FFCAM - Le Club Alpin Français depuis 1995

Un historique du Club Alpin Français, aujourd’hui Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne, est proposé en six dossiers allant de 1874 à nos jours :

- Les origines du Club Alpin Français
- Le Club Alpin Français de 1874 à 1914
- Le Club Alpin Français de 1915 à 1940
- Le Club Alpin Français de 1941 à 1974
- Le Club Alpin Français de 1975 à 1994
- Le Club Alpin Français de 1995 à nos jours
 

Le Club Alpin Français de 1995 à nos jours

Préambule

De 1874 à 1994, le Club Alpin a mené des actions pionnières, dans l’ensemble des domaines consacrés aux montagnes, présentées dans les dossiers précédents.

Il a été notamment :

< Artisan du développement économique des hautes vallées des montagnes de France.
< Aménageur de la haute montagne, par ses refuges et ses sentiers.
< Précurseur, dans l’engagement de la société civile, pour la protection du milieu naturel et de la montagne.
< Incitateur dans les actions de la société civile conduisant à la création des Parcs nationaux.

< Artisan de l’essor du tourisme de montagne.
< Promoteur des activités tournées vers l’excursionnisme, l'alpinisme, le ski et autres activités liées aux montagnes.
< Organisateur de la profession de Guides de haute montagne, depuis 1904, et jusqu’en 1940.
< Initiateur du tourisme hivernal et des loisirs sportifs attachés en France, depuis 1904, et jusqu’à l’autonomie du ski de compétition, pour depuis 1924 se consacrer au ski de montagne.
< Organisateur des Caravanes scolaires pour la jeunesse, depuis 1874, jusqu’en 1940.
< Contributeur majeur dans la connaissance scientifique de la montagne.
< Instaurateur du Groupe de Haute Montagne, avant son autonomie en 1930.
< Diffuseur de guides-itinéraires et de manuels techniques.
<
Après 1922, promoteur de l’Enseignement alpin.
< Incitateur des premières initiatives, vers les plus hautes montagnes du monde, avant 1940.
< Il a publié certains textes essentiels : Alerte au suréquipement - La Charte des Alpages et des Glaciers - La charte Montagne.
< Depuis 1942, il a dû s’intégrer dans une organisation fédérale, où son hégémonie numérique produira des incompréhensions.
< Au sein de la Fédération française de la Montagne, il sera le partenaire majoritaire dans toutes les décisions fédérales, et dans les initiatives vers les plus hautes montagnes du monde, organisateur du Secours en montagne, avant l’intervention des pouvoirs publics en 1972.
< Les incompréhensions dans l’organisation fédérale, devenue Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade, conduiront le Club Alpin à se transformer en 1995 en une fédération multisports à part entière, une Fédération Française des Clubs Alpins (plus tard en 2005, Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne), avec la personnalité juridique de ses Sections, qui sont devenues des Club Alpins locaux.
Il conduira ensuite ses propres initiatives en matière d’Enseignement alpin, d’activités sportives et de formation au haut niveau.

Et surtout, il aura permis à beaucoup de découvrir, d’approcher et d’aimer la montagne.

Sommaire :

- 1995 - 1996 - Une fédération multisports à part entière
- 1995 à 1999 - Les refuges construits ou restaurés
- 1995 - La responsabilité des dirigeants et des cadres bénévoles
- 1997 - Les connaissances nécessaires pour aller à l’autonomie
- 1998 - Une politique de la jeunesse et la multiactivité
- 1999 - La structuration de la Fédération Française des Clubs Alpins
- Les refuges à la fin du vingtième siècle
- 2000 - L'Annapurna de 1950
- 2000 à 2006 - Les refuges construits ou restaurés
- 2000 - La loi sur les activités physiques et sportives
- 2002 - La gratuité des secours
- 2004 - La revue La Montagne a 100 ans
- 2005 - La Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne
- Les bases d’activité de la FFCAM en 2006
- 2007 - La gratuité des secours
- 2007 à 2009 - Les refuges construits ou restaurés
- 2009 - Mieux intégrer les refuges dans l’environnement préservé
- 2010 - La recherche d'une ambition commune
- 2010 - La Charte Montagne
- 2010 - Une gestion raisonnée des espaces de montagne
- 2011 - La politique de la jeunesse
- Les présidents de la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne de 1995 à nos jours

 

1995-1996 - LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DES CLUBS ALPINS

Une fédération multisports à part entière

Au début de l’année 1995, le Club Alpin Français souhaite devenir une fédération multisports à part entière, en référence à sa représentativité et sa compétence.
Le 30 janvier 1993, l'Assemblée générale du Club Alpin Français, réunie à Albertville, avait adopté de nouveaux statuts de Fédération multisports, réunissant les anciennes Sections devenues des Clubs Alpins locaux, en ayant acquis la personnalité juridique.
Les membres de la « Fédération Française des Clubs Alpins » se reconnaissent « comme des amateurs polyvalents, assumant économiquement et politiquement une grande part des charges d'aménagement et de protection de la montagne ».
Une Fédération « qui offre des formations de base dans toutes les disciplines, qui assure une représentation internationale de la France et une permanence de la culture alpine de langue française ».
L’Assemblée générale de la « Fédération Française des Clubs Alpins » réunie à Nîmes en janvier 1995 élira Fernand Fontfreyde, il devra en premier lieu préparer l’avenir de la nouvelle fédération multisports, qui deviendra plus tard en 2005, la « Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne ». L'agrément définitif viendra du ministère de la Jeunesse et des Sports du 10 mai 1996, après avis favorable du Comité Olympique et Sportif Français et de la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade.
Il faudra encore une Assemblée générale extraordinaire de la Fédération Française des Club Alpins, le 14 décembre 1996 à Paris, avec une adoption à une très large majorité de nouveaux statuts, conformément aux textes officiels, pour terminer la mutation commencée en 1988, avec la personnalité juridique octroyée aux Sections de l’association. « C’est un tournant historique dans l’évolution [du Club Alpin] et probablement l’un des plus important depuis sa création » écrira le président Fontfreyde.

Les domaines d'intervention de la Fédération des Clubs Alpins

On peut souligner les grandes orientations de la Fédération des Clubs Alpins, en s’appuyant sur un éditorial du président Fontfreyde...

Encourager le sport de loisir. C'est là que se retrouve le plus grand nombre de nos adhérents, c’est la base effective de notre Club.
C’est là que sont développées les formations indispensables qui permettent à nos jeunes affiliés d'atteindre l’autonomie et pour certains le haut niveau. Cela concerne toutes les activités sportives proposées par nos Sections devenues nos Clubs Alpins.
Développer les activités de haut niveau. Cela concerne un nombre minoritaire d'acteurs, mais constitue le fer de lance de l’association. Ce groupe d'élite intéresse tous nos compétiteurs que ce soit en alpinisme, en ski-alpinisme, en escalade, en vol libre et également certaines de nos activités spéléo. Il permet à notre Club de présenter une image de marque sportive dynamique.
Prolonger les orientations culturelles. Cela concerne : la protection de l'environnement qui doit rester un souci majeur, afin de transmettre aux générations qui nous suivront un champ d'action préservé ; l’aménagement paisible et responsable de la montagne au service des montagnards ; l’étude de l’ensemble des domaines concernés par la montagne : sciences, culture, environnement.
Ces orientations culturelles viennent compléter les raisons d'être des autres domaines d’intervention du Club Alpin. C'est ce qui permet de prétendre que le Club Alpin Français possède une éthique propre, et qu'à ce titre il est probablement le seul à être concerné par tout ce qui se passe dans le milieu montagne.

1995 à 1999 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

1995 - Le refuge de la Dent Parrachée, 2500m
1995 - Le refuge de l’Étang Fourcat, 2445m
1995 - Le refuge de la Madone de Fenestre, 1903m
1996 - Le refuge des Bésines 2104m
1996 - Le refuge du Portillon, 2570m
1996 - Le chalet refuge des Trois Fours, 1230m
1996 - Le refuge de la Pilatte, 2572m
1997 - Le refuge des Conscrits, 2580m
1997 - Le refuge Packe, 2495m
1998 - Le refuge de Péclet-Polset, 2500m
1998 - Le refuge de Font Turbat, 2194m
1999 - Le refuge Lemercier de 1891 restauré
 

Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

1995 - Les sommets de plus de 4 000 mètres d'altitude dans les Alpes

Au début du vingtième siècle la toponymie alpine, la désignation des lieux de montagne, est dans un état chaotique : « dissémination des renseignements, désaccords fréquents entre les intéressés, difficultés d’interprétation provenant de l’imprécision des auteurs, erreur d’identification ».
Ce qui avait conduit Henri Vallot à produire une contribution « Des noms nouveaux en haute montagne » dans la revue « La Montagne » de 1909, en lien direct avec les travaux de la Commission de topographie du Club Alpin, en restant dans un cadre national.
Pour les crêtes frontalières, les répertoires proposés par les rédacteurs de guides-itinéraires et par les cartographes des différents pays alpins ne concordaient pas souvent.

Notons que déjà en 1906 dans les Pyrénées, une Commission de la Fédération des Sociétés Pyrénéennes s’était chargée de définir « pour chaque lieu la dénomination et l’orthographe de nom qu’il convient d’adopter et d’inscrire sur les cartes ».
Mais dans les Alpes des carences existaient.
En 1924, Marcel Kurz avait proposé quelques réformes.
En 1929, pour la rédaction du guide-itinéraires Vallot-Fischbacher du Mont Blanc, Jacques Lagarde indique que pour rester dans la nomenclature usuelle : « nous avons écrit à notre corps défendant : Péteret et non Peuterey ; Fresnay et non Frêney ».
En 1946, il appartiendra aux rédacteurs des guides-itinéraires Vallot-Arthaud et des Écrins de mettre un peu d’ordre.
Jusqu'ici, il n'avait pas été établi de critères bien définis permettant de distinguer les sommets suffisamment individualisés des autres reliefs ne revêtant aucun intérêt, ni pour les alpinistes, ni pour les topographes.
Il était souhaitable qu’une liste de référence des sommets alpins soit établie, sur des critères univoques d'évaluation au niveau européen, par un groupe de travail possédant une compétence indiscutable. Il s’agissait surtout de trier parmi les nombreuse antécimes et autres reliefs voisins des cimes principales.
L’initiative première concernera les sommets de plus de 4000 mètres d'altitude.

Un groupe de travail

Suite à la proposition d'un membre du Club Alpin Italien Luciano Ratto, aux avis favorables des présidents du Clubs Alpins Italien, Français et Suisse, et de l'accord de l’Union Internationale des Associations d’Alpinisme, un travail de recherche a été conduit sous la responsabilité d'auteurs de guides-itinéraires des trois pays ayant des sommets de 4000m sur leur territoire.
Gino Buscaini pour l'Italie (assisté par les initiateurs du projet Roberto Aruga, Franco Bianco et Luciano Ratto), François Labande pour la France et Maurice Brandt pour la Suisse.

