 consacre un article un peu trop technique sur la conception du baudrier, en mettant l’accent sur un point essentiel, l’appui pelvien, mais en oubliant de commencer par le début, c'est-à-dire de regarder ce qui est déjà utilisé par les grimpeurs…
Dès 1975, le baudrier Whillans est disponible en Europe continentale, et après quelques errements les fabricants du continent ne tarderont pas à proposer leurs modèles, les plus appropriés seront fortement inspirés du modèle original de nos amis de Grande-Bretagne.
C’est la généralisation du baudrier moderne comme moyen de sécurité en escalade. Jusque-là, les grimpeurs s’encordaient à la taille directement avec la corde ( avec parfois quelques aménagements destinés à améliorer le confort ), sauf pour les escalades artificielles en fabriquant eux-mêmes un baudrier rudimentaire, ou dès 1963 en utilisant des harnais réservés à cet effet, proposés par les fabricants…
Le baudrier ne tardera pas également à être un élément de sécurité indispensable aux skieurs évoluant sur des glaciers, pour faciliter l’encordement et l’extraction d’une crevasse…

1975 - L’outil en forme de huit

Ce sont les Écossais qui ont eu les premiers la bonne idée d’améliorer le descendeur Allain en forme de fourche et dès 1968, « l’outil en forme de huit » était proposé pour les rappels.
En fermant la fourche du descendeur Allain, ils obtenaient une bien plus grande sécurité, petite modification, grande conséquence, mais l’instrument se révélera bien plus qu’un descendeur…
Il faudra quelques années pour que l’engin traverse la Manche.
En 1975, l’outil en forme de huit et le baudrier deviennent les éléments essentiels de la sécurité pour l’assurage et la descente en rappel…

Les méthodes d’assurage

Jusque-là, l’assurage du compagnon se pratiquait en passant la corde derrière l’épaule - l’assurage à l’épaule - ou encore avec le nœud de demi-cabestan depuis un point d’ancrage naturel et plus tard artificiel (piton), l’outil en forme de huit facilitera beaucoup les manœuvres de corde.
Enfin, avec le développement de l’escalade sportive, de nombreux outils seront proposés améliorant la sécurité, avec le même objectif, permettre la libération rapide de la corde pour ne pas gêner le leader et être capable de parer efficacement la chute.

Les rappels

Le rappel de corde restait une opération délicate et peu agréable avec la technique en S. Très peu d’alpinistes utilisaient le descendeur Allain en forme de fourche, mais l’incorporation d’un frein intermédiaire entre l’homme et la corde était à l’esprit de tous.
Pour les descentes techniques, dans les années mil neuf cent soixante, les grimpeurs avertis utilisaient souvent un jeu de mousquetons croisés faisant office de frein et un baudrier de fortune, puis différents intermédiaires mécaniques plus ou moins adaptés existeront…
Avec le huit et le baudrier, les alpinistes peuvent envisager les rappels les plus vertigineux…
Le rappel - hier nécessitant des précautions techniques - devient un acte ordinaire de descente…

L’équipement moderne complet 

En 1975, avec l’équipement moderne complet : le baudrier, la corde, les mousquetons modernes et l’assurage au huit ou avec un demi-cabestan, les grimpeurs auront à leur disposition une chaîne de sécurité adaptée.
La chute du grimpeur - hier aux effets souvent désastreux - devient une conséquence plus acceptable et le développement de l’escalade sportive à venir la rendra presque banale…

1978 - Le développement de l’escalade rocheuse en falaise

Les ancrages scellés après un forage de la roche

En 1978, dans l’exploration des parois des Gorges du Verdon, une révolution va bouleverser les façons de faire.
Elle propose de tracer un itinéraire en fonction des possibilités de l'escalade, en ne restant plus tributaire du placement des moyens de protection dans les reliefs de la roche.
La ligne Dingomaniaque sera la première grande voie équipée avec des ancrages scellés - après un forage de la roche - et placés d’une façon réfléchie…
En Europe continentale, on assistera peu à peu à l'équipement systématique des falaises par des ancrages placés après forage.

