L'alpinisme au féminin

Henriette d'Angeville

Au fil des différents dossiers se rapportant à l'histoire de l'alpinisme et dans les chroniques alpines des publications, la pratique de la montagne par les femmes les plus déterminées est régulièrement signalée et appréciée ; au début une activité sportive qui accompagnera le désir d’émancipation des plus progressistes d’Outre-manche, puis viendra le temps d’un alpinisme classique, qui plus tard se développera, pour atteindre ensuite l’excellence. Ce dossier tente de réunir l’ensemble les faits marquants attachés à cet alpinisme au féminin.

SOMMAIRE :

- C’est une histoire qui débuta en 1830
- À la recherche des premières féminines à partir de 1870
- Les premières françaises
- La recherche du l’autonomie après 1913
- Un ascensionnisme résolument féminin
- Des femmes autonomes et responsables
- En Europe de 1945 à 1970
- Les montagnes lointaines de 1945 à 1970
- Alpinisme au féminin après 1970 en Europe, au Yosemite et autres grandes parois rocheuses.
- Après 1980 en Europe, au Yosemite et autres grandes parois rocheuses.
- Depuis 1990 en Europe, au Yosemite et autres grandes parois rocheuses.
- Les montagnes de très haute altitude depuis 1970.

C’EST UNE HISTOIRE QUI DÉBUTA EN 1830.

Si l’on excepte ce qui relève de l’anecdote, la Chamoniarde Marie Paradis, conduite d’une drôle de façon au sommet du Mont Blanc en 1808, trois initiatives sont les premiers événements d’un alpinisme au féminin.

Ce sont des démarches non subies et assumées.

- Le 24 août, première ascension féminine du Mont Perdu, 3352m dans les Pyrénées, par l’Anglaise Anne Lister, avec les Guides Jean-Pierre Charles et Etienne.
- Le 7 août 1838, le Vignemale, 3298m est atteint par la même Anne Lister, avec ses Guides, Henri Cazaux, Bernard Guillembet, Jean-Pierre Charles et Jean-Pierre Sajous, c’est le plus haut relief de la crête principale et frontière des Pyrénées. L’ascension du Vignemale était une première, si l’on oublie les bergers, dont les noms se sont perdus, ayant sûrement atteint certains reliefs délimitant la frontière en 1792, mais probablement pas la cime principale, et la reconnaissance préalable prétendue de Cazaux et de Guillembet (qui montreront, 4 jours après l’exploit, une disposition avérée pour le mensonge).
- La même année, le 3 septembre 1838, le Mont Blanc, 4810m est gravi par la Française Henriette d'Angeville, avec les 12 Guides, imposés par la compagnie des Guides de Chamonix…

La gravure présentant l’ascension montre bien les 12 Guides obligés à l’époque.

Ces trois événements situent le début de la participation des femmes à l’exploration des montagnes.

Une exception remarquable en 1874

En s'ouvrant dès l'origine aux femmes, le Club Alpin Français sera une exception remarquable, se différenciant de la plupart des autres Sociétés ou Clubs sportifs nationaux et européens qui les excluaient, et les excluront, pour certains d'entre eux, jusqu'après le milieu du XXe siècle... Le Club Alpin se voulait ouvert à tous « sans distinction d'âge, de sexe, d'états de service », et en incitant à une pratique de la montagne pour les femmes, notre club se trouvait être très en avance sur son temps...

< En 1900, le Club Alpin compte 6 000 membres, dont 300 femmes.

À LA RECHERCHE DES PREMIÈRES FÉMININES À PARTIR DE 1870.

Au fil des années et des réalisations, il apparaîtra vite que la légende, voulant faire croire que les filles ont moins l’esprit de compétition ou d’entreprise que les garçons, est infondée.

À partir de 1870, les femmes sont bien présentes dans la répétition des grandes ascensions classiques, à la recherche des premières féminines, emmenées par leurs Guides. Presque toutes sont venues d’Outre-manche, avec notamment les remarquables performances des Lucy Walker (Verte, Lyskamm, la première au Cervin en 1971), Meta Brevoort (Grandes Jorasses, Dent Blanche, Meije centrale, la première à traverser le Cervin en 1871), Margaret Anne Jackson (traversés des Drus, Grands Charmoz), Isabella Straton (hivernale du Mont Blanc, Dom, Viso), et autres Elisabeth Le Blond (Géant, Écrins, Meije, Bernina), et Katherine Richardson (Piz Palü, traversée Bionnassay-Goûter, la première à la Meije en 1888).
Avec leurs Guides, elles visiteront tous les grands itinéraires classiques des Alpes, en parallèle au formidable engouement de leurs collègues masculins britanniques.
En 1900, Elizabeth Le Blond et Evelyn McDonnell traversent le Piz Palü, 3900m (Alpes centrales) en hiver, c’est la première cordée autonome féminine connue.
Sans omettre de citer l’Italienne Luigia Biraghi Dell’Oro, la première, en venant par l’Italie, au Cervin, 4477m, avec ses Guides, en 1877. Et la Suissesse Eugénie Rochat auteure de nombreuses ascensions, avec ses Guides, dans les années 1893-1900.
Et en 1901, les sœurs et baronnes hongroises Ilona et Rolanda Eötvös effectuent, avec leurs Guides, la première ascension de la face sud de la Tofana di Rózes, 3225m dans les Dolomites, un itinéraire qui restera réputé. En 1907, elles forment une cordée féminine et autonome, pour une ascension de la Cima Grande di Lavaredo, 2999m (Dolomites).

- Le livre de Micheline Morin « Encordées », Éditions Victor Attinger de 1936, fait échos aux brillantes prouesses des femmes alpinistes d’avant la Première Guerre mondiale, ainsi que son article consacré du livre « Les alpinistes célèbres », Éditions Lucien Mazenod de 1956.

Mais si l’on excepte Anne Lister, et les sœurs Eötvös, les femmes resteront jusqu'au début du XXe siècle en retrait pour ce qui est de l'exploration des sommets et des itinéraires originaux, malgré les réclamations de Gabrielle Vallot et de Mary Paillon qui souhaitent dans leurs écrits le développement d'un alpinisme féminin. Et déjà à partir de 1883, May Norman-Neruda et Rosa Friedman pratiquaient un alpinisme autonome - sans Guide - avec leurs conjoints.
- Notons que devant les réticences des associations de montagnes de Grande Bretagne et de Suisse à accueillir les femmes, celles-ci devront s’organiser.
- En 1907, le Ladie’s Alpine Club est créé, à l’initiative d’Elisabeth Le Blond.
- En 1918, création du Club Suisse des Femmes Alpinistes, le Club Alpin Suisse désirant garder son caractère strictement masculin, une particularité qui perdurera jusqu’en 1979…

LES PREMIÈRES FRANÇAISES

Mary Paillon et son amie américaine Katherine Richardson sont les premières femmes en 1891 à gravir l’Aiguille Méridionale d’Arves, 3514m, (Grandes Alpes), et en 1893 la Meije orientale, 3891m (Écrins), accompagnées de leurs Guides.

- La première nommée est l’une des Françaises les plus actives de ce moment-là, avec les sœurs Louise et Marie Lacharrière, les premières françaises à réussir, avec leurs Guides, l’ascension de la Grande Casse, 3855m (Grandes Alpes) en 1891, et la traversée de la Meije, 3984m (Écrins) en 1893.
- En 1908, Marie Bruneton entreprend, dans le Valais, avec ses Guides, l’ascension de la Dent Blanche, 4356m par l'Arête des 4 Ânes, c'est pour la Française un premier parcours féminin et une belle et rare performance de ce niveau.
- Au début du vingtième siècle, Mathilde Maige-Lefournier, alpiniste active, skieuse et journaliste, publie un remarquable article sur la traversée de la Meije, dans la revue La Montagne de 1909.
- Dès 1913, Alice Damesme sera la première en France à réaliser ses courses en autonomie - sans Guide - et en tête de cordée.

Hors des Pyrénées et des Alpes

L’Américaine Fanny Bullock Workman fut précurseur pour les femmes dans l’exploration des plus hautes montagnes de la terre, durant plusieurs voyages d’exploration en Himalaya, avec son mari et ses Guides. En 1906, son ascension du Pinnaccle Peak, 6930m dans le massif du Nun-Kun, constituera pour un long moment un record féminin d’altitude.
En 1908, une autre Américaine Annie Smith Peck réussit, avec ses Guides, l’ascension du sommet nord du Huascaran, 6650m dans les Andes.

C’est la naissance d’un intérêt pour les montagnes lointaines, en ce qui concerne l’ascensionnisme féminin.

Alice

LA RECHERCHE DU L’AUTONOMIE APRÈS 1913

Alice Damesme

Dès 1913, en France, au sein du Groupe des Rochassiers, Alice Damesme avait été la première à s'extraire du commun, et à réaliser ses courses d’abord en autonomie - sans Guide - et bientôt en tête de cordée...
À la création du Groupe de Haute Montagne en 1919, elle en est naturellement l'une des personnalités fondatrices.
En 1919, après l'ascension du Trident du Tacul, 3639m dans le massif du Mont Blanc, Jacques de Lépiney écrira ne rien avoir fait de plus dur. Alice Damesme, qui participait à l'exploit, est qualifiée « de rochassière remarquablement adroite, intrépide et endurante »..., à une époque où les éloges étaient rares dans les relations écrites des ascensions... La voie nouvelle, réalisée sans l’usage des pitons, est jugée comme étant la plus difficile de cette époque (5 sup), par André Contamine en 1972.

Dès les années mil neuf cent vingt, les femmes veulent aussi être autonomes et responsables « d'abord en se montrant aussi habiles que les hommes dans l'art de suivre un Guide » ironise Micheline Morin, ensuite en conduisant leur cordée...

 Alice Damesme, Loulou Boulaz, Tina Bozzino, Una Cameron, Evelyne Dalmais Yvonne Millière, Micheline et Néa Morin, Miriam O'Brien-Underhill, Nini Pietrasanta, Dorothy Thomson, Mary Varale et Paula Wiesinger sont parmi les plus entreprenantes. Certaines paieront au prix fort leur passion.

C’est souvent des cordées avec Guides qui se présentent

Les femmes figurent en bonne place dans les chroniques alpines de l’entre-deux-guerres. Nous précisons l’ordre de répétition des ascensions, pour bien souligner leurs fortes présences pour les plus importantes ascensions de l’époque. C’est souvent, comme pour beaucoup d’hommes, des cordées emmenées par leurs Guides, mais bientôt l’autonomie viendra rehausser leurs exploits.