Critères de sélection

En partant de la définition de sommet - un point de la surface des Alpes qui s'élève avec un certain dénivellement du terrain tout autour, et qui possède une individualité - plusieurs critères ont été définis. Ils tiennent compte du fait que la liste à établir est destinée aux alpinistes, et qu'elle ne se fonde donc pas seulement sur les données topographiques (qui restent cependant l'élément fondamental), mais aussi sur d'autres critères plus subjectifs, susceptibles d'ailleurs de varier en fonction de l'évolution de l'histoire de l'alpinisme.

Critère topographique : pour tout sommet, la différence entre son altitude et celle de la plus haute éminence voisine ne doit pas être inférieure à 30 mètres (distance qui, dans l'histoire de l'alpinisme, a longtemps correspondu à une longueur de corde). Ce critère peut être complété par la mesure de la distance (en projection horizontale) entre le sommet en question et la base d'un éventuel autre 4000 adjacent.
Critère morphologique : il prend en compte la structure d'ensemble et l'aspect d'un sommet (s'applique par exemple aux épaules, antécimes, etc.).
Critère de notoriété : il traduit l'importance d'un sommet du point de vue de l'alpinisme - niveau qualitatif des voies qui y conduisent, valeur historique, fréquentation.

Détermination de l'altitude

L'altitude indiquée pour chacun des 4000 de la liste est celle qui figure sur la carte la plus récente du pays concerné. Si la montagne est frontière et que les cartes des pays divergent, les deux altitudes sont indiquées.
Il en résulte ainsi une liste « officielle » comprenant 82 sommets, ainsi qu'une deuxième liste élargie de 46 autres sommets de plus de 4000m ne satisfaisant pas aux critères mentionnés plus haut.
Les deux listes sont publiées dans la revue « La Montagne & Alpinisme » n°1/1995.

En ce qui concerne la toponymie

Dans les Alpes, après enquêtes et consensus entre les géographes et érudits, la toponymie liée aux montagnes a été peu à peu cristallisée depuis le début du XXe siècle. Mais elle était venue butée sur différentes frontières entre les pays, sur certaines limites de régions, ou même sur certaines délimitations de zones linguistiques.
Le groupe de travail de 1995 s’est bien gardé d’intervenir sur ce terrain miné, qui dépassait largement leur contribution, et restera éminemment politique.
Plusieurs noms continueront donc de consacrer certains sommets, cols ou passages frontières, comme pour la plus illustre des montagnes avec ses trois noms : Cervin - Matterhorn - Monte Cervino, et aussi les nombreux sommets de l’arête frontière, et certains passages comme Colle della Maddalena d’un coté et col de Larche de l’autre.
Et la toponymie des Dolomites présente, à cause de l’histoire, un imbroglio encore plus indémêlable pour les visiteurs.

1995 - LA RESPONSABILITÉ DES DIRIGEANTS ET DES CADRES BÉNÉVOLES


Suite à une affaire malheureuse concernant un accident d’escalade, le Club Alpin organise, le 20 mai 1995, un colloque sur la responsabilité des dirigeants et des cadres bénévoles, il sera conduit par des membres des professions judiciaires. Le rapport est publié dans la revue « La Montagne & Alpinisme » n°3/1995.
Participaient de nombreux Clubs Alpins, ainsi que la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade et celle de la Randonnée Pédestre, et d’autres associations intéressées.

Voici les grandes lignes des résultats d’abord, avec ces constatations préalables :

-  La situation du dirigeant ou du cadre bénévole n'est pas différente de celle de toute autre personne appelée à répondre de ses agissements, à la fois fautifs et dommageables, la faute étant appréciée, en dernière analyse par les tribunaux, selon la conduite normalement diligente et raisonnable qui doit inspirer toute action humaine.

En ce qui concerne nos activités particulières :

-  Il n'existe pas, pour la pratique des sports en montagne, de réglementation nationale émanant de l'autorité publique.
-  Pour tout pratiquant, il est souligné l'intérêt de souscrire une assurance « individuelle-accident », destinée à couvrir le préjudice corporel ou matériel subi par lui et découlant d'un accident.
-  Les procès verbaux dressés par la gendarmerie pour l’enquête de police judiciaire, lors des accidents de montagne, sont des avis techniques dans lesquels les magistrats puisent les informations dont ils peuvent avoir besoin, lorsqu'ils sont saisis de procédures contentieuses.
-  L'action à conduire pour notre association peut se développer selon quatre objectifs : organisation, exécution, réflexion et communication.
-  Elle doit l'être dans chaque cellule du Club Alpin, le siège fédéral ne pouvant que promouvoir un certain nombre de recommandations, et donner des impulsions lorsque le besoin s'en fait sentir.

L'ORGANISATION. Chaque association doit veiller avec rigueur à la parfaite distribution des tâches des divers responsables à l'organisation des courses ou sorties collectives, selon un calendrier porté à la connaissance des pratiquants et comportant une évaluation des difficultés techniques de ces sorties, la sélection, la formation des cadres, l'accueil des nouveaux membres, la mise en place de sorties destinées à les familiariser avec les activités qu'ils désirent pratiquer.
L'EXÉCUTION. Elle doit conduire à la recherche de cadres expérimentés bien formés, aux connaissances et à l'expérience avérées, sachant réagir en situation de risque et attentifs au niveau technique des participants qu'ils encadrent. Remarquons que la possession d'un brevet, si elle est recommandée, car elle est souvent un critère de compétence devant les juridictions, n'est pas obligatoire pour conduire des groupes d'adultes en montagne, elle peut être remplacée par une solide expérience acquise au fil des années par une pratique constante.
L'élaboration de règles techniques de base, présentées en termes de recommandation et non d'obligation ou de réglementation, a été proposée dans le cours de la discussion par divers participants, qui ont fait état de cette pratique dans des clubs alpins étrangers ( Suisse notamment ), et même dans nos Clubs Alpins ( Marseille, en particulier ).
LA RÉFLEXION. L'accident peut survenir même dans le groupe le mieux géré, utilisant un encadrement de bon niveau technique. D'où la nécessité de créer des cellules de crise ou des comités de sécurité, qui dans une telle situation procéderaient à une enquête interne pour déterminer les causes du sinistre : défaillance de l'encadrement, risques objectifs normalement imprévisibles, faute de la victime...
Les conclusions de cette enquête - qui ne remplacerait pas l'enquête judiciaire - permettraient, sans aucun doute, de tirer d'utiles enseignements, pour éviter la reproduction d'autres accidents.
Cette procédure nous rendrait également plus crédibles, tant auprès de nos assureurs, que des autorités judiciaires, ou des milieux professionnels, dans la mesure où nous apparaîtrions comme capables de remédier à nos propres défauts.
LA COMMUNICATION. C'est à ce moment que la relation humaine, conforme à la tradition de solidarité des pratiquants de la montagne, est la plus nécessaire. Les ayants droit d'une victime décédée doivent pouvoir connaître les circonstances de l'accident et ce, dans un délai aussi proche que possible de la mort de leur proche. Si cette information ne leur est pas donnée, le seul recours dont ils disposent est le dépôt d'une plainte qui leur permettra d'accéder à l'enquête judiciaire et de solliciter, par le biais de la constitution de partie civile, l'ouverture d'une information pénale.
Tout aussi digne d'intérêt est la situation du présumé responsable, nécessairement membre de notre association et tenu, s'il n'est pas soutenu, de supporter seul, au moins le poids moral de la mort d'un compagnon ou, plus encore, de celle d'un ami.

1996 - Le vélo de montagne

Le Vélo Tout Terrain, né aux USA en 1979, continue son développement aux niveaux des clubs de la FFCAM, ils accueillent de nombreux adeptes, et une Commission nationale de vélo de montagne (VTT) anime l’activité.
Après un numéro spécial en 1991, consacré à cette discipline, en progression dans nos clubs, la revue La Montagne & Alpiniste n°2/1996 revient sur son aspect pratique.
Le cinquième rassemblement national de vélo de montagne est organisé du 22 au 25 août 1996 dans le massif du Pilat, par les Clubs Alpins de Lyon et de Saint Etienne.

1996 - Les parcours aménagés

Le Club Alpin avait publié un article expliquant l’enjeu dans la revue La Montagne & Alpinisme n°1/1991, suite à la construction de nombreuses structures métalliques et artificielles d’échelles, de câbles et d’escaliers volants, pour proposer des circuits aériens parcourant des parois rocheuses : les « Vie Ferrate » du nom emprunté aux précurseurs italiens en la matière.
En 1996, le Club Alpin doit renouveler son avis, sollicité par le Service d’Études et d’Aménagement Touristique de la Montagne ( SEATM ) : « oui pour certains itinéraires présentant un intérêt majeur de randonnée pédestre, en proposant des solutions de continuité entre des éléments naturels de progression », et rappelle sa position dans la revue La Montagne & Alpiniste n°2/1996.
La recommandation sera vite oubliée, car les stations d’altitude sont à la recherchent d’activités d’été.
Le 19 mars 1997 à Chambéry, une table ronde constatera que les parcours aménagés « s’offrent au public comme activité accessible et très simple, [mais] l’équipement et la gestion d’un tel itinéraire peuvent s’avérer très complexes sur le plan des normes techniques et de sécurité, sur le plan de la responsabilité des communes, sur le plan des compétences réglementaires en matière d’encadrement, et sur le plan de l’impact environnemental ».
Un public qui devra se transformer en panoplie complète et attendre des heures derrières les moins aguerris.

Les réglementations, l’entretien des installations et les responsabilités engagées viendront bientôt tempérer un peu les ardeurs des entrepreneurs.

Nous sommes à des années lumières du merveilleux sentier des Bocchettes des Dolomites des années 1960, qui était alors fait de fils de fer, de bouts de bois et d’échelles branlantes, et parcouru sans aucun matériel de sécurité…

1997 - LES CONNAISSANCES NÉCESSAIRES POUR ALLER À L’AUTONOMIE

L’Assemblée Générale annuelle de la Fédération des Clubs Alpins s’est réunie le 1er février 1997 à Lourdes, elle a élu un nouveau président André Croibier qui signe un premier éditorial « Le Club Alpin Français, dès sa création, s’est donné pour mission de promouvoir l’aventure en montagne, et [ plus tard ] d’apporter à ses adhérents toutes les connaissances nécessaires à leur autonomie. La Fédération des Clubs Alpins Français poursuivra les mêmes objectifs : notre effort de formation, plus particulièrement auprès des jeunes, n’a pas d’autre but ».

