Un historique de la spéléologie

Préambule

C’est prosaïquement le travail de l’eau sur les reliefs karstiques qui va créer un monde souterrain complexe et fantastique.

Les cavités souterraines et les grottes naturelles, générées par un lent et patient travail d’érosion, ont longtemps servi d’abris aux hommes, depuis le magdalénien et ses merveilles de grottes peintes et ses roches gravées, soit 10 000 ans avant notre ère, puis ces protections naturelles serviront d’habitats et de lieux de pratiques de culte durant le néolithique.

Et ensuite...

Sommaire :

- L’exploration sportive et scientifique des cavités

- 1888 - La naissance en France de la Spéléologie

- Édouard-Alfred Martel

- Le rôle du Club Alpin

-1895 - La Société de spéléologie

- Quelques dates marquantes jusqu'en 1914

- Après la Grande Guerre

- 1930 - Le Spéléo-club de France

- Le début de la spéléologie sportive

- 1936 - La Société spéléologique de France

- 1936 - Le Spéléo-club de Paris

- Les gouffres les plus notoires explorés entre 1920 et 1940

- L'après-guerre de 1939-1940

- Les techniques nouvelles

- 1963 - La Fédération Française de Spéléologie

- 1969 - Création de l'École Française de Spéléologie

- 1997 - Une histoire de la spéléologie

- Quelques dates marquantes dans les explorations depuis 1940

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L’exploration sportive et scientifique des cavités

Il y a eu d’abord des initiatives conduites par la curiosité et l’aventure.

Comme Benoît-Joseph Marsollier des Vivetières en 1780 qui se livre à une première incursion dans un abîme du sous-sol de France, la grotte des Demoiselles (Hérault), il fera le récit de son aventure en 1785.

L’exploration sportive et scientifique des cavités est beaucoup plus récente.

L’approche raisonnée du monde souterrain avec l’exploration méthodique et la cartographie des cavités des sous-sols va commencer dans la partie slovène de l’Empire austro-hongrois au milieu du XIXe siècle.

Entre 1850 et 1857, l’Autrichien Adolf Schmidl explore la grotte de Postojna en Slovénie (grotte d’Adelsberg à cette époque), connue depuis le Quaternaire, et réalise sa description parue dans le Guide de la grotte d'Adelsberg et des grottes voisines du Karst" (1853), l’ouvrage sera traduit en français en 1854. C’est la première description objective d’une caverne, un ouvrage fondateur pour la spéléologie.

Les motivations qui animaient les premiers spéléologues étaient l’intérêt  de révéler un monde inconnu qu’ils s’appliqueront à décrire et à cartographier et en apportant leurs observations sur la géologie et l’hydrologie, c’était une démarche scientifique. Ce n’est que plus tard que l’aspect sportif sera mis en avant.

En 1879, Édouard-Alfred Martel visite la grotte d'Adelsberg, qui déterminera sa vocation.

1888 - La naissance en France de la Spéléologie

L'exploration de la grotte de Dargilan (Lozère) et de la rivière souterraine du Bramabiau (Gard) par Édouard-Alfred Martel et ses compagnons, dans le même mois de juin 1888 marquent le début de la spéléologie moderne en France.

On considère qu’Édouard-Alfred Martel - membre éminent du Club Alpin - en a été le père fondateur. En lui consacrant une bonne partie de sa vie, il a été celui qui a contribué le plus à faire connaître cette discipline naissante, d’abord dans le cadre du Club Alpin en s’appuyant sur sa structure de société savante et en diffusant cette pratique dans les Annuaires du Club Alpin dès 1888.

Les revues qui publieront les activités des premiers spéléologues sont : La Nature, l’Annuaire du Club Alpin, puis La Montagne (après 1904), et Le Bulletin de la Société de géographie puis La Géographie (après 1900), avec ensuite après 1895 le bulletin consacré Spelunca.

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Édouard-Alfred Martel

Succédant à Alphonse Lequeutre qui révéla au public les gorges du Tarn, de la Jonte, de la Dourbie, de la Vis, de l’Hérault et les étrangetés du pays des Causses, Édouard-Alfred Martel va - de 1883 à 1892 - découvrir et étudier les mystères des avens ou gouffres naturels de la région. Il publie un ouvrage d’ensemble « Les Cévennes et la région des Causses » en 1890 qui connut de nombreuses éditions.

Martel tiendra chaque année une chronique, intitulée « Sous terre », des explorations faites par lui-même et par ses compagnons dans les Annuaires du Club Alpin, puis publiera plusieurs comptes-rendus spécifiques, jusqu’à la Grande Guerre.

Il a découvert, reconnu ou exploré plus de 1500 cavités.

Il est l’auteur d’une théorie générale se rapportant aux reliefs karstiques en invitant à suivre le chemin de l’eau : « toute écoulement souterrain a une origine et une sortie, l’ensemble des écoulements souterrains constitue un système hydrogéologique, tout écoulement souterrain rencontré appartient à un système hydrogéologique », une théorie qui devra plus tard être reconsidérée, même si suivre « le chemin de l’eau » reste une explication simple de première approche de vulgarisation.

En 1894, Martel donnera un ouvrage capital sur les grottes, gouffres et autre avec « Les Abîmes ».

C’est après une intoxication, survenue pendant une de ses explorations, qu’il constate que l’hygiène des sources n’est pas assurée en terrain calcaire. Il va alerter les pouvoirs publics pour obtenir la protection des eaux potables et du périmètre d’alimentation et son expertise sera recherchée en sa qualité de membre des Conseils supérieurs d’Hygiène publique de France, des eaux des Armées et de la Marine.

En 1900, Édouard-Alfred Martel édite un Manuel de Spéléologie (collection Scientia, Paris, 1900).

En 1905, une revue des recherches souterraines de 1901 à 1905 « La Spéléologie au XXe siècle » (SSF ,Paris, 1905) est produite par Martel.

En 1909, un rapport de MM. E.-A. Martel et Henry-Thierry recueille les noms locaux donnés aux gouffres d’absorption ou fissures du sol, il sera complété en 1910.

Le matériel d’exploration

Au début des explorations, les puits verticaux seront des obstacles qu’il faudra apprivoiser. Les descentes et remontées se font d’abord à l’aide d’une escarpolette reliée par une corde à un treuil manuel ou à la traction de six hommes.

L’exploration exigeait la présence d’assistants à chaque étage de la descente pour les manœuvres.

Martel améliorera les méthodes de progression en développant les échelles souples de cordes à barreaux de bois. Il adaptera le téléphone pour l’utiliser dans ses expéditions.

Un élément crucial

L’éclairage a été l’élément crucial pour s’aventurer dans les cavernes, d’abord des torches en genévrier cade qui contient naturellement des hydrocarbures et des phénols. La bougie fixée sur le chapeau, la combustion d’un filament de magnésium, la lampe à magnésium avec réflecteur, puis la lampe-tempête à huile et à pétrole seront les premiers moyens utilisés. La lampe à carbure, avec comme source lumineuse la flamme de la combustion du gaz acétylène provoqué par la réaction du carbure de calcium avec de l’eau, les deux éléments étant contenus dans le boitier de la lampe, sera l’outil le mieux adapté et sera utilisée par tous ceux qui voyagent dans les souterrains. Les égoutiers et les mineurs (sauf dans les mines de charbon) seront les grands utilisateurs de ces appareils d’éclairage que les spéléologues adapteront à leurs besoins. Ensuite les piles électriques viendront en complément..

Le rôle du Club Alpin Français

Dès les origines de la spéléologie en France, le Club Alpin montrera un grand intérêt pour cette activité souterraine située au carrefour des démarches sportives et scientifiques qu’il encourage.