- En 1923, Yvonne Millière, et ses compagnons Loustalot et Zwingelstein, traversent pour la première fois le col du Diable, 3565m dans le massif des Écrins.
- En 1923, Mme L. Kulin effectue, avec ses Guides, la seconde ascension de l’arête nord-est du Nordend du Mont Rose, 4634m dans les Alpes Valaisannes.
- En 1926, Mlle de Longchamp s’avance par l’Arête sans nom de l’Aiguille Verte, 4122m (massif du Mont Blanc), avec ses Guides (7ème).
- De 1926 à 1936, l’alpinisme féminin est très actif dans les Alpes Julienne.
- Mais ce sera le massif du Mont Blanc qui concentrera le plus d’initiatives.
- En 1927, escalade du versant est de l’Aiguille du Grépon, 3482m par Margaret Helburn et Miriam O'Brien, avec leurs Guides (8ème).
- En 1927, première ascension de l’Aiguille de Roc, 3409m par Miriam O'Brien, avec ses Guides. Quelques jours plus tard, l’itinéraire est repris par un groupe mixte comprenant Miss Barnard et Winifred Marples et leurs Guides.
- En 1927, voie nouvelle sur la face nord de l’Aiguille du Midi, 3842m par Margaret Helburn et Miriam O'Brien, avec leurs Guides.
- En 1928, première traversée complète des cinq Aiguilles du Diable, 4114m par Miriam O’Brien, en cordée mixte guidée.
- En 1928, l’Arête du Brouillard du versant italien du Mont Blanc, 4810m est gravie par Dorothy Thomson avec son Guide, et en 1933, elle descend l’arête de Peuterey, une façon de faire assez prisée à cette époque.
- En 1928, Dorothy Pilley-Richards remonte, en couple et avec ses Guides, l’arête NNW de la Dent Blanche, 4356m.
- En 1928, Maud Cairney parcourt avec ses Guides l’arête NNE de la même montagne du Valais.
- En 1928, Mlle E. de Ferré de Péroux réussit l’ascension hivernale des Grands Charmoz, 3445m avec ses Guides (Aiguilles de Chamonix).
- En 1928 et 1929, dans les Dolomites, en se montrant très active, Paula Wiesinger, associée à Hans Steger, inaugure plusieurs ascensions difficiles, notamment la première ascension de la paroi nord de le Cima Una, 2698m, la seconde de l’arête nord de la Croda dei Toni, 3094m.
- En 1929, Miriam O'Brien, dans l’Oberland Bernois, parcourt l’arête NO de la Jungfrau, 4158m, l’arête SO du Wetterhorn, 3692m et la traversée Schreckhorn 4078m-Lauteraarhorn, 4042m avec son Guide qui ne va pas toujours devant…
- En 1929, l’éperon de la Brenva du Mont Blanc, 4810m est repris par Resli Hofes, en cordée guidée.
- En 1930, dans l’Oberland Bernois, Miriam O'Brien et ses Guides parcourent, l’arête NE du Finsteraarhorn, 4274m (3ème).
- En 1930, Mlle E. de Ferré de Péroux entreprend la traversée Nice-Zermatt à skis, avec ses Guides, en janvier et février, quarante six jours de Beuil à Zermatt, dont 25 jours immobilisés par les conditions météorologiques ou de neige.
- Dès 1930, dans les Dolomites la paroi nord-ouest de la Civetta, 3220m (Solleder) est réussie par Paola Wiesinger (9ème/1er F), en 1936 par Mlle S. Schreckmoder, en 1937 par Lotte Wegener, et en 1938 par Colette d’Assche, les quatre en cordées guidées.
- En 1930, pour Géraldine G. Fitzgerald, première traversée des Grandes Jorasses, 4208m avec ses Guides, depuis le col des Grandes Jorasses au col des Hirondelles, c’est un engagement particulièrement remarquable sur l’un des principaux sommets du massif du Mont Blanc.
- En 1932, Paula Wiesinger escalade, associée à Hans Steger, la voie Micheluzzi de 1929 (4ème) du pilier sud de la Marmolada, 3343m, qualifié plus tard comme l’une des deux escalades les plus difficiles des Dolomites de l’entre-deux-guerres.
- En 1932, l’éperon de la Brenva du Mont Blanc, 4810m est emprunté par Livia Bertolini, en cordée mixte et guidée.
- En 1933, l’arête de Peuterey du Mont Blanc, 4810m est gravie par Tina Bozzino et ses Guides. Rapidement plusieurs cordées féminines guidées se présentent pour reprendre le plus bel itinéraire d’accès au du Mont Blanc, 4810m : Dorothy Thomson, Una Cameron, Dora de Beer et Magdalena Hutton-Rudolph en 1936.
- En 1933, pour Nini Pietrasanta, traversée des Aiguilles du Diable, 4114m (massif du Mont Blanc) avec son compagnon Gabriele Boccalatte (4ème).
- En 1933, Mary Varale participe, avec Emilio Comici et R. Zanutti, à la première ascension du Spigolo Giallo de la Cima Piccola di Lavaredo, 2857m qui deviendra une escalade de référence dans les Dolomites.
- C’est encore le massif du Mont Blanc qui capte principalement les initiatives.
 - En 1934, c’est l’arête de l’Innominata du Mont Blanc, 4810m, par Una Cameron (6ème), en 1935 par Dorothy Thompson (9ème), avec leurs Guides.
- En 1934, c’est l’arête du Brouillard du Mont Blanc, 4810m, qui est reprise par Dorothy Thompson (9ème), et par Una Cameron (16ème), avec leurs Guides.
- En 1934, Nini Pietrasanta réussit, avec Boccalatte, la troisième ascension de l’arête sud de l’Aiguille Noire de Peuterey, 3772m.
- En 1934, Evelyne Dalmais avec Armand Charlet, par l’arête des Grands Montets de Aiguille Verte, 4122m.
- En 1934, le Pic Coolidge, 3775m (massif des Écrins) est atteint par l’arête et la face ouest, par Gaby Luizard, avec ses amis.
- En 1935, pour Nini Pietrasanta, avec Boccalatte, première ascension de la face ouest de l’Aiguille Noire de Peuterey, 3772m.
- En 1935, Evelyne Dalmais, avec Armand Charlet, par le couloir Mummery de l’Aiguille Verte, 4122m (9ème), par le couloir Cordier (4ème), par l’Arête sans nom, 4122m (9ème).
- En 1935, Mary Rose Fitz-Gibbon effectue l’ascension par l’arête Ryan de l’Aiguille du Plan, 3673m avec ses Guides (7ème).
- En 1935, Una Cameron reprend la voie de la Sentinelle Rouge au Mont Blanc, 4810m (6ème), avec ses Guides.
- En 1936, pour Nini Pietrasanta, avec Boccalatte, ascension du pilier central du versant NE du Mont Blanc du Tacul, 4248m.
- En 1936, la même cordée inaugure une voie directe par le versant SO de l’Aiguille Blanche de Peuterey, 4112m et d’autres initiatives de qualité.
- En 1936, Martha Lüthi et ses guides inaugurent différents itinéraires difficiles situés dans l’Oberland bernois.
- La revue Alpinisme de 1936 signale que Mlles A. et O. Zuani et E. Maschi, de Trieste, ont gravi « sans hommes » (!!) la face nord du Jôf Fuart, 2666m, dans les Alpes Juliennes.
- En 1936 et 1937, Loulou Boulaz et Erika Stagni sont dans de nombreuses premières ascensions ou reprises importantes.
- En 1938, Sylvia d’Albertas, remonte l’arête de Peuterey du Mont Blanc, 4810m, avec son Guide et un ami.
- En 1938, la voie Major au Mont Blanc, 4810m est escaladée par Una Cameron, avec ses Guides (7ème).
- En 1938, dans les Pyrénées, reprise de la voie Cames-Sarthou de la Grande Aiguille d’Ansabère, 2377m par Mlle T. Cabanne et Robert Olivier.
- En 1938, première traversée hivernale des Aiguilles du Diable, 4114m (massif du Mont Blanc) par Erika Stagni et ses compagnons, mais la descente s’avérera très difficile.
- En 1938, Elda Bertaglini et ses Guides gravissent la voie Comici de la Cima Grande di Lavaredo, 2990m, dans les Dolomites.
- Parmi des alpinistes notoires de l’époque, il faut aussi citer la Suissesse Fioroli-Mertens, très, active dans le massif du Mont Blanc, qui disparaîtra malheureusement sur l’arête de Peuterey du Mont Blanc, 4810m en couple et avec un ami en 1938.
- En 1939, première traversée complète des Aiguilles de Chamonix, par Sylvia d’Albertas et son Guide.
- En 1940, Sylvia d’Albertas et ses Guides réussissent la seconde ascension de l’arête est de la Dent du Crocodile, 3640m dans les Aiguilles de Chamonix.
- Dans les Dolomites, l’activité de Mary Varale est régulièrement signalée dans les chroniques, pour ses ascensions notoires.

UN ASCENSIONNISME RÉSOLUMENT FÉMININ

Avec la recherche de l’autonomie, c’est la formation de cordées féminines qui va être suggérée par les plus actives. Redisons que les premières cordées féminines, évoluant en autonomie, reviennent en 1900 à Elizabeth Le Blond et Evelyn McDonnell en traversant le Piz Palü (Alpes centrale) en hiver, et aux sœurs Ilona et Rolanda Eötvös vers 1907, pour l’ascension de la Cima Grande di Lavaredo dans les Dolomites.

Miriam O'Brien-Underhill

Dès 1925, l’Américaine Miriam O'Brien-Underhill sera celle qui œuvra le plus pour un ascensionnisme résolument féminin, d’abord en allant devant, suivie par son Porteur et son Guide... puis en cherchant à constituer des cordées autonomes.

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DES FEMMES AUTONOMES ET RESPONSABLES

Dans les années vingt et trente, Miriam O'Brien-Underhill, Micheline Morin et Néa Morin seront souvent les compagnes d'ascension de la talentueuse Alice Damesme... Et elles aussi vont souvent devant, en formant des cordées de femmes ou mixtes...

Voici les performances les plus notoires, où les femmes alpinistes mènent, alternent ou relayent dans la cordée.