Marcher dans le ciel

En mai 1988, Joël Claudel, accompagnateur en montagne, conçoit un fauteuil muni d’une roue unique, et de deux brancards, permettant de véhiculer une personne handicapé moteur sur les sentiers de montagne, et pouvoir emmener son neveu Stéphane atteint de myopathie : la Joëlette.
Un modèle plus élaboré est proposé à partir de 1995.
L’association Handicap Évasion développera cette proposition. C’est une structure loi 1901 à but non lucratif d’intérêt général, née dans les Hautes-Alpes en 1988. Son objectif est de permettre à des personnes handicapées physiques et à des personnes valides de partager une activité de randonnée pédestre en montagne, grâce à un fauteuil roulant tout terrain. L’association est affiliée à la Fédération Française de Randonnée Pédestre, car elle s’inscrit dans le cadre de la randonnée sportive, réunissant personnes valides et handicapées.
Dans les années mil neuf cent quatre vingt dix, une association pyrénéenne « Y arrivarem » développera des activités en pleine nature avec des objectifs proches : permettre à des personnes handicapées physiques et à des personnes valides de partager une activité sportive en montagne.
Certain de nos clubs s’associeront à ces démarches généreuses, l’une d’elles aura permis à un jeune handicapé d’écrire merveilleusement d’avoir pu « marcher dans le ciel »...

1997 - Les dangers de la foudre en montagne

Le second Symposium international « Foudre et Montagne » est organisé conjointement par la Société des Électriciens et Électroniciens ( SEE ) et la Club Alpin Français, à Chamonix du 1er au 5 juin 1997, concernant les accidents ( et les dangers ) de la foudre en montagne.
Cent quatre-vingt participants, représentant de vingt-huit pays, sont présents, prolongeant les travaux de 1994, avec cent dix communications traitant de recherches fondamentales, ou appliquées en matière de modélisation, de détection et de protection des hommes et des installations, ainsi que l’étude des effets de la foudre sur l’homme.
Les actes du congrès seront disponibles à la SEE.
Une présentation est publiée dans la revue « La Montagne & Alpinisme » n°3/1997.
Une plaquette, « L’orage en montagne », sera éditée par le Comité scientifique, à destination du grand public.

1997 - Une histoire de la spéléologie au Club Alpin

En 1997, la Commission nationale de spéléologie du Club Alpin a plus de soixante ans d’existence, elle coordonne l’activité des spéléologues répartis dans les différentes associations de la Fédération Française des Clubs Alpins.
On retrouvera un historique de la spéléologie dans un article de Philippe Morveran « La petite histoire de la spéléologie au Club Alpin » dans la revue La Montagne & Alpinisme n°4/1997.
Est bien décrite la part importante du Club Alpin, en ce qui concerne le début de la spéléologie en France, la période prolifique de 1935 à 1955, puis la structuration de l’organisation et son évolution.
Les liens forts de la spéléologie avec le Club Alpin, à l’origine de cette discipline dès 1888, méritent d’être soulignés et rappelés, ainsi que les activités de la Commission des travaux scientifiques du Club Alpin de 1939 à 1950 ( voir le dossier : Un historique de la spéléologie ).

1997 - Les guides manuels du Club Alpin Français

Aux éditions de Seuil, le Club Alpin propose une collection présentant les différents sports alpins :
- Les Sports de neige
- La météo de montagne
- La randonnée en montagne
- Alpinisme et escalade en 1998

1997 - Un classement au Patrimoine mondial de l’Unesco

Le 6 décembre 1997, l'Unesco a classé au Patrimoine mondial une partie du territoire des deux Parcs nationaux d'Ordesa-mont Perdu en Espagne et des Pyrénées occidentales en France, au double titre de monument naturel et de monument culturel.
Le Parc national d'Ordesa et du mont Perdu est créé le 16 août 1918, reclassé et étendu en 1982.
Le Parc national des Pyrénées occidentales a vu le jour en 1967.

1998 - Les raquettes à neige

Pour les habitants des hauts villages de montagne, des raquettes à neige rudimentaires étaient d'une utilisation courante depuis très longtemps, pour des mobilités très circonscrites en hiver sur la neige et le passage de certains cols. Un usage connu dans les pays nordiques depuis les temps préhistoriques ( voir le dossier : La pratique hivernale de la montagne ).
C’est d’abord avec des raquettes à neige que la pratique hivernale de la montagne va s’initier vers 1880, et se développer, elles seront rapidement délaissées au profit du ski.
Cent ans plus tard, le déplacement à l’aide de raquettes réapparait dans nos montagnes et devient un nouveau « produit », proposé en hiver par les stations de montagne.
Pour le Club Alpin, c’est une conception rustique et rurale qui sera mise en avant, une nouvelle façon d’accéder à un espace de liberté, lorsqu’elle est pratiquée loin des espaces aménagés, des stations et des foules « c’est là que l’on peut le mieux jouir des grands espaces et du plaisir de créer son propre itinéraire, tout en cultivant une connaissance approfondie de la neige, du terrain, de l’environnement naturel et humain ».
Le Club Alpin organise des formations de base axées sur la sécurité, à l’intention de ses cadres bénévoles.
La coexistence de cette discipline - à la fois nouvelle et très ancienne - avec les pratiques hivernales classiques : ski alpin et nordique est évoquée dans l’article de Pierre Gallet dans la revue La Montagne & Alpinisme n°1/1998.

1998 - La formation pour les sports de neige

Pour la saison 1998-1999, le Club Alpin met en place ses propres formations dans le domaine des sports de neige de pleine nature, débouchant sur des brevets fédéraux, comprenant trois niveaux de formation. La présentation est publiée dans la revue La Montagne & Alpinisme n°4/1998.

1998 - Le ski de montagne de compétition 

C’est sous la terminologie de « ski de montagne de compétition » que l’UIAA décide de désigner le ski-alpinisme de compétition en développement…

1998 - Le centenaire de l’observatoire Vallot

À l’occasion du centenaire de l’observatoire Vallot, construit en 1898, l’œuvre scientifique de Joseph et Henri Vallot est rappelée dans la revue La Montagne & Alpinisme n°2/1998, par respectivement Jacques Malbos, Robert Vivian, Claude Deck, Monique Fort, Louis Reynaud et Jean-Paul Richalet.

1998 - UNE POLITIQUE DE LA JEUNESSE ET LA MULTIACTIVITÉ

Depuis sa création le Club Alpin s’est toujours préoccupé de sa politique de la jeunesse, d’abord dès 1874 avec ses Caravanes Scolaires.
En 1990, c’est une formation tournée vers la compétition dans les activités sportives qui est proposée, en regard de la forte demande des plus jeunes adhérents, la compétition étant souvent la forme la plus motivante de pratique, et d’encouragement à l’acquisition d’une technique.
Mais dans l’environnement de la montagne et en fonction de la raison d’être du Club Alpin « la compétition ne peut être qu’une facette de la pratique des jeunes. Il serait dommage et bien trop réducteur de la limiter à une gestuelle ou à un désir un peu sommaire de confrontation avec autrui ».
En 1997, la Commission jeunes est créée, en ayant à l’esprit des dimensions de loisir, dans un environnement qui implique culture et savoir-faire, en orientant ses initiatives vers la multiactivité.
La présentation de la commission et les résultats des deux premières initiatives sont soulignées par le président de la commission Dominique Girard, dans un article : Le CAF et les jeunes de la revue La Montagne & Alpinisme n°1/1998.

1999 - LA STRUCTURATION DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DES CLUBS ALPINS

Dans son éditorial André Croibier, président de la Fédération Française des Clubs Alpins, souligne les restructurations de l’association qui à désormais acquis un statut fédéral reconnu.

- Structuration territoriale de la fédération, avec des Comités départementaux et Comités régionaux ( ou délégations correspondantes ) de façon à la mise en place des interlocuteurs reconnus par les collectivités territoriales et les services décentralisés de l'État.
- Formation des cadres bénévoles, dont elle avait un urgent besoin. La Commission nationale de formation a pu mettre en place tous les cursus concernant les activités de la fédération.

Il annonce la mise en conformité des hébergements d'altitude, et la rénovation d'une centaine de refuges, programmée sur la période 2000-2006.

LES REFUGES À LA FIN DU VINGTIÈME SIÈCLE

La revue La Montagne & Alpinisme n°3/1998 consacre une nouvelle fois un numéro spécial aux refuges « Le Club Alpin française et ses refuges en 1998 », qui présente la situation de ces années-là.. Elle est accompagnée d’un rappel historique des constructions depuis 1874, qui comporte malheureusement une omission, en oubliant de citer le principal artisan de la reconstruction des refuges de 1945 à 1974, des bâtiments « qui au sortir de la guerre 1939-1945 sont - pour la plupart - délabrés faute d'entretien, et certain sont pillés ou vandalisés »
Si, les actions des hommes de l’art sont essentielles, celles des hommes et des femmes du Club Alpins ont été et restent  primordiales et bénévoles, ils et elles participent à la conception et à la réalisation, ils et elles décident du financement, doivent trouver les partenaires et en dernier lieu devront assumer la décision au nom des adhérents de l’association ( voir le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges ).

Les aéronefs à moteur en montagne

Dans le cadre de la protection de la montagne, le Club Alpin publie des recommandations et des propositions pour l’utilisation des aéronefs à moteur en montagne, qui ont été approuvées par le Comité directeur de la fédération, dans la revue La Montagne & Alpinisme n°1/1999.

 2000 - Le développement durable

Le développement durable est mis en avant par le Club Alpin, avec le compte rendu du « Congrès mondial du Comité international olympique » d’octobre 1999, et l’éditorial du président André Croibier dans la revue La Montagne & Alpinisme n°2/2000 :
« Dans le droit fil de la déclaration du sommet mondial de Rio en juin 1992, le développement durable des zones de montagne passe par la préservation d'un environnement montagnard de qualité, sa fréquentation intelligente et en sûreté par le public le plus large, et un essor économique pérenne pour les activités locales qu'elles soient agricoles, touristiques ou de services.
Ainsi, et concernant plus particulièrement le Club alpin français, le développement durable apparaît comme le cadre harmonieux à l'intérieur duquel nous allons, dans les années à venir, poursuivre trois objectifs.
• Préserver un environnement montagnard de qualité.
• En favoriser l'accès le plus démocratique possible en veillant à la pertinence et à la sécurité des pratiques : nous y parviendrons par une formation aux techniques ; accompagnée d'une sensibilisation à la richesse et à la fragilité du milieu montagnard.
• Améliorer les conditions d'accueil dans nos hébergements pour rendre ceux-ci plus attractifs. Les refuges, chalets et centres alpins doivent en effet constituer un pôle fort d'attraction de tous les montagnards vers le CAF.
En poursuivant cette politique nous assurerons l'équilibre économique de notre secteur «hébergements» certes, mais, tout en remplissant la mission de service public qui nous est confiée, nous nous engageons pour le CAF et pour la communauté montagnarde en général, dans la voie d'un durable développement ».

L’équilibre économique des Parcs nationaux

L’équilibre économique des Parcs nationaux est évoqué dans la revue La Montagne & Alpiniste n°1/2000, pour le Parc de la Vanoise, et n°2/2000, pour le Parc des Écrins.
Ces études soulignent l’apport économique de ces zones protégées, pour les collectivités qui en ont accepté l’implantation.

La restauration des chalets d’alpage

Un manuel est proposé, à l’initiative du Parc national de la Vanoise, pour la restauration ou la reconstruction d’anciens chalets d’alpage, un patrimoine bâti entrant dans la mise en valeur du territoire montagnard.