Ensuite en ouvrant les colonnes de ses publications : « Les Annuaires constituent un outil de diffusion ouvert aux différents courants qui animent le milieu montagnard. De ce fait, la rubrique scientifique couvre un large spectre : Géologie, Géomorphologie, Glaciologie, Spéléologie, Orographie, Météorologie, Topographie et Cartographie…

La rubrique scientifique des Annuaires assure un double rôle de révélateur et de coordination, par la visibilité que confère la publication, et l’effet structurant qui y est associé. »

En premier lieu en offrant une tribune remarquable dans ses Annales aux précurseurs et notamment à Édouard-Alfred Martel et sa chronique, « Sous terre », et depuis en montrant un intérêt jamais démenti pour cette activité.

Sa vocation d’association fédérative de multiactivité, le dynamisme de certaines de ses Sections et l’appui de ses scientifiques les plus autorisés, plus tard réunis dans ses Commissions scientifiques feront de notre instance un indiscutable partenaire.

Un Comité de spéléologues existe au sein de la Section de Paris du Club Alpin animé par Edmond Renauld, et des groupes actifs sont constitués dans les Sections de Lons-le-Saunier et de Lozère et Causses. Entre 1890 et 1899, trois campagnes d’exploration sont conduites par les groupes des sections de Paris et de Lons-le-Saunier dans les cavernes du Jura.

En 1890, le Club Alpin fait réaliser un premier aménagement de la grotte de Dargilan.

En 1895, l’Alpine Club qualifie d’alpinisme à l’envers «  mountaineering reversed » l’exploration des sous-sols.

Des interventions opportunes

Édouard-Alfred Martel en plus de ses recherches et explorations souterraines interviendra dans les instances du Club Alpin en plusieurs occasions importantes :

- en exposant les règles de protection des eaux consommables en montagne dans un article « La protection des eaux potables » qui paraît en 1911 dans la revue « La Montagne ».

- en réalisant une étude sur la question des Parcs nationaux qui sera publiée dans la revue La Montagne de 1913. Dans un texte très documenté, il dresse la liste des sites remarquables en France qui mériteraient une protection.

1895 - La Société de spéléologie

La Société de spéléologie est fondée le 1er février 1895 par Édouard-Alfred Martel. C’est une association regroupant des personnes, les deux Sections du Club Alpin de Lons-le-Saunier et de Lozère et Causses, le Club Cévenol, la Section meusienne de la Société de géographie de Bar-le-Duc et une société savante de cette ville.

« La Société de spéléologie est instituée pour assurer l'exploration, faciliter l'étude générale et concourir à l'aménagement ou à la mise en valeur des cavités souterraines de toutes sortes, connues ou inconnues, soit naturelles soit artificielles ; pour encourager et subventionner les investigations qui s'y rapportent d'une manière quelconque ; en un mot, pour vulgariser et développer, dans un intérêt à la fois pratique et théorique, utilitaire et scientifique, les recherches de toute nature dans l'intérieur de la terre. »

Un bulletin particulier Spelunca de la Société Spéléologique de France viendra remplacer les chroniques de Martel dans les Annuaires du Club Alpin. Cette première publication autonome paraîtra de 1895 à 1914.

À ce moment-là en France avec les explorations de Martel et de quelques autres, les grottes les plus accessibles sont repérées, visitées et - en partie - explorées.

Des noms divers et variés

Les cavités souterraines seront l’objet de nombreuses appellations principalement et heureusement d’origines locales pour définir ces reliefs naturels : abîme, aven, chourum, embut, évent, fosse, gouffre, goule, grotte, igue, lézine, quèbe, scialet, tanne, tindoul, ou encore trou.

Ensuite pour l'attribution du nom approprié qui désignera précisément un relief naturel, c’est parfois encore l’origine locale qui sera retenue quand elle est de notoriété, mais plus souvent c’est le nom proposé par les inventeurs, comme par exemple l’aven Armand du nom de son découvreur.

Rappelons les écrits d’Henri Vallot pour les origines locales :

« Le topographe par suite de son contact permanent et prolongé avec les habitants du pays devrait être mieux placé que quiconque pour attribuer à chaque objet le nom qui lui convient, c’est son opinion qui devrait prévaloir ».

Concernant les noms des cavités localement inconnues ou laissées sans nom, il faut encore citer une remarque d’Henri Vallot :

 « Il n'est pas inutile de faire remarquer que le cartographe dispose d'une puissance avec laquelle il faut bien compter et qui assurera très probablement le triomphe définitif de sa nomenclature : cette puissance, c'est la carte, la carte que tout le monde possède, lit, ou consulte, que tout le monde copie ».

Quelques dates marquantes des explorations jusqu'en 1914

1819 - Découverte de la grotte de Bétharram (Hautes Pyrénées) près de Lourdes par un autochtone, visitée par les naturalistes en 1836, elle est explorée par trois membres de la Section du Club Alpin Français de Pau : Larry, Campan et Ritter en 1888. Elle sera aménagée pour les visites touristiques dès 1903.

1839 - Le fond du Gouffre de Padriciano (Trieste) -226 mètres est atteint par Antonio Federico Lindner et Giovanni Svetina.

1841 - C’est le fond de la grotte Trebiciano (Trieste) -321 mètres qui est touché par Lindner, après onze mois de travaux.

1850 -  L’Autrichien Adolf Schmidl explore la grotte de Postojna en Slovénie (grotte d’Adelsberg à cette époque) connue depuis le Quaternaire.

1880 - La grotte de Dargilan (Lozère) est découverte par le berger Jean Sahuquet. Une première reconnaissance est faite par Édouard-Alfred Martel, alors jeune disciple d’Alphonse Lequeutre, qui put inspecter la première salle et reconnaître l’existence de plusieurs puits.

1888 - L'exploration méthodique de la grotte de Dargilan (Lozère) se fera en juin par Édouard-Alfred Martel et ses compagnons, c’est une grotte sèche avec des traces d'une rivière fossile. Elle sera aménagée pour les visites en 1890.

1888 - Exploration de la rivière souterraine du Bramabiau (Gard), longue de 2 km, les 27 et 28 juin par Édouard-Alfred Martel et ses compagnons. En deux tentatives, reconnaissance par l’aval de l’écoulement à l’aide d’un canot, le lendemain par l’amont ils réalisent la traversée.

Ces deux expéditions marquent le début de la spéléologie en France.

1889 - Les 9 et 10 juillet, descente dans le gouffre de Padirac (Lot) et découverte de sa rivière souterraine par E.-A. Martel et ses compagnons, plusieurs visites seront consacrées à cette exploration pour lever le plan de la caverne et progresser dans la rivière, une cinquième en 1896. En 1900, Martel et ses compagnons s’avancent sur les 2 premiers kilomètres de la rivière. Une exploration qui ne faisait que commencer. Parmi les compagnons de Martel, il y avait Louis Armand, Émile Foulquier, Gabriel Gaupillat, Louis de Launay.

1889 - La grotte des Demoiselles (Hérault) est explorée dès 1780 par Benoît-Joseph Marsollier des Vivetières qui en publiera une description en 1785. Mais l’exploration méthodique date de 1889, elle est due à Martel et ses compagnons. Elle sera aménagée pour le public en 1931.

1889 - Exploration de l’aven de Hures(Lozère) jusqu’à -116 mètres par Édouard-Alfred Martel, Jacques Maheu et Armand Viré.

1891 - Le gouffre Kacna Jama (Slovénie) est exploré par Hanke jusqu’à -185 mètres.