- En 1928, Miriam O'Brien conduit la traversée du Grépon, 3482m dans les Aiguilles de Chamonix, suivie de son Guide et de son Porteur.
- En 1929, dans le même massif, ascension de l’Aiguille du Peigne, 3192m par Miriam O'Brien et Winifred Marples, en cordée féminine.
- En 1929, traversée du Grépon, 3482m par Alice Damesme et Miriam O'Brien. Cette fois, c’est la première nommée qui mène... Cet itinéraire avait été crédité par Mummery de « course la plus difficile des Alpes » en 1895, et destiné - toujours aux dires du célèbre grimpeur - à devenir avec le temps « une course facile pour dames ». Mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que cela fut réellement une course facile pour ces très fortes grimpeuses.
- En 1933, la cordée féminine, Alice Damesme, Micheline Morin et Néa Morin, parcourt les arêtes de la Meije, 3984m, la reine du massif des Écrins.
- En 1934, la même cordée traverse les trois pointes de l’Aiguille de Blaitiére, 3522m dominant Chamonix.
- En 1934, Rita Graffer et une compagne escaladent la voie Preuss du Campanile Basso, 2883m dans les Dolomites.
- En 1936, Alice Damesme et Micheline Morin escaladent la face nord de la Seconde Tour de Sella, 2598m dans les Dolomites, en cordée féminine, et le superbe Spigolo del Velo de la Cima della Madonna, 2733m en ouvrant leur cordée à Maurice Damesme.
- En 1936, Alice Damesme conduit en première de cordée son mari Maurice Damesme et son ami Jacques de Lépiney pour l’ascension de l’Aiguille de Roc, 3409m dans les Aiguilles de Chamonix.
- En 1936, Alice Damesme et Micheline Morin parcourent la voie Preuss du Campanile Basso, 2883m dans les Dolomites. C'est encore une belle performance pour la cordée du GHM.
- En 1937, les dames du GHM, Alice Damesme, Micheline et Nea Morin, conduisent l’homme de la cordée Maurice Damesme sur l’Aiguille Qui Remue, 3724m (massif du Mont Blanc). Dans les Dolomites elles reprendront de la même façon plusieurs itinéraires difficiles.
- En 1938, l’Aiguille Mummery, 3700m (massif du Mont Blanc) est gravie en cordée féminine par Alice Damesme, Micheline Morin, et en première de cordée par Nea Morin.
- En 1938, Alice Damesme pourra donner des conférences très suivies sur ses ascensions dans le massif du Mont Blanc et dans les Dolomites...
< Bien sûr, il y a eu de nombreuses collègues femmes de ces époques-là qui réaliseront de belles carrières d'alpinistes, avec ou sans Guide, mais sans avoir les qualités requises pour aller devant, pour conduire la cordée, même si leur assistance et leur attitude venaient souvent renforcer le potentiel de la cordée...

Les conventions de l'époque

Les chroniques alpines, en respectant (trop) les conventions de l’époque, vont faire disparaître les noms de certaines femmes alpinistes nouvellement mariées, pour ne plus signaler leurs activités que sous le prénom et le nom du mari… Il faudra quelques ajustements (et quelques recherches) pour que l’information reste pertinente, en ajoutant le nom de naissance de la personnalité, souvent le seul connu du monde de la montagne, et encore plus tard son prénom, et non pas la laisser disparaître derrière le prénom et le nom du mari, autre temps, autres mœurs.

Louise Boulaz dite Loulou Boulaz

Les entreprises que Louise Boulaz a conduites font indiscutablement d’elle la principale actrice d’un grand alpinisme féminin des années 1930 à 50.

- Dès 1932, Loulou Boulaz, entreprend régulièrement des ascensions avec des compagnes, en dehors de ses ascensions en cordées mixtes, où elle prend régulièrement la tête de la course.
- Voici les performances, où la Suissesse partage la conduite de la cordée avec Raymond Lambert ou Pierre Bonnant, principalement dans le massif du Mont Blanc :
- En 1933, traversée des Aiguilles du Diable, 4114m (6ème).
- En 1934, Arête sans nom de l’Aiguille Verte, 4122m (7ème).
- En 1935, face nord de l’Aiguille du Plan, 3673m (3ème).
- En 1935, seconde ascension de l’éperon Croz de la face nord des Grandes Jorasses, 4208m, l’excellence en matière d’alpinisme de ce moment-là...
- En 1936, couloir Mummery de Aiguille Verte, 4122m (10ème).
- En 1936, seconde ascension de la face nord du Petit Dru, 3733m positionnant l’alpinisme féminin au plus haut niveau.
- En 1938, voie de la Sentinelle Rouge au Mont Blanc, 4810m (15ème).
- En 1940 et 1945, plusieurs ascensions notoires dans l’Oberland Bernois avec ses amis suisses.
- En 1947, pilier Boccalatte(5ème), au Mont Blanc du Tacul, 4248m.
- En 1947, arête sud de l’Aiguille Noire de Peuterey, 3772m.
- En 1949, voie de la Poire au Mont Blanc, 4810m (3ème).
- En 1952, ascension de l’éperon Walker de la face nord des Grandes Jorasses, 4208m avec ses amis suisses, première féminine, sortie de la voie et retour dans des conditions critiques.
- En 1960, ascension de la face nord de la Cima Grande des Tre Cime di Lavaredo, 2999m (Dolomites).

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EN EUROPE DE 1945 À 1970

Au retour vers les montagnes, après la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle génération va peu à peu prendre le relai. Dans les montagnes d’Europe l’activité des femmes restera remarquable...

- Les chroniques confirment Sylvia d’Albertas, Loulou Boulaz, Micheline Morin-Blachère et Erika Stagni, révèlent Jeanne Franco, Claude Kogan, Geneviève (Sonia) Livanos et Yvonne Syda et plus tard Lalou Bize, Denise Escande et Yvette Vaucher.
- En 1941, reprise de l’Arête Rouge de la Barre des Écrins, 4102m par Micheline Morin-Blachère, en couple (5ème).
- En 1942, ascension de l’éperon NE des Droites, 4000m (3ème) (Mont Blanc), par Sylvia d’Albertas avec ses Guides.
- En 1943, Micheline Morin-Blachère remonte, avec trois compagnons, le couloir Couturier sur l’Aiguille Verte, 4122m (Mont Blanc).
- Et on retrouvera Alice Damesme en 1943, avec Mme Y. Vacher pour une traversée en autonomie du Petit au Grand Dru, 3754m (Mont Blanc)... et en 1945 emmenant sa cordée dans la voie Carmichael de l'Aiguille des Pèlerins, 3318m (Mont Blanc).
- En 1943, Sylvia d’Albertas, par la face nord de l’Aiguille du Petit Dru, 3733m (4ème) (Mont Blanc) avec son Guide, et en 1945, Jeanne Franco (7ème) en couple et des amis.
- En 1944, Jeanne Franco en couple, première ascension du pilier sud des Écrins, 4102m et reprise de la voie de l’Arête rouge (9ème) de la même montagne.
- En 1945, la Suissesse Annelies Lohner et ses Guides parcourent l’arête NE du Finsteraarhorn, 4274m (6ème) (Oberland), suivis en 1947 par Mme Behrens et ses Guides (8ème).
- En 1946, Claude Kogan gravit, en couple et avec des amis, la face nord de l’Aiguille du Petit Dru, 3733m (Mont Blanc).
- En 1947, Claude Kogan traverse les Aiguilles du Diable, l’arête des Grands Montets et l’arête du Jardin sur l’Aiguille Verte, 4122m (Mont Blanc) en couple et avec des amis.
- En 1947, Loulou Boulaz et ses amis remontent l’arête sud de l’Aiguille Noire de Peuterey, 3772m (Mont Blanc). Erika Stagni et deux amies, avec Raymond Lambert, les imitent quelques jours plus tard.
- En 1949, Claude Kogan conduit sa cordée sur l’arête sud de l’Aiguille Noire de Peuterey, 3772m (Mont Blanc).
- En 1949, Mme Behrens et ses Guides réussissent l’ascension de la face est directe du Zinalrothorn, 4221m (3ème) (Alpes Valaisannes).
- En 1953, la paroi ouest de l’Aiguille Noire de Peuterey, 3772m (Mont Blanc) est abordée par Helme Rehrl, avec un compagnon.
- En 1955, ascension féminine de la voie Bonatti de la face est du Grand Capucin, 3838m (Mont Blanc), par la Belge Simone Renard, avec un compagnon (8ème et 1erF).

Geneviève Livanos

La discrète et déterminée Geneviève (Sonia) Livanos s’illustre dans les Dolomites, avec son tonitruant mari, qui nous a laissé des comptes rendus des plus fameux et drôles, en 1958 avec « Sesto conjugal » et « La paroi des parois » que l’on peut retrouver dans la revue La Montagne & Alpinisme et dans le livre culte « Au-delà de la verticale ».
Voici quelques-unes - entre autres - de ses escalades avec son compagnon.
- 1952, paroi sud de la Marmolada di Rocca 3 309m (3ème).
- 1956, arête SE de la Torre Trieste, 2458m (6ème).
- 1958, paroi NW de la Civetta, 3220m, voie Comici.
- 1958, paroi NW de la Su Alto, 2951m voie Ratti (8ème).
- 1962, voie des Guides de la paroi NE du Crozzon di Brenta, 3135m.
- 1963, première en face nord de la Cima de Gasperi, 2994m.
- 1971, dièdre NW de la Su Alto, 2951m