2000 - Les parcours aménagés

Le Club Alpin avait publié un article expliquant l’enjeu dans la revue La Montagne & Alpinisme n°1/1991, suite à la construction de nombreuses structures métalliques et artificielles d’échelles, de câbles et d’escaliers volants, pour proposer des circuits aériens parcourant des parois rocheuses. Avec un rappel de sa position dans la revue La Montagne & Alpiniste n°2/1996.
Le comité directeur du 18 mars 2000 renouvelle l'avis du Club Alpin dans la revue La Montagne & Alpiniste n°2/2000, sous le titre « Via ferrata » équipement et pratique.

2000 - L’Annapurna de 1950

À l’approche du cinquantenaire de l’ascension de l’Annapurna, certains hors contexte, et utilisant des informations partielles et des « on-dit », ont voulu exploiter l’événement historique à des fins d’édition.
Le challenge semblait être de vouloir saper, par tous les moyens, la notoriété de l’homme survivant de l’Annapurna Maurice Herzog, devenu un notable connu, qui pris dans la tourmente n'opposera qu'une résistance lassée et agacée de personne âgée, avec quelques maladresses de communication.
Pour alimenter à tout prix une controverse, fructueuse pour les porteurs de ragots, on développe la thèse empoisonnée de la suspicion, on proposera une interprétation douteuse de photographies connues, mais en ne disant rien de la descriptions précise donnée par les deux du sommet, qui n’allait pas dans le sens souhaité : la grande falaise terminale et le couloir permettant l’accès au sommet, que personne - sauf eux - ne pouvait connaître et constituait une information essentielle, irréfutable et définitive.
Pour rester dans le sensationnel, on ne tiendra pas compte des avis compétents, ce sera à qui en rajoutera le plus, en instillant le doute, en faisant parler les morts, rien ne sera vérifié, c’est le ragot qui tiendra lieu d’argument.
On ira jusqu'à tenter de faire un rapprochement invraisemblable entre l’organisation française pour l’Himalaya conçu dès 1933 et une fondation d’outre-Rhin, dont on nous explique les liens avec les nazis, créée en 1936…
Mais où était la vérification des sources…

Après l’orage, un important travail de Jean-Jacques Prieur, publié dans la revue du Groupe de Haute Montagne permettra de s’informer et de comprendre…

- Annapurna, une affaire de cordée ou de photos ? Cimes 2014.
- Annapurna, la conjuration du centenaire. Cimes 2015.

- Voir aussi le dossier : Un historique des expéditions lointaines.

2000 à 2006 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

2000 - L’ancien refuge du Sélé de 1956 restauré, 2710m
2000 - Le refuge d’Espingo, 1960m
2000 - Le refuge de l’Aigle, 3440m
2001 - Le refuge de Vallonpierre, 2271m
2002 - Le refuge de la Cougourde, 2100m
2002 - Le refuge de la Glère, 2153m
2003 - Le refuge de Bayssellance, 2651m
2003 - Le refuge du Fond d’Aussois, 2350m
2003 - Le refuge de la Tagnarède, 1052m
2003 - Le refuge du Viso, 2460m
2005 - Le refuge de Tête Rousse, 3170 m
2005 - Le refuge de Tuquerouye, 2666m
2006 - Le refuge du Carro, 2764m
2006 - Le chalet de montagne de l’Eychauda, 1267m
2006 - Le chalet de montagne du Sancy dans le Puy de Dôme, 1270m
2006 - Le chalet-de montagne des Trois Fours, 1197m

Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

2000 - LA LOI SUR LES ACTIVITÉS PHYSIQUES ET SPORTIVES

La Loi sur les activités physiques et sportives, dite Loi sur le Sport, datait du 16 juillet 1984, elle est modifiée le 6 juillet 2000.
Concernant l’Enseignement alpin : « les fédérations sportives agréées assurent la formation et le perfectionnement de leurs cadres. ( ... ) Les diplômes concernant l'exercice d'une activité à titre bénévole, dans le cadre de structures ne poursuivant pas de buts lucratifs, peuvent être obtenus soit à l'issue d'une formation, soit par validation des expériences acquises ».
L’éditorial du président André Croibier souligne la portée du texte, et la nécessité pour le Club Alpin d'être présent dans les consultations et les débats préparatoires aux décisions :
« Nous sommes - nous pratiquant la montagne - directement concernés par ce texte qui, s'il entérine certaines pratiques de notre fédération, se montre par ailleurs innovant en matière de gestion des espaces, sites et itinéraires de pleine nature.
Ainsi c'est toute la politique de formation du Club Alpin Français initiée en 1997 qui se voit aujourd'hui confortée. Mieux même, et la modestie des instigateurs et des pilotes de cette politique dût-elle en souffrir, nous avons su faire œuvre de pionnier en créant la "validation des compétences" pour accompagner la délivrance de diplômes à l'issue de stages.
Concernant les "espaces, sites et itinéraires relatifs aux sports de nature" leur gestion fait appel à un dispositif très complet - voire complexe ? - Nous en retiendrons, pour aller à l'essentiel, l'impérative nécessité pour le Club Alpin Français d'être présent à tous les niveaux de la consultation et de la décision. Au plan national, c'est aux élus fédéraux qu'il appartiendra de défendre la liberté et la gratuité d'accès aux sites montagnards tout en veillant à leur protection. Mais un rôle essentiel sera dévolu à nos comités départementaux des zones de pratiques : il leur appartient de se rapprocher du président du Conseil général de leur département qui pilotera désormais la commission ad hoc aux pouvoirs très larges, en charge du "plan départemental des sites, espaces et itinéraires relatifs aux sports de nature" ».

2001 - Une nouvelle olympiade

Pour suivre le rythme qui conduit désormais la vie associative, selon la Loi de 2000 et basé sur les olympiades, le renouvellement total des structures dirigeantes de l’association est voté, par le Congrès national de la Fédération française des Clubs Alpins (anciennement Assemblée générale), réuni les 3 et 4 février 2001 à Marseille.
Bernard Mudry est élu président, son action appuyée par son Comité directeur sera - entre autres initiatives - orientée vers la recherche d’une réunification de la Fédération des Clubs Alpins et de la Fédération de la Montagne, plusieurs éditoriaux souligneront les intentions.

2001 - Dialogue et ouverture

Éditorial du président Bernard Mudry, portant sur la recherche d'une réunification entre la FFCAM et la FFME, dans la revue La Montagne & Alpinisme n°2/2001.

2001 - Le refuge de l’Aigle

Dans les Grandes Alpes du Dauphiné et le massif des Écrins, construit en 1910, réaménagé 1962, le refuge de l’Aigle est dans un état vieillissant, après 90 ans de service, sa reconstruction s’avère nécessaire, mais ce lieu de vie placé à 3440m d’altitude est porteur de beaucoup de souvenirs et de sentiments. La Commission des refuges annonce une consultation des montagnards dans La Montagne & Alpinisme n°4/2000.
Un article « Le refuge de l’Aigle » en 2001, évoquant le projet de reconstruction, va provoquer des émotions compréhensibles, et aussi des émois exaltés, sans issues raisonnables.

Un nouvel article dans le n°2/2004 devra revenir sur ce qui n'est encore qu'un projet.

2002 - La place de l’alpinisme

Le Congrès national de la Fédération des Club Alpin de Besançon des 26 et 27 janvier 2002 a réaffirmé que « l’alpinisme ne peut faire l'objet de compétitions structurées sans risquer de perdre sa spécificité et sa richesse. L'alpinisme se déroule dans un univers qui doit rester un espace de liberté. Sa pratique découle d'un acte volontaire. Elle véhicule des notions fortes d'engagement, d'autonomie, de prise de responsabilité de celui qui s'y adonne, notamment pour assurer sa propre sécurité. Ces valeurs ne peuvent tolérer les tentatives de codification, d’encadrement propre à toute compétition, et l'embrigadement vers des lieux s'apparentant à des stades.

2002 - LA GRATUITÉ DES SECOURS

De nouveau la question des secours en montagne se trouve posée, avec la remise en cause de la gratuité des secours. Le 27 février, un amendement, à la Loi sur la démocratie de proximité, étendait à l’ensemble des activités sportives et de loisirs, la possibilité pour les communes de se faire rembourser les frais qu’elles ont engagés dans les opérations de secours.
Cette initiative va amener l’ensemble des associations à se mobiliser.
Avec l’éditorial du président Bernard Mudry dans la revue La Montagne & Alpinisme n°3/2002, la Fédération Française des Club Alpins réaffirme les principes auxquels elle tient : « gratuité des secours pour tous, maintien des secours dans le domaine du service public et égal accès de traitement pour tous les citoyens en tous lieux du territoire ». Il reviendra sur la question dans son éditorial du n°2/2003, un cahier « Secours. L’état des lieux » accompagnera la requête.

2003 - La recherche d’une réunification

Déjà le président Bernard Mudry était intervenu dans un éditorial de la revue La Montagne & Alpinisme n°4/2002 : « Pour un dialogue serein avec nos partenaires fédéraux ».

Une résolution sera adoptée à la quasi-unanimité du Congrès national de la Fédération des Club Alpins d’Annecy le 1er et 2 février 2003 : « Soucieuse de l’intérêt général des pratiquants, l’Assemblée générale mandate le comité directeur pour qu’il travaille à une fusion de la Fédération des Clubs Alpins et de la Fédération de la Montagne ».

Mais rapidement en 2004, il sera constaté que les orientations des deux fédérations ont évolué vers des cultures spécifiques différentes, compétition pour l’une, multiactivité pour les pratiques sportives ou de loisirs pour l’autre.

2003 - Le Parc national de la Vanoise a quarante ans, celui des Écrins trente

La revue La Montagne & Alpinisme consacre deux articles évoquant la création des Parcs nationaux de la Vanoise et des Écrins.

Concernant le Parc national de la Vanoise, là encore sont oubliés les rôles du Club Alpin, de sa Section lyonnaise et de l’ancien président de l’époque, pourtant indiscutablement à l’origine de la démarche.

Pour le Parc national des Écrins, c’est la même façon de ne pas trop insister sur le rôle essentiel du Club Alpin, et de son président des années mil neuf cent soixante dix.

Redisons que l’essentiel restera de cette heureuse initiative ; des Parc nationaux définitivement préservés de décisions hasardeuses ou mercantiles.

Les refuges desservant le Parc de la Vanoise sont au nombre de 51, le parc gère 17 d’entre eux, le Club Alpin, trois communes et des particuliers se partagent les 34 autres lieux d’accueils.

Les principaux refuges du Parc des Écrins sont l’œuvre du Club Alpin et de la STD, auxquels s’ajoutent les créations du Parc.

2003 - La forêt du Saoû sauvegardée

La forêt de Saoû, incroyable ensemble géographique, zoologique et botanique, et plus beau synclinal perché d'Europe, est achetée par le département de la Drôme.
Un comité de pilotage, où la commune de Saoû jouera un rôle majeur, devra assurer un équilibre harmonieux entre tous les usagers (randonneurs, écologistes, chasseurs, agriculteurs ... et animaux). « Ainsi les Drômois et leurs visiteurs pourront-ils parcourir les 43 km de chemins du site à la découverte des rarissimes pelouses à Nard raide ou des bois d'aulnes des rivières à eaux lentes, en guettant le minuscule roitelet triple bandeau ou l'exotique vautour percnoptère » (Bernard Foray-Roux, premier adjoint de la commune de Saoû, membre du Club Alpin de La Mure).