1892 - Première exploration de l’aven de Jean Nouveau (Vaucluse) le 31 août 1892 par E.-A. Martel et Louis  Armand qui atteignent -167 mètres.

1897 - Le 17 septembre, découverte de l’aven Armand (Lozère) par Louis Armand qui était le plus fidèle collaborateur d’Édouard-Alfred Martel. Première descente et exploration, les 19 au 21 septembre par Louis Armand, Édouard-Alfred Martel et Armand Viré qu’à -200 mètres.

1898 - Début de l’exploration de la caverne de Höll-loch (Suisse), qui passait pour la seconde cavité en importance en Europe, après celle de Postojna en Slovénie, elle développera ensuite un réseau immense.

1899 - E.-A. Martel effectue une première incursion dans gouffre du Trou du Glaz, ce n’est que le début d’une longue histoire.

1904 - Exploration de l’oucane de Chabrières (Hautes-Alpes) par P. Lory et Martel, avec leurs collaborateurs, un article est consacré dans La Montagne de 1905.

Après la Grande Guerre

En France, Robert de Joly reprendra les activités de la Société de spéléologie.

L’activité exploratrice est principalement maintenue par Norbert Casteret et Robert de Joly. Deux éminents explorateurs très actifs.

En 1925, la Section du Jura du Club Alpin et la Société d’Histoire Naturelle du Doubs aménagent le Puits de Poudrey près de Besançon à des fins de formation et d’exploration.

En 1927, l’aven Armand (Lozère) découvert en 1897 est aménagé pour être ouvert au public, c’est l’un des sites souterrains les plus remarquables, phénomène géologique extraordinaire. Il a fallu 30 ans à Martel, l’intervention du Touring Club, des Sociétés des chemins de fer et des autorités locales pour transformer une aventure scientifique en une entreprise commertiale structurée. Ce sera un puissant produit d’appel pour le tourisme naissant.

1930 - Le Spéléo-club de France

Le 18 mars 1930, création du Spéléo-club de France, association présidée par Robert de Joly, avec Martel comme président d'honneur et parmi les membres : Norbert Casteret, Bernard Gèze, Joseph Giry et Guy de Lavaur. L’association assure vouloir renforcer les liens entre les spéléologues et développer les activités d’exploration des sous-sols.

C’est une organisation qui demeure dans la continuité de la Société de spéléologie de 1895.

Le Spéléo-club de France reprendra le titre de Spelunca pour publier les articles scientifiques et les comptes-rendus détaillés des explorations.

1931 - La grotte des Demoiselles (Hérault) est aménagée pour la visite du public.

Les moyens de l’alpinisme

Avec les moyens artificiels d’escalade développés dans les Dolomites et dévoilés en 1932 et 1933 dans la revue La Montagne, il va être possible de s’aventurer encore davantage, comme le fait justement remarquer Martel.

En 1932, Alain Leray présente pour la première fois en France une information sur l’utilisation des pitons et des mousquetons en escalade dans la revue du Club Alpin La Montagne.

En 1933, Raymond Gaché note sur le même support :« En ce moment nous assistons à l’introduction en France des méthodes dolomitiques avec leur arsenal d’étriers, de pitons à rocher et à glace, de mousquetons, de marteaux ».

Ces moyens viendront compléter ceux des spéléologues.

Le matériel nouveau

Les échelles ultra-légères avec câble d’acier de 2mm et barreaux de Duralumin ont été développées par Robert de Joly. Le matériel spécifique à la spéléologie va évoluer, treuil léger avec câble d’acier et escarpolette, pitons, crampons, marteaux, broches à glace, échelles à perroquet et scaphandres vont compléter la panoplie. Enfin en 1934, utilisation de singes mécaniques - dispositif inventé par Henri Brenot permettant la remontée sur corde - ils seront les ancêtres des jumars. Les équipements étanches sont adaptés pour affronter des puits arrosés.

L’étape ultime

Guy de Lavaur utilisera les premiers scaphandres autonomes pour franchir des siphons et accéder au dernier palier de la découverte spéléologique que constituera l’étage noyé.

Le début de la spéléologie sportive

Les démarches des premiers explorateurs : Martel, Casteret, de Joly, mettaient en avant des personnalités indiscutables, mais en masquant souvent - en oubliant - les actions remarquables des compagnons, équipiers ou assistants.

Les nouvelles générations auront des approches plus collectives.

Plus de hiérarchie préétablie, c’est l’équipier le plus compétent ou le plus déterminé qui fait avancer l’expédition. Plus de mise en avant d’une personnalité qui occupe seule l’espace consacré à l’information.

C’est aussi l’arrivée d’alpinistes notoires dans la discipline et le début de la spéléologie sportive.

Deux événements peuvent marquer cette évolution :

<  En 1934, durant l’exploration du gouffre du Plantillet (Haute-Garonne) - évoqué ci-après - utilisation de singes mécaniques pour la remontée sur corde, les ancêtres des jumars. C’est dira Pierre Chevalier « peut-être ce jour là, avec la visite à deux d’un gouffre sans aide extérieure, que prit naissance la spéléologie alpine ».

<  En 1935, l’exploration des cavités de la dent de Crolles, par une équipe du Club Alpin de Lyon comprenant Pierre Chevalier, Fernand Petzl et Charles Petit-Didier - évoqué ci-après - marque également cette évolution la spéléologie sportive.

1936 - La Société spéléologique de France

Le 1er mars 1936, le Spéléo-club de France change encore une fois de nom et devient la Société spéléologique de France, en continuant la publication de Spelunca. Le club est ouvert aux filiales d’associations et aux sociétés affiliées.

À ce moment-là, la spéléologie ne compte en France qu’une trentaine de membres actifs.

1936 - Le Spéléo-club de Paris

Le Spéléo-club de Paris est fondé au sein de la Section de Paris du Club Alpin, il est présidé par Henri-Pierre Guérin et avec entre autres André Bourguin, Pierre Chevalier, Jean Deudon, Raymond Gaché, Bernard Gèze, Maud Guérin, Marcel Ichac, Guy de Lavaur, Jean Susse, Félix Trombe.

Le Spéléo-club sera membre actif du Spéléo-club de France.

Le Spéléo-club de Paris obtient rapidement des résultats intéressants avec l’exploration complète de la grotte de la Luire (Vercors) jusqu’à -213 m qui classe la Luire dans les plus importants gouffres de France et la descente du scialet de Malaterre. Ainsi que l’exploration complète de nouvelles grottes et scialets et un inventaire des cavités existantes du plateau du Vercors.

Un peu plus tard, le Spéléo-club de Paris change son nom et devient le Groupe alpin de spéléologie de la Section de Paris.

1936 - La Commission de spéléologie du Club Alpin

Le Comité de direction du Club Alpin crée une Commission de spéléologie destinée à regrouper ceux, de toutes les Sections de l’association, qui se livrent aux explorations souterraines.

Et en 1939, les Sections seront invitées à instituer des Commissions de spéléologie dans leur périmètre d’action.

1936 - Un numéro consacré de la revue La Montagne

En lui consacrant majoritairement l’édition d’octobre 1936 de la revue La Montagne, le Club Alpin voulait souligner l’intérêt qu’il attache aux explorations souterraines et à l’hydrogéologie.

Les comptes rendus

La Commission de spéléologie et le Comité de direction du CAF décident de confier à la revue Spelunca les volumineux comptes rendus des explorations faites par les membres du Club Alpin, qui réclamaient beaucoup de surface éditoriale.

Pour souligner l’importance des activités des membres de l’association, la Commission voudra tout de même réunir les différents comptes rendus des explorations dans un ouvrage spécial édité par la commission.