- En 1956, dans les Dolomites, Nadja Fajdiga, avec un compagnon reprennent le dièdre de la Su Alto, 2951m (11ème).
- En 1959, Nadja Fajdiga, avec un compagnon parcourent la face ouest de l’Aiguille du Petit Dru, 3733m (Mont Blanc).
- En 1959, la directissime française de la Cima Ovest di Lavaredo, 2973m (Dolomites) est parcourue par la Belge Nadine Simandl, avec deux compagnons.
- En 1959, Suzanne Valentini escalade, avec son Guide, la face nord-est du Piz Badile, 3308m (Alpes Centrales).
- En 1961, première ascension du couloir des Corridors de la Meije, 3984m (Écrins) par Mme Déchamps en couple et avec ses Guides.
- En 1961, la face nord du Grosshorn, 3754m qui passe pour la plus difficile course de glace de l’Oberland, est reprise par la Polonaise Mme Hajdukiewicz, en couple (8ème).
- En 1962, la directissime de la face nord de la Cima Grande di Lavaredo (Dolomites) est reprise par Mlle B. Lipoveck et un compagnon, en 1964 par Erika Stagni avec ses compagnons. Plus tard par Simone Badier, en première de cordée.
- En 1962, encore dans les Dolomites, c’est la face sud de la Torre Trieste, 2458m par Silvia Metzeltin en couple, en 1963 par Denise Escande, avec un compagnon, et par Heidi Schelbert en couple.
- En 1962, Denise Escande et son Guide escaladent la face ouest de l’Aiguille du Petit Dru, 3733m (Mont Blanc).
- En 1962, ascension des Grandes Jorasses, 4208m (Mont Blanc) par l’éperon nord de la pointe Walker par Denise Escande avec son Guide et deux amis.
- En 1964, l’Allemande Daisy Voog est la première femme à gravir l’Eigerwand, 3970m (Oberland), avec un compagnon, et en 1966, elle est également la première à reprendre la voie Lauper du versant NE de l’Eiger, 3970m, avec deux compagnons.
- En 1964, ascension féminine du pilier SW de l’Aiguille du Petit Dru, 3733m (Mont Blanc) par Lalou Bize en couple et guidée.
- En 1964, l’éperon Walker des Grandes Jorasses, 4208m (Mont Blanc) est parcouru par Yvette Vaucher et un compagnon, puis par l’Autrichienne Mlle Ring.
- La même année, Yvette Vaucher réalise, en couple et amis l’ascension de la face ouest des Petites Jorasses, 3650m (Mont Blanc) qui bénéficiait d’une grande réputation (que bientôt l’utilisation des chaussons rendra presque banale, tout en restant un modèle d’escalade esthétique).
- Dans ces années-là, activité importante dans les Préalpes calcaires de Lalou Bize, en couple et amis, d’Érica Stagni avec ses compagnons et d’Odette Bernezat en couple et amis.
- En 1965, la face nord du Cervin, 4477m (Valais) est escaladée par Yvette Vaucher en couple et un compagnon. 
- En 1966, seconde ascension de la face NNE directe de la Dent Blanche, 4356m (Valais) par Yvette Vaucher en couple.
- En 1967, Christine de Colombelle et son Guide réussissent l’ascension de la voie classique de l’Eigerwand, 3970m (Oberland), la paroi les gardera 7 jours avec des conditions météorologiques très défavorables.
- En 1968, Mme J. Bernard effectue l’ascension de la voie Cousy-Desmaison en paroi NW de l’Olan, 3564m (Écrins) avec un compagnon et guidée.
- En 1968, Annie Pommaret et un compagnon, reprennent l’arête NW de la Cima Ovest di Lavaredo, 2973m (Dolomites) et la directe 1958 de la Cima Grande, 2999m.
- En 1968, création du Rendez-vous de Haute Montagne, par Félicitas Von Reznicek. Le RHM propose une réunion annuelle des femmes alpinistes à des fins d’échanges, de partage et de communications.
- En 1969, Mme M. Imaï participe à l’ouverture la voie japonaise directe sur la face NW de l’Eiger, 3970m (Oberland).

LES MONTAGNES LOINTAINES DE 1945 À 1970

Des initiatives féminines, vers les montagnes lointaines, sont suggérées dès les années d’après-guerre, mais la complexité de l’organisation à l’époque restera un frein à leurs enthousiasmes.
- En 1947, une expédition suisse, à l'initiative d'Annelies Lohner, se rend dans l'Himalaya. Elle est l’une des premières femmes à participer à une expédition vers les montagnes lointaines. L’expédition permit cinq premières ascensions de sommets hauts de 6000 à 7000 mètres aux confins du Gharwal, dont le Balbala, 6416m, le 25 août, avec la présence dans la cordée du sommet d'Annelies Lohner.
- Le 30 juin 1949, une seconde expédition suisse se rend dans le Kangchenjunga Himal (Népal), Annelies Lohner réussie, avec ses compagnons d’expédition, l’ascension du Dzanye peak, 6610m.

Claude Kogan

La Niçoise est très active dans ces années-là :
- En 1951, durant une expédition dans les Andes, la cordée constituée de Nicole Leininger et Claude Kogan gravit le Quitaraju, 6040m. Une première cordée féminine en haute altitude.
- En 1952, c’est le Salcantay, 6271m, avec Bernard Pierre, et deux cordées américaines.
- En 1953, elle et Pierre Vittoz font la première ascension du Nun, 7135m dans le massif du Nun Kun, dans l’Himalaya.
- En 1954, elle tente le Cho Oyu, 8201m dans l’Himalaya, avec Raymond Lambert jusqu'à vers 7700m.
- En 1955, première ascension du Ganesh Peak, 7422m pour Claude Kogan, avec Raymond Lambert et Éric Gauchat.
-En 1957, elle gravit le Pucaranra, 6147m dans les Andes, avec Victor Moréno, l’autre cordée mixte comprend Claudine Van Der Straten, Raymond et Annette Lambert.
- En 1959, une expédition internationale entièrement féminine se présente, pour tenter le Cho Oyu, 8201m. Dirigée par Claude Kogan, cette entreprise novatrice et ambitieuse est composée de trois Françaises, trois Anglaises, trois Népalaises, une Suissesse et une Belge, toutes alpinistes confirmées…
- En France, le Comité de l’Himalaya - partagé face à ce projet - n’accorde pas son patronage, mais accepte une participation financière…
- Malheureusement, l’expédition se terminera en catastrophe, avec la disparition de Claude Kogan, de Claudine Van der Stratten et de l’assistant népalais Ang Norbu Sherpa. Disparition également de Chhowang Sherpa parti à leur recherche, avec le Sirdar Wongdi Sherpa.

- En 1955, une expédition féminine écossaise réussit l’ascension d’un plus de 6000m dans la Jugal Himal, avec Elisabeth Stark et Monica Jackson.
- En 1961, une expédition féminine chinoise achève l’ascension du Kongur Tiubie, 7595m, dans le Pamir chinois, sommet pour Mmes Phan Thog (qui gravira le Chomolangma - Everest en 1975) et Xirao.
- En 1966, l’Alpamayo, 5947m dans les Andes, est atteint par l’Allemande Mme A. Koch en couple et amis.
- En 1968, en Patagonie, première ascension de l’Aiguille Saint-Exupéry, 2558m par Silvia Metzeltin, en couple et trois compagnons.
- En 1971, reprise de l’éperon Cassin du Denali-McKinley, 6190m en Alaska, par Mme Germain en couple et des compagnons.

ALPINISME AU FÉMININ APRÈS 1970 EN EUROPE, AU YOSEMITE ET AUTRES GRANDES PAROIS ROCHEUSES.

C’est un nouveau monde de l’alpinisme qui s’annonce, avec des audaces extraordinaires entreprises par les ascensionnistes des deux sexes, et une pratique sportive intensive.
La parole est proposée aux femmes dans différents articles de la revue La Montagne & Alpinisme, mais au-delà des points de vue intéressants de quelques-unes, la démonstration la plus convaincante et la plus définitive de l'alpinisme au féminin viendra avec les performances des actrices d’un véritable bouleversement.
Car bientôt vont apparaître d’abord Simone Badier, puis Catherine Destivelle et autres Lynn Hill, ainsi que les ascensionnistes polonaises. Leurs engagements et leurs réalisations vont montrer que l'alpinisme au féminin a atteint le niveau le plus élevé.
L’image de la cordée des Dames et des Monchus emmenée par le Guide va perdre de sa pertinence, pour évidemment les plus entreprenantes.

Simone Badier

Elle se révélera au monde de la montagne par des initiatives remarquables, et sera la plus active de ces années-là.

- En 1969, reprise du dièdre Philipp-Flamm de la face nord-ouest de la Punta Tissi, 3207m de la Civetta dans les Dolomites.
- En 1971, la face sud de l’Aiguille du Fou, 3501m (Massif du Mont Blanc) est parcourue par Simone Badier en tête de cordée. C'est un des faits marquants non seulement de l’ascensionniste au féminin, et aussi de l’alpinisme en général... Simone Badier est la seule femme de cette époque à s’engager dans les ascensions extrêmement difficiles, avec un compagnon toujours ravi d’être conduit dans de pareilles aventures ( c’est momone qui veut tout faire… ).
- En 1971, le pilier central de Frêney du Mont Blanc, 4810m est gravi dans les mêmes conditions.
- En 1971, dans les Dolomites, la voie Vinatzer de la Marmolada, 3343m, le dièdre Aste de la Punta Civetta, 2920m, sont escaladés par la Française, en cordée alternée.
- En 1971, l’éperon Walker des Grandes Jorasses, 4208m (massif du Mont Blanc) en cordée alternée. Et aussi…
- En 1974, la voie Couzy-Desmaison en paroi NW de l’Olan, 3564m (Écrins).
- En 1975, dans le Yosemite, le «Nose », sur El Capitan, 2307m, Salathé-Steck de Sentinel Rock, et le pilier nord du Middle Cathedral, en cordée alternée.
- En 1977, la face nord des Droites, 4000m (massif du Mont Blanc) avec deux compagnons.

- En 1973, Wanda Rutkiewicz et deux compagnes polonaises Stefania Egiersdorff et Danuta Gellner reprennent le pilier NE de l’Eiger (Oberland) inauguré seulement en 1968 (3ème).
- En 1973, dans le Yosemite, la cordée féminine de Sibylle Hechtel et Beverly Johnson parcourt la « triple directe » sur El Capitan, 2307m.
- En 1976, Linda Rutland réalise l’ascension hivernale du col des Droites, 4000m (massif du Mont Blanc) en couple et deux compagnons.
- En 1977, la cordée polonaise féminine comprenant Anna Czerwinska et Krystyna Palmowska escalade la face nord du Cervin, 4477m (Valais), inaugurant les ascensions féminines de la célèbre paroi.
- L’année suivante, la cordée polonaise féminine, comprenant Anna Czerwinska, Irena Kesa, Krystyna Palmowska et Wanda Rutkiewicz, affronte la face nord du Cervin, 4477m (Valais) en hiver, malgré une sortie difficile.
- En 1978, parcours de la face nord du Cervin, 4477m (Valais) en hiver par Akiko Shigi, en couple.
- En 1978, l’éperon NE des Droites, 4000m (massif du Mont Blanc) et l’éperon central nord des Courtes, 3856m sont remontés par la cordée féminine d’Anna Czerwinska et Krystyna Palmowska.
- En 1978, dans le Yosemite, Beverly Johnson gravit El Capitan, 2307m en solitaire, par le « Dihedral Wall ».
- Parmi les performances remarquables de ces années-là, il faut citer Marie-José Vallençant, pour plusieurs descentes à ski, en couple et avec des amis.