2004 - LA REVUE LA MONTAGNE A 100 ANS

Soucieux de faciliter et de propager la connaissance des montagnes et de développer la pratique de l'alpinisme et de l'excursionnisme, les pères fondateurs du Club Alpins Français en 1874 ont voulu immédiatement se doter d'un support de diffusion conséquent, d'une publication périodique régulière.
Un Annuaire du Club Alpin, volumineux recueil d'articles et d'informations diverses, édité en fin d'année dès 1874 et un Bulletin trimestriel, consacré principalement à la vie interne du Club seront publiés.
En 1905, les deux publications sont réunies dans une seule revue se voulant mensuelle sous le titre : La Montagne.
En 1955, les titres La Montagne (CAF) et Alpinisme (GHM) fusionnent pour La Montagne & Alpinisme que nous connaissons aujourd’hui.
Un numéro spécial n°4/2004 est entièrement consacré, rappelant la longue route de l’édition.

2005 - LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DES CLUBS ALPINS ET DE MONTAGNE

Conséquences de l’échec du rapprochement souhaité avec la FFME, et de l’évolution des deux fédérations vers des cultures spécifiques différentes, la Fédération des Clubs Alpins propose la possibilité à des clubs de s'affilier en conservant leur personnalité et leur nom, en modifiant son propre intitulé.

Durant le congrès de Chambéry, les 29 et 30 janvier 2005, avec la nouvelle olympiade - qui acte désormais l’organisation du sport français - Bernard Mudry sera réélu président en présentant « un projet politique fort, ambitieux et néanmoins réaliste - pour une fédération plus ouverte, rassembleuse et représentative, avec comme principal objectif de replacer la montagne plurielle au cœur des destinations et des préoccupations des Français ».

L’acte essentiel sera l’approbation des nouveaux statuts et du nouveau nom, pour une Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne - FFCAM - « plus ouverte, rassembleuse et  représentative », en reprenant l’heureuse formule du président Bernard Mudry.

La plus importante mutation du Club Alpin depuis sa création en 1874

Le Club Alpin achève la plus importante mutation de son mode de fonctionnement depuis sa création :

<  En 1988, la personnalité juridique est donnée aux Sections locales.
<  En 1996, l’association devient une fédération multisports à part entière, la Fédération des Club Alpins.
<  En 2005, l’institution devient la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne.

2005 - Que la montagne est belle

Une opération "Que la Montagne est belle" est créée par la FFCAM, pour affirmer et faire connaître ses engagements en faveur de pratiques sportives respectueuses de notre patrimoine naturel et humain. Chaque année, clubs et comités vont se mobiliser, en organisant différentes manifestations : sorties à thème, expositions, conférences, jeux, opérations de nettoyage, afin de faire découvrir conjointement leur éthique, ainsi que leurs lieux de pratiques, en montagne comme en plaine.
Les 17 et 18 septembre 2005, cinquante cinq clubs se sont mobilisés sur vingt quatre sites, afin de nettoyer ou de valoriser les endroits choisis et de sensibiliser le public au respect de l’environnement.
Placées sous le signe de la convivialité et de la rencontre, ces journées "portes ouvertes" permettent également de s’initier aux activités sportives proposées dans les clubs tout au long de l’année « parce que la montagne est au cœur de nos pratiques et qu'elle fait partie de notre patrimoine, il nous tient à cœur de la préserver et de la faire découvrir... »

2005 - Le ski de montagne et les raquettes à neige

Durant le Congrès de Chambéry de la Fédération des Clubs Alpins et de Montagnes, le représentant du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative annonce aux congressistes que « dans un souci de rationalisation de l'organisation des disciplines sportives de montagne et dans le contexte de renouvellement des délégations à l'issue de l'olympiade, le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative (entendait) attribuer les délégations "ski de montagne" et "raquettes à neige" à la FFCAM ».
Une juste reconnaissance pour le Club Alpin initiateur et organisateur des pratiques hivernales de la montagne depuis 1904.

2006 - La revue La Montagne & Alpinisme

Le Comité de publication de la revue La Montagne & Alpinisme est animé par Bernard Germain, directeur délégué. Chantal Tamba est la secrétaire de rédaction, un comité éditorial et un comité de rédaction structurent l’organisation.

LES BASES D’ACTIVITÉ DE LA FFCAM EN 2006

Ces bases d’activités, et à la fois chalets de montagne, sont réparties sur l’ensemble des montagnes françaises, elles permettent l’organisation des stages fédéraux et des activités des Clubs Alpins locaux. Elles sont également accessibles aux séjours individuels ou en groupe, libres ou avec activités.

- La Bérarde, dans le massif des Écrins, base gérée par le Club Alpin de Grenoble-Oisans
- L’Eychauda, dans le massif des Écrins, gérée par la FFCAM, service de Pelvoux
- Le Tour, dans le massif du Mont Blanc, gérée par le Club Alpin de Chamonix-Mont Blanc
- La Maline, dans les gorges du Verdon, gérée par le Comité départemental du Var de la FFCAM.
- La Grange de Holle, dans les Pyrénées, gérée par le Club Alpin de Lourdes-Cauterets
- Le Sancy, dans le Massif Central, gérée par le Club Alpin de Clermont-Auvergne
- Les Tuffes, dans le massif du Jura, gérée par le Club Alpin du Haut Jura
- Les Trois Fours, dans le massif des Vosges, gérée par le Club Alpin de Nancy.

Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

2006 - Le Grand Parcours

La Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne inaugure à Argentière-la-Bessée une initiative originale destinée à faire découvrir l’alpinisme à des débutants, à permettre aux pratiquants de se perfectionner et à donner aux professionnels, comme aux cadres fédéraux, l’occasion de partager leurs expériences : « Le grand parcours ». Cette manifestation est appelée à être reconduite chaque année. Une dimension festive accompagne l’aspect sportif de l’événement.

En 2008, une version pyrénéenne viendra accompagner la version alpine du grand parcours, et en 2009 une version vosgienne sera organisée.

2007- Au service de tous

La revue La Montagne & Alpinisme présente un dossier sur les refuges de la FFCAM, c’est l’occasion pour le président Bernard Mudry d’insister dans son éditorial : « Rien n'aurait pu se concrétiser sans la mobilisation et l'engagement de nos bénévoles, sur le terrain, au sein de nos clubs, dans nos services et nos commissions. Ces femmes et ces hommes inscrivent leur action dans la lignée de leurs prédécesseurs - tous ceux qui, au fil des décennies, ont imaginé, pensé, construit pierre après pierre, mètre par mètre, nos 130 bâtiments. Reconstruire ou réhabiliter un refuge est à chaque fois un nouveau challenge. Nombreux sont ceux qui, impliqués dans nos clubs alpins, le relèvent à chaque fois. Il serait faux de prétendre que seuls nos bénévoles assument ces défis. Une véritable chaîne humaine, composée avec nos partenaires traditionnels, se constitue pour mener à bien nos projets : architectes, maîtres d'œuvre, entreprises spécialisées, collectivités locales, territoriales et État, autant de maillons indispensables et souvent mal connus. Tous mettent leurs compétences et leur enthousiasme au service de cette noble tâche ».

Un juste et nécessaire rappel des dévouements et des implications.

2007 - Glaciers, mythes et menace

Un cahier spécial : Glaciers, mythes et menace dans la revue La Montagne & Alpinisme, est consacré aux glaciers, présenté par Philippe Vouillon, à un moment où le monde s’interroge sur un changement climatique.

2007 - La gratuité des secours

Le 3 août 2007, Madame Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur devant les corps constitués CRS et PGHM a fait une déclaration extrêmement importante et rassurante : « la gratuité des secours est l’un des grands principes de solidarité de la vie en montagne ».

2007 à 2009 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

2007 - Le refuge de l’Étendard, 2459m
2007 - Le refuge des Oulettes de Gaube, 2151m
2007 - Le refuge des Souffles, 1980m
2007 - Le refuge Vallot, 4362m
2008 - Le refuge de la Glère, 2153m
2008 - Le refuge du Thabor, 2502m
2008 - Le chalet-skieur de Tignes, 2070m
2009 - La reconstruction du refuge de l’Aigle, 3440m
2009 - Le refuge de la Pra, 2110m
2009 - Le refuge Nice, 2250m

Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

2008 - Des dossiers consacrés

La revue La Montagne & Alpinisme publie en 2008 plusieurs dossiers consacrés aux différentes activités de montagne et à certains questionnements :

- Les métiers de la montagne
- Les nouvelles pratiques sportives
- Quelles politiques pour la montagne ?
- L’eau en montagne

2009 - Mieux intégrer les refuges dans l'environnement

Dans le but de mieux intégrer ses refuges dans l’environnement préservé de la montagne, le Club Alpin développe les approvisionnements en énergies renouvelables.
Le cœur énergétique du refuge est souvent une installation photovoltaïque ( 82 installations en 2009 ), mais une autre source d’énergie est également utilisée, l’hydroélectricité. Le Club Alpin de Lyon, déjà précurseur en Haute Maurienne avec le photovoltaïque ( dès 1979 pour le refuge des Évettes ), fait installer une turbine en sous-sol, activée par l’eau courante, pour le refuge d’Avérole, puis dote les refuges du Fond d’Aussois et du Carro en 2002 et 2008 d’une pico centrale hydroélectrique.
Dans le cadre d’un financement européen, la FFCAM a participé à la réalisation de trois guides techniques concernant l’alimentation en eau, en énergie et l’assainissement en site isolé en altitude, c'est-à-dire les refuges.

2009 - Une nouvelle olympiade

Les 24 et 25 janvier 2009, le 9ème congrès national de la Fédération Française des Club Alpins et de Montagne se réunit à Rivesaltes dans les Pyrénées orientales ( la 135ème Assemblée Générale du Club Alpin Français ).
Georges Elziere sera élu président, avec comme intentions de redonner le goût de la fréquentation de la montagne, de poursuivre la rénovation des refuges, portes privilégiées de découverte et d’accès à la montagne, de défendre le milieu montagnard et la liberté d’y accéder, de conforter le positionnement institutionnel de la fédération, et représenter les intérêts des pratiquants des activités de montagne.