Du matériel de spéléologie

Du matériel nécessaire à l’exploration spéléologique est acquis pour doter les Commissions de spéléologie des Sections du CAF, des échelles ultra-légères et un treuil moderne en 1938, puis un canot pneumatique en 1939, ils seront confiés aux équipes pratiquantes.

En 1939 - Les développements de la spéléologie au Club Alpin

En 1939, le Dr Jeannel, professeur au Muséum national d'histoire naturelle de Paris, prend la présidence de la Commission des travaux scientifiques du Club alpin ( 1939-1950 ). Profondément impliqué dans les développements de la spéléologie, il soutient un ensemble de travaux portant, outre la topographie, sur l’hydrologie, les climats souterrains, la géologie...

Bernard Gèze souligne : « Au point de vue hydrogéologique, il n’est pas d’exploration inutile. L’intérêt de posséder la solution de tous les problèmes posés la circulation des eaux après l’exploration méticuleuse d’une région permet de savoir si telles infiltrations ne risquent pas de contaminer telle résurgence qui alimente un village voisin, de savoir quels sont les terrains rencontrés par tel ruisseau dans son cours hypogé, et comment se fait son trajet, et si quelque énigme ne sera pas soudain éclairée par son exploration ».

1939 - Le premier Congrès national de spéléologie eut lieu à Mazamet.

Les ouvrages de l'entre-deux-guerres des précurseurs

En 1921, Martel donne l’ouvrage « Nouveau traité des eaux souterraines ».

En 1926, Martel propose l’ouvrage « Causses et gorges du Tarn » une œuvre « murie par l’expérience d’un labeur ininterrompu, par l’accumulation d’observations et l’érudition ».

En 1934, Casteret publie le livre « Dix ans sous terre » aux Éditions Perrin.

En 1936, Martel fait éditer l’ouvrage « les Causses majeurs » qui donne une description générale des Causses et reprend la description des cavernes, avens, et circulations souterraines qui caractérisent la région étudiée.

Les gouffres les plus notoires explorés entre 1920 et 1940

1925 - Hors nos frontières et pour mémoire, l’abîme Bertarelli (Istrie) est exploré de 1922 à 1925 par des spéléologues italiens, il sera un moment le plus profond connu avec -450 m.

1926 - Hors nos frontières et pour mémoire, le gouffre italien de Preta (Vérone) est exploré jusqu’à la profondeur de - 637 m le 26 août, ce qui était un record à ce moment-là.

1926 - Norbert Casteret et sa famille découvrent à 2700 m la grotte Casteret dans le versant espagnol du massif de Gavarnie (mitoyen des Hautes-Pyrénées), dont le développement traverse d’est en ouest la crête dominant le cirque de Gavarnie, avec un tronçon de rivière fossile.

1928 - Joseph Devaux trouve à 2900 m, dans le versant espagnol du massif de Gavarnie (mitoyen des Hautes-Pyrénées), et traversant d’est en ouest la crête, une caverne avec un torrent souterrain alimentant en grande partie la cascade de Gavarnie constituant la source du Gave de Pau.

1928 - Le chorum Martin (Dévoluy), exploration complète par Robert de Joly et Denizot à -190 m, première exploration vers 1890 par Martel et ses compagnons.

1929 - Norbert Casteret explore seul la grotte de l’Escaleta (Catalogne), incomplètement visitée en 1897.

1929 - Durant le même été, Norbert Casteret explore le gouffre du Trou du Toro ou Forau de Aygualuts dans les Pyrénées (province de Huesca), découvert en 1787 par Ramond de Carbonnières. Casteret révélera les origines de l’une des sources revendiquées de la Garonne et la complexité de la circulation souterraine des eaux d’origine du fleuve. Des eaux venant de l’autre côté de la ligne de partage des eaux entre Méditerranée et Atlantique depuis les flancs du Néthou, pour réapparaître au niveau des Goueils de Jouécou. Les résultats seront présentés dans le compte rendu des séances de l’Académie des sciences du 24 août 1931, repris dans la chronique de la revue La Montagne de 1931. 

1930 - Après Martel en 1899, poursuite de l’exploration du Trou du Glaz (Chartreuse), par Robert de Joly et ses compagnons jusqu'à -119 m.

1931 - Exploration de l’aven de Hures (Lozère) par Robert de Joly et Guy de Lavaur jusqu’à -205 m, profondeur déjà visitée en 1889 jusqu’à -116 m par Martel et ses compagnons. Il connaîtra de nombreuses explorations complémentaires.

1932 - Le gouffre Martel (en hommage au prédécesseur) est découvert par Norbert Casteret sur le flanc nord de la Pyramide de Serre et le cirque de Lez (Ariège). Il est exploré en 1933 et 34. La profondeur de -303 m est atteinte par Casteret, sa femme et trois porteurs le 22 novembre 1935. C’est l’abîme le plus profond de France exploré dans ces années-là.

1932 - Casteret a également trouvé l’orifice de sortie du gouffre Martel qui montre une profondeur de -482 m dans la grotte de la Cigalière. Il manque encore 120m vertical pour réaliser l’exploration complète de la percée hydrogéologique.

1933 - L’aven de Jean Nouveau (Vaucluse) après la première incursion de 1892 est exploré jusqu’à -188 m par Robert de Joly et ses compagnons. Plus tard le gouffre sera exploré jusqu'à -573 m.

1934 - Le gouffre du Plantillet (Haute-Garonne), est exploré jusqu'à -125m par Pierre Chevallier, Gabriel Dubuc, Guy Labour et Félix Trombe. Il avait été reconnu en 1933 par Félix Trombe. Ce gouffre se révélera être l’orifice supérieur du réseau Trombe qui sera exploré jusqu’à -1000 m plus tard. Utilisation de singes mécaniques pour la remontée sur corde, les ancêtres des jumars.

1935 - L’aven d’Orgnac (Ardèche) est découvert et exploré en août par Robert de Joly et ses compagnons jusqu’à -180 m.

1935 - Le chorum Clot (Dévoluy) est exploré jusqu'à -100 m, le fond présumé de la cavité, le 15 septembre par André Bourgin et une équipe du Spéléo-club de Paris du Club Alpin Français.

1935 - Le chorum de la Parza (Dévoluy) est exploré jusqu'à -120 m, le 18 août par André Bourgin et une équipe du Spéléo-club de Paris du Club Alpin Français.

1935 - Début de l’exploration des cavités de la Dent de Crolles (Chartreuse), par une équipe du Club Alpin de Lyon comprenant Pierre Chevalier, Fernand Petzl et leurs camarades. De 1935 à 1940, exploration depuis le Trou du Glaz, avec plusieurs puits arrosés. Parallèlement en 1939, exploration de la grotte du Guiers Mort par l’orifice de sortie des eaux souterraines. La guerre viendra interrompre l’exploration.

1935 - Max Cosyns atteint -250 m durant l’exploration de l'Abîme de Heyle (Basses Pyrénées).

1936 - Le gouffre de la Luire (Vercors), déjà reconnu jusqu’à -120 m, est exploré complètement jusqu’à -213 m, par une équipe du Spéléo-club de Paris du Club Alpin comprenant notamment Bourgin, Chevalier, Demange, Gaché, Guérin, Jonqière, Labour, Tournon. En 1976, on arrivera à -413m et 9600m de développement avec le Groupe spéléologique valentinois.

1936 - Le scialet de Malaterre (Vercors) est exploré jusqu’à -160 m par le Spéléo-club de Paris du Club Alpin Français.

1936 - Le gouffre du Paradis (Franche-Comté) est exploré complètement à -204 m, le 13 septembre par une équipe du Spéléo-club de Paris du Club Alpin Français.