APRÈS 1980 EN EUROPE, AU YOSEMITE ET AUTRES GRANDES PAROIS ROCHEUSES

< Depuis 1980, non seulement les femmes alpinistes vont s’attaquer aux itinéraires les plus difficiles, mais aussi à des lignes originales, et à des itinéraires prestigieux en solitaire… Et là, même si elles ne sont pas nombreuses, elles ont atteint le meilleur niveau de leurs collègues masculins, ce qui est une particularité de l’alpinisme et de l’escalade…
- En 1982, ascension solitaire et hivernale du couloir du Diable sur le Mont Blanc du Tacul, 4248m par la Tchécoslovaque Z. Podhorska.
- En 1982, parcourt hivernal de l’éperon nord de la pointe Walker des Grandes Jorasses, 4208m (massif du Mont Blanc) par la Japonaise Tacko Nagao, avec un compagnon.
- En 1983, dans les Dolomites, le dièdre Philipp-Flamm sur la Civetta, 3220m est escaladé par la cordée féminine Inès Bozic et Sanja Vranac, (encore pour un temps Yougoslaves).

Alison Hargreaves

L’alpiniste écossaise va étonner le monde de la montagne par des ascensions solitaires sensationnelles, elle se tournera ensuite vers les plus hautes montagnes de l’Himalaya, où après de nouveaux exploits, elle rencontrera une fin cruelle.
< En 1988, la face nord-ouest de l’Eiger, 3970m (Oberland) en solitaire.
< En 1993, elle entreprend une série époustouflante d’ascensions solitaires dans les Alpes : le Cervin, 4477m par la face nord, l’Eiger par la voie Lauper de la face nord-est, le Petit Dru, 3733m par la face nord, le Piz Badile, 3308m par la Cassin, la face nord des Grandes Jorasses, 4208m par le Linceul et la Cima Grande di Lavaredo, 2999m.
Elle disparaîtra durant l’ascension du K2 dans le Karakorum en 1995.

DEPUIS 1990 EN EUROPE, AU YOSEMITE ET AUTRES GRANDES PAROIS ROCHEUSES.

Parmi les ascensionnistes les plus actives dans le très haut niveau, nous remarquons particulièrement et à des moments différents Catherine Destivelle, Lynn Hill, les cordées polonaises, et plus tard Nina Caprez, Hazel Findlay, Federica Mingolla et Inès Papert.

Catherine Destivelle

Avec une série d’ascensions remarquables, notre éminente collègue va atteindre un niveau exceptionnel d’excellence, par l’audace et le choix de ses projets.
< En 1990, elle escalade le pilier Bonatti du Petit Drus, 3733m (massif du Mont Blanc), en solitaire.
< En 1991, notre distinguée consœur trouve une ligne originale entre le « pilier Bonatti » et la « Thomas Gross » de la face ouest du Petit Dru, 3733m, en dix jours.
< En 1992, la même Catherine Destivelle, par la face nord-ouest de l’Eiger, 3970m (Oberland) en solitaire et en hiver, un exploit salué unanimement par le monde de la montagne…
< En 1993, elle est encore en solitaire et en hiver, par l’éperon Walker des Grandes Jorasses, 4208m (massif du Mont Blanc) du 8 au 10 février, une ascension déjà jugée d’une audace inouïe lorsque les Bonatti et Desmaison l’ont abordée dans des cordées constituées en 1963…
< En 1994, sur la face nord du Cervin, 4477m (Valais), elle reprend la voie Bonatti de 1965, en réalisant une trilogie époustouflante des plus grandes faces nord des Alpes, en hiver et en solitaire.
< En 1999, les 25 et 26 juin, dans les Dolomites, Catherine Destivelle, en solitaire parcourt la voie « Brandler-Hasse-1958 », sur la face nord de la Cima Grande di Lavaredo, 2999m seulement réussie deux fois par des solitaires masculins…

- En 1990, dans les Dolomites, une voie originale est inaugurée par Ginella Paganini et un compagnon, en face NE du Crozzon di Brenta, 3135m.
- En 1991, la traversée complète, en solitaire, sans aide extérieure, des Tatras est achevée par Anna Czerwinska.

Lynn Hill

L’américaine sera celle qui portera au plus haut niveau l’escalade rocheuse.
< En 1993, Lynn Hill libère les dernières longueurs d'escalade artificielle de la voie du « Nose », sur El Capitan, 2307m dans le Yosemite, notamment les passages du « Great Roof » et de « Changing Corners » ( cotés aujourd'hui 8c ).
< En 1994, Lynn Hill enchaînera l’itinéraire en moins de 24 heures. Elle a ensuite déclaré ironique et avec humour : « Ce qu'un homme n'a pas pu faire, une femme peut le faire ». Les répétitions masculines en libre de son exploit attendront 1998 et 2005… Lynn Hill montrera dans plusieurs ascensions qu’elle était au moins au même niveau sportif et technique, que les grimpeurs masculins du plus haut niveau…

< Destivelle et Hill ont également été les meilleures du monde en compétition d’escalade…

- Le 9 mars 1994, Françoise Aubert parcourt en solitaire la face nord des Droites, 4000m (massif du Mont Blanc), par la « goulotte Ginat ».
- En 1997, une voie extrême est trouvée sur la face est du Grand Capucin, 3838m (massif du Mont Blanc), par Stéphanie Bodet et trois compagnons, dont Arnaud Petit, la ligne se situe au niveau le plus élevé de l’escalade rocheuse du moment, et deviendra « la voie Petit » qui sera « libérée » en 2005 (8b). 
- En 2005, dans le Yosemite, la Britannique Steph David gravit en escalade libre, « Salate Wall » (870m/5.13b/8a) sur El Capitan, 2307m (1èreF).
- En 2006, dans les Dolomites, sur la face nord de la Cima Grande di Lavaredo, 2999m, la ligne « Camillotto Pellissier », datant de l’âge du fer de 1967, est escaladée sans artifice par Inès Papert (8a+/350m).
- Une équipe excellence fille du Club Alpin Français (FFCAM) se rend dans les montagnes d’Islande en hiver 2006-2007, pour découvrir les cascades de glace et les montagnes, ascension du Hritsfjell, 1773m pour Cécile Chauvin, Laure Gaudin, Julie Gerber et Aurélie Lévêque, avec un compagnon instructeur.
- En 2008, la voie Manita de 1991, sur l’éperon Croz des Grandes Jorasses, 4208m (massif du Mont Blanc) est reprise par une cordée de trois comprenant Vanessa François.

Nina Caprez, Hazel Findlay, Federica Mingolla et Inès Papert

Dans ces dernières années, un degré stupéfiant (au regard du chroniqueur mais pas que) est atteint par les meilleures, parmi les performances remarquables, celles de ces quatre personnalités peuvent être particulièrement soulignées.

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- En 2011, dans le Yosemite, la Britannique Hazel Findlay gravit sur El Capitan, 2307m, en escalade libre, « Golden Gate » (1èreF).
- En 2012, dans le Yosemite, la même Hazel Findlay franchit sur El Capitan, 2307m, en escalade libre, « Pre Muir » (1èreF) et « Freerider » (1èreF) l’année suivante.
- En 2016, Lorraine Huber (A), Giulia Monego(I), Melissa Presslaber, (A) et Liv Sandoz (F) réalisent la descente à skis de la face est du Cervin, 4477m (Valais).
- En 2016, dans le Yosemite, la Nord-Américaine Miranda Oakley s’octroie le Nose sur El Capitan, 2307m en moins de 24h, améliorant la performance précédente de Chantal Astorga.
- En 2016, exploit de la Suissesse Nina Caprez, assuré par un compagnon, qui effectue l’ascension en libre (7c) de la voie de référence Divine Comédie, sur le grand pilier d'angle du Mont Blanc, 4810m.
- En 2016, exploit de la Française Caroline Ciavaldini, avec l’ascension féminine en libre (8b) de la voie Petit sur le Grand Capucin, 3838m (massif du Mont Blanc).
- En 2016, ascension en libre de la voie Anker-Siegrist, sur le versant nord-ouest de l’Eiger, 3970m (Oberland), par la Néo-Zélandaise Mayann Smith-Gobat et un compagnon.
- En 2016, dans les Dolomites, ascension féminine en libre (7c+) de la voie « À travers le poisson » de la face sud de la Marmolada, 3343m, par l’Italienne Federica Mingolla, assuré par un compagnon.
- En 2016, l’Allemande Inès Papert et un compagnon répètent la ligne « Nord-est supercombo » du versant NE du Piz Badile, 3308m (Alpes centrales) inaugurée quelques jours avant.
- En 2016, dans les Dolomites, ascension en libre de la « via della cattedrale », (800m/8a+/2004), par l’Autrichienne Barbara Zangerl et un compagnon, une ligne de référence inaugurée en 1983, avec l’aide de l’artificielle, sur la face sud de la Marmolada, 3343m. L’année suivante l’Italienne Federica Mingolla et un compagnon rééditent l’exploit.
- En 2016, la Nord-Américaine Sacha di Giulian et un compagnon réalisent l’ascension en libre de la paroi du Pedra Riscada, 1260m au Brésil (650m/8a+).
- En 2017, l’Autrichienne Lisi Steurer et un compagnon inaugure « Hakuna Matata » (400m/ 8a) sur le Monte Taè, 2511m dans les Dolomites.
- En 2017, la Suissesse Nina Caprez ouvre, avec un compagnon, un itinéraire original sur la face est du Grand Capucin, 3838m (massif du Mont Blanc), rapidement « libéré » (7c+).
- En 2017, l’Allemande Inès Papert et un compagnon reprennent en hiver « No siesta », la ligne de référence de 1986 du versant nord des Grandes Jorasses, 4208m (massif du Mont Blanc), en combinant avec la Bonatti-Vaucher de 1964. Difficultés estimées jusqu’à M7.
- En 2017, l’Allemande Inès Papert et un compagnon répètent en escalade libre la voie « Donnafhgata » (8a/750m/2004) en face sud de la Torre Trieste, 2458m, dans les Dolomites.
- En 2017, l’Espagnole Silvia Vidal, spécialiste de l’escalade artificielle et des solos de « bigwall » en autonomie, escalade « Un pas mes » (530m/A4+/1974) sur le Xanadu, 2182m en Alaska.
- En 2017, escalade libre par la Nord-Américaine Sasha Di Giulian et un compagnon, de la voie « Mora Mora » de 1999 sur Tsaranoro, 1910m, dans l’ile de Madagascar, en trois jours (8c), voie déjà libérée en 2010.
- En 2017, dans les Dolomites, l’Italienne Federica Mingolla et un compagnon reprennent Chimera verticale (7c/600m/7c/2008) sur le versant NW de la Civetta, 3220m.
- En 2017, le Groupe excellence alpinisme du Club Alpin Français (FFCAM) s’est rendu dans les Dolomites. Marion Lemaire, Natalie Poizat et Camille Marot ont gravi plusieurs voies historiques, dont sur la Marmolada, 3343m « À travers le poisson » pour Camille Marot, ses camarades masculins et leur conseiller, et « Les temps modernes » pour Marion Lemaire, Natalie Poizat, leurs camarades masculins et leur conseiller.
- En 2017, ascension par Britannique Hazel Findlay, assurée par un compagnon, de « Salate Wall » sur El Capitan, 2307m dans le Yosemite, escalade libre (3èreF) en huit jours (870m/5.13b/8a).
- En 2017 et 2018, la Française Liv Sansoz réussit l’enchaînement des 82 sommets dépassant les 4000m de l’arc alpin.
- En 2018, première traversée hivernale des 8 pics du Watzmann, 2713m dans les Alpes de Berchtesgaden, par l’Allemande Inès Papert et un compagnon.
- En 2018, le record de vitesse consistant à gagner le sommet du Mont Blanc, 4810m depuis Chamonix, puis à revenir, occupe depuis longtemps les férus de vitesse. La Suédoise Emelie Forsberg établit un temps de 7h et 53mn.
- En 2018, dans le Yosemite, la Française Julia Vidal peut gravir la « triple directe » sur El Capitan, 2307m en solo auto-assuré, en 11 jours.
- En 2019, Frederica Mingolla et un compagnon inaugurent « La Cura » sur la face sud du Nalumasortoq, 2045m dans les Alpes du Groenland.