2009 - Changer de regard 

Dans un éditorial « Changer de regard » de la revue La Montagne & Alpinisme 2009, le président Georges Elziere invite à la réflexion :
« Ce que nous nommons "la montagne" est pour nous un espace si particulier que nous distinguons bien aller "en" montagne ( comme aller "en" mer ) d'aller "à" la campagne. Cette différence grammaticale témoigne de la perception qu'allant dans ce milieu nous ne faisons pas que nous déplacer, mais que nous quittons un ici pour un espace autre.
La montagne peut être une incitation à changer de regard, d'attitude. Sans doute parce qu'elle nous offre des spectacles que l'homme marque peu : mers de nuages, levers de soleil, éclat de pleine lune sur les marches d'approche, pentes de neige vierge. Elle est une invitation au voyage hors de la réalité quotidienne, hors des comportements façonnés par la vie sociale : "le monde des aurores intactes et des bêtes naïves" selon la formule de Samivel.
Ce changement de regard ne va pas de soi. Il suppose un apprentissage, spontané ou non, toujours porté par un groupe, qu'il soit familial, amical, ou associatif. C'est pourquoi nous poursuivrons notre action collective de "
passeurs de culture" pour le rendre possible dans une société toujours plus urbaine.
Nous pouvons faire de la montagne un lieu qui contribue à la formation et à l'épanouissement des individus. Nous pouvons par là même contribuer à une meilleure santé de la société elle-même. Une société où la convivialité et l'aventure auraient toute leur place ».

2009 - Le Grand Parcours

Initié en 2006, le concept du Grand Parcours veut rapprocher de la montagne le public, qui souhaite découvrir l’alpinisme, et lui donner les moyens de pratiquer. Ensuite les manifestations concerneront les différentes activités proposées par les Clubs Alpins : alpinisme, randonnée, escalade.

En 2009 se déroule une quatrième manifestation dans les Alpes et le massif des Écrins ; une seconde dans les Pyrénées et le massif du Canigou ; et une première dans les Vosges, sur les flancs du Hohneck.

2009 - Des dossiers consacrés

La revue La Montagne & Alpinisme publie en 2009 plusieurs dossiers consacrés aux différentes activités de montagne et à certains questionnements :

- Montagne et santé
- Les Parcs nationaux
- Cinéma, la montagne en scène
- Montagne et spiritualité

2009 - Le Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises

En septembre, inauguration du « Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises », qui vient compléter le patrimoine existant.

2009 - Animer le paysage montagnard

Dans un autre éditorial, le président Georges Elziere prolonge son invitation :
« Les paysages de montagne exercent sur nous un puissant attrait. Mesurons-nous toujours ce qu'ils doivent à l'activité humaine ? Si la très haute altitude porte peu la marque des hommes, ce qui nous émeut dans la montagne est souvent un paysage façonné par l'homme, un paysage qui nous parle parce qu'il porte ses traces. Encore faut-il que des hommes continuent à y vivre et qu'on se soucie du maintien de leur présence ».
Et il souligne deux démarches de l’association :
« Nous voulons répondre aux sollicitations nouvelles des communes de montagne pour contribuer à l'animation du territoire montagnard. Nous le faisons, avec nos moyens, en organisant des rassemblements " Que la montagne est belle", des "Grands Parcours", autour de valeurs pour nous essentielles : aventure, plaisir, apprentissage, convivialité, mixité des publics, respect du milieu. Permettre à de nouveaux publics de découvrir la montagne et d'apprendre à la parcourir est pour nous tous un enjeu et un objectif digne d'intérêt ».

2010 - La recherche d'une ambition commune

Le Congrès de la Fédération des Clubs Alpins et de Montagnes 2010 tenu à Grenoble proposait une réflexion portant sur la mise en œuvre d'une ambition commune, de faire découvrir la montagne à des publics qui l'ignorent, en associant : guides, accompagnateurs en montagne, brevetés d'état d'escalade, des membres du Groupe de haute montagne, des responsables de clubs de montagne affiliés à la fédération ou non.

L’éditorial du président Georges Elzière insiste pour « que la montagne soit un lieu de découverte pour un plus large public, notamment pour les jeunes. C'est, de l'avis de tous, l'occasion d'une expérience enrichissante faite de convivialité, d'engagement personnel, d'apprentissage de l'effort dans la durée, de maîtrise de soi, de plaisir à côtoyer une autre face du monde, bien différente de l'univers habituel. Quelle que soit l'activité pratiquée - randonnée, ski, escalade, alpinisme - la valeur vient de la façon dont elle est pratiquée, du lien social qu'elle génère, de la valorisation de soi qu'elle permet. L'expérience tirée des actions déjà menées auprès des jeunes a conduit à réaffirmer une idée qui peut paraître triviale : les pratiques sportives de montagne génèrent une véritable éducation, une responsabilisation ».

« Au-delà des techniques spécifiques, c'est la capacité à créer de la confiance, de la complicité, à confier des responsabilités qui est la clé de la réussite : associer les participants à la construction d'un projet crée une dynamique déterminante ».

Faire découvrir à un large public les merveilles de l’altitude et les conduire vers les chemins des montagnes, avec la question sous-jacente des moyens et la constatation que les questions de réglementations et de coût sont de puissants freins au développement des actions à entreprendre.

2010 - La Charte Montagne

En 1976, l'Assemblée Générale du Club Alpin réunie à Thonon-les-Bains avait adopté une « Charte des Alpages et des Glaciers », un projet d'action pour la sauvegarde de l'espace montagnard. En 1994, réactualisation de l'engagement dans une « Charte montagne, pour un développement respectant l'environnement »

Quinze ans plus tard, la sollicitation nécessitait certaines mises à jour, pour tenir compte des évolutions, et anticiper sur celles à venir. Il est adopté par le Congrès de Grenoble de la FFCAM, fin janvier 2010.
La Charte Montagne est accessible sur le site de la fédération.

2010 - Des dossiers consacrés

La revue La Montagne & Alpinisme publie en 2010 plusieurs dossiers consacrés aux différentes activités de montagne et à certains questionnements :

- Le risque en question
- Le paysage de montagne
- L’enfant et la montagne
- La montagne pour tous 

2010 - Les Grands Parcours

En début de la saison 2010, la FFCAM organise six rassemblements ouverts à tous les pratiquants débutants, initiés ou aguerris sous le générique « Grands Parcours ». Avec la spécialisation alpinisme dans les Vosges (Hohneck), à Pelvoux, à Gavarnie et à la Bérarde ; randonnée aux Bouillouses (Pyrénées) ; escalade au Caroux.

2010 - Une gestion raisonnée des espaces de montagne

Dans le débat plus que centenaire entre équipement et protection de la montagne, il est dit ceci, en reprenant les mots du président du Club Alpin Suisse : « utilisateurs mais aussi protecteurs de l’espace alpin, nous nous devons de maîtriser ce grand écart afin de trouver ensemble des solutions raisonnables. Si nous, qui partageons une passion commune pour la montagne, n’y parvenons pas, alors les milieux du tourisme et de la protection de la nature y parviendront encore moins ».
Ce sera l’occasion pour le président Georges Elzière de rappeler la « doctrine » du Club Alpin Français qui considère que le maintien de zones de montagne sans équipement est une nécessité.

2010 - Un projet d’extension du domaine skiable de Montgenèvre

Un projet d’extension du domaine skiable de la station de Montgenèvre est contesté par la FFCAM et un collectif d’associations, c’est un secteur quasiment vierge englobant le vallon des Baisses, le Chaberton, la pointe des Trois Scies et la cime des Rochers Charniers.

2010 - Un appel pour le Mont Blanc

Douze organisations de montagne, d’alpinisme et de protection de l’environnement ont signé un appel pour le Mont Blanc, afin de relancer les initiatives concernant la protection du massif, le développement durable et son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO.

2010 - Rassemblements jeunes

Mise en place, par les clubs de la FFCAM, d’écoles d’aventure, de groupes espoir et promotion, destinés à promouvoir l’alpinisme, dans la droite ligne de la politique pour la jeunesse, initiée dès sa création par le Club Alpin.

2010 - L'entretien permanent des sentiers

C’est désormais aux Collectivités locales ( Commune, Conseil général ) et aux Établissements publics ( Parcs nationaux, Office national des forêts... ) qu'il appartiendra d'assurer l'entretien permanent des itinéraires les plus caractéristiques, avec pour schéma directeur le Plan Départemental de la Randonnée ( PDR ), stipulant que les sentiers font partie du patrimoine, et qu'un sentier cartographié au PDR doit être ouvert au public, il ne peut être entravé par un quelconque aménagement.

La France procède un réseau magnifique de sentiers. C’est, en dehors de démarches intimes et personnels, un gisement touristique de premier ordre, qui mérite d’être exploité correctement, et ne peut être la cause que de peu de nuisances facilement remédiables.

2011 - Une École Nationale des Sports de Montagne

Sur le plan institutionnel, création de l'École Nationale des Sports de Montagne (ENSM), regroupant l'École Nationale de Ski et d’Alpinisme et le Centre National de Ski Nordique et de Moyenne Montagne. Une nouvelle institution « où sont représentés l’essentiel des forces professionnelles et associatives qui sont engagées dans les activités de montagne ».

2011 - Des assises de l’alpinisme

Des assises de l’alpinisme et des activités de montagne se sont tenues en 2010 et 2011. Un manifeste de leurs conclusions et des projets retenus est publié dans le n°3 de la revue La Montagne & Alpinisme 2011.
Une initiative de rassemblement des forces associatives, professionnelles, institutionnelles désireuses de promouvoir la connaissance de la montagne et l’intérêt des pratiques de « pleine montagne ».

La politique de la jeunesse

Le besoin de s'éprouver, de se mesurer au contact de la nature

Parmi des sujets traités durant les assises de l'alpinisme et des activités de montagne, l’éditorial de président Georges Elzière insiste sur la politique de la jeunesse, en réclamant « une action pour faire évoluer la réglementation concernant les mineurs afin qu'elle ne soit pas pour eux, comme elle l'est aujourd'hui, un obstacle à la découverte de la montagne. Cette question de l'accès des jeunes à la montagne est de plus en plus perçue comme une question stratégique. En témoigne encore le colloque organisé par l'ENSA au mois de juin dernier : "Les ados et la montagne : quelles démarches vers l’autonomie ?". Les aspects juridiques, réglementaires ont bien entendu été abordés, avec la question lancinante de l'équilibre à trouver entre protection des individus et liberté. Mais aussi un très intéressant volet psychologique et social a été évoqué, rappelant - il est bien étrange qu'il faille le souligner - le besoin essentiel de s'éprouver, de se mesurer au contact de la nature ».

2011 - La slackline

C’est une activité en vogue, venant du Yosemite initiée dès 1980, puis développée en Europe par nos voisins allemands et proposée désormais dans certains clubs affiliés à la FFCAM.

L’Association Française de Stackline venant s’affiliée à notre fédération. La revue LM&A n°3-2011 consacre un article à cette pratique.

2011 - Des dossiers consacrés

La revue La Montagne & Alpinisme publie en 2011 plusieurs dossiers consacrés aux différentes activités de montagne et à certains questionnements :

- À quoi sert l’alpinisme aujourd’hui ?
- L’agrotourisme.
- La course à pied en pleine nature.
- La raquette à neige.

2011 - Les Grands Parcours en sports de neige

Dès 2006, les Grands Parcours sont des rassemblements destinés aux pratiquants, débutants, initiés ou aguerris, ils ont pour but de rapprocher de la montagne le public qui souhaite découvrir une des activités proposées par l’association et de lui donner les moyens de les exercer. Articulés sur plusieurs journées avec des ateliers thématiques et émaillé de moments festifs, ces Grands Parcours s’adressent aux différentes spécialisations estivales : alpinisme, randonnée et escalade.