1937 - Le gouffre de la Combe de fer (Vercors) est exploré jusqu’à -217 m, les 19 et 20 juin par les membres du Groupe alpin de spéléologie de la Section de Paris du Club Alpin Français.

1937 - Le chorum Dupont ou chorum de la Petite Gorge (Dévoluy), ), qui est la branche supérieure du chorum Martin, est exploré jusqu’à -225 m les 11 et 12 septembre par André Bourgin et les membres du Groupe alpin de spéléologie de la Section de Paris du Club Alpin Français.

L’après-guerre de 1939-1940

Après la guerre de 1939-1940 et durant l’occupation, l’activité restera difficile mais réelle.

1941 - L’exploration des cavités de la Dent de Crolles

L’exploration des cavités de la Dent de Crolles (Chartreuse) se poursuit. Dans l’opération commencée en 1935, la liaison entre le Trou du Glaz et la grotte du Guiers Mort est obtenue par Pierre Chevalier et Fernand Petzl, assistés de trois camarades, le 8 août 1941. Voir l’évocation présentée dans le paragraphe suivant : « Quelques dates marquantes dans les explorations depuis 1940 ».

Dans la revue La Montagne d’octobre 1941, Pierre Chevalier publie le compte rendu de l’exploration.

En 1944, Henri-Pierre Guerin donne un manuel technique de spéléologie aux éditions Jean Susse.

Au lendemain de l’occupation

Ce sera désormais les équipes de spéléologues qui sont misent en avant plutôt qu’une personnalité emblématique.

Au lendemain de la guerre de 1939-1940 et de l’occupation, les spéléologues vont se trouver confrontés à des explorations de plus en plus complexes, et donc à la recherche de ressources financières plus importantes, qui les obligeront de trouver l’appui de grandes structures associatives ou officielles.

En 1945, plusieurs organismes sont concernés par la spéléologie :

- La Société spéléologique de France héritière directe de la Société Spéléologique de France et éditrice de la revue Spelunca.

- Le Club Alpin Français qui comprend une Commission de spéléologie et plusieurs Sections très actives.

- Et trois organismes officiels comprenant des membres actifs notoires de la spéléologie :

<  Le Centre national de la recherche scientifique (C.N.R.S.) qui a créé une commission de spéléologie.

<  Le Bureau des recherches géologiques et géophysiques avec un service de spéléologie.

<  Le Comité national français de géodésie et de géophysique avec une section d'hydrologie.

Dans ces années d’après guerre, on assiste à un engouement important pour l’exploration souterraine et à la multiplication des spéléo-clubs.

1946 - L’exploration des cavités de la Dent de Crolles

Achèvement de l’exploration principale des cavités de la Dent de Crolles (Chartreuse), par une équipe du Club Alpin de Lyon comprenant Pierre Chevalier, Fernand Petzl et leurs compagnons. Cette seconde opération concernera le labyrinthe supérieur du réseau pour aboutir en 1946 à la liaison entre le Trou du Glaz et la grotte Annette Bouchacourt sur le flanc est de la montagne. Ce qui permettait la traversée est-ouest du réseau. Et ensuite la liaison entre l’ouverture P40, située à 1935m sur le plateau de la Dent de Crolles, point haut réseau pour retrouver la lumière à 1332m d’altitude à la grotte du Guiers Mort. Voir l’évocation présentée dans le paragraphe suivant : « Quelques dates marquantes dans les explorations depuis 1940 ».

Ce sera l’une des plus difficiles et audacieuses explorations souterraines.

Dans la revue La Montagne de 1946, Pierre Chevalier publie le compte rendu de l’exploration sous le titre « La Dent de Crolles souterraine ».

Le temps des expéditions lourdes

C’est le recours aux expéditions lourdes qui s’annoncent avec des équipements importants, qui n’est pas sans rappeler la pratique himalayenne des alpinistes de cette époque, avec installation de camps durant la progression. L’assistance de l’armée sera même obtenue.

1947 - Le gouffre de la Henne-Morte

En 1947, le Spéléo-club de Paris du Club Alpin Français entreprend l’exploration du gouffre de la Henne-Morte (Haute Garonne) avec la participation de Norbert Casteret, de Marcel Loubens et de l’armée. Le siphon du bas à -358m du gouffre est atteint par Norbert Casteret. Voir l’évocation présentée dans le paragraphe suivant : « Quelques dates marquantes dans les explorations depuis 1940 ».

La revue La Montagne, publie l’article de Félix Trombe et Raymond Gaché sous le titre : « Le gouffre de le Henne-Morte ». L’article évoque un excédent de puissance de l’entreprise.

En 1947, article de André Belin sur l’exploration de l’Anou Boussouil, situé en Algérie, jusqu’à -515m.

Les cordes en polyamide

Avec le polyamide ( Nylon ), le progrès va être décisif… Les « cordes spéciales » câblées voient le jour en Grande-Bretagne à la fin de la guerre, en conservant les méthodes de fabrication des cordes de marine… Elles seront les premières à offrir une résistance importante.

En 1947, la corde moderne d’alpinisme est mise au point, sur les conseils de Pierre Chevalier, par les établissements Joanny. C’est une corde à fils parallèles formés d’éléments multifilamentaires de polyamide protégés par une gaine tressée.

C’est un progrès décisif… Mais l’élasticité de la corde adaptée pour l’amortissement des chutes en escalade va se révéler gênante pour la spéléologie, la solution viendra des Américains avec les cordes statiques.

En remontant le long de leurs cordes fixes dans une ascension en Norvège, des grimpeurs avaient constatés en 1965 qu’elles avaient été gravement sectionnées par le frottement sur des angles de la roche. La corde d’alpinisme, à cause de son élasticité, n’était pas adaptée à ce genre d’exercice.

Deux cordes auront des développements parallèles, la corde d’escalade pour amortir les chutes éventuelles, la corde statique pour la spéléologie et pour les cordes fixes.

1948 - Parution du livre « Escalades souterraines » par Pierre Chevalier qui relate aux éditions Jean Susse la traversée complète de la Dent de Crolles qui dura de 1935 à 1946 qui n’avait aucune équivalence à l’époque.

1948 - Un Comité national de spéléologie

Création d’un Comité national de spéléologie le 28 mai 1948 conduit par René Jeannel montrant une certaine dispersion des forces vives avec une organisation structurelle complexe.

1949 - La rivière souterraine de Padirac.

La rivière souterraine de Padirac a d’abord été explorée par Martel et ses compagnons en 1890 et 1896. En 1900, les 2500m sont atteints.

En 1938, on arrive à 3200m de galeries souterraines reconnues. En 1947, la coloration de l’eau indiquera la Fontaine St Georges et la source du Lombard comme les exsurgences à 11 km de l’entrée.

1948 et 1949, une équipe du Spéléo-club de Paris avec Guy de Lavaur, Robert de Joly, Félix Trombe et leurs compagnons progresse jusqu'à 6000 m de l’entrée. Voir l’évocation présentée dans le paragraphe suivant : « Quelques dates marquantes dans les explorations depuis 1940 ».

La revue La Montagne, publie l’article de Félix Trombe et Raymond Gaché sous le titre : « Explorations à Padirac ».

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Les publications attachées

Plusieurs revues vont publier les comptes rendus des explorations et des découvertes :

- En 1946 - Les Annales de spéléologie est le prolongement de la revue Spelunca, sous la double étiquette de la Société spéléologique de France et le Club Alpin.

- En 1948 - Grottes et gouffres, édition qui sera un moment le support du Comité national de spéléologie.

- En 1949 - Le Bulletin de la Société spéléologique de France entre 1949 et 1950.