LES MONTAGNES DE TRÈS HAUTE ALTITUDE DEPUIS 1970

Avec les accès grandement facilités, la fréquentation de la très haute altitude est remarquable, mais l’engagement nécessaire sera coûteux en vies humaines. Les performances de quatre personnalités peuvent être soulignées : Wanda Rutkiewicz, Inès Papert, Gerlinde Kaltenbrunner et Nives Meroi.

- En 1974, au retour de l’ascension du Pic Lénine, 7134m, dans les montagnes du Pamir, catastrophe pour un groupe féminin, conduit par Elvira Sergeevna Shataeva, les huit ascensionnistes russes périront durant la descente.
- En 1974, une expédition féminine, cheffe Kyoko Sato réalise pour la première fois l’ascension d’un 8000, le Manaslu, 8163m (Himalaya). Sommet pour Naoko Nakaseko, Masako Uchida et Mieko Mori, avec Jambu Sherpa, disparition de Sadako Suzuki.
- C’est le Chomolangma - Everest, 8850m qui capte les intérêts. Au printemps 1975, première ascension féminine, par la voie népalaise le 16 mai, pour la Japonaise Junko Tabei, accompagnée d’Ang Tsering Sherpa.
- Quelques jours plus tard, par la voie d’accès du versant tibétain, sommet le 27 mai, par une expédition chinoise, pour neuf Sino-Tibétains - surtout Tibétains - dont Mme Phan Thog, seconde femme sur Chomolangma-Everest.
- À ce moment-là, les femmes alpinistes vont s’attaquer aux itinéraires prestigieux des plus hautes montagnes de la terre.
- Il faut noter la belle activité des Polonaises très présentes.

Wanda Rutkiewicz

Après des ascensions notoires dans les Alpes, la Polonaise poursuit son activité dans l’Himalaya et le Karakoram.

- En 1975, parallèlement à une expédition polonaise vers le Gasherbrum I (Karakoram) une équipe conduite par Wanda Rutkiewicz se porte sur le Gasherbrum III, 7952m, pour une première ascension. Sommet pour Alison Onyszkiewicz-Chadwick en couple et pour Wanda Rutkiewicz avec un compagnon.
- En 1978, Wanda Rutkiewicz est la troisième femme à gravir le Chomolangma-Everest avec ses compagnons.
- En 1989, elle gravit le Gasherbrum II, 8035m (Karakoram).
- En 1990, une simple cordée féminine composée d’Ewa Pankiewicz et Wanda Rutkiewicz atteint le Gasherbrum I, 8068m (Karakoram), Wanda achevait l’ascension de son sixième huit mille.
- En 1991, elle réussit le Cho Oyu, 8201m et l’Annapurna, 8091m (Himalaya).
- En 1992, elle disparaît sur le versant nord du Kangchenjunga.