Le dimensionnement des ancrages 

En falaise pour les sites sécurisés, deux types d’ancrage scellé après un forage de la roche vont être régulièrement utilisés :
<  Les « Spits » avec un diamètre qui évoluera de 8 mm au début pour atteindre 12 mm, soit une bonne sécurité après la mise en garde d’Henry Sigayret, qui tentera d’initier les équipeurs à la résistance des matériaux et aux règles du BTP dans la revue La Montagne & Alpinisme n°3/1986.
<  Les « Rings » forgés qui assurent une certaine pérennité du scellement…
Il restera aux équipeurs à tenir compte de la corrosion, en particulier sur les falaises en bordure de mer…

L’équipement par le haut en falaise

Antérieurement, il ne venait à l’esprit de personne d’équiper une falaise de quelques hauteurs par le haut…
Seule en 1965, la courte falaise de Surgy avait vu un équipement général des voies par Guy Richard, avec une implantation réfléchie des points d'ancrage placés en rappel.
La technique du rappel encore archaïque, l’absence du baudrier et du descendeur limitaient les initiatives qui auraient provoqué un tollé…
Le credo était de partir du bas, de placer ses protections et ensuite d’élaguer… par suppression des points d’aide.
La nouvelle génération proposera une façon radicale d’équiper des voies d’escalade.

L’escalade sécurisée en falaise

Désormais, on assiste à une implantation judicieuse des ancrages scellés après forage. Ce sera une façon de sécuriser l’escalade…
Ces escalades sont très souvent équipées depuis le haut en rappel...
Bien peu de sites d’escalade en France vont rester non équipés, pour permettre de grimper en plaçant soi-même ses protections…
Avec cette façon de faire, réalisée sans réflexion, sans concertation et sans précaution, les falaises de France, et d’autres pays voisins, seront bientôt couvertes de « Rings » et « Spits »
Mais face à l’engouement et sur une roche fragile comme le calcaire, les itinéraires sans équipement fixe ne résisteraient pas à un délabrement dû aux placements et aux enlèvements successifs des coinceurs et des pitons.
Si cette façon de faire permet de multiplier à l'infini les possibilités d'escalade, c'est aussi un réducteur d'aventure... et la prolifération des ancrages scellés après forage doit mener les grimpeurs à s'interroger sur l'état du terrain de jeu qui sera légué aux générations futures.
Dès lors, on va assister à l’équipement tous azimuts à l’aide des perforeuses électriques et à essence…
Des itinéraires sans équipement à demeure, seront réservés à ce que certains appellent le terrain d’aventure, mais ils devront être choisis avec précaution pour éviter leurs dégradations rapides…
Cette nouvelle orientation - l’escalade sportive sécurisée - s'oppose radicalement aux règles des Britanniques et de certaines écoles américaines qui refusent et dénoncent cette méthode et cette assistance.
Ces équipements atteindront les falaises d’altitude.

En haute montagne

Plus tard, certains errements seront soulignés par la cordée suisse de Michel Piola en 1985. Engagés dans une voie nouvelle et difficile sur la face nord-ouest du Peigne dans le massif du Mont Blanc, les grimpeurs ont la surprise de croiser à peu de distance deux équipeurs descendant en rappel, traçant à l'aide d'une perceuse portative un itinéraire nouveau qui deviendra « Faut-il brûler les prophètes? ».
Piola et ses compagnons vont appeler leur itinéraire réussi en bon style « Sombre dimanche », le souvenir d'une mauvaise rencontre peut-être...
Déjà le recours aux ancrages artificiels en haute montagne était sérieusement critiqué, et l’équipement des lignes d’escalade par le haut - en dehors des falaises d’altitude - sera jugé inacceptable par pratiquement l’ensemble des alpinistes.
Ce sera une prise de conscience générale pour limiter drastiquement les forages de la roche en montagne… et les ancrages suggérés pour la protection resteront les pitons et les coinceurs et bien sûr les reliefs naturels…

1978 - Les éléments de sécurité

Les coinceurs

Comme déjà souligné, après les articles de Patrick Cordier ( LM&A n°2/1974 ) et d’Henri Agresti ( LM&A n°2/1977 ), la revue La Montagne & Alpinisme n°2/1978 revient sur l’aspect technique d’utilisation des coinceurs avec un article de Jean-Claude Droyer.