- En 1951 - Le Bulletin du Comité national de spéléologie paraîtra pendant 10 ans, il réunira les informations unifiées de la spéléologie.

- En1961 - Le Bulletin du Comité national de spéléologie reprend le nom de Spelunca, sous le double patronage Comité national de spéléologie et de la Société spéléologique de France.

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1951 - Le comité des travaux scientifiques du Club Alpin Français 

La revue La Montagne, publie dans son édition de novembre 1950 l’article de Félix Trombe : « Le Comité des travaux scientifiques du Club Alpin Français » qui montre l’importance des développements scientifiques et sportifs de la spéléologie.

1951 - Le gouffre de la Pierre-Saint-Martin

Le gouffre de la Pierre-Saint-Martin (Pyrénées atlantiques et Espagne) est découvert par Georges Lépineux .En 1951, début des explorations jusqu’à -500 m où la rivière souterraine est découverte. En 1952, l’accident de Marcel Loubens et son agonie feront entrer cette cavité dans l’histoire. Voir l’évocation présentée dans le paragraphe suivant : « Quelques dates marquantes dans les explorations depuis 1940 ».

1952 - Un premier stage national de spéléologie par Pierre Chevalier, un second suivra en 1959 avant la création de l'École Française de Spéléologie en 1969.

1953 - Le gouffre Berger

Le gouffre Berger situé à 1460 m est découvert par Joseph Berger en mai 1953, des colorations montrent que l’écoulement souterrain communique avec la grotte des Cuves de Sassenage.

En 1954, la profondeur record de -903 m est atteinte le 27 septembre par le Spéléo-Groupe du Club Alpin Français de Grenoble.

En 1956, le siphon à -1122 m est rejoint en août. C’est la première fois que la cote -1000 m est dépassée. Voir l’évocation présentée dans le paragraphe suivant : « Quelques dates marquantes dans les explorations depuis 1940 ».

Deux articles de Louis Eymas et Georges Garby dans la revue La Montagne de 1954 et 1956 présentent l’exploit.

1953 - Les activités de plongée souterraine

En 1953, Guy de Lavaur déjà précurseur avant la guerre de 1939-1940 de cette spécialisation, organise les activités de plongée souterraine. Elles représentent l’avenir de l’exploration souterraine au delà des siphons que constituera l’étage noyé.

1953 - Un premier congrès international de spéléologie

Le premier Congrès international de spéléologie se tient à Paris du 7 au 12 septembre patronné par le ministère de l'Éducation nationale et le Secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports.

1953 - Création du Club des spéléologues grenoblois du Club Alpin Français qui s’illustrera entre-autres dans l’exploration du gouffre Berger.

1956 - La spéléologie par Félix Trombe

Félix Trombe fait paraître un recueil « La Spéléologie » définissant le domaine d’action, en présentant les techniques d’exploration et les résultats scientifiques obtenus ou attendus. .

1958 - Les expéditions spéléologiques dans le réseau du Marguareis

Les premières recherches vers les nombreux gouffres du karst du Marguareis (Alpes-Maritimes et Italie), déjà repérés en 1897, commencent en 1951. Les différentes explorations vont aller de 1952 au 1958. Voir l’évocation présentée dans le paragraphe suivant : « Quelques dates marquantes dans les explorations depuis 1940 ».

Un article de Marx Couderc, Yves Creac’h et Jacques Rouire paraît dans la revue La Montagne d’octobre 1960 « Les expéditions spéléologiques au Marguareis 1951-1958 ».

Les techniques nouvelles

Une révolution va apparaître dans une nouvelle façon de faire avec le déplacement autonome des acteurs avec la descente et la remontée sur cordes fixes qui va remplacer les expéditions lourdes avec échelles et treuils. Mais l’évolution prendra du temps.

Déjà en 1934, pour le gouffre du Plantillet, Pierre Chevallier, Gabriel Dubuc, Guy Labour et Félix Trombe avaient utilisé des singes mécaniques (inventé par Henri Brenot) pour la remontée sur corde.

La remontée sur cordes fixes et l’auto-traction

Dans les années mil neuf cent cinquante, sur les parois du Yosemite, les grimpeurs américains utiliseront la technique de siège pour gravir les hautes parois en installant des cordes fixes, remontées ensuite à l’aide de nœuds de Prusik ou des singes mécaniques en utilisant la technique de l’auto-traction, la force développée par la jambe permettant la montée du grimpeur.

Plus tard en 1965, dans une ascension en Norvège perturbée par la pluie et la neige, une équipe de grimpeurs du GHM équiperont plus de 800 m de cordes fixes, qui seront remontés en auto-traction aux jumars et aux singes (et descendus en rappel avec un frein constitué des mousquetons croisés) pour profiter d’un bref répit de la météorologie.

1958 - La poignée Jumar

Deux grimpeurs suisses, Adolf Jüsy (guide alpin) et Walter Marti (ingénieur) font la mise au point de la poignée automatique Jumar à mâchoire autobloquante facilitant la remontée des cordes fixes en paroi et en expédition classique, même utilisation que le singe mécanique déjà existant, mais d’un emploi beaucoup plus commode.

En 1959 Bruno Dressler, qui appartenait alors au Spéléo-Club de Paris développe un bloqueur très proche de la technique autobloquante du Jumar et qui sera un élément important de sécurité.

Des développements parallèles

Dans les années 1960, les progrès du matériel d’escalade et du matériel de spéléologie connaîtront des développements parallèles avec leurs utilisations spécifiques.

< Les ancrages forés seront utilisé dès 1961

< Les Jumars en 1960

< Les descendeurs proposés par les Américains, puis le descenseur Dressler remplaceront la descente au treuille ou assurée, dans le même esprit que le descendeur Allain, puis et surtout l’outil en forme de huit, utilisés pour l’escalade et les rappels.

<Le baudrier longtemps bricolé et repris par les équipementiers dès 1963.

1959 - Le second congrès national de spéléologie

Le second Congrès national de spéléologie est organisé à Cahors du 6 au 10 septembre 1959. Il succède au congrès de Mazamet de 1939. Trois cents spéléologues du Comité national de spéléologie et de la Société spéléologique de France y participèrent du 6 au 10 septembre.

Il apparaîtra dans les rangs des participants un vrai désir de regroupement.

1963 - La Fédération Française de Spéléologie

La Fédération Française de Spéléologie (FFS) est créée le 1er juin 1963 à Millau. Elle est issue de la réunion de la Société Spéléologique de France de 1936, ayant elle-même succédé à la Société de spéléologie, fondée en 1895 par Édouard-Alfred Martel et du Comité National de Spéléologie de 1948. Alain Cavaillé est le premier président de la FFS.

1965 - Création de l'Union Internationale de Spéléologie

Éminent spéléologue Bernard Gèze est le premier président de l’Union Internationale de Spéléologie.

1967 - La progression sur simple corde

Les Américains ont recours à la descente et la remontée sur simple corde jusqu’à -333 m sans utiliser de treuil, en descendant sur une simple corde par l’intermédiaire d’un système de freinage et en remontant en utilisant l’auto-traction avec une variante du nœud de Prusik, ils apportaient la démonstration que les premières initiatives de 1934 constituaient un progrès technique, ouvrant vers les expéditions légères.

C’est une avancée considérable qui va permettre le déplacement des spéléologues le long de simples cordes, elle va révolutionner la façon de faire.

1968 - L’aventure Petlz

Depuis un certain temps, Fernand Petzl l’un des principaux acteurs de l’exploration souterraine de l’après-guerre, éminent membre du Spéléo-club de Paris et du Spéléo-Groupe du Club Alpin Français de Grenoble, fabriquait déjà à Grenoble du matériel pour ses collègues spéléologues du Club Alpin.