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Les autres initiatives

- En 1975, une expédition polonaise entreprend l’ascension du Gasherbrum I, 8068m (Karakoram), dont la cordée féminine Halina Krüger-Syromska et Anna Okopinska.
- En 1975, au sein d’une expédition polonaise, ascension du Broad Peak, 8047m (Karakoram), par la cordée Halina Krüger-Syromska et Anna Okopinska.
- En 1975, une expédition japonaise réussit la seconde ascension du Dhaulagiri IV, 7661m (Himalaya), dans laquelle figure Michiko Takahashi- Imaï.
- En 1978, une expédition féminine américaine dirigée par Arlène Blum reprend l’ascension de l’Annapurna, 8091m (Himalaya), sommet pour Vera Komarkova, Irène Miller et deux assistants Sherpas, une seconde tentative se terminera par la chute mortelle de deux ascensionnistes américaines.
- En 1978, le Huantsan, 6369m dans les Andes du Pérou est gravi par Geneviève Bouquier, avec une expédition du Club Alpin Français.
- En 1979, Anna Czerwińska et Krystyna Palmowska, membres d’une expédition polono-pakistanaise réalisent l'ascension de l'arête nord-ouest du Rakaposhi, 7788m (Himalaya).
- En 1981, ascension du Shishapangma, 8027m (Himalaya), par la Japonaise Junko Tabei avec deux assistants porteurs d’altitude.
- En 1982, une expédition féminine Nord-Américaine, cheffe Susan Giller, effectue la même ascension, sans porteur d’altitude au-dessus du camp de base, et toute l’équipe au sommet, le 20 avril pour Shari Keamey, Lucy Smith, Susan Havens et Stracy Allison, deux jours plus tard pour les quatre autres ascensionnistes.
- En 1982, Lut Vivijs atteint le sommet du Dhaulagiri, 8172m (Himalaya), avec une expédition belge.
- En 1982, le Gasherbrum II, 8035m (Karakoram) est gravi par Liliane Barrard, en couple.
- En 1983, une expédition féminine japonaise est organisée pour l’ascension Tukuche Peak , 6920m dans le massif du Dhaulagiri (Himalaya). Sommet pour Mlles K. Fujikara, K. Kurita et F. Shimamura, avec un porteur d’altitude.
- En 1983, le Makalu II, 7768m et le Baruntse, 7129m (Himalaya) sont visités par une expédition française comprenant Monique Faure, Christine Janin, et quatre compagnons.
- En 1983, une cordée féminine et polonaise gravit le Broad Peak, 8047m (Karakoram), sommet pour Krystyna Palmowska, sa compagne Anna Czerwinska l’attendra un peu en dessous.
- En 1983, une expédition féminine et internationale réussit le Cho Oyu, 8201m (Himalaya) par le pilier SW. Sommet pour la Nord-Américaine Vera Komarkova et la Tchécoslovaque Dina Sterbova.
- En 1984, une expédition espagnole féminine est organisée vers le Kantega, 6779m (Himalaya). Sommet pour Carmen Nunez, Emerita Puig, Magdalena Vasquez, Monika Venis et E. C. Asnar, avec deux assistants Sherpa.
- En 1984, Liliane Barrard atteint le sommet du Nanga Parbat, 8125m, versant Diamir (Himalaya), en couple, une première ascension française. L’année suivante même succès pour Laurence de la Ferrière et un compagnon sur le même itinéraire.
- En 1984, le Broad Peak, 8047m (Karakoram), est gravi par Martine Roland en couple et des compagnons.
- En 1984, ascension du Chogolisa, 7665m pour la Française Brigitte Aucher et trois compagnons, elle disparaîtra dans la descente, victime avec un compagnon d’une chute mortelle.
- En 1984, l’Indienne Bachendra-Pal réussit l’ascension du Chomolangma-Everest, 8850m, par la voie classique népalaise.
- En 1984, ascension du Nuptse ouest, 7720m (Himalaya) par Nimi Sherpani, avec trois compagnons, elle est la première Népalaise sur un grand sommet himalayen.
- En 1985, le Nanga Parbat, 8125m (Himalaya) est gravi par une expédition exclusivement féminine, avec Anna Czerwinska, Krystyna Palmowska et Wanda Rutkiewicz, sans assistance masculine.
- En 1985, sur la face nord du Huascaran Norte, 6655m, dans les Andes du Pérou, une expédition féminine polonaise et tchécoslovaque inaugure un itinéraire, nouveau, sommet pour Blanka Danihelkova, Zuzana Hoffmanova, Amalia Kaploniak, Ewa Panejko et Ewa Szczesniak.
- En 1986, le K2, 8611m est atteint par Liliane Barrard en couple, par Wanda Rutkiewicz avec un compagnon, par l’Anglaise Julie Tulis et la Polonaise Dobroslawa Miodowicz-Wolf avec plusieurs compagnons. L’ascension de la seconde plus haute montagne du monde, durant l’été 1986, sera coûteuse en vies humaines, après le succès du sommet, la descente s’avérera incertaine, disparition de Liliane et Maurice Barrard, de Julie Tulis, de Dobroslawa Miodowicz-Wolf et de trois compagnons.
- En 1986, le Nanga Parbat, 8125m (Himalaya) est gravi par une expédition belge, sommet pour Lut Vivijs avec deux compagnons.
- En 1986, ascension du Gasherbrum I, 8068m (Karakoram) par Christine Janin, avec un groupe grenoblois.
- En 1986, Marija Stremfelj et un groupe yougoslave effectuent l’ascension du Broad Peak, 8047m (Karakoram), ainsi que l’Allemande Gabi Hupfauer en couple.
- En 1986, une expédition féminine polonaise réussit l’ascension du Gangotri, 6672m (Karakoram), sommet pour Anna Bruzdowicz-Dubek, Eva Kalinowska qui se tue durant la descente, Jolanda Patynowska et le seul compagnon masculin de l’expédition.
- En 1987, la Nord-américaine Annie Whitehouse reprend, avec ses compagnons, l’ascension de l’Ama Dablam, 6812m (Himalaya).
- En 1988, une expédition féminine hollandaise inaugure un itinéraire original NE sur le Chamlang, 7319m (Himalaya), sommet pour Gerda de Groene, Marjolein Meebre, Janka van Leeuwen et Myra de Rooy.
- En 1988, le Gasherbrum II, 8035m (Karakoram) est atteint par deux grimpeuses tchécoslovaques Livia Klembarova et Margita Sterbova. Un mois plus tard par une expédition belge, avec Lut Vivijs et Ingrid Baeyens et un compagnon. Au même moment, une expédition féminine japonaise conduit cinq de ces équipières et un porteur d’altitude sur le même objectif.
- En 1988, le Chomolangma-Everest, 8850m est gravi par une expédition nord-américaine, avec Stacy Allison et Peggy Luce, par la voie classique népalaise.
- En 1988, Lydia Bradey, dans des conditions discutées, réalise avec des compagnons, l’ascension du Chomolangma-Everest, 8850m, sans utiliser l’oxygène.
- En 1989, sur le Pumori, 7161m (Himalaya), une expédition nord-américaine reprend l’arête SW, avec Sharon Kearney, Kathy Phibbs, Lucy Smith et Carol Snetsinger. Sommet également à l’automne pour la Française Hélène Hardi avec un assistant Sherpa.
- En 1989, le Gasherbrum II, 8035m (Karakoram), est atteint par Wanda Rutkiewicz et par la Britannique Rhona Lampard.
- En 1989, ascension du Cho Oyu, 8201m (Himalaya) par les Catalanes et Espagnoles Magda Nos et Monica Verge, avec un assistant Sherpa. 
- De nombreuses femmes se joindront aux entreprises commerciales proposant l’accès aux grands sommets et au Chomolangma-Everest.
- Au printemps 1990, une entreprise internationale permet à la Chinoise Gui Sam et la Russe Ekaterina Ivanova de gravir le Chomolangma-Everest, avec de nombreux compagnons.
- Et à l’automne, Christine Janin au sein d’une équipe française réussira l’ascension par le Col Sud, et continuera une ronde des plus hautes montagnes des différents continents.
- Toujours par le Col Sud, ascension par la Yougoslave (Slovène) Marija Stremfelj en couple, et par la Nord-Américaine Catherine Gibson.
- En 1990, l’Ama Dalam, 6812m (Himalaya) est gravi par une expédition britannique, sommet pour Kathrin Philipp et un compagnon.
- En 1990, le Shishapangma, 8027m (Himalaya) est visité par une équipe japonaise, avec la Chinoise Tong Lu et la Japonaise A. Shirasawa.
- Et par une équipe française, avec Brigitte Djasasmita, Emmanuelle Jacquet et Annette Nault, et des compagnons.
- Durant l’automne sur le même sommet, ascension pour Bernadette Lions, en compagnie de Pierre Lombard.
- En 1990, le Gasherbrum I, 8068m (Karakoram) est atteint par la cordée composée d’Ewa Pankiewicz et de Wanda Rutkiewicz. De même que le Gasherbrum II, 8035m par Yuka Endoh en couple et deux autres compagnons.
- En 1990, le pilier ouest du Makalu, 8463m (Himalaya) est repris par une expédition nord-américaine, sans l’aide de porteurs d’altitude au-dessus du camp de base, sommet pour Kitty Calhoun-Grissom et un compagnon. Une expédition polonaise tentera l’ascension hivernale jusqu’à 7300m, pour Anna Czerwinska et la Belge Ingrid Baeyens.
- En 1990, une expédition féminine japonaise est organisée pour l’ascension du Dhaulagiri, 8167m (Himalaya), dirigée par Junko Tabei. Sommet le 9 octobre pour Mmes M. Yashuyata et E. Kimura, avec deux assistants Sherpas.
- En 1990, le Nanga Parbat, 8125m (Himalaya) par la voie Schell, est atteint par la Yougoslave Marija Frantar et un compagnon. Elle disparaîtra l’année suivante sur le Kangchenjunga.
- En 1990, en cette année prolifique pour l’ascensionnisme féminin, ascension du Saser Kangri, 7672m (Karakoram), pour quatre compagnes d’une expédition indienne et taïwanaise, trois Indiennes et la Chinoise Chin Hsia Chen.
- En 1990, l’Annapurna IV, 7525m (Himalaya) est visité par une expédition indonésienne, sommet pour Mme Aryati avec trois compagnons Sherpas.
- En 1990, le Tukuche Peak, 6920m (Himalaya) est gravi par une expédition hellénique, sommet pour Helen Stamatakis et deux compagnons Sherpas.
- En 1990, le Bularung Sar, 7100m (Karakoram) est escaladé pour la première fois par une expédition suisse de 9 ascensionnistes, en trois cordées, dont Carole Milz.
- En 1991, la Japonaise Teako Nagano atteint Makalu, 8463m (Himalaya), par la voie classique, avec un compagnon qui disparaît durant la descente.
- En 1991, l’Annapurna, 8091m (Himalaya) est gagné par le versant sud pour une expédition polonaise et internationale. Sommet pour Wanda Rutkiewicz et la Belge Ingrid Bayens avec des compagnons.
- En 1991, ascension du Cho Oyu, 8201m (Himalaya) par la Bulgare Jordanka Dimitrova, avec des équipiers russes.
- En 1991, Ottilie Dorrich atteint le Shishapangma, 8027m (Himalaya) avec cinq compatriotes allemands. Deux jours plus tard, une seconde tentative de quatre équipiers connaîtra un destin tragique. L’ascension de ce sommet d’accès commode devient classique.
- En 1992, durant une tentative solitaire finale sur le versant nord du Kangchenjunga, 8506m (Himalaya), Wanda Rutkiewicz sera surprise par la tempête et ne reviendra pas.
- En 1992, ascension du K2, 8611m (Karakoram) par Chantal Mauduit, elle gagne le sommet avec un compagnon et reviendra difficilement avec l’aide d’un autre compagnon.
- En 1992, Christine Janin termine avec l’Aconcagua (Andes) le challenge consistant à gravir les sommets principaux des sept continents.
- En 1992, le Baruntse, 7129m (Himalaya) est visité par une organisation de voyage, sommet pour Mariette Desplan et Christine Roux, avec des compagnons et un Guide.
- En 1992, le Cho Oyu, 8201m est atteint par une équipe belge comprenant Linda Le Bon.
- En 1992, une expédition féminine indienne, cheffe Bachendri Pal, gravit le Mamostang Kangri, 7516m, aux confins du Karakoram. Sommet pour dix Indiennes, avec des compagnons.
- En 1993, la Suissesse Mariane Chapuisat est la première en hiver sur l’un des principaux sommets himalayens, le Cho Oyu, 8201m (Himalaya).
- En 1993, une expédition népalaise permet à la Sherpani Pasang Lhamu, cheffe de l’expédition, avec 5 compagnons Sherpas, de gravir le Sagarmatha, qui est le Chomolangma-Everest, 8850m pour les Népalais. Durant la descente, un compagnon Sonam Tshiring Sherpa est en grande difficulté, la Sherpani décide de rester avec l’accidenté et de renvoyer les équipiers, pour organiser un improbable secours. Le corps de l’ascensionniste sera ramené à Kathmandu pour recevoir les honneurs de la nation.
- En 1993, sur le Chomolangma-Everest, une expédition féminine indienne, cheffe Mme Bachendri Pal, conduit huit ascensionnistes au sommet, avec des assistants Sherpas.
- En 1993, sur le Chomolangma-Everest, une expédition féminine coréenne permet à trois ascensionnistes la joie du sommet, avec des assistants Sherpas.
- À la fin de 1993, 519 ascensionnistes ont atteint le Chomolangma-Everest en 40 ans, dont 29 femmes. Il y a eu cent cinquante morts sur les pentes de la montagne.
< Les voies normales de la grande montagne, avec l’aide de l’oxygène, sortent des informations intéressant les chroniques himalayennes, pour demeurer évidemment des challenges personnels.
- En 1993, une expédition féminine indo-japonaise, cheffes Mmes Santosh Yadav et Reiko Terasawa, se porte sur le Saraswat, 6940m, montagne du Garhwal. Sommet pour quatre Indiennes et six Japonaises, accompagnées de l’officier de liaison féminin.
- En 1993, une expédition russe gravit le Manaslu, 8163m (Himalaya), sommet pour Ekaterina Ivanova.
- En 1994, la Russe Ekaterina Ivanova et la Bulgare Yordanka Dimitrova durant une ascension du Kangchenjunga, 8506m(Himalaya), disparaissent à leur tour, montrant l’implacable dureté de l’ascensionnisme sur les plus hautes montagnes.
- En 1994, avec une équipe japonaise, sommet du Dhaulagiri, 8167m (Himalaya), par Tamae Watanabe avec plusieurs compagnons.
- En 1994, une cordée féminine Taeko Nagao et Yuka Endoh, au sein d’une expédition japonaise sur le Cho Oyu, 8201m (Himalaya), reprend la voie Kurtyka-Lorestan-Troillet de 1990.
- En 1995, le Dhaulagiri, 8167m (Himalaya) est atteint par huit membres d’une expédition russe, comprenant Enna Akinia. Ensuite par des membres d’une expédition suisse, comprenant Renate Schmit.
- En 1995, Céline Griscelli gravit, en couple, le versant sud de l’Aconcagua, 6959m (Andes), dans des conditions difficiles et la mort d’épuisement d’un compagnon d’ascension de rencontre.
- En 1995, Alison Hargreaves réussit l’ascension du Chomolangma-Everest, 8850m en autonomie, sans assistance et sans utiliser de l’oxygène respiratoire, un exploit réalisé par la voie classique tibétaine. Trois mois plus tard, elle est emportée par une avalanche durant le retour d’ascension du K2, 8611m avec six autres compagnons.
- En 1995, ascension du Dhaulagiri, 8167m (Himalaya), par une expédition russe, dont Anna Akinia, avec plusieurs compagnons. Et au même moment par une expédition suisse, dont Renate Schmit et un compagnon.
- En 1995, le Cho Oyu, 8201m (Himalaya) est atteint par une équipe comprenant la Française Frédérique Delrieu.
- En 1996, Chantal Mauduit montre une grande activité, en participant à plusieurs expéditions. Elle réussit seule le Lhotse 8501m(Himalaya), par la voie classique, ses deux compagnons ayant renoncé vers 7900m. Elle continue aussitôt vers le Manaslu, 8163m (Himalaya) qu’elle gravit seule, accompagnée jusqu’à vers 8000m, montrant une belle santé.
- En 1996, Pasang Lhama Peak, 7351m(Himalaya) est un sommet encore vierge, nommé en hommage à Pasang Lhama Sherpani contrainte à un bivouac mortel à la descente du Sagarmatha, en restant avec un compagnon Sherpa épuisé et malade. La montagne est explorée d’abord par une expédition japonaise, puis française.
- En année 1997, ascension en Patagonie du Cerro Torre (3102m) par Laurence Monnoyeur, avec un compagnon.
- En 1998, la Britannique Ginette Harrison est au sommet du Kanchenjunga, 8586m (Himalaya). Pour l’ascensionnisme féminin, la visite de ce haut sommet aura été couteuse en vies humaines.
- En 1998, ascension du Nanga Parbat, 8125m (Himalaya) par l’Italienne Nives Meroi et son compagnon.
- En 1999, Ginette Harrison atteint le Makalu 8463m (Himalaya), avec un compagnon.
- En 2001, l’Himlung, 7126m (Himalaya), est escaladé par la voie japonaise de 1992, pour une expédition mixte du Club Alpin, comprenant quatre femmes, sommet pour Ariane Chatelet, Beatrice Poupard et Carole Soubiran, avec leurs compagnons.
- En 2001, une expédition féminine chilienne est organisée, par la voie classique du col sud du Chomolangma-Everest, 8850m. Sommet pour cinq grimpeuses et deux assistants Sherpas.
- En 2002, ascension du Pumori, 7161m (Himalaya), en inaugurant son arête nord, par Chantal Oudin avec un compagnon.
- En 2005, le Shishapangma central, 8008m (Himalaya) est atteint par Claire David en solitaire, après son succès au Cho Oyu, 8201m (Himalaya) l’année précédente.
- En 2005, la face sud de la tour de Trango, 6240m dans le Karakorum, est reprise par une forte équipe française de quatre grimpeurs dont Stéphanie Bodet, en tentant le parcours en escalade libre.
- En 2006, la Norvégienne Cécilie Skog termine un tour du monde en grimpant, et en marchant, ralliant les sommets principaux des sept continents et les deux pôles.
- En 2006 le Groupe féminin du Club Alpin Français (FFCAM) visite la Cordellera Real de Bolivie, Aguja Yacuma, 6062m et l’Huayna, 5950m sont gravis par Perrine Favier, Juliette Géhard, Alix Graftiaux, Perrine Marceron et Elisabeth Revol, avec des compagnons instructeurs.
- En 2007, la Catalane Silvia Vidal trace, en escalade solitaire, un itinéraire original sur le pilier NE du Shipton Shire, 5885m. Un « Big wall » de 1300m du groupe de Trango dans le Karakorum.
- En 2008, le Groupe féminin du Club Alpin Français (FFCAM) visite les montagnes de l’Alaska. Le Moose’s Tooth, 3150m est gravi par deux lignes du versant sud, et le Mount Johnson, 2579m, avec Cécile Chauvin, Laure Gaudin, Julie Gerber et Aurèlie Lévêque, et leur conseiller.
- En 2009, durant l’hiver, l’Allemande Inès Papert inaugure, avec un compagnon, une voie nouvelle de haut niveau, versant nord du Kwangde Shar, 6093m (Himalaya).
- En 2011, Gerlinde Kaltenbrunner reprend, avec trois compagnons l’arête NW du K2, 8611m (Karakoram), l’Allemande est sur le point d’achever l’ascension des plus de 8000m du globe dans un style remarquable.
- En 2012, le Groupe excellence alpinisme du Club Alpin Français (FFCAM) visite les montagnes de l’Alaska. Le Moose’s Tooth, 3150m est gravi en face est par Estelle Dall’agnol avec quatre compagnons et conseillers.
- En 2012, l’arête Mazeno du Nanga Parbat, 8125m (Himalaya) est parcourue par la Sud-Africaine Cathy O’Dowd, avec cinq compagnons, au col ouest seuls les deux Britanniques de l’équipe continueront vers le sommet, les quatre autres choisissant de descendre par la voie Shell.
- En 2014, le Groupe excellence alpinisme du Club Alpin Français (FFCAM) s’est rendu au Kirghizistan. Le Pic Pyramidal, 5509m, la Tour Russe, 4210m et le Yellow Wall ont été visités, participaient Ingrid Laillault, Lara Amoros et Tiphaine Duperier, avec six compagnons et trois conseillers.
- En 2016, le duo féminin, l’Allemande Inès Papert et la Néo-Zélandaise Mayan Smith, reprend la voie de référence de 1991 (Güllich et al) sur la Tour Centrale du Paine (Patagonie) avec une grande économie de moyens.
- En 2016, l’Italienne Tamara Lunger participe à la première ascension hivernale du Nanga Parbat, 8125m (Himalaya), elle doit laisser ses trois compagnons gagner le sommet, devant elle-même céder à 70m d’altitude du Graal.
- En 2016, l’Allemande Carolina North inaugure, avec deux compagnons, plusieurs voies sur le Monte Inaki, 5600m, dans le Zanskar indien.
- En 2016, dans le même massif du Zanskar, la Roumaine Christina Pogacean réalise, avec un compagnon, l’ascension du sommet sud du Peak T16, 6431m.
- En 2016, les Françaises Élodie Lecomte et Fanny Tomasi-Schmutz, parcourent, en technique alpine, le pilier des Écossais de 1982 du Bhagirathi 3, 6454m (Karakoram).
- En 2016, le Groupe excellence alpinisme du Club Alpin Français (FFCAM) visite les montagnes de l’Alaska. Participent, parmi les stagiaires, Camille Marot et Mathilde Oeuvrard, plusieurs itinéraires de haut niveau sont repris.
- En 2016, l’Allemande Inès Papert inaugure, avec un équipier, une ligne originale en face SE du Kysylasker, 5842m dans le Tien Shan au Kirghizistan (1200m/ED/W15+/M6).
- En 2017, la cordée féminine de la Russe Galina Chibitok et de l’Ukrainienne Marina Kopteva, ouvre un itinéraire original, en technique alpine, sur le Kemailong, 5870m, dans le Sichuan, en sept jours d’ascension (1000m/6a/A2-3).
- En 2018, la Française Elisabeth Revol peut gravir en hiver le Nanga Parbat, 8125m (Himalaya) avec un compagnon polonais, malheureusement Tomek Mackiewicz ne pourra revenir, une cordée polonaise interviendra pour porter secours.
- En 2018, première descente intégrale du Laila Peak (1500m/50°) dans le Karakoram, par Carole Chambaret et deux compagnons.
- En 2018, la cordée féminine et nord-américaine de Chantel Astorga et Anne Gilbert Chase reprend la voie directe slovaque de 1984, du Denali, 6194m en Alaska (1ère F) (3000m/6/5.9/M6/W6).
- En 2018, sur le Mount Blane, 2993m dans les Rocheuses Canadiennes, la cordée féminine de la Canadienne Brette Harrington et de la Néo-Zélandaise Rose Pearson, inaugure « Life Compass » (980m/TD+/IV/5.10a/M4+/80°).
- En 2019, la Canadienne Brette Harrington, l’Allemande Inès Papert et un compagnon parcourent la face est du Mount Fay, 3234m dans les Rocheuses Canadiennes, en ajoutant une sortie directe pour « The Sound of Silence » (1100m/VI/M8/W15).
- En 2019, la Russe Marina Popova et deux compagnons réussissent la première ascension de la Tanga Tower/Peak 33, 5820m dans le Karakoram, par un itinéraire en face sud (800m/7a/A4).
- En 2019. L’Espagnole Ana Gracia et deux compagnons, dans le Mahalangur Himal (Himalaya), sont les premiers sur le Pic sans non, 6065m, atteint par le nord-est.
- En 2019, la Française Tiphaine Dupérier et un compagnon descendent à skis le Spatik, 7027m dans le Karakoram.
- La même année, Tiphaine Dupérier et son compagnon, après une ascension par le versant du Diamir, descendent à skis le Nanga Parbat, 8125m (Himalaya).