Un coinceur automatique à cames

Une invention importante est proposée par le Nord-américain Ray Jardine, un coinceur automatique et réglable reposant sur l’opposition de deux cames - le Friend - qui sera plusieurs fois amélioré, pour arriver aux merveilles de technologie qui nous sont proposées aujourd’hui…

Les dégaines

Au début de l'emploi des pitons, certains se décordaient pour passer la corde dans l’œil du piton, puis la connexion entre l’ancrage et la corde sera un mousqueton dès 1910, souvent avec un anneau de corde pour faciliter la circulation de la corde.
Jusqu’au milieu des années 1970, dans les voies nécessitant plusieurs pitons, les grimpeurs se servaient de paires de mousquetons et d’anneaux de corde pour rendre la liaison plus souple.
En 1978, apparaissent les « dégaines », un assemblage de deux mousquetons reliés par une sangle nouée, qui sera bientôt amélioré et proposé dans le commerce avec une sangle cousue…

Les cordes

Les améliorations dans la  fabrication des cordes ont été constantes depuis 1950, dans la composition de la fibre synthétique, le perfectionnement de la fabrication des éléments multifilamentaires et de la gaine, la diminution du poids et du diamètre. Le nombre de chutes acceptables pour une même corde a considérablement augmenté. L’amortissement de la chute - banale à la fin du siècle - accompagne l’élasticité du produit, le diamètre proposé en simple brin ira de 12 mm jusqu'à moins de 9 mm pour les cordes les plus techniques du moment…

Les longueurs de corde entre les relais

Les longueurs de corde entre deux relais ont beaucoup augmenté avec les progrès du matériel, l’amélioration de la technique, les dégaines et surtout avec les ancrages forés qui limitent le frottement par leur positionnement réfléchi et la suppression des angles donnés à la corde.
De 15m à 20m dans les années mil neuf cent cinquante, les longueurs classiques possibles iront jusqu'à 40m à la fin du XXe siècle…

Une révolution technique pour l’escalade glaciaire en 1972

Dès 1970, même si les alpinistes performants vont être de plus en plus des professionnels et des sportifs de haut niveau, c’est le matériel qui va apporter une véritable révolution technique… et une issue pour les novateurs.
C’est d’abord en Écosse que les progrès apparaîtront…

Les crampons à glace

Et au début des années 1970, les crampons pointes avant inventés par Henri Grivel dès 1929, utilisés par des grimpeurs allemands, suisses et italiens depuis les années 1930 sont enfin proposés à tous en France…
Des crampons quatre pointes avant sont mis au point par des grimpeurs allemands dès 1969 et arriveront ensuite sur le marché.... Plus tard des modèles avec les pointes avant adaptables seront commercialisés.

Les piolets modernes

 Au début des années 1970, le piolet moderne est peu à peu mis au point en Écosse.
Hamish MacInnes est l’inventeur du premier modèle de piolet-traction, le « Terrordactyl » avec une lame très fortement inclinée, au même moment John Cunningham expérimente des marteaux à lame recourbée…
 Ce sera un progrès décisif. L’auto-verrouillage naturel changeait complètement la façon de faire… Une petite modification pour de très grands progrès…
Le piolet moderne sera ensuite amélioré et perfectionné au fil du temps. Avec ces nouveaux outils, il devenait possible de franchir des passages rocheux recouverts de minces pellicules de glace où toute taille de marche était impossible… et bien plus un peu plus tard…
La chronique du matériel de la revue La Montagne & Alpinisme de fin 1977 montre que les perfectionnements ont mis du temps à traverser la Manche…

Le piolet traction dans les Alpes

En 1972, Walter Cecchinel qui a développé une technique glaciaire s’inspirant de celle utilisée par les Écossais - qui ne sont presque jamais venus dans les Alpes exercer leurs talents - va faire connaître la technique du piolet-traction et va proposer cette technique dans les enseignements donnés à l’École Nationale de Ski et d’Alpinisme en complément de la méthode classique.
C’est un événement qui bouleverse les habitudes de l’ENSA, qui enseignait toujours une méthode française définie par Armand Charlet et qui restait aveugle aux perfectionnements utilisés depuis trente-cinq ans dans les pentes raides de glace des montagnes...
Les fabricants continentaux ne tarderont pas à se montrer des plus créatifs pour faire évoluer ce matériel…
Sur les pentes glaciaires raides, avec les crampons modernes à plusieurs pointes avant et les piolets modernes, un glaciériste à peine initié - progressant en cramponnage frontal - se trouvait souvent plus à l’aise que les plus chevronnés utilisant le matériel et la technique antérieurs…