En 1968, il débute l’industrialisation d’un matériel spécialisé particulièrement performant : échelles, sacs, adapte une lampe acétylène pour le casque de spéléo, puis un système piézoélectrique d’allumage. En 1969, il reprend les créations de Bruno Dressler et améliore le bloqueur, puis le descendeur. Partant d'un simple atelier, une usine est construite à Crolles (Isère). Le matériel conçu pour les spéléologues sera ensuite proposé aux autres activités de montagne : l'escalade, le canyoning, avec le succès que l’on connaît. « Étonnant retournement de l'histoire, quand on sait que les spéléologues de l'Isère ont commencé à utiliser quelques vieilles cordes que leur prêtaient obligeamment leurs camarades alpinistes ».

1969 - Création de l'École Française de Spéléologie

La Fédération Française de Spéléologie crée une École de Spéléologie qui est chargée principalement d’assurer la formation technique des spéléologues et de diffuser les informations se rapportant à l’activité.

Les activités des Spéléo-groupes du Club Alpin

Les activités des douze Spéléo-groupes du Club Alpin des années 1968 et 1969 sont soulignées dans la revue La Montagne de juin 1969 et 1970.

1970 - Le premier gouffre parcouru aux jumars

En novembre, exploration du gouffre Lonné-Peyret (Pyrénées atlantiques), par une équipe grenobloise et toulonnaise en équipant simplement de cordes fixes l’escarpement jusqu'à atteindre le fond à -716 m. C’est le premier grand gouffre parcouru aux jumars. C’est une profonde révolution qui concerne toute la discipline, même si par l’aspect plus sportif de la technique, il faudra un peu de temps pour l’assimiler.

1973 - Publication du livre « Techniques de spéléologie alpine »

En avril 1976 paraît « Techniques de la spéléologie alpine », de Jean-Claude Dobrilla et Georges Marbach qui va propager les nouvelles techniques dans le monde de la spéléologie.

1977 - Un livre qui étonne et détonne

Pierre Minvielle fait éditer Grottes et Canyons les 100 plus belles courses et randonnées. L’ouvrage parle de randonnées et provoque une énorme émotion et beaucoup de critiques dans le milieu de la spéléologie.

Pourtant c’était un tournant important qui était remarqué, la spéléologie en dehors des explorations sportives et scientifiques encore nécessaires et propices devenait, en bousculant les habitudes et les certitudes, une activité de loisir presque banale, « une spéléologie de visite pour le plaisir uniquement ».

1997 - Une histoire de la spéléologie

En 1997, la Commission nationale de spéléologie du Club Alpin a plus de soixante ans d’existence, elle coordonne l’activité des spéléologues répartis dans les différentes associations de la Fédération des Clubs Alpins Français.

On retrouvera un historique de la spéléologie dans un article de Philippe Morveran « La petite histoire de la spéléologie au Club Alpin » dans la revue La Montagne & Alpinisme n°4/1997.

Est bien décrite la part importante du Club Alpin, en ce qui concerne les débuts de la spéléologie en France, la période prolifique de 1935 à 1955, puis la structuration de l’organisation et son évolution.

Aujourd’hui plusieurs clubs de la FFCAM développent des activités souterraines.

Un rassemblement national des spéléologues de la FFCAM est organisé chaque année. Cette manifestation réunie des spéléologues français, issus des clubs FFCAM et d’autres fédérations et étrangers.

Différents clubs de la FFCAM proposent des activités d’initiation, de formation et d’exploration.

Les différentes étapes de l’exploration souterraine

Il est possible de situer les différentes grandes périodes de l’exploration souterraine :

De 1850 à 1935 : révélation d’un monde inconnu pour le décrire et le cartographier. Les explorations sont l’œuvre de plusieurs protagonistes, mais souvent seul l’organisateur bénéficie de l’attention des observateurs et de la presse.

Depuis 1935, avec l’arrivée d’alpinistes notoires dans la discipline, c’est le début de la spéléologie sportive. C’est l’exploration des grandes profondeurs par des expéditions lourdes. Plus de mise en avant d’une seule personnalité qui captait l’événement et occupait l’espace médiatique.

Depuis 1970, c’est le temps des expéditions légères, les déplacements le long de simples cordes.

En 1977, aux opérations d’envergure à la fois sportives et scientifiques, une activité de loisirs presque banale vient s’ajouter : « une spéléologie de visite pour le plaisir uniquement ».

Après 1995, les explorations classiques des cavités sèches et mouillées sont maintenant bien répertoriées en Europe, les initiatives marquantes vont aller dans les massifs extra européens où beaucoup reste à faire.

En France et en Europe, ce sont d’autres explorateurs qui pourront intervenir, les spéléologues-plongeurs qui vont faire avancer la connaissance de l’étage noyé.

Quelques dates marquantes dans les explorations depuis 1940

Les initiatives des clubs de spéléologie seront si nombreuses après la Seconde Guerre mondiale à nos jours qu’il serait téméraire de n’en citer que quelques-unes et pas d’autres. Cependant certaines expéditions ont particulièrement marqué l’histoire de cette activité.

1941- Première exploration des cavités de la Dent de Crolles

L’exploration souterraine des cavités de la Dent de Crolles (Chartreuse), par une équipe du Club Alpin de Lyon comprenant Pierre Chevalier, Fernand Petzl et leurs camarades, commencée en 1935, est reprise durant l’occupation dans des conditions difficiles, en transportant parfois le matériel à bicyclette. En 1941, la liaison entre le Trou du Glaz et la grotte du Guiers Mort est obtenue par Pierre Chevalier et Fernand Petzl, assistés de trois camarades, le 8 août 1941 après 22 expéditions, pour une profondeur de 427 m et 9 kilomètres de développement et 1000 m de puits explorés dont 400 m sont arrosés.

1946 - Seconde exploration des cavités de la Dent de Crolles

Achèvement de l’exploration principale des cavités de la Dent de Crolles. Cette seconde opération concernera le labyrinthe supérieur du réseau pour aboutir en 1946 à la liaison entre le Trou du Glaz et la grotte Annette Bouchacourt. Ce qui permettait la traversée est-ouest de la montagne. Et ensuite la liaison entre l’ouverture P40, située à 1935 m sur le plateau de la Dent de Crolles, point haut réseau pour retrouver la lumière à 1332 m d’altitude à la grotte du Guiers Mort. Durant les nombreuses explorations, les grottes Chevalier et Petzl seront ajoutés au bilan final. Au total 52 expéditions ont été nécessaires, et 859h ont été passées sous terre, 16 km de galeries parcourues, 570 m de dénivellation, 1860 m de puits descendus dont 500 m sont des puits arrosés.

Ce sera l’une des plus difficiles et audacieuses explorations souterraines.

1947 - Le gouffre de la Henne-Morte

Le gouffre de la Henne-Morte (Haute Garonne) a été découvert par Josette Ségouffin et Marcel Loubens en 1940 jusqu'à -80 m, exploré jusqu'à -293 m par Casteret et Loubens en 1943.

En 1947, le Spéléo-club de Paris (qui a retrouvé son nom d’origine) entreprend l’exploration du gouffre, avec la participation de Casteret et de Loubens, avec de gros moyens et l’aide de l’armée. C’est l’occasion d’une première agitation médiatique concernant cette discipline.

En août, un campement est implanté à -126 m où 16 hommes séjourneront, dont Casteret, Gaché, Ichac, Loubens et Trombe.