Les 14 huit mille

La course aux 14 huit mille continue, initiée par les hommes, c’est maintenant aux femmes ascensionnistes de se présenter.
- En 2009, quatre avaient réussi douze ascensions, dont le Chomolangma-Everest et le K2.
- En 2009, la Sud-coréenne Oh Eun-Sun avait gravi le Kangchenjunga, le Dhaulagiri, le Nanga Parbat et le Gasherbrum I dans la même année…
- Et le 27 avril 2010, Oh Eun-Sun termine sa ronde des 8000, par l’ascension de l’Annapurna… avec une forte organisation et assistance.
- Le 17 mai, l'alpiniste espagnole basque Edurne Pasaban, avec l’ascension du Shishapangma, 8027m parvient au même enchaînement…
Certaines de ces ascensions ont nécessité le recours à l’assistance de l’oxygène et l’aide des assistants Sherpas.
Il est utile de rappeler que dans ces altitudes extrêmes, particulièrement au-dessus de 8500m, la trace devient l’élément déterminant.

Gerlinde Kaltenbrunner et Nives Meroi

Dans le début du nouveau siècle, deux personnalités vont marquer l’ascensionnisme féminin dans le domaine de la très haute altitude en réalisant des performances remarquables et d’une haute exigence.
Le domaine de la très haute altitude restera une branche de l’ascensionnisme qui nécessitera des qualités de résistance et de détermination particulières, de nombreux pratiquants, pratiquantes, de haut niveau, dans les altitudes moins exigeantes, en feront le constat et abandonneront rapidement ce domaine de l’oxygène raréfié.
- En 2011, l’alpiniste autrichienne Gerlinde Kaltenbrunner achève la grande boucle d’une façon convaincante, sans utiliser l’oxygène et sans l’assistance des porteurs d’altitude.
- En 2017, l'alpiniste italienne Nives Meroi, termine le périple, commencé en 1998, en couple avec Romano Benet, dans une éthique exigeante, pas d’oxygène, pas de porteur d’altitude, et en autonomie depuis les camps de base.

 

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