Avec le succès de cette heureuse initiative, la FFCAM décide d’étendre les propositions vers les sports de neige, ski et raquette.

2012 - Le Parc national des Calanques

Après bien des palabres, et les actions du Groupement d’Intérêt Public (GIP) pour les Calanques, qui maintenait une pression de tous les instants, pour qu’enfin ces merveilles de la nature soient soustraites aux intérêts mercantiles, le Parc des Calanques est inauguré le 18 avril 2012. Il s’étale sur les communes de Marseille, Cassis et la Ciotat, et comprend un étage marin.

Le Club Alpin se réjouit de cette création, acteur au sein du GIP-Calanques, notre association à beaucoup œuvrée, avec ses clubs amis, pour atteindre cet objectif remarquable, un premier Parc urbain en France.

Pour mémoire, un utile retour en arrière, depuis 1907, est proposé dans le dossier consacré à la protection du milieu naturel ( voir le dossier : La protection du milieu naturel et de la MONTAGNE ).

2012 - La construction du nouveau refuge du Goûter, 3835m

La construction du nouveau refuge Goûter, de 2010 à 2012, est l’occasion de plusieurs dossiers.

Dans le n°2 de la revue La Montagne & Alpinisme 2012 :

- Un portfolio « Le refuge de Goûter.
- Un dossier consacré au Mont Blanc.
- Un dossier « Le refuge de Goûter, un siècle et demi de chantier »

Dans le n°3 de la même revue : « Le refuge de Goûter prototype de l’habitat de demain ».

Il sera inauguré en 2014.

Malheureusement pendant la construction, le Club Alpin a eu à connaître la chute mortelle d’un des siens, Patrick Dumas, le responsable du patrimoine bâti à la FFCAM, le 15 novembre 2011.

2012 - Des compétitions d’escalade sur glace

Dans le prolongement de ses actions d’animation touchant l’escalade sur glace, la FFCAM coorganise avec la commune de Champagny-en-Vanoise, l’étape française de la coupe du monde, sur structure artificielle de la discipline ( Ice World Climbing) du 2 au 4 février 2012, répondant ainsi à la demande de l’UIAA, en charge de l’organisation internationale.

C’est une première épreuve française, regroupant 21 pays et 90 compétiteurs, pour cette activité hivernale qui s’est déroulée avec succès, sur l’équipement de premier ordre que possède la commune de Champagny-en-Vanoise, sous la forme d’une structure artificielle, une tour aménagée couverte de glace, de hauteur 24m, et proposant des dévers jusqu’à près de 15m.

2012 - Une Coordination montagne

La nécessité d’une coordination, entre les représentants des pratiquants et des professionnels des activités de montagne, a été mise en évidence à l’occasion des Assises de l’alpinisme et des activités de montagne de 2010 et 2011. Le 24 janvier 2012 à Grenoble s’est tenue l’assemblée constitutive de la structure nationale « Coordination montagne pour le développement des sports de montagne et d’alpinisme ». Sont présents les principales associations de montagne : Fédération Française des Clubs Alpins, Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade, Groupe de Haute Montagne ; les principaux syndicats professionnels, des guides de montagne(SNGM), des gardiens de refuge (SNGRGE), des professionnels de l’escalade et du canyon (SNAPEC), des accompagnateurs en montagne (SNAM). Ainsi que différentes institutions comme l’UCPA, la GTA, Montagne Wilderness, l’Association des centres et foyers de ski de fond et de montagne (ANCEF),la CIPRA, la fondation Petzl, en passant par la montagne, et le Réseau des chercheurs sports nature. Appel également aux différentes institutions liées aux pratiques comme les Parcs Nationaux et Régionaux, les Collectivités territoriales de montagne, les Associations de protection de l’environnement, les chercheurs.

2012 - Des dossiers consacrés

La revue La Montagne & Alpinisme publie en 2012 plusieurs dossiers consacrés aux différentes activités de montagne et à certains questionnements :

- La pratique de la montagne et les techniques de l’information
- Le Mont Blanc
- Le refuge du Goûter
- Un tour de France

L’accès au refuge du Goûter

Dans le massif du Mont Blanc, sur le chemin d’accès normal au refuge du Goûter, la traversée du grand couloir neigeux, chaque été, est l’occasion de scènes d’épouvantes invraisemblables, liées au manque d’expérience de certains candidats à l’ascension du Mont Blanc. C’est un des lieux les plus meurtriers des Alpes, à cause du risque de chutes de pierres. Une traversée très fréquentée et abordée parfois par des incompétents. Dans la zone exposée, le croisement de quelques-uns, ne respectant pas un ordre de passage, ajoute au danger de se retrouver engagé durant la canonnade.
L’équipement de la traversée du couloir a longtemps fait débat, la mise en place d’un câble, posé et entretenu par les guides de Saint Gervais, avait apporté une aide, mais ne remplace pas le savoir-faire.
Les autorités préfectorales, la mairie de Saint-Gervais et le PGHM ne sont pas favorables à un équipement supplémentaire des lieux.
Et la FFCAM rappelle par la voix de son président un principe fondamental : « l’intérêt de l’alpinisme est de hausser les capacités des pratiquants au niveau, plutôt que d’aménager le milieu pour se conformer aux capacités des pratiquants mal préparés, voir pas préparés du tout »

2012 à 2014 - LES REFUGES CONSTRUITS OU RESTAURÉS

2012 - Le refuged’Argentière
2013 - Le refuge de la Pointe Percée
2013 - Le refuge de Presset, 2514m
2014 - Le refuge du Goûter
2014 - Le refuge de l’Aigle, 3440m

Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

2013 - Faciliter une évolution vers la maturité des nouvelles pratiques

L’éditorial de Georges Elzière, réélu à la présidence de la FFCAM, souligne la politique fédérale vis-à-vis des nouvelles pratiques, dans la première édition 2013 de la revue La Montagne & Alpinisme :

- « Promouvoir, dans leur diversité, les activités de montagne peu ou pas aménagée, les faire découvrir et partager à de nouveaux publics, promouvoir leur culture ».
- « L’apparition de techniques nouvelles (qu'on se souvienne des premiers .vols en deltaplane, puis en parapente et aujourd'hui des sauts des paralpinistes) suscite parfois des attitudes de rejet, voire des interdictions ».
- « Nous sommes attentifs à la structuration et à la reconnaissance de ces nouvelles pratiques lorsqu'elles sont respectueuses du milieu. C'est un rôle d'autant plus nécessaire que l'histoire nous montre qu'avant d'être reconnues et admises par la société, nos activités sont passées par des étapes difficiles : d'abord considérées comme des excentricités sans conséquence, puis, le nombre de pratiquants et les accidents aidant, comme des activités dangereuses qu'il faudrait proscrire. C'est sans doute à cette dernière étape que l'intervention fédérale est la plus utile pour aider au dépassement de ces blocages et faciliter une évolution vers la maturité ».

LES SPORTS AÉRIENS DE MONTAGNE

Le Club Alpin s’est depuis longtemps intéressé à l’aviation de montagne. Au début, avec des vols d’avion à moteur, pour plus tard trouver une issue plus conforme à son idéal.
En 1965, le Club Alpin crée une Commission des sports aériens de montagne, avec des formations concernant le vol sur appareils à moteurs, les atterrissages sur altiport et sur glacier, et le parachutisme en montagne.
C’est une curiosité notable, venant à contre-courant des vives oppositions qui existaient dans l’association, pour la navigation aérienne à moteur et pour les déposes aériennes à but touristique. Le vol libre apportera, plus tard, la légitimité plus incontestable...
Dès 1973, une Association Française des pilotes de montagne prendra peu à peu le relai, le Club Alpin - qui conseille déjà l’adhésion à l’AFPM - organisera encore des rassemblements de pilotes de montagne jusqu’aux années quatre-vingt, et maintiendra ensuite une coopération pendant encore quelques années, mais la Charte des alpages et des glaciers de 1976 avait déjà définitivement fait tourner la page.

En 2013, la revue La Montagne & Alpinisme n°1 et 2 présente les activités liées au vol libre en deux dossiers, qui nécessitent pour les moins initiés le petit historique qui suit, car en s’élançant ou en sautant, ce sont des pratiques très différentes.

Un historique du vol libre

Le début du vol libre en montagne se fera avec le planeur, il a l’inconvénient de recourir à un avion tracteur, sauf dans les zones de grand vent établi, comme dans les Alpilles, avec l’aide du mistral et du câble tracteur.
Puis, beaucoup plus tard, viendra l’utilisation de voiles légères avec le deltaplane, le parapente et le wingsuit.

Le deltaplane

Le deltaplane est venu apporter une première issue aux passionnées d’aventures aériennes, en utilisant un appareil déjà moins encombrant que le planeur.
Dans la décennie 1960, le deltaplane est progressivement mis au point aux USA. D’abord en se faisant tracter pour décoller, depuis un plan d’eau. L’envol avec élan, depuis une pente appropriée, est vite suggéré. La recherche de performances originales accompagnera le développement de la pratique.
En 1972, apparition du deltaplane en France.
En 1973, décollage depuis le sommet de l’Aiguille du Midi et du sommet du Mont Blanc le 26 octobre de la même année.
En 1974, fondation de la Fédération Française de Vol Libre.
La Commission des sports aériens du Club Alpin va peu à peu se tourner entièrement vers la pratique du vol libre, et le deltaplane va entrer dans les activités offertes par le Club Alpin.
En 1978, la Section Lorraine-Nancy du Club Alpin propose un centre école de formation au deltaplane, avec une quinzaine de machines à disposition. Une formation et un brevet fédéral sont délivrés.
En 1985, Jean-Marc Boivin s’envole depuis le sommet du Gasherbrum II à 8035m.
En 1986, il s’élance depuis le sommet de l’Everest, son engin ayant été monté par son assistant porteur d’altitude.

Ces aéronefs encombrants, seront peu à peu perfectionnés, jusqu’au développement du parapente qui viendra marginaliser la pratique, à cause des dimensions et des difficultés de transport de la machine.