Utilisation d’une benne avec un chapeau chinois protégeant de la cascade d’eau du puits mouillé. Le siphon du bas à -358 m du gouffre est atteint par Casteret. En 1971, un réseau latéral viendra se rajouter. L’ensemble prendra le nom de réseau Loubens.

1949 - La rivière souterraine de Padirac

Elle est explorée par Martel et ses compagnons en 1890 et 1896. Arrêt devant la Grande Barrière, elle est franchie en 1899 par Armand et Viré avec leurs compagnons. En 1900, Martel et ses compagnons s’avancent jusqu’à 2500 m.

En 1938, une équipe se présente avec Guy de Lavaur, Robert de Joly et Germain Barrière, une prolongation est trouvée par la vire de Joly jusqu'à 3200 m.

En 1947, la coloration de l’eau indiquera la Fontaine St Georges et la source du Lombard comme les exsurgences à 11 km de l’entrée.

1948 et 1949, une équipe du Spéléo-club de Paris avec Guy de Lavaur, Robert de Joly, Félix Trombe et leurs compagnons progresse jusqu'à 6000 m de l’entrée.

L’exploration sera poursuivie en 1963 par une équipe du Spéléo-club de Paris avec Max Couderc qui atteint un siphon à 9200 m de l’entrée et explore l’affluent de Joly.

En 1983, un prolongement de l'affluent de Joly est trouvé et un important gisement paléontologique et préhistorique fait basculer l’exploration spéléologique dans une expédition scientifique officielle en 1984 et 1985.

Depuis le vaste réseau ne cesse de s’agrandir et les spéléologues-plongeurs vont faire avancer l’exploration.

La jonction entre l'exsurgence de la Finou et le siphon aval de la rivière de Lavaur et le gouffre de Padirac est réussie en 1996 après cinq kilomètres de réseau dont trois kilomètres noyés.

 En 2014, la traversée de l'exsurgence Saint-Georges jusqu'au Gouffre de Padirac est réalisée.

1951 - Le gouffre de la Pierre-Saint-Martin

Le gouffre de la Pierre-Saint-Martin (Pyrénées atlantiques) est découvert par Georges Lépineux et aurait pu porter son nom mais les événements en décideront autrement. En 1951, début des explorations jusqu’à -500 m où la rivière souterraine est découverte. En 1952, durant une exploration organisée par Max Cosyns, avec Lépineux, Loubens et Tazieff, survient l’accident de Marcel Loubens et son agonie. Il devra être enterré pour un temps au fond de la cavité.

Avec la présence dans l’équipe d’un communicant averti, l’accident sera relayé par presse mondiale et deviendra un événement d’édition considérable, qui sera ensuite accompagné par des conférences et un livre.

En 1953 découverte de la salle de la Verna -734 m.

En 1954, le corps de Marcel Loubens sera finalement extrait de l’abîme et conduit vers une sépulture plus traditionnelle.

En 1956, un tunnel est percé par EDF depuis le ravin d’Arphidia permettant d'atteindre la salle de la Verna.

En 1965, le puits Parment, est annoncé à -1006 m par rapport au puits Lépineux.

En 1965, découverte du gouffre de la Tête Sauvage à 1882 m, la rivière souterraine sera rejointe en 1966 et une profondeur annoncée du réseau de -1123 m.

En 1966, traversée de Tête Sauvage jusqu'à la salle de la Verna.

En 1982, le gouffre du Pourtet  2 058 m fait progresser la profondeur à -1342 m.

Le col de la Pierre Saint Martin par la notoriété acquise de ses « entrailles ténébreuses » est devenu un lieu touristique et une station de ski.

Le gouffre de la Pierre-Saint-Martin par le développement de son réseau, par ses performances chiffrées extraordinaires et par son histoire (et son lot de polémiques) reste le site emblématique de l’activité.

1953 - Le gouffre Berger

Le plateau de Sornin est exploré par le Spéléo-Groupe du Club Alpin Français de Grenoble à la recherche du réseau souterrain alimentant les Cuves de Sassenage à 307 m.

Le gouffre Berger situé à 1460 m est découvert par Joseph Berger en mai 1953, des colorations montrent que l’écoulement souterrain communique avec la grotte des Cuves de Sassenage.

Le Spéléo-Groupe du Club Alpin organise l’exploration, reconnaissance en automne 1953 jusqu'à-350 m, le chemin de l’eau est rejoint à -250 m.

En 1954, après un dépôt a -250 m, un camp de base est installé à -490 m, huit jours sont passés sous terre pour la cote de -700 m, la profondeur record de -903 m est atteinte le 27 septembre.

En 1956, le siphon à -1122 m est rejoint en août dans une opération encore plus importante. Trois camps -500,-750 et -940 m sont établis, 17 jours sous terre sont prévus, 3000 kg de matériels. C’est la première fois que la cote -1000 m est dépassée.

Deux articles de Louis Eymas et Georges Garby dans la revue La Montagne de 1954 et 1956 présentent l’exploit, les deux textes montrent bien le souci des participants de souligner l’effort collectif et de taire les engagements individuels des équipiers de pointe en regard des dévouements des équipes de soutien.

Reprise de l’avancée en 1963 par des spéléo-plongeurs, le premier siphon de 70 m est un forcé (Ken Pearce). En 1967, un autre siphon de 20 m est traversé (Ken Pearce). En 1968, les plongeurs du Spéléo-club de la Seine (Léger et Dubois) atteignent -1141 m.

Plus tard de nombreuses entrées seront ajoutées. Trois autres siphons sont franchis en 1982 pour une cote de -1248 m.

En 1990, la profondeur du gouffre du Berger en partant d’une entrée amont, depuis le scialet de la Fromagère atteint -1271 m.

1958 - Les expéditions spéléologiques dans le réseau du Marguareis

C’est la Section des Causses et Cévennes qui effectuent en 1951 les premières recherches vers les nombreux gouffres du karst du Marguareis (Alpes-Maritimes et Italie) déjà repérés en 1897. Les différentes explorations vont aller de 1952 au 1958 par plusieurs groupes spéléologiques du Club Alpin : Dijon-Millau-Nice-et Paris auxquels j’ajoute des équipes anglaises et italiennes. Un article de Marx Couderc, Yves Creac’h et Jacques Rouire paraît dans la revue La Montagne d’octobre 1960 « Les expéditions spéléologiques au Marguareis 1951-1958 ».

Le développement du réseau du Marguareis ne faisait que débuter…

1970 - Le gouffre Lonné Peyret

L’exploration du gouffre Lonné-Peyret (Pyrénées atlantiques) en novembre 1970 jusqu’à -716 m est un événement important dans l’histoire de la spéléologie, l’exploration sur simples cordes.

C’est une équipe grenobloise et toulonnaise qui réalise la descente en équipant l’escarpement de cordes fixes et en remontant à l’aide de jumars et de l’auto-traction. Une première de cette façon.

1974 - Le réseau Trombe

C’est la réunion de plusieurs cavités proches du village d’Herran (Haute Garonne) pour former l’un des réseaux les plus étendus de France. D’abord l’exploration de plusieurs gouffres : Pèneblanque (1876/1908/1953/1961), Pont de Gerbeau (1930), Henne-Morte (1939/1947), Mile (1956), Pierre (1956) Vent (1957), Raymonde (1947).

Et en 1956, la coloration de la perte du gouffre Mile se retrouve dans la résurgence du Goueil di Her.

Ensuite les liens entre ces entrées ont été explorés peu à peu, pour aboutir à la grande traversée du puits de l’If 1398 m au gouffre de Pèneblanque 915 m en 1974. Puis en 2001, la traversée complète est obtenue depuis le gouffre de la Coquille 1509 m jusqu'à la résurgence du Goueil di Her 491 m soit -1018 m.