Les broches à glace vissées

Dans ces mêmes années soixante-dix, les broches à glace tubulaires vissées apportent une sécurité renforcée et une grande facilité d'utilisation, ce matériel sera ensuite régulièrement perfectionné…

L’ancrage Abalakof

Avec les broches tubulaires et surtout les broches tubulaires vissées, l’ancrage dans la glace mis au point par le Russe Vitali Abalakov dans l’entre-deux-guerres va pouvoir être réalisable en pratique.
L’ancrage Abalakof est une remarquable innovation, qui reste d’une application délicate et dépend de la qualité de la glace. Un ancrage qui servira surtout en cas de retraite. Il faut effectuer dans une glace compacte, avec une broche tubulaire longue, deux forages en V qui doivent se rejoindre pour former la section d’un triangle isocèle de glace et obtenir ainsi un ancrage de glace de 15 à 20 cm de coté. Il faut ensuite passer un anneau de corde dans le conduit ainsi créé, un crochet est nécessaire pour récupérer l'anneau de corde qui sera l’attache du rappel. Un entraînement régulier est nécessaire pour recourir à cette technique.

L’escalade des cascades de glace et des goulottes

Les progrès du matériel et des techniques venus d’Écosse vont transformer complètement les façons de faire des alpinistes. Dès 1975, se développe d’abord sur les cacades du cirque de Gavarnie en France l’escalade des rideaux de glace à l’existence éphémère - les cascades de glace - et bientôt en haute montagne seront trouvés des cheminements nouveaux par des goulottes glaciaires...

Le dry tooling

Au début de notre XXIe siècle, certains itinéraires rocheux parcourus jusqu’alors avec l’aide de l’escalade artificielle pourront être gravis en "dry tooling" par les meilleurs… Une technique de verrouillage des piolets modernes et des crampons adaptables à une ou plusieurs lames avant permettent de franchir des obstacles rocheux avec ces outils…
Les ascensions de cette façon, en plus du talent et de l’engagement des protagonistes, nécessitent des matériels très adaptés, piolet moderne à lame utilisant des alliages élaborés et des formes les plus performantes et aussi des crampons sophistiqués permettant de modifier l’attaque des pointes avant ou de la seule pointe avant…
Des outils qui - s’ils les voyaient - feraient se retourner dans leurs tombes les experts écossais du début du XXe siècle…

  • Aujourd’hui, avec l’utilisation des alliages les plus raffinés et avec les formes des outils sans cesse améliorées, les alpinistes disposent d’un matériel particulièrement bien adapté pour chaque type d’escalade….

CONSULTATION

L’ensemble des textes concernant l’histoire de la FFCAM et les autres dossiers proposés sont consultables au Centre fédéral de documentation de la FFCAM - 24, avenue de Laumière, 75019 Paris.

Notamment :

- Bulletins du CAF, de 1876 à 1904.
- Annuaires du CAF, de 1875 à 1904.
- La Montagne, de 1905 à 1954.
- Alpinisme, de 1925 à 1954.
- La Montagne & Alpinisme, depuis 1955.
- Les Annales du GHM de 1955 à 2001 et Cimes de 2002 à aujourd’hui.

Consultation de l’ensemble des livres constituant la bibliothèque de la FFCAM ; tous référencés.

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Accès aux publications

Vous pouvez consulter en ligne les revues suivantes :

- L’Annuaire du CAF, de 1876 à 1904 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- Voir aussi : www.archive.org et utiliser le mot-clé : club alpin français.
- Le Bulletins du CAF, de 1876 à 1904 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- La revue La Montagne de 1905 à 1954 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- La revue La Montagne & Alpinisme depuis 1955 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- Enfin la revue Alpinisme 1926 à 1954 accessible sur le site du GHM.

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