Le parapente

En France, l’idée de se servir d’un parachute, pour décoller depuis les pentes des montagnes, après une course d’élan, permettant de déployer sa voile, date du début de la décennie 1970. Antérieurement, certains précurseurs sont vus sur les pentes enneigées de la station de ski des Grands-Montets, tenter les premiers envols. La neige et les skis permettant les premières audaces. L’engin utilisé est le parachute classique.
En 1978, un premier grand vol est réussi par le Suisse André Bohn, parachutiste du club consacré d’Annemasse. Pour les parachutistes, l’idée est de s’entraîner à l’atterrissage de précision à moindre coût, en évitant l’avion.
Différents tâtonnements, améliorations et développements vont faire progresser le parapente qui va s’imposer dans le ciel.
Rapidement certains vont imaginer des envols depuis les sommets des montagnes, puis des navigations d’envergure en utilisant le vent et les thermiques.
En 1983, décollages depuis l’Aiguille Verte et du Cervin le 31 août 1984. Des raides de grandes longueurs sont entrepris.
En 1985, Pierre Gevaux s’envole en parapente depuis le sommet du Gasherbrum II à 8035m.
En 1985, la Fédération Française de Vol Libre, devient délégataire du parapente.
En 1985, un engin spécifique apparaît, mieux adapté pour s’envoler, après une course d’élan, voir pas d’élan, avec la complicité du vent.
Le vol en parapente va connaître un développement important. Plus léger et plus transportable que les engins précédents, il va apporter un progrès déterminant.
En 1987, il devient une activité proposée par le Club Alpin, avec l’idée de longues randonnées aériennes, confortant la doctrine de l’association, car permettant de « gagner l'indispensable point haut initial de leur propre moyen et en dehors de tout vecteur polluant ». Dès 1987, un rassemblement annuel de ses adeptes sera organisé chaque année.
En 1988, Jean-Marc Boivin s’élance depuis le sommet de l’Everest en parapente.
Avec des engins modernes et adaptés, l’exploitation des thermiques va rendre possible les élévations au-dessus des points de décollage, et peu à peu de prendre beaucoup d’altitude.
En 2003, le 12 mai en s’élançant depuis Planpraz et d’Annecy, le Mont Blanc est survolé, puis atterri le lendemain, depuis Planpraz et Samoëns et Megève.

En 2003, pendant la mutation de notre association, devenant Fédération française des Club Alpin et de Montagne, plusieurs Clubs Alpins et de montagne locaux proposent des activités de vol libre, principalement avec le parapente. Et ses variantes à skis.

Base jump en montagne Base jump en montagne

 

Le Base jump

Une nouvelle pratique va s’ajouter, venant également des USA, depuis les années 1978-80, consistant à sauter depuis un relief vertical, avec un parachute pour une ouverture retardée, en s’écartant rapidement de la muraille. Des immeubles, des antennes, des ponts et des falaises sont ainsi sautés, d’où le nom Base jump, un acronyme en anglais de ses quatre plateformes de départ (Bulding-Antenna-Span-Earth). Beaucoup de ses sauts resteront clandestins, ils sont pratiqués par des parachutistes expérimentés, adeptes de la chute libre. Avec parfois la police au moment de l’atterrissage.
Cette pratique ne s’adresse normalement qu’à des parachutistes particulièrement confirmés.
En France, ce type de saut très technique va bientôt intéresser les parachutistes-alpinistes. En 1989, Éric Beaud réalise le premier saut en Base jump d’une falaise dans la chaîne des Fiz.
Les faces ouest des Drus et du Grand Capucin seront immédiatement visitées de cette façon.
Bientôt les zones verticales des parois, rendant possible ces envols, seront recherchées pour inaugurer un premier parcourt.
Pour les grimpeurs-parapentistes polyvalents, c’est aussi l’assurance d’un retour rapide dans la vallée, lorsque les conditions atmosphériques le permettent.
Bien peu de paroi resteront inexplorées, jusqu’au saut improbable depuis la Montagne Sainte-Victoire, altitude 900m, hauteur libre moins de 150m par Jean-Louis Martinez.
En 2004, avec la pratique du Base jump, une Association française de paralpinisme voit le jour.
En 2006, elle rejoint la FFCAM, comme activité de montagne, concernant seulement le saut depuis les falaises.
En 2013, la French Base Association, l’autre association sœur, mais englobant les différentes plateformes initiales de saut, est affiliée à la FFCAM en 2013.
En 2014, parmi les invraisemblables exploits imaginés à l’aide de cette technique, citons celui de Julien Irilli, le 14 septembre, décollage depuis l’Aiguille du Midi, son parapente l’amène sur le glacier de Leschaux à 10h. La voie Colton-MacIntyre du versant nord de la pointe Walker des Grandes Jorasses est gravie en solo intégral en 3h35, décollage de la Pointe Walker à 15h30 et atterrissage 30 minutes plus tard à Chamonix pour le thé… Un exploit et une façon de faire à ne pas laisser entre toutes les mains…

Le wingsuit

Les adeptes du Base jump, équipés de combinaisons adaptées de wingsuit, vont apporter une autre manière de faire, celle de pouvoir planer, s’élancer de spots moins adaptés et de prolonger les possibilités de ces aventures aériennes, avant d’ouvrir leur parachute pour l’atterrissage. Un vieux rêve de l’entre-deux-guerre qui a provoqué de nombreux déboires, pour arriver au développement d’une combinaison dans la décennie 1990, et en commençant par s’élancer d’un avion.
En 2012, premier vol en wingsuit, depuis le sommet de l’Aiguille du Midi, le 4 juillet, et depuis le sommet du Petit Dru, le 25 juillet.
Les évolutions offertes par ces combinaisons, rêvées depuis longtemps par les meilleurs talents, se trouvaient dès lors imaginables. Des réalisations ahurissantes pourront être envisagées, certaines avec succès, mais avec la certitude aussi qu’une erreur aura des conséquences désastreuses.
En 2013, notons le record d’altitude en Wingsuit établi par le Russe Valery Rozov le 29 mai, depuis le plus haut ressaut vertical existant sur les pentes du Chomolangma-Everest à 7720m, pour sauter équipé de sa combinaison.
La FFCAM pour sa part prônera une pratique raisonnable et responsable, une pratique durable oserons-nous dire.

Le paralpinisme

C’est un peu un nom générique donné à ces différentes pratiques, il faudra attendre pour connaître son évolution et sa stabilisation dans le vocabulaire courant.

2013 - Les Grands Parcours printemps automne

Rassemblements conçus comme une course d'alpinisme destinée à tous les pratiquants (débutants, initiés ou aguerris), ces événements sont articulés sur plusieurs jours. Animés par des professionnels et des bénévoles des clubs et comités FFCAM, ils comportent des ateliers thématiques (neige et glace, escalade en terrain d'aventure), des parcours «initiation», «perfectionnement» et des moments festifs.

< Quatre rendez-vous ont rythmé les activités du printemps, dédiés à l'alpinisme et à la randonnée alpine :

- La Bérarde, dans le massif des Écrins.
- Lescun, dans les Pyrénées.
- Pelvoux, dans le massif des Écrins.
- Chamonix, dans le massif du Mont Blanc.

< En automne pour la randonnée à Saint-Pierre de Chartreuse.

2013 - Des dossiers consacrés

La revue La Montagne & Alpinisme publie en 2013 plusieurs dossiers consacrés aux différentes activités de montagne et à certains questionnements :

- Le paralpinisme
- Le parapentisme
- Les Parcs nationaux
- Neige, évaluation du risque

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2014 - Le refuge de l’Aiguille du Goûter, 3835m

Dans le massif du Mont Blanc, cette étape essentielle pour l’ascension du Mont Blanc, par son versant français - située en très haute altitude - se devait de recevoir toute l’attention de notre association. Un itinéraire vers le plus haut sommet des Alpes, dont le parcours est l’ambition d’un très grand nombre…

La FFCAM, avec les expériences passées de l’ancien refuge surfréquenté - énervements, perte de savoir-vivre élémentaire, nuits épouvantables -, avait borné le projet, limitation à 120 hébergements, obligation absolue d’avoir réservé, interdiction par les autorités de toute forme de camping, hors de la zone prévue, proche du refuge de Tête Rousse.

Le président Georges Elzière interviendra dans son éditorial pour appeler à la raison, en interrogeant sur la pertinence d’une démarche désordonnée : « outre les sérieuses questions de sécurité et d’hygiène posées par une très forte fréquentation, cette dernière, si elle n’est pas maitrisée, engendre des situations qui dévalorisent fortement l’expérience de l’ascension ».

De 2010 à 2012, c’est une construction de forme ovoïde et elliptique, particulièrement moderne et esthétique, qui est proposée par les architectes et ingénieurs, à quelque distance de l’ancien refuge de 1962.
L’ambition est clairement affichée : « Ce refuge sera le bâtiment le plus abouti en matière de technologies propres et sera quasiment autonome en énergie ».
Le refuge accueillera les premiers alpinistes à partir du 27 juin 2013.

Inauguration en deux temps. Les 4 et 5 septembre 2014, manifestation symbolique, depuis le refuge du Goûter, par des cordées comprenant entre autres : le préfet de la Haute-Savoie Georges-François Leclerc, le maire et conseiller général de Saint-Gervais-les-Bains Jean-Marc Peillex, le président Georges Elzière et les vice-présidents Nicolas Raynaud et Raymond Courtial.
Le 6 juillet, inauguration officielle depuis la vallée et l’espace Mont Blanc de Saint-Gervais, avec l’ensemble des élus et des partenaires, en présence de la ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, Ségolène Royal, qui dans son discours de clôture, proposera cette construction de haute altitude comme un exemple « d’intégration de construction dans des paysages tout à fait exceptionnels… »

Il est géré par le comité départemental 74 de la FFCAM.

L'annexe de 1991 est conservée en refuge d'hiver et en abri de secours en cas d'incendie, avec une capacité de vingt couchages.

Suite en développement

LES PRÉSIDENTS DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DES CLUBS ALPINS ET DE MONTAGNE DE 1995 À NOS JOURS

1995            Fernand FONTFREYDE
1997            André CROIBIER
2001            Bernard MUDRY
2009            Georges ELZIÈRE
2017            Nicolas RAYNAUD         

CONSULTATION

L’ensemble des textes concernant l’histoire de la FFCAM et les autres dossiers proposés sont consultables au Centre fédéral de documentation de la FFCAM - 24, avenue de Laumière, 75019 Paris.

Notamment :

- Bulletins du CAF, de 1876 à 1904.
- Annuaires du CAF, de 1875 à 1904.
- La Montagne, de 1905 à 1954.
- Alpinisme, de 1925 à 1954.
- La Montagne & Alpinisme, depuis 1955.
- Les Annales du GHM de 1955 à 2001 et Cimes de 2002 à aujourd’hui.

Consultation de l’ensemble des livres constituant la bibliothèque de la FFCAM ; tous référencés.

CONSULTATION EN LIGNE

Accès aux références

Vous pouvez consulter en ligne le catalogue du CND avec un accès aux références pour l’ensemble des articles des revues et pour les livres.

Il suffit de saisir un mot caractéristique ou un des mots-clés d'un ouvrage recherché, dans l'un des champs appropriés ( auteur, titre, sujet, année d'édition ) et vous aurez accès aux références de votre recherche.

Accès aux publications

Vous pouvez consulter en ligne les revues suivantes :

- L’Annuaire du CAF, de 1876 à 1904 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- Voir aussi : www.archive.org et utiliser le mot-clé : club alpin français.
- Le Bulletins du CAF, de 1876 à 1904 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- La revue La Montagne de 1905 à 1954 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- La revue La Montagne & Alpinisme depuis 1955 accessible sur le site de la Bibliothèque Nationale : http://gallica.bnf.fr
- Enfin la revue Alpinisme 1926 à 1954 accessible sur le site du GHM